Maurice Nadeau

  • Le Vertige des étreintes, d'Albert Bensoussan débute avec l'évocation de l'Algérie de son adolescence, l'éveil des sens partagé entre la tradition juive de sa famille, les séductions chrétiennes et la culture arabe de ses premières amours. De femme en femme, d'Algérie en Espagne puis en France ou ailleurs, d'odalisques en geishas, dans une atmosphère de fantasmes et de rêveries où l'humour le dispute à l'ironie, l'auteur reconstruit l'identité de son passé d'homme, son parcours cosmopolite, scandé par la rencontre puis l'absence jusqu'à la future disparition des êtres aimés. Le décor est, pour l'essentiel Alger, la cité matricielle, dont le récit exalte les splendeurs, épouse les soubresauts. Pour affirmer, au temps de l'arrachement et de la dépossession, la nécessaire transmission, le mirage d'un engendrement. L'adieu aux miracles anciens, fût-ce au prix du vertige, s'accompagne d'heureuses larmes en d'ultimes étreintes.

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  • Ce récit en treize séquences plonge dans l'Algérie coloniale et la cohabitation des communautés contrastées.
    Un parcours qui fait intervenir un narrateur aux multiples voix et à différents âges, aux prises avec un kaléidoscope d'images éparses : ici la main perdue de la mère fait pénétrer accidentellement le petit enfant juif dans l'intimité d'une famille musulmane, là un mauvais livret scolaire pousse au désespoir un écolier trop imaginatif, là encore l'adolescent à la synagogue reçoit de plein fouet un contre ut mortifère dont il subira sa vie durant les séquelles.
    Un défilé de figures hautes en couleur: la tante un peu sorcière, l'oncle photographe trop porté sur l'anisette, la voisine de palier qui découvre à la fois l'adultère et la félonie des détrousseurs de veuves, cette autre voisine incapable d'interpréter son rêve de chameau et qui rédige un testament incongru, ce chantre d'église peu habité par la grâce divine ou ce choriste d'opéra poursuivant de sa jalousie de barbon un rival qui n'a même pas de poil au menton.
    Une chronique de la ville d'Alger, fantasmée autant que remémorée, s'organise au cours de déambulations dans une atmosphère à la fois souriante et truculente, sans oblitérer le drame qui se prépare : le naufrage du pays. La famille apparaît ici comme une valeur refuge : la mère aimante, le père à la bienveillante autorité, la soeur complice des jeux sur une terre qui veut croire à la fermeté des dunes et à la promesse des fleurs.
    Mais pour quels fruits dérisoires : un cornet de jujubes, une écorce d'orange, une poignée de dattes ?

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