Points

  • Leçon inaugurale prononcée le 17 décembre 2015 au Collège de France.

    « C'est à une réassurance scientifique du régime de vérité de la discipline historique que nous devons collectivement travailler, réconciliant l'érudition et l'imagination. L'érudition, car elle est cette forme de prévenance dans le savoir qui permet de faire front à l'entreprise pernicieuse de tout pouvoir injuste, consistant à liquider le réel au nom des réalités. L'imagination, car elle est une forme de l'hospitalité, et nous permet d'accueillir ce qui, dans le sentiment du présent, aiguise un appétit d'altérité. »

  • « Les murs du Palazzo pubblico de Sienne s'embrument d'une menace, qui pèse sur le régime communal [...]. Or cette sourde subversion de l'esprit public, qui ronge nos certitudes, comment la nommer ? Lorsque manquent les mots de la riposte, on est proprement désarmé : le danger devient imminent. Lorenzetti peint aussi cela : la paralysie devant l'ennemi innommable, le péril inqualifiable, l'adversaire dont on connaît le visage sans pouvoir en dire le nom ».

    P. B.

    1 autre édition :

  • « Pour ma part - et c'est en ce sens que je conçois cette «profession» d'historien - je veux croire à l'émancipation par la pensée critique, aux valeurs de transmission et de filiation, à l'amitié, aux livres. Je veux croire à l'histoire, si l'histoire est ce récit entraînant qui nous soulève et nous désoriente, nous oblige et nous délie. Je veux croire qu'il n'y a pas de libération plus vaine que celle qui prétend nous arracher aux rigueurs du travail intellectuel ou aux fidélités que l'on doit à ses prédécesseurs, qu'il n'y a pas de générations plus tristes que celles qui ne se reconnaissent plus de maîtres, qu'il n'y a pas de plus belle activité pour l'esprit que de lire avec bienveillance, et se laisser surprendre par de nouvelles admirations. » P. B.

  • La trace et l'aura ; vies posthumes d'Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle) Nouv.

  • L'Histoire mondiale de la France est devenue un livre événement: plus de 100 000 exemplaires vendus, un immense succès public, des débats nombreux et une reconnaissance internationale. Le projet reste d'une actualité brûlante : face aux crispations identitaires qui dominent le débat public, comment défendre une conception ouverte et pluraliste de l'histoire ? Et faut-il pour cela abandonner l'objet « Histoire de France » aux récits simplificateurs ?
    À ces questions, les historiennes et historiens engagés dans cette aventure éditoriale ont tenté d'apporter des réponses simples et concrètes. Elles tiennent dans la forme même du livre : une histoire de France, de toute la France, en très longue durée, qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015. Une histoire qui ne s'embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l'identité, mais prend au large le destin d'un pays qui n'existe pas séparément du monde qu'il prétend même parfois incarner tout entier.
    Ce livre qui a fait date est proposé dans une édition augmentée de quinze notices inédites.

  • " Avec l'implosion du monde romain, la ville de l'Antiquit se rtracte ou disparat lentement tandis qu'apparaissent de nouvelles ralits urbaines qui ne se laissent plus circonscrire par le cadre politique et spatial de la cit. Faut-il alors parler de " ville mdivale " ? Une chose, en tout cas, est certaine : c'est au cours du millnaire mdival que se redessine les contours e d'une nouvelle Europe urbaine.Entre les VIIe et Xe sicles, des modles originaux d'urbanisation surgissent, le plus souvent hors du bassin mditerranen qui fut le berceau de la civitas. Durant les sicles du " grand progrs " (XIe-dbut XIVe sicle) se dveloppe une vigoureuse et brillante floraison de villes. Les nouvelles communauts urbaines sont des socits politiques dans lesquelles s'inventent non seulement des manires particulires de travailler, d'habiter et de cohabiter mais aussi des pratiques de gouvernement que les hommes au pouvoir prtendent exercer au nom du bien public.Pourtant, quand le Nouveau Monde est dcouvert, l'Europe qui s'est construite au Moyen ge n'est pas une Europe des villes mais un systme d'tats monarchiques qui intgrent les villes dans leur construction politique.

    " Denis MenjotEst professeur d'histoire mdivale l'universit Lumire Lyon 2, prsident de la Socit franaise d'histoire urbaine et ex-prsident de l'European Association for Urban History. Ses recherches portent sur les socits et les pouvoirs en Castille au Moyen ge et la fiscalit des villes de l'Occident mdival. Il a publi entre autres, Les Espagnes mdivales (Hachette, " Carr Histoire ", 1996) et codirig avec Manuel Snchez Martnez, La Fiscalit des villes au Moyen ge (Occident mditerranen), 4 tomes parus Toulouse, Privat, 1996, 1999, 2000 et 2004.Patrick BoucheronEst actuellement matre de confrences en histoire du Moyen ge l'universit Paris-I Panthon-Sorbonne. Spcialiste de l'histoire politique et culturelle de l'Italie urbaine, il a notamment publi Les Villes d'Italie (vers 1150-vers 1340) (Belin, 2004), Lonard et Machiavel (Verdier, 2008) et rcemment dirig L'Histoire du monde au XVe sicle (Fayard, 2009).Jean Luc Pinol (dir.)Professeur d'histoire contemporaine l'ENS de Lyon, ancien prsident de la Socit franaise d'histoire urbaine. A publi Le Monde des villes au XIXe sicle (Hachette, 1991) et dirig L'Atlas historique des villes de France (Salvat/Hachette, 1996). Il vient de publier avec Maurice Garden L'Atlas des Parisiens (Parigramme, 2009).

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