• De Philippe d'Orléans, fils de Monsieur et neveu de Louis XIV, Montesquieu a écrit qu'il était « indéfinissable ». Et il est vrai que ce personnage, déroutant, insaisissable et pétri de paradoxes semble s'être ingénié à brouiller les cartes et à défier ses biographes.
    Dans la mémoire collective, le prince demeure encore le libertin aux moeurs légères qui n'aimait rien tant qu'organiser des « petits soupers » et qui incarna mieux que quiconque cette époque festive et insouciante que fut la Régence. Cette image réductrice ne doit pas faire oublier que Philippe fut aussi un compositeur et instrumentiste accompli, un peintre talentueux, un scientifique de premier ordre. Admiré pour ses talents militaires et sa bravoure sur les champs de bataille, il suscita l'admiration de la Cour avant que ses provocations, ses excès et ses égarements ne finissent par lasser jusqu'au Roi-Soleil.
    Promis à rien, petit-fils de France inutile, condamné à contempler ses collections et à errer dans les splendeurs de Saint-Cloud et du Palais-Royal, il gouverna la France durant huit ans de 1715 à 1723, à la suite de la mort de Louis XIV. À la tête de l'État, il mit en chantier de nombreuses réformes, dont certaines, novatrices. Pour assurer la paix extérieure, il n'hésita pas à s'allier avec l'Angleterre, remettant en cause temporairement la politique étrangère menée par Louis XIV. Il n'eut pourtant d'autre ambition que d'assurer la paix du royaume et de préserver le pouvoir absolu du jeune roi Louis XV. Loin d'être un prince libéral, annonciateur du siècle des Lumières, Philippe d'Orléans fut en vérité le digne héritier du Roi-Soleil.
    En s'appuyant sur les dernières avancées de la recherche, Alexandre Dupilet propose un portrait profondément renouvelé de ce prince qui marqua tant l'époque de son empreinte que de régent, il est désormais devenu pour l'Histoire, le Régent.

  • À l'image de la Régence, période longtemps réduite à une époque de libertinage et de corruption des moeurs, suspendue entre l'imposant siècle de Louis XIV qui s'achève et le non moins imposant siècle des Lumières qui commence, la polysynodie ou gouvernement par conseils, mis en place par Philippe d'Orléans en 1715, est souvent présentée comme une vaine réforme qui ne suscita que désordre et embarras dans l'administration. Pourtant, de son fonctionnement, nous n'avons qu'une connaissance superficielle. C'est ce vide historiographique que cet ouvrage entend combler, en démontant la mécanique de cet édifice institutionnel et en revenant sur les circonstances de sa création et les motifs de sa suppression.
    Réflexion sur le fonctionnement de la Monarchie et sur l'activité au quotidien des conseils du Roi, analyse des rouages et des mécanismes de la gestion administrative du royaume, essai sur la vie politique des premières années de la Régence, une Régence absolue bien éloignée des clichés qui lui sont souvent accolés, ce livre résolument novateur apporte un éclairage nouveau sur les arcanes de l'État moderne.

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  • Précepteur et éminence grise du régent Philippe d'Orléans, secrétaire d'État des Affaires étrangères, archevêque de Cambrai, Premier ministre de Louis XV, le cardinal Dubois (1656-1723) est le génie politique de la Régence. Pourtant, le personnage peine à être reconnu. Présenté comme un ambitieux machiavélique, raillé pour ses escapades amoureuses et vilipendé pour son impiété, Dubois apparaît comme un libertin sans vergogne. Machiavélique et ambitieux, Dubois le fut assurément, sinon comment aurait-il pu réussir le tour de force de devenir cardinal et Premier ministre de Louis XV, lui, le modeste fils d'un apothicaire de Brive ? Dubois est surtout le plus grand stratège politique de son temps. En réussissant à imposer l'alliance avec l'ennemi de toujours, l'Angleterre, il devient le principal architecte de la paix européenne. Sur le plan intérieur, en tant que Premier ministre, digne héritier de Richelieu et de Mazarin, il réussit à apaiser les divisions qui ont gangrené le royaume durant la sombre fin de règne de Louis XIV. Audacieux, curieux et toujours prêt à tenter des nouvelles réformes, Dubois marque de son empreinte son époque, à l'aube du siècle des Lumières. C'est cette trajectoire fulgurante qu'Alexandre Dupilet retrace dans cette biographie d'un personnage au destin hors du commun.

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