• "J'ai rencontré John Synge pour la première fois pendant l'automne de 1896. Il me dit qu'il avait appris l'irlandais à Trinity College, sur quoi je le pressai d'aller aux îles Aran pour y trouver une vie qui n'eût pas été exprimée en littérature, au lieu d'une vie où tout avait été exprimé. Plus d'une année devait s'écouler avant qu'il ne suivît mon conseil, n'allât s'établir pour un temps dans une chaumière d'Aran et ne trouvât le bonheur, ayant enfin échappé, comme il l'écrivit, à la sordidité des pauvres et à la nullité des riches." William Butler Yeats

  • Le théâtre de John Millington Synge (1871-1909), le plus célèbre dramaturge irlandais avec Yeats et Beckett, est né, bien loin des milieux littéraires, d'une expérience de vie dans les îles d'Aran, à l'extrême ouest de l'Irlande, et d'une langue duelle, l'anglais pensé en gaélique tel que le parlaient les pêcheurs. Transposée au théâtre, cette langue devait faire scandale : de véritables émeutes accueillirent la création du Baladin du monde occidental en 1907 et Synge mourut sans pouvoir achever sa dernière pièce, Deirdre des douleurs. Pour la première fois, le pari a été fait de traduire tout son théâtre comme un long poème, sans normaliser sa langue mais, au contraire, en la transposant dans un français influencé par les structures du breton qui en restitue la dualité, le rythme et la vigueur.

    Ce volume réunit six textes :
    Cavaliers de la mer.
    L'Ombre de la vallée.
    La Fontaine aux saints.
    Les Noces du rétameur.
    Le Baladin du monde occidental.
    Deirdre des douleurs.

  • C'est le texte remanié de la traduction, parue en 1974, de ce chef d'oeuvre de poésie et d'humour noir du théâtre irlandais, qui fit scandale en 1907 à Dublin et que saluèrent très tôt Yeats, Apollinaire et Breton. Tout le monde connaît l'histoire du Baladin qui se vante d'avoir tué son père, puis manque de le faire pour de bon après le retour inopiné de celui-ci au deuxième acte ; autant le récit du parricide éblouit les femmes, autant sa possibilité réelle leur répugne. Cette pièce d'un humour dévastateur et d'un lyrisme sauvage, dans laquelle chaque réplique est « aussi savoureuse qu'une noix ou qu'une pomme », est d'une vitalité proprement irrésistible.

    « Il faut lire la préface de Synge, écrit Martine de Rougemont, pour apprécier la justesse et la nécessité de la version qui paraît aujourd'hui. Le texte de Fouad El-Etr est évidemment passé par le « gueuloir » : il se dit, il se chante, il respire. Fidèle à l'esprit, à la lettre, à la cocasserie de Synge, il réussit le tour de force d'être aussi théâtral que lui. »

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  • Alors que Bartley, sur le point d'embarquer avec sa jument et son poney pour les vendre à la foire, fait ses adieux à ses soeurs et à sa mère, celle-ci reçoit les habits d'un noyé qui pourrait être un autre de ses fils. À peine l'a-t-elle identifié, on lui ramène le cadavre de Bartley que le poney a précipité du haut de la falaise. Nous assistons à l'effondrement de la vieille femme, égrenant sur scène, dans une langue d'une beauté antique, la litanie de ceux que la mer a fini de lui prendre jusqu'au dernier, laissant toute la place à la douleur désormais dans sa vie : « Qu'est-ce qu'on peut vouloir de plus ? Personne au monde ne peut vivre toujours, et nous devons tous consentir. » Remaniant son texte de 1975, Fouad El-Etr donne ici une traduction admirable de rythme et de dépouillement de cette pièce en un acte, un classique du genre, dans laquelle Synge atteint le sommet de l'art tragique, chant pur, intime, intemporel, qui touche au silence.

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  • Martin et Mary sont aveugles. Pauvres. Affreux. Mendient au croisement des routes. On leur a dit pour rire qu'ils sont beaux. Ils s'aiment peut-être. En tout cas ils parlent, ça occupe leur vie. Mais le forgeron Timmy vient leur annoncer la nouvelle : un vrai saint du bon Dieu passant par-là va leur faire voir les beautés du monde, grâce aux vertus d'une eau sacrée. Le Saint guérit d'abord Martin puis voilà Mary guérie à son tour : ils voient leur laideur réciproque, leur misère, s'insultent, se battent. Et se quittent. Mais la cécité reviendra...
    Cette pièce ne veut pas des marchands de bonheur, de charlatans, de saints ni de prestidigitateurs qui veulent rendre invisible le visible !
    Au contraire cette pièce donne une force et une puissance aux hommes : même démunis - pauvres et aveugles - les personnages de Synge ne sont pas pour autant anéantis, ils ont toutes les ressources pour inventer leurs réels et toutes les projections nécessaires à construire leurs utopies.

    DISTRIBUTION : 3 femmes, 4 hommes / GENRE : Drame

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  • Le vieux Dan feint d'être mort pour mettre à l'épreuve Nora, sa jeune et jolie femme. Celle-ci demande à un vagabond de passage de veiller le mort, le temps d'alerter Michael, son amant. Mais elle est également rejetée par le cadavre qui se relève dans son lit et par l'amant terrorisé puis dépité. Ne supportant ni la solitude ni « l'oppression des collines », Nora, dont on a rapproché le personnage de celui d'Hedda Gabler d'Ibsen, sera emmenée par le vagabond que le hasard a fait témoin de cette scène, parce qu'il « parle drôlement bien ». Dans cette pièce en un acte, féroce, drôle et lyrique, d'un pessimisme désespéré devant la vieillesse et la mort et l'hypocrisie des hommes, le personnage du vagabond, qui n'a d'autre demeure que sa langue et la nature la plus sauvage, symbolise le mieux pour Synge le goût celtique de l'évasion hors du réel dans un monde de rêve et de poésie.

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  • La pièce met en scène une saga héroïque de l'Irlande d'autrefois, dans laquelle Deirdre, promise au vieux roi Conchubor, lui préfère la compagnie de Naisi et de ses frères dans les forêts où ils mènent une vie libre et sauvage et les malheurs qui leur sont prédits si elle refuse de l'épouser : « Je ne vivrai pas pour me faire enfermer (...) et nous ferions peut-être mieux de le payer, Naisi, par une vie de silence et une mort prochaine. » Ce chef d'oeuvre, resté inachevé à cause d'un cancer fulgurant qui devait emporter Synge, est encore plus beau d'avoir été écrit dans l'urgence d'une langue d'un lyrisme exacerbé par la proximité de la mort, dont l'étau inexorable se resserre, comme dans les tragédies antiques, autour de Deirdre et de ses amis, et de leur auteur, accomplissant leur destinée commune sous nos yeux : « N'est-ce pas bien peu de chose qui a été prédit, Naisi, sur notre perte, alors que tous les hommes ont leur âge devant eux, et grande ruine tout au bout ? »

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  • Une belle bohémienne, Sarah Casey, décide un prêtre à l'unir à Michael Byrne, un rétameur avec lequel elle vit, moyennant une pièce d'or et un pot de fer-blanc, mais elle finit par y renoncer devant la grossièreté du prêtre et l'hostilité de la mère de Michael, une vieille pocharde qui a échangé, la veille du mariage, le pot de fer-blanc contre une pinte de bière. Dans cette farce impitoyable comme une gravure de Hogarth, Synge s'en prend, dans un pays profondément catholique, à l'hypocrisie des hommes d'église, et dépeint, dans des scènes cocasses et une langue imagée, le vieux prêtre approché, apprivoisé, abreuvé, confessé, bâillonné, ligoté puis libéré sous caution de n'en rien dire sous les blasphèmes et les rires.
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  • Dans cette pièce en trois actes au pessimisme désabusé, Synge met en scène un couple d'aveugles qui recouvrent la vue grâce à une eau miraculeuse, découvrant du même coup et leur propre laideur et la méchanceté des hommes et des femmes qui les entourent. Redevenus aveugles, ils refusent d'être les victimes d'un nouveau miracle, préférant le bonheur de cette deuxième cécité qui leur fait retrouver leur monde intérieur, bien meilleur et plus beau d'être seulement imaginé. « Des merveilles, j'en ai trop vues en peu de temps pour une vie d'homme », s'exclame amèrement Martin Doul, qui a gardé « l'oreille pour entendre dans les mots les mensonges. » Dans des répliques et des tirades d'un athéisme au moins blasphématoire pour des oreilles irlandaises, Synge exalte le tempérament de tout un peuple qui préfère le rêve à la réalité sordide, et les poètes visionnaires, et la magie des mots.

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  • Poèmes

    John Millington Synge

    Ce livre rassemble vingt-six poèmes dont François Xavier Jaujard avait déjà donné quelques traductions en 1973 dans le numéro 4/5 de la revue La Délirante, au moment où Fouad El-Etr commençait celles de l'oeuvre complète du célèbre dramaturge irlandais. Mélancoliques rimes d'un pessimisme désespéré dont cette phrase, placée en exergue de l'ouvrage, donne le ton : « J'avais la très forte impression d'être mort la veille et d'être revenu à la vie, et cette impression ne m'a jamais quitté. »

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  • C'est la première pièce de Synge, mais elle n'a été publiée qu'en 1954, et sans doute n'a-t-elle jamais été jouée. L'argument, une jeune et jolie religieuse quittant son habit pour le neveu de l'homme dont elle vient de veiller la dépouille, y est pour quelque chose ; on pense évidemment à l'émeute soulevée pour moins que cela par la première du Baladin du monde occidental. Dans des répliques fulgurantes, culminant en tirades lyriques et en poème symphonique, on devine ce que seraient un jour la langue et le théâtre de ce poète : d'une intense spiritualité mêlée d'un scepticisme lyrique désespéré, d'une poésie vivante coupée d'un humour dévastateur, surgi des situations les plus solennelles ou tragiques comme chez Shakespeare, comme dans la vie.

    Avec cette pièce, Fouad El-Etr achève de traduire, dans une langue à la fois poétique et familière, et de même amplitude, le théâtre de Synge, dans la variété mélodique de tant de personnages et de pièces, des tournures gaéliques, dont il recrée la charge de fraîcheur, au tragique le plus acéré des tragédies antiques.

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