Apogee

  • Au départ est la description de la ville.
    Mais laquelle ? Rennes où le narrateur a pris racine, ou Alger d'où il a fui ? Laquelle est choyée ou détestée, aimée ou rejetée ? Ce récit est un état des lieux - multiples, comme le sont ces visages qui défilent : l'épouse, maintenant en rade, entourée de roses blanches, mais aussi cette amoureuse d'antan dont le visage s'efface sur le cliché, comme le rivage abandonné ; et puis le fils exigeant, l'ami jaloux, les camarades, les comparses. La vie - la ville - est un choix, sur un coup de dé hasardeux, mais aussi un choc, à l'instar de cette boule rouge qui doit heurter les deux blanches sur le tapis du vert paradis.
    Le récit se déroule comme bandelettes de momie, instance faussement pérenne. Ce parcours d'un destin en raccourci fige le regard comme sur un album. Tout est de face, mais aussi tout reste flou, en profil perdu. Comme l'ingrate cité, ou la femme immémorieuse.

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  • Faille

    Albert Bensoussan

    • Apogee
    • 16 Janvier 2011

    Albert Bensoussan est né en 1935 à Alger, où il a passé sa jeunesse. Professeur agrégé d'espagnol au lycée Bugeaud d'Alger jusqu'en 1961. Assistant en Sorbonne en 1963, il a enseigné à l'Université de Rennes-II de 1978 à 1995. L'Algérie apparaît à plusieurs reprises dans son oeuvre, en particulier l'univers judéo-arabe qui sert de toile fond à la plupart de ses romans.
    " Mon itinéraire est le suivant : né à Alger en 1935 dans une famille traditionnelle enracinée en Algérie, j'ai vécu une enfance heureuse et pieuse, où le temps se partageait harmonieusement entre un judaïsme quotidiennement vécu au sein de la famille et à la synagogue, et une adhésion à la culture française passionnément entretenue par l'école et l'université. Mes études ont été jalonnées par une agrégation d'espagnol, un doctorat d'études ibériques et un doctorat ès-Lettres. Ma carrière s'est déroulée successivement aux universités de Paris-Sorbonne et de Rennes. Parallèlement j'ai commencé à écrire et à publier : mon premier texte fut publié par le Congrès Juif Mondial à Alger en 1957 : L'humanisme dans la pensée juive médiévale. Mais mon premier texte de fiction paraît seulement en 1965, Les Bagnoulis (Mercure de France) et raconte, sous la fable, le naufrage de l'Algérie française. J'ai publié, depuis, une bonne vingtaine de fictions, dont Frimaldjezar qui a obtenu en 1976 le "Prix de l'Afrique méditerranéenne". " Albert Bensoussan est également un grand traducteur d'auteurs hispanophones et il a notamment traduit en français, chez Gallimard, l'essentiel de l'oeuvre de Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature 2010.

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  • Guildo blues

    Albert Bensoussan

    " J'ai toujours béni ce vent armoricain, qui lave le ciel et chasse les papillons noirs ", s'écrie le narrateur du récit. Le deuil sied moins à la Bretagne qu'à Électre, et la grande marée des criques turbulentes a raison des scories et des laves. Méditation sur la mort et la vie - ou plutôt la survie - ce récit campe des personnages qui ont tous connu quelques ratés : accidents de terrain ou tares de l'existence. Comme le cornet à dés décide de l'avenir hasardeux, sans jamais l'abolir, le narrateur - veuf de fraîche date - prend, au fil des jours, le pouls de sa liberté, apprend à reconnaître, dans la redistribution des cartes sous le ciel délavé du Guildo, dans les Côtes d'Armor, le visage du bonheur.
    " Les goélands geignards ont ravi mes plaintes. Leur long bec aigu, si habile à forer le flot pour y dénicher qui le tacaud, qui le lançon, traverse la fenêtre devant la terrasse d'où l'on domine le vieux port de plaisance. Le rapace aquatique me fait la nique, se gausse, se hausse, passe impérial en laissant un sillage de piaillements. Il piaule, il pleure, geint, m'enveloppe de ses cris. Il est la vie, il est le ciel, la mouette le relaie, puis c'est au fou de Bassan de creuser son sillon de nuée. La baie se peuple et suspend l'écriture. Il faut que je me rejette, ma tête est déjà partie et mon regard se ferme, avec cette même extase que l'on voit au chat sous la caresse et l'échine. "

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  • Ce récit fait de messages et de monologues bâtit et déconstruit une liaison amoureuse. Léah est la femme du dimanche, Tobie l'amant du dimanche. En semaine, ils ne se voient pas. Cet éloignement laisse place à l'écriture, à l'échange de lettres et aux digressions, à la digestion des frustrations, à l'espoir ou au désir de fuite. Le temps mis pour se rejoindre (deux heures de train tôt le matin et deux heures tard le soir) réduit d'autant celui qui leur est imparti pour s'aimer.
    Léah n'en peut plus de ce chemin sans issue. Tobie peut-il être l'homme de sa vie ? Elle en doute, tant elle le sait pris aux rets de son épouse, exigeante et complaisante, bien plus âgée que ce bel homme en pleine maturité. Menue, timide ou délurée, séduite un temps par celui qui voit en elle celle qui le dédommage des trahisons de son propre corps, elle se révolte peu à peu. Ce texte épistolaire est un règlement de comptes, déchirant ou truculent, c'est selon, au cours duquel, devant l'incompréhension d'un interlocuteur borné ou sourd, Léah tente de faire émerger une nouvelle identité.
    "Je est un autre" et l'autre est hors-jeu. Au prix de quelques coups fourrés et de quelque fou rire, la libération viendra finalement à bout du silence.

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