• Le terme de «monument» est ici à comprendre dans son sens élargi, soit toute oeuvre humaine qui nous vient du passé, édifice, peinture, sculpture ou parchemin. L'auteur distingue notamment sa valeur historique proprement dite de sa valeur artistique. Surtout, il est le premier à différencier sa valeur historique, voire documentaire, et sa durée, qu'il associe à notre faculté de remémoration, c'est-à-dire l'écho qu'il fait résonner en nous, au présent, par sa patine, les traces du vieillissement ou encore l'étrangeté d'un mot ou d'une tournure de phrase. Il s'agit, en un mot, de la valeur accordée au passage du temps. Ainsi maints objets deviennent des «monuments» en raison de notre goût actuel, sans qu'ils aient été initialement imaginés, à l'époque de leur conception, comme tels.

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  • La première traduction française du chef-d'oeuvre d'Aloïs Riegl, Le Culte moderne des monuments, fut publiée aux Éditions du Seuil il y a 29 ans. La distinction que l'historien avait, le premier, établie entre le monument, artefact à vocation d'universel culturel, et le concept de monument historique, dont la qualification est propre à la culture occidentale, anticipait d'un demisiècle le diagnostic de Claude Lévi-Strauss sur l'impossibilité d'une culture mondiale (« Il n'y a pas et il ne peut y avoir de culture mondiale », Race et Histoire).
    Du même coup, cette distinction venait invalider l'élimination des deux termes de monument et de monument historique, au profit du terme « patrimoine », cautionné et repris par l'Unesco (Convention du patrimoine mondial, 1972) à la suite d'André Malraux, pour aboutir à la muséification et à la marchandisation corrélative du dit patrimoine.
    Depuis lors, l'intensification du processus de mondialisation sous l'impact des techniques informatiques n'a fait que s'accélérer et donne au cri d'alarme de Riegl une profondeur et une actualité accrues.

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  • En 1901 paraît à Vienne Spätrömische Kunstindustrie, l'un des ouvrages phares de l'historien de l'art viennois Alois Riegl (1858-1905). La lecture de ce livre a fait dire à Julius von Schlosser, biographe éclairé de Riegl, qu'il cache, « sous son titre plus qu'insignifiant, la première présentation géniale de cette ‹ Antiquité tardive › qui est le prélude en Occident et en Orient de l'art ‹ médiéval › et indépendamment de laquelle on ne saurait comprendre ce dernier ».
    Il est vrai que ce texte, traduit aujourd'hui pour la première fois en français, sous le titre L'Industrie d'art romaine tardive, dépasse les seuls thèmes de l'Antiquité tardive et de l'industrie d'art pour aboutir à une véritable histoire de la naissance de l'espace.
    Alois Riegl, l'un des membres, avec Franz Wickhoff, de la première École viennoise d'histoire de l'art, auteur de Questions de style et du Culte moderne des monuments, est l'un des auteurs actuellement les plus « vivants » de cette génération née à Vienne au milieu du XIXe siècle. Riegl et ses écrits ont largement dépassé le seul cercle de l'histoire de l'art. Walter Benjamin l'a défini comme une référence majeure. En France, même sans avoir été traduit, ce livre et ses idées ont agi, notamment grâce au travail de passeur du phénoménologue Henri Maldiney, l'un des meilleurs lecteurs de Riegl. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Jacques Derrida, Hubert Damisch, Daniel Arasse l'ont lu et ont perçu sa portée.
Le moment est venu de découvrir enfin dans le texte cet ouvrage qui, depuis sa parution à l'orée du XXe siècle, n'a cessé d'inspirer les meilleurs esprits.

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  • Quelles sont les valeurs de mémoire révérées par le culte moderne des monumentsoe A quoi s'opposent-ellesoe En quoi s'opposent-ellesoe Quelle mémoire préserveroe Aloïs Riegel (1858-1905), l'un des plus célèbres historiens de l'art de fin du dix-neuvième siècle, répond à ces questions. La modernité du culte des valeurs de mémoire réside dans l'acceptation de leur nécessaire conflictualité et ses implications : fin d'un sens commun, avènement d'un nouveau partage du sensible sous le règne du quelconque, absolue nouveauté d'une esthétique de la mémoire qui signe une démocratisation radicale du goût.

  • L'origine de l'art baroque à rome est la publication posthume (1907) des notes d'un cours professé par aloïs riegl à l'université de vienne en 1898-1899.
    Le grand historien d'art autrichien, qui avait consacré ses cours de 1897 à 1899 à la grammaire historique des arts plastiques et venait de publier en 1901 son industrie artistique du bas empire, apparaît donc ici dans la pleine maturité de sa pensée. ayant présent à l'esprit l'essai de wölfflin, renaissance et baroque (1888), qui aborde le même problème, riegl propose une interprétation plus dynamique de l'histoire des formes, fondée sur la notion pour lui fondamentale de kunstwollen (ou " vouloir artistique ").
    Procédant par opposition de polarités à la fois théoriques et historiques, riegl associe aux catégories formelles des catégories psychologiques qui leur sont indissociablement liées comme les deux aspects d'une même attitude fondamentale. dans cette optique, l'essor du baroque apparaît comme le développement dans le kunstwollen italien de valeurs plus spécifiquement caractéristiques du kunstwollen du nord.
    Le jeu des caractérisations par oppositions, oú la conscience du nord est toujours présente dans l'analyse du sud, comme celle du présent dans le regard sur le passé, n'est pas le moindre attrait de cette étude pénétrante, riche en analyses exemplaires du maître viennois.

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  • Ces trois essais écrits par l'historien et théoricien de l'art Alois Riegl entre 1900 et 1901 démontrent la puissance de son analyse formelle. Il parvient magistralement à décrire et rendre compréhensibles aussi bien les productions mineures que les chefs-d'oeuvre de l'art et à établir une logique historique à partir de ce qui semble y échapper, comme les oeuvres novatrices, isolées, retardatrices ou anachroniques. Cette édition bilingue permet de saisir au plus près le style et les concepts riegliens.

  • Conserver et protéger ce que nous appelons les monuments historiques apparaît aujourd'hui comme un dogme de valeur universelle.
    Mais il n'en a pas toujours été ainsi - l'idée n'apparaît pleinement qu'au xixe siècle - et, encore à l'heure actuelle, les critères et objectifs de cette préservation sont loin d'être clairs. dans une analyse magistrale, qui demeure inégalée, aloïs riegl (1858-1905), un des fondateurs de l'histoire de l'art contemporaine, démonte le concept de monument historique, révèle les valeurs conflictuelles sur lesquelles il repose, et les solutions contradictoires que ce conflit peut commander - par exemple, restaurer ou laisser s'user.
    Le moderne denkmalkultus fut écrit en 1903, afin de poser les bases doctrinales d'une nouvelle politique : il ne suffit pas de dire " c'est un monument historique ", il faut savoir ce que cela signifie, et comment on veut le traiter.

  • Questions de style

    Alois Riegl

    • Hazan
    • 4 Septembre 2002

    L'objet des Stilfragen (Questions de style) parues à Vienne en 1893 et qui portent pour sous-titre Fondements d'une histoire de l'ornementation est étroitement circonscrit : l'évolution des motifs végétaux dans l'ornementation de l'Antiquité constitue en effet leur unique fil conducteur. Mais, d'une part, ce fil, Riegl le fait courir de l'Egypte et de la Mésopotamie jusqu'à Byzance et à l'art islamique, donc sur une longueur de temps considérable, et d'autre part, les objets au sein desquels ce fil est saisi sont extrêmement variés : poteries, objets usuels, frises, chapiteaux, bas-reliefs, fresques, tapisseries, etc. C'est ainsi pratiquement toute l'Antiquité qui est convoquée par Riegl pour illustrer la thèse qu'il défend avec passion. Alors que l'on expliquait généralement les motifs ornementaux (comme la palmette, le fleur de lotus, la feuille d'acanthe) par des raisons techniques ou en recourant au symbolisme, Riegl parvient à montrer qu'un « instinct de création artistique immanent » - une volonté d'art - est à l'oeuvre dès les premiers efforts de l'homme pour imiter ou schématiser les formes.
    Le long du film ornemental unique développé par Riegl, l'histoire de l'art devient une suite d'enclenchements où chaque moment jouit de sa validité et est décrit comme le résultat d'une volonté artistique propre favorisant des formes ou des tendances qui ne doivent rien au hasard. Tant sur les raisons de l'orientation abstraite de l'art ornemental islamique sur l'horror vacui caractérisant l'art de la tendance géométrique, tant sur l'alternance entre phases imitatives et phases schématisantes que sur le long et continu voyage des formes auquel il nous convie, le livre de Riegl ouvre quantité des réponses et de questions. La façon même, enfin, dont y est dégagée la notion de style, fait de cet ouvrage un jalon indispensable de l'histoire de l'art.

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