Langue française

  • Les quatre coins du coeur

    Françoise Sagan

    • Plon
    • 19 Septembre 2019

    Comme bien des femmes de sa génération, Fanny voyait des protecteurs dans ses amants, idée disparue depuis belle lurette. Châteaux, cours, collines, ciel bleu pâle, fin d'été, la Touraine déroulait ses charmes. " Que la France est belle, pensait Fanny, et que mon amour est beau... "
    Ludovic était derrière elle, l'avion sentait la bruyère, et le seringa, survolé d'assez près pour qu'on le respire. À un moment, Fanny fut envahie d'un désir si vif, dû à un souvenir si précis de Ludovic, qu'elle se tourna vers lui, et se détourna aussitôt, sans l'avoir même touché du bout des doigts. Cet empêchement, cette impossibilité, serait un des souvenirs les plus sensuels de sa vie amoureuse.
    Les Quatre Coins du coeur est le dernier roman de Françoise Sagan. Subtil, résolument libre, empreint de son immense maîtrise, irrigué par sa passion des sentiments et de leur altérité. L'intelligence, le cocasse, cette élégance qui lui permet de passer sur les drames de manière si vive et si concise, tout se rencontre et nous permet de revisiter une vie de Sagan à laquelle rien ne manque dans ce roman inachevé, brut et bouleversant.

  • Des bleus à l'âme

    Françoise Sagan

    • Stock
    • 14 Octobre 2009

    Sébastien et Éléonore, frère et soeur, complices inséparables, la quarantaine proche, se retrouvent à Paris. Également beaux et blonds comme il se doit, les voici nonchalamment installés dans un meublé de hasard, parfaitement désargentés et parfaitement disponibles.Presque aussitôt, se pressent autour d´eux Nora, une Américaine aussi riche que mûre, Bruno, jeune premier du cinéma français, Robert, un célèbre imprésario...
    Pour une fois la petite musique prend des tonalités cinglantes, froides et personnelles. Sagan prend parti pour l´un ou l´autre de ses personnages et nous livre ses points de vue sur leur vie et la sienne. Elle nous offre ses sentiments sur les critiques de ses livres, sur ce qu´elle pense elle-même de sa « petite musique », elle nous parle de sa vie et se met en scène comme rarement. Elle utilise le « je » pour justifier ses choix et lui redonne, dans une pirouette finale, son statut romanesque.Une très grande oeuvre.

  • Françoise Sagan n'a voulu se souvenir que des moments heureux et que des gens qu'elle a aimés. C'est ce qui rend ce livre si sympathique et ce qui a fait son succès auprès du public et de la critique. Billie Holiday, Orson Welles, Jean-Paul Sartre, Carson McCullers, Marie Bell, Rudolf Noureev, Tennessee Williams... Autant de portraits et d'histoires inoubliables.

  • La femme fardée

    Françoise Sagan

    • Stock
    • 15 Juin 2011

    À bord du Narcissus, la croisière organisée en l´honneur de la diva Dorriaccie revêt des allures de drame amoureux. Des passions secrètes se tissent au sein de la cohorte de bourgeois réunis et rompent la tranquillité mondaine. Il y a Olga Lamouroux, starlette française, dernière protégée du cinéaste Simon Béjart ; la riche Edma Bautet-Lebrêche et son ennuyeux mari Armand ; Julien Peyrat, commissaire-priseur plein de charme ; le jeune Andréas Fayard, gigolo professionnel et enfin, Éric Lethuillier, à la tête d´un journal « de gauche », accompagné par sa timide épouse Clarisse. Sous l´emprise de son mari, cette dernière tente vainement de dissimuler sa fragilité sous un maquillage outrancier. Elle est « la femme fardée » qui intrigue autant qu´elle émeut. Alors qu´Éric s´affiche publiquement en compagnie d´Olga, Clarisse succombe à la passion adultère dans les bras de Julien. La tension monte et les poses mondaines, insuffisantes à dissimuler les sentiments abjects, deviennent aussi tristes que burlesques. Scandés par des airs d´opéra, les masques tombent les uns après les autres, faisant retentir une seule question : l´orgueil bourgeois laisse-t-il une chance à l´amour ?Dans La femme fardée, c´est le drame qui affleure à chacune des pages. Sans jamais éclater, la tension est palpable et ne connait pour unique catharsis que la musique, parfois lascive, souvent violente.  On y retrouve le ton enlevé et décapant de Françoise Sagan. Avec un regard amer sur les hautes sphères bourgeoises, elle offre une satire sociale au vitriol. C´est sous une lumière des plus incisives qu´on y lit les thématiques chères à l´auteur : celles de l´amour, du bonheur, et de la fragile désinvolture qui en ont fait sa gloire.

  • Le lit défait

    Françoise Sagan

    • Stock
    • 31 Mars 2010

    Lorsque Béatrice a négligemment quitté Édouard cinq ans plus tôt, il a été vite remplacé. Il faut dire que ce garçon, bien que séduisant, était très jeune et manquait d´avenir. Mais le voilà désormais auteur à succès, coqueluche du Tout-Paris et toujours aussi amoureux d´elle, Béatrice, la magnifique, la féroce actrice de boulevard. Elle retombe dans ses bras, étonnée de se souvenir encore de lui. Ce beau couple ne manque pas d´exciter les curiosités, chacun se demandant combien de temps il va durer. Et Édouard le premier, qui sent bien que Béatrice lui résiste et lui échappe, qu´elle n´est pas vraiment amoureuse, mais il ne peut rien faire d´autre que l´aimer passionnément. Il est même prêt à supporter les infidélités de son adorée. Jusqu´au jour où Béatrice comprend qu´elle aime, pour la première fois. Elle l´aime vraiment.
    Dans ce livre, les sentiments amoureux sont dépeints avec une telle acuité, une telle vérité qu´on a l´impression que Françoise Sagan vit les mêmes événements au même moment. Elle écrit comme si elle détaillait ses propres mouvements du coeur et nous donne ici une des clés qui font qu´une histoire d´amour peut ou non exister.

  • Gilles est un brillant journaliste parisien lorsqu´une dépression le surprend. Il décide de quitter le Paris cynique et rieur pour se reposer auprès de sa soeur dans le Limousin. C´est là-bas qu´il rencontre Nathalie Sylvener, une femme magnifique, entière, sincère qui tombe instantanément amoureuse de lui. Elle quitte tout, emménage à Paris dans son petit appartement, se livre à lui sans retenue, sans cynisme et ne lui demande que d´en faire autant. Mais Gilles, qui croit lui aussi être amoureux, se rend compte que cette existence trop exclusive, trop passionnelle, l´ennuie. Nathalie l´avait pourtant prévenu, elle resterait avec lui jusqu´à ce qu´il lui demande de s´en aller.Pour une fois dans un livre de Françoise Sagan, le personnage féminin est sans détours, sans mensonges, la femme d´une seule passion. Les dialogues sont purs, émouvants. Dans ce roman simple et complexe à la fois, on retrouve cette musique, ce phrasé, cette élégance des gens tristes, ce style enlevé, léger, joyeux et mélancolique si propres à Sagan. Un roman sur l´amour absolu, l´amour unique, dont chacun rêve. Un roman grave et lucide où Sagan explore les sentiments extrêmes et pousse ses personnages dans leurs plus secrets retranchements, avec l´acuité d´analyse d´une grande romancière. Une vraie redécouverte, un vrai plaisir.  Un peu de soleil dans l´eau froide fut adapté au cinéma en 1971 par Jacques Deray et Françoise Sagan.

  • Des yeux de soie

    Françoise Sagan

    • Stock
    • 14 Octobre 2009

    Il est des moments dans la vie où un rien suffit à faire basculer le destin, où pour moins que rien, un regard, un mot, un paysage, l´homme tranquille se dégoûte soudain de sa tranquillité, la femme fatale rencontre la fatalité, celui qui va tuer se détourne de sa vengeance, celle qui était décidée à quitter son amant l´épouse. Il y a, dans ces dix-neuf récits de Françoise Sagan, une douceur amère qui prend au coeur. Douceur d´autant plus angoissante que les personnages mis en cause sont presque tous des gens comblés. Non pas de ces hommes et de ces femmes qui se prêtent à une pitié facile, mais de ceux qu´on envie pour leur apparent bonheur.
    D´un doigt léger, sans avoir l´air d´y toucher, Françoise Sagan gratte cette apparence, cette croûte, l´arrache, et voici devant nous, fragiles, inquiets, des gens comme les autres, et si seuls. Car c´est la solitude qui relie entre eux ces récits, pèse sur chacun d´eux. Une solitude que parfois, d´une pirouette, l´auteur attrape pour l´épingler au mur et nous la donner à contempler, dans un sourire. Et ce sourire, c´est la détente, la note de charme, une façon de laisser entendre que la vie et les hommes, au fond, ce n´est pas si sérieux... Des yeux de soie qui caressent et rassurent, mais quel désespoir cachent-ils ?

  • Un profil perdu

    Françoise Sagan

    • Stock
    • 9 Juin 2010

    Ils sont à la fin de leurs années de mariage. Ils se rendent pour la dernière fois à un dîner ensemble. Pour la dernière fois, ils vont offrir cette image du couple parfait. Alan, le bel Américain, se révèle d´une jalousie mortelle et Josée, sa femme, sait qu´elle ne peut plus le supporter. À ce dîner, Josée rencontre Julius A. Cram. Petit, un peu chauve, il porte des lunettes. Respecté, craint par tous et surtout par ses amis, il a la réputation d´être un requin de la finance, ce qui lui vaut d´être milliardaire.Julius se prend d´affection pour Josée et décide de l´aider à s´échapper de ce mariage raté. Josée se laisse faire et trouve, en l´espace de quelques jours, un studio pour un prix dérisoire, un travail dans une revue passionnante et entre dans le cercle très fermé et très snob de Julius. Elle s´ennuie un peu dans ce milieu, mais accepte l´amitié de Julius, sa compagnie et en oublie rapidement son passé avec Alan. De son côté, Julius semble n´être intéressé que par la vie de Josée et n´attend rien en échange. Une amitié gratuite.Mais la gratuité existe-t-elle réellement ? Les amis de Josée ne semblent pas y croire et elle-même en doute. Mais quel confort de se sentir à nouveau quelqu´un, respectée, admirée presque, avec une situation. La vérité finit par éclater lorsque Josée trouve enfin le grand amour. Comment Julius supportera de ne pas être l´être aimé ? Josée osera-t-elle quitter cette nouvelle prison dorée ?Un magnifique roman d´amour et une description parfaite du confort de la mauvaise foi.

  • De guerre lasse

    Françoise Sagan

    Charles Sambrat n'aimait pas la guerre.
    En mai 1942, il dirigeait tranquillement son usine dans le Dauphiné et meublait ses loisirs d'aventures faciles.
    Jérôme, son ami, son complice, son contraire, luttait contre les nazis, organisait des filières d'évasion. Son arrivée à l'improviste, en compagnie d'Alice, belle et dévorée d'angoisse, va jeter Charles dans une autre vie. Il lui faudra conquérir Alice qui a provoqué chez lui un amour total, la protéger lorsqu'elle devra prendre les plus grands risques dans le réseau que dirige Jérôme et l'arracher à la jalousie et à la fureur de son ami.
    C'est dans la tragédie de la guerre une comédie à trois personnages - trois portraits inoubliables - où Françoise Sagan met à l'amour un A majuscule tout en sachant que le petit 'h' de l'histoire détermine tout.

  • Au printemps de 1832, Flora, fille d´émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personne ne l´a aperçue encore dans la région quand Me Nicolas Lomont, trente ans, notaire, met son cheval en route vers Margelasse. L´histoire commence. Au début, c´est une tranquille histoire d´amour, puis vient le drame plein de bruit, de fureur, de passion.  Le récit est tout entier rapporté par Nicolas, trente ans plus tard. Vieux, solitaire, peu porté à la littérature, il ne sait pas trop ce qui le pousse à saisir un cahier et tracer ces mots : « Si un lecteur découvre un jour ces pages... », mais il continue. Me Lomont, bien qu´il décide plusieurs fois d´arrêter, de jeter son manuscrit au feu, se prend au jeu. Il dira tout. Il se surprend même à se griser de mots, à ressusciter d´une phrase ses amis morts, son ennemie disparue.

    Autant que pour l´histoire elle-même, violente, insolite, éperdue, on se passionne pour ce miracle qui transforme peu à peu chaque soir, quelques années avant 1870, un vieux notaire de province en un écrivain d´abord sage et classique, puis de plus en plus fougueux, débridé, lyrique... en un mot romantique. Un livre à part dans l´univers de Sagan, proche de Stendhal ou Maupassant.

  • À Cardin, petite ville du Nord, Guéret emprunte chaque soir le même chemin pour rentrer de l´usine, et chaque soir, c´est le même chien qui l´accompagne jusqu´à sa pension. Ce chien serait son unique compagnon s´il n´y avait Nicole, jeune ouvrière qui rêve de mariage. Nicole est désirable et attentionnée, mais tellement frivole que Guéret lui préfère Maria, sa logeuse quinquagénaire. Hélas, celle-ci ne lui exprime qu´indifférence et mépris ; jusqu´au jour où un meurtre sanglant est commis.  Maria a tôt fait de prendre son piètre locataire pour l´auteur du crime. Elle le regarde enfin. Bien plus, elle le respecte et l´admire. Guéret, trop heureux d´avoir enfin ses faveurs, ne la détrompera pas. Un jeu de dupes s´instaure alors entre eux. Jusqu´où cette imposture mènera-t-elle Guéret ? S´il se dévoile, ne risque-t-il pas de perdre l´amour de Maria, de tout perdre ? Seul témoin de cette relation qui peut en pressentir la douloureuse fin : le fidèle chien couchant.Dans ce livre, Sagan tente une gageure. Le Chien couchant est un texte inattendu. Loin de Paris, de la frivolité mondaine et des drames amoureux bourgeois, l´auteur de Bonjour tristesse inscrit son roman dans le milieu prolétaire, s´approprie sa rudesse et sa morosité. Plus d´artifices, seulement d´honnêtes gens pris au piège d´amours farfelues et de rêves ambitieux. C´est alors avec un réel plaisir que l´on découvre de façon insolite ce qu´on aime tant chez Sagan : on trompe l´ennui comme on peut, on aime en trichant un peu.  Un livre délicat sur la question de l´amour sincère et de sa mise à nu.

  • Théâtre

    Françoise Sagan

    Dans la continuité des rééditions de l´oeuvre de Françoise Sagan, les éditions Stock publient en un seul volume trois pièces de théâtre très différentes, dont une est inédite.L´excès contraire ou Le chevalier de lait, l´inédite, est une pièce de boulevard. Drôle, rapide, enlevée, elle se situe en Allemagne, en 1914. Et, comme il se doit, les quiproquos et les allusions sexuelles se font la part belle. Frédéric, jeune lieutenant du troisième régiment de Uhlans de Saxe, est l´amant d´une nuit d´Adèle lorsque le mari de celle-ci rentre à l´improviste de la chasse. Le cocu demande réparation au jeune Frédéric qui se révèle capon et fuit dès le lendemain. Il trouve refuge chez la soeur du mari trompé pensant pouvoir l´épouser pour éviter le duel.Un piano dans l´herbe est peut-être plus proche de ce à quoi nous sommes habitués dans l´univers de Sagan. Les personnages ont une quarantaine d´années, ils sont réunis pour des vacances à la campagne et cherchent à retrouver leur jeunesse. Mais comme dit l´un des protagonistes : « La jeunesse, ma chérie, c´est aussi dangereux à réveiller qu´un tigre. »Il fait beau jour et nuit est certainement la pièce la plus grave de cette sélection. Une jeune femme vient de sortir de l´asile où elle a passé trois ans à se demander si elle était vraiment folle, à s´inspecter, à avoir peur d´elle-même. Elle retrouve son mari et sa cousine qui n´ont pas toujours les meilleures intentions. On ne peut s´empêcher de penser au séjour que Françoise Sagan a effectué en cure de désintoxication et qu´elle raconte dans Toxique.Ces trois pièces se complètent et confirment si besoin était l´immense talent de conteuse de Françoise Sagan. Sa « petite musique » prend toute son ampleur dans des dialogues acerbes, drôles, froids ou tendres. Un grand moment de plaisir.

  • Paris, 1942. Constantin von Meck, metteur en scène allemand qui a fait l'essentiel de sa carrière à Hollywood, tourne un film pour la U.F.A. Il ironise sur ses compatriotes, s'insurge contre les brutalités policières, tente de sauver deux techniciens juifs, est révolté par une scène de torture, mais il ne remet fondamentalement en cause ni l'Allemagne nazie, ni la collaboration, ni sa propre attitude. Il aime la vie et les femmes - surtout la sienne, la belle Wanda. Il aime les hommes, les personnages extravagants et le rire. Séduisant, bruyant, drôle lui-même, il avoue pourtant avoir du 'sang d'aquarelle'. Il lui faudra la révélation de l'horreur devant laquelle, d'abord, il recule pour affronter finalement son destin, au terme d'une existence placée sous le double signe de la comédie et de la tragédie.

  • Un matin pour la vie, un dimanche matin comme les autres. Nicole est tirée de son sommeil par le téléphone, fait étrange, si tôt un dimanche, pour cette jeune femme à la vie exemplaire d´héroïne de Sagan. Son amie lui apprend la fin du monde : un missile est lancé vers Paris. San Francisco et Léningrad sont déjà effacés de la carte. Il ne lui reste plus qu´une heure à vivre. Que fait-on dans ces cas-là ? À qui pense-t-on ?  Rémi Pelletier laisse sa femme et ses enfants en vacances, il va passer le mois d´août seul à Paris. Cette perspective l´enchante, il peut enfin regarder tranquillement les matchs de football à la télévision. Et pourtant qui va lui recoudre les trois boutons qu´il vient de perdre ? Il ne voudrait pas avoir l´air débraillé lundi au bureau sous prétexte que sa femme n´est pas là. Il y a bien la voisine, Olga, une amie de son épouse, qui a une tête d´oiseau, une voix d´oiseau. Mais on ne peut quand même pas demander à une presque inconnue de recoudre ses boutons sans un minimum de civilité, n´est-ce pas ?En plus du déjà merveilleux Musiques de scènes, sont rassemblées ici cinq autres nouvelles inédites Un matin pour la vie, Histoire d´août,  Rupture, Macho, Menu. Histoires courtes, croustillantes et dôles que Françoise Sagan sait si bien mettre en scène. Un pur délice.

  • Je me suis bien amusé, Françoise aussi. Elle n´avait exigé que d´être elle-même.

    Elle n´a pas fait étalage de sa culture.

    Elle a été sobre, inattendue, drôle. J´ai été son premier spectateur, gâté par cette représentation et privilégié de quelques propos mais, comme toujours, c´est la fin qui est terrible : pourquoi va-t-on lui reprendre brutalement sans avertir ce qu´elle a mis des années à gagner ? Elle n´a pas signalé aux grands de ce monde qu´elle n´était pas contente. Mais, même pour ça, elle trouve le mot pour rire :
    « Parce que je trouve strictement dégoûtant de mourir un jour. Ça me dégoûte, l´idée que je vais mourir un jour, que les gens que j´aime vont mourir un jour. Je trouve ça infect, sincèrement, je ne trouve pas ça bien. Ce n´est pas convenable. On vous met sur la terre avec une machine à penser qui est votre cerveau. On vous donne plein de cadeaux qui sont la vie, les arbres, le soleil, les printemps, les automnes, les autres, les enfants, les chiens, les chats, tout ce que vous voulez... Et après, on vous dit... On sait qu´un jour on va vous enlever tout ça... C´est pas gentil, c´est pas bien, c´est pas honnête. (Rires.) Si vous voulez mon avis, mon désespoir vient de ça en grande partie, enfin, quand j´en ai... Et puis c´est tout. » A. H. (extrait de la préface)

  • « Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles : les accidents de voiture, les séjours à l´hôpital, les chagrins d´amour. Mais je ne renie rien. » Françoise Sagan, dans ces entretiens donnés entre 1954, date de parution de Bonjour tristesse, le premier roman publié à dix-huit ans qui fit sa notoriété internationale, et 1992, ne renie rien : son regard sur l´amour, l´amitié, l´argent, l´écriture, les hommes et les femmes, les voyages, dessine une figure incroyablement cohérente et sincère à travers les années. Et le lecteur, sous le charme de cette conversation entre confidences et mots d´esprit, ne renie rien au plaisir qu´il y prend.

  • 1954, Cécile, lycéenne parisienne passe l'été de ses dix-sept ans
    dans une villa avec son père Raymond, veuf, et Elsa, la maîtresse de
    ce dernier. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite
    de plaisirs et d'insouciance. Cécile connaitra ses premières
    étreintes avec Cyril. L'ambiance change quand Raymond annonce
    l'arrivée d'Anne, une amie. Différente d'Elsa et Cécile, Anne est
    une femme stricte et moralisatrice, elle apprécie la culture, les
    bonnes manières et l'intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil
    commence entre les trois femmes. Elsa tente de maintenir la relation
    avec Raymond, qui est aussi attiré par Anne. Quant à Cécile, elle
    craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que
    leurs libertés. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée,
    un jeu cruel se prépare...

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