• Qui a tué l'éminent professeur d'histoire Yitzhak Litvak, de l'université de Tel Aviv ? C'est la question à laquelle tente de répondre le commissaire Émile Morkus, un des rares hauts gradés arabes de la police israélienne. Mais quelle piste suivre ? Célibataire sans enfant, Litvak semblait vivre seul, surtout préoccupé de l'avancée de ses travaux. Celle d'une mauvaise rencontre ? D'un étudiant voulant se venger d'un échec quelconque ? Ou celle d'un règlement de comptes entre ces universitaires qui, comme dans toutes les facultés du monde, se détestent cordialement ?
    L'affaire prend une autre tournure quand le frère jumeau de Litvak est à son tour assassiné, et que certains services israéliens travaillent ostensiblement à étouffer l'affaire.
    Shlomo Sand, lui-même professeur (émérite) d'histoire à l'université de Tel Aviv, nous régale dans ce premier roman policier à mettre en scène les débats qui déchirent la culture politique israélienne, la paranoïa et l'incapacité des services de sécurité et, surtout, la force aveugle d'un récit biblique sur les origines de l'État hébreu auquel il est dangereux de toucher.
    Shlomo Sand est déjà l'auteur de nombreux travaux historiques, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'État d'Israël.

  • Le présent livre dépasse l'interminable débat sur l'antisémitisme et l'antisionisme, et lui donne de nouvelles et stimulantes dimensions. Il remonte aux débuts de l'histoire de la judéophobie, et remet en cause l'idée selon laquelle le christianisme se serait édifié après et en opposition au judaïsme. Au contraire, estime-t-il, et malgré le présupposé chronologique, c'est bien le judaïsme qui s'est constitué sous la pression du christianisme, s'accommodant du même coup des termes du procès que lui ont fait, des siècles durant, ses ennemis.
    Ce renversement est riche de bénéfices intellectuels et politiques. Il rend caduque la mauvaise querelle assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme (celle-là même qui fut relancée par Emmanuel Macron), et nourrit des questionnements parfaitement contemporains : " Jusqu'à quel point, écrit Shlomo Sand, le sionisme, né comme une réponse de détresse à la judéophobie moderne, n'en a-t-il pas été le miroir ? Dans quelle mesure, par un processus dialectique complexe, le sionisme a-t-il hérité des fondements idéologiques qui ont, de tout temps, caractérisé les persécuteurs des juifs ? "
    Un essai brillant et brûlant.
    Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'État d'Israël. Il a récemment publié au Seuil son premier roman, La Mort du Khazar rouge, désormais en Points.
    Traduit de l'hébreu par Michel Bilis

  • XXe SIÈCLE
    SEUIL
    Par sa large audience, le cinéma constitue un témoignage privilégié des sensibilités populaires, des adhésions et des rejets politiques d'une époque donnée. Souvent, à l'insu du réalisateur, le film de fiction en dit plus que le documentaire.
    Le cinéma est aussi un des instruments d'élaboration des mémoires collectives : le film historique raconte le passé en le posant en concurrent effronté des agents " agréés " et institutionnels.
    À travers une centaine d'œuvres du cinéma occidental, l'auteur analyse les modes de représentations audiovisuelles des grandes questions qui ont animé et bouleversé le XXe siècle : la formation des démocraties, la déclaration de la Première Guerre mondiale, la naissance du communisme, l'avènement des crises économiques, la montée du fascisme et du nazisme, les affrontements de la Guerre froide et du colonialisme ainsi que la décolonisation...

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