• La préfecture et le conseil général de la Marne occupent les bâtiments de l'ancienne intendance de Champagne, l'une des rares du royaume entièrement construite au XVIIIe siècle. C'est en outre, avec Besançon, l'édifice qui a le mieux conservé ses dispositions d'origine, ainsi que son décor intérieur, décor qui se situe dans la transition entre les courbes du rocaille et le retour aux lignes droites du néoclassicisme.

    Expression hautement symbolique du pouvoir royal au coeur de la province et de la ville, cette construction marque le début des importants aménagements urbains réalisés à Châlons par les intendants dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, devenant elle-même le point d'aboutissement de deux grandes perspectives.

    Dévasté en 2002 par un incendie qui a heureusement en grande partie épargné son décor, le bâtiment principal vient de retrouver tout son éclat et ses coloris d'origine - ses ors répartis avec modération et à propos - soulignant, selon l'usage du XVIIIe siècle, la progression du visiteur dans la hiérarchie des pièces.

    Sur commande
  • L'église Saint-Jean-au-Marché était le centre d'une des plus anciennes paroisses de Troyes, sur le territoire de laquelle se tenaient les célèbres foires de Champagne. Bien qu'étroitement imbriquée parmi les boutiques et les maisons de ce quartier marchand, elle est le plus grand édifice religieux de la ville après la cathédrale.

    Son architecture présente deux parties : une nef du XIIIe siècle et un choeur du deuxième quart du XVIe siècle, réalisation accomplie et techniquement audacieuse de l'architecture flamboyante, conçue par Martin de Vaulx.

    Sans avoir la cohérence des ensembles vitrés d'autres églises troyennes, Saint-Jean conserve quelques belles verrières anciennes, et abrite également des chefs-d'oeuvre de la sculpture du XVIe siècle, en particulier le fameux groupe de la Visitation et les hauts-reliefs de la Passion. A l'époque classique, le choeur a été embelli d'un somptueux retable, au décor duquel ont collaboré de grands artistes d'origine troyenne : le peintre Pierre Mignard et le sculpteur François Girardon.

    Sur commande
  • La ville d'Épernay, située en bordure de la vallée de la Marne, à la limite de la plaine champenoise et des côtes d'Île-de-France est riche de ses paysages vallonnés, au coeur des meilleurs vignobles de Champagne. Restée longtemps une petite cité blottie autour de son abbaye Saint-Martin, Epernay sort de son enceinte médiévale à partir du milieu du XVIIIe siècle, grâce à la nouvelle route Paris-Strasbourg et au succès grandissant du vin mousseux. Pour l'établissement des caves nécessaires à l'élaboration de ce produit, le socle crayeux du mont Bernon, à l'ouest de la ville, s'avéra idéal par la facilité de creusement des galeries. Mais c'est surtout du milieu du XIXe siècle jusqu'à la Grande Guerre que le négoce connut un formidable développement, stimulé par la création de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg. L'implantation de grands ateliers de fabrication de locomotives vint renforcer la prospérité économique. Les maisons de vins rivalisèrent alors de constructions luxueuses et les nouveaux quartiers se parèrent de demeures plus modestes mais non moins soignées. D'originales initiatives de logements à bon marché complétèrent le parc d'habitations. La prospérité des grands établissements de vins encouragea, indirectement par l'augmentation de la population qui en résultait ou directement par des dons importants, la construction d'édifices civils (orphelinat, crèches, écoles), le plus emblématique d'entre eux étant l'hôpital totalement financé par Victor Auban-Moët, de loisirs (théâtre), religieux comme l'église Saint-Pierre-Saint-Paul dont le coût fut entièrement pris en charge par les Chandon ou encore funéraires comme l'exceptionnel mausolée de cette même famille Chandon.
    Il fallut ensuite attendre les Trente Glorieuses pour voir s'étendre à nouveau la ville. Deux jeunes architectes associés, Michel Andrault et Pierre Parat, y expérimentèrent de nouvelles formules d'habitat groupé qui furent ensuite reprises à plus grande échelle en Île-de-France et assurèrent leur renom.

  • Aux confins du Forez, du Velay et de l'Auvergne, le canton de Saint-Bonnet-le-Château correspond à une vieille terre de contact.
    C'est ainsi que selon les périodes ou les paroisses, l'architecture religieuse est tantôt d'inspiration vellave, comme dans l'ancien prieuré roman de Rozier, tantôt forézienne, comme dans les sobres parties gothiques des églises de Merle ou Saint-Hilaire. Au cours du XIXe siècle, l'influence de Saint-Etienne finit par s'imposer et l'on fait appel aux meilleurs architectes stéphanois pour la reconstruction de certaines églises.
    A toutes les époques, la religiosité s'exprime également par la multiplication des croix, qui marquent le paysage.
    Ces frontières provinciales et épiscopales se sont établies sur un haut plateau granitique largement boisé : l'architecture rurale, d'où ressortent quelques robustes maisons fortes, est à l'image de ces terroirs difficiles de moyenne montagne.
    Par sa position stratégique, Saint-Bonnet-le-Château comptait déjà parmi les plus puissantes seigneuries du Forez au XIIe siècle.
    A la fin du Moyen Age, la ville a bénéficié du passage de la route Lyon-Toulouse, ce qui a stimulé le commerce et l'activité métallurgique : de nombreuses façades en pierre de taille, au décor soigné, en témoignent encore aujourd'hui. On chercherait en vain le château éponyme, dont le site est occupé par l'ancien couvent des ursulines, remarquable pour le décor et le mobilier XVIIe siècle de sa chapelle.
    La collégiale, qui domine la ville, abrite la plus riche collection d'ornements du département, un très bel ensemble de peintures murales dans la chapelle basse, ainsi qu'une bibliothèque riche de nombreux incunables, qui évoque une vie culturelle jadis florissante. La croissance de la ville s'est accompagnée aux XIXe et XXe siècles d'un abandon progressif des quartiers anciens, ce qui nous vaut de conserver un ensemble urbain exceptionnel, dont on perçoit de loin la silhouette défensive.

empty