• « Une femme, pour être en mesure d'écrire, doit avoir de l'argent et une chambre à elle ; et cela, comme vous allez le voir, ne résout en rien le grand problème de ce qu'est la vraie nature de la femme et la vraie nature de la littérature. »Virginia Woolf interroge dans cet essai incontournable toutes les constructions historiques, économiques et sociales qui, au fil des siècles, ont empêché les femmes d'écrire, de penser et de créer avec la même liberté que les hommes. Avec un regard volontairement impertinent et résolument moderne, elle mène une réflexion remarquable sur « les femmes et la littérature », et nous livre un texte féministe intemporel et nécessaire.Traduction et notes de Sophie Chiari.Préface de Lauren Bastide.

  • L'histoire de "La Retrouvée" raconte une conquête à double sens. Car cette maison, initialement parée de toutes les disgrâces, a dû conquérir le coeur de sa propriétaire, tandis que celle-ci s'acharnait à faire sien un lieu « qui n'était pas son genre ».Comment s'approprie-t-on une maison, un jardin ? Comment devient-on finalement habité par le lieu qu'on habite, réparé par le lieu qu'on répare ?L'exploration de ce kaléidoscope d'expériences, à la fois bien particulières et familières à beaucoup d'entre nous, fait l'objet de cet atypique récit par fragments, allant de l'anecdote drolatique à l'exploration psychanalytique, du traité de décoration à la philosophie et de la botanique à la mystique.Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels Maisons perdues (Thierry Marchaisse 2013) et Une histoire de France (Les Impressions nouvelles, 2018), qui appartiennent à la même veine autobiographique.

    Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'auteur, les identités en crise, la sociologie et les valeurs. Elle a publié aux mêmes éditions Maisons perdues (2013) et Le Pont-Neuf de Christo (2020).

  • S'approprier un lieu pour l'habiter est un acte fondamental de l'homme. Mais ce que nous sommes, il nous faut aussi apprendre à le faire nôtre, en découvrant, exerçant et habitant nos possibilités. Cet espace intérieur est-il essentiellement celui de ma solitude, où nul autre ne peut pénétrer, ou peut-il être celui d'une hospitalité, un vide central où Dieu vient demeurer ?
    Dans la continuité d'une tradition qui remonte à la Bible, nos diverses demeures (chambre, appartement, maison, temple, château...) ont permis de figurer et de décrire l'intériorité humaine. Il s'agit de schèmes variés, tantôt pour explorer, tantôt pour construire notre personnalité, et par là pour penser le jeu de nos forces et de nos désirs, le déploiement de nos pensées et de nos actes, et en dégager des lois, selon une topique, du mot qui signifie la disposition des lieux.
    Une rupture et un renversement marquent cette histoire. La topique chrétienne, largement méconnue, forme un modèle diversifié et approfondi au long des siècles, lequel pose l'identité humaine comme habitable par une autre présence que la nôtre. À partir de la Renaissance, et depuis Montaigne jusqu'à Rousseau et Kant, tout comme dans la poésie et le roman, elle tend à s'effacer, avec son horizon mystique, au profit d'un face-à-face avec moi-même, tout en usant des mêmes schèmes. Ainsi se fondent l'identité moderne et la subjectivité.
    À travers la pensée de nombreux auteurs, de saint Augustin à sainte Thérèse d'Avila, d'Origène à Dante, de Baudelaire à Freud, ce livre décrit et médite, selon une généalogie, un axe oublié de la pensée de l'identité, lourd de questions toujours aiguës.

  • Chacun cherche sa maison, la base à partir de laquelle il lui devient possible d'exister. On habite aussi les rues, les villes et les paysages. Tous ces lieux et ces espaces ont leur qualité propre, leur mémoire. Mais habiter, c'est également laisser des marques sur le sol, dessiner des surfaces, transformer la terre en une vaste demeure.
    Il y a plusieurs manières d'habiter : entendre son voisin, ce n'est pas forcément s'entendre avec lui ; déménager, ce n'est pas être en exil ni partir en vacances. Faisons-nous la différence entre une demeure habitée et une maison hantée ? Il faut donc raconter ces tables et ces lits, ces expériences concrètes, ces chemins où les hommes marchent et vivent.
    Variations philosophiques et littéraires sur nos façons d'être et de nous sentir en un lieu, ce livre est un traité du savoir habiter - et donc un savoir-vivre.

  •  « Une posture éducative s'apprend et s'éprouve. Elle se pense, se formalise, se transmet mais toujours à partir de ce que le terrain laisse affleurer d'essentiel et de nécessairement contradictoire. Elle se construit dans la rencontre avec ce qu'elle draine d'imprévu et d'insaisissable. C'est un art de la banalité et de la modestie dont la clinique sociale guide chaque parole, chaque geste, chaque regard, chaque silence. Elle fait du quotidien partagé avec les personnes, de ces fragments d'histoire dont on ne parle pas, des moments uniques et indispensables à la compréhension du métier. »

    À l'aide de très nombreuses illustrations, l'auteur déplie les multiples facettes la posture éducative. Au fil des pages, il en dévoile toute la complexité mais aussi et surtout la cohérence et donc le professionnalisme. Il n'évite aucune question, n'élude aucun paradoxe. Au contraire, il s'en saisit pour mieux les penser et les réintégrer au coeur des pratiques. C'est une réflexion menée sous les auspices de l'éthique et de la responsabilité : une éthique de la parole qui accepte les silences, une éthique du renoncement qui abandonne la maitrise et le savoir pour mieux s'ouvrir à la vérité du sujet et ne pas sombrer dans la résignation, une éthique de l'implication enfin qui fait de l'engagement subjectif du professionnel le coeur de son métier.

  • La vie pieds nus Nouv.

    Mer, sable, soleil et euphorie d'être légalement à moitié nu : la plage est le symbole des utopies hippies du retour à la nature. C'est le lieu du dévoilement démocratique des corps, un endroit où s'exercent les ravages du tourisme, mais aussi un lieu de rêverie enfantine et d'émerveillement, un lieu de drague ou de méditation.
    La Vie pieds nus explore toutes les significations que peuvent avoir pour nous les étendues de sable fin ; des significations historiques ou intimes, tant nos souvenirs logent parfois dans l'esprit des lieux. Entre autobiographie, souvenirs et analyse culturelle, Alan Pauls passe en revue les multiples visages d'un espace clé de la vie moderne. Et nous livre un texte d'une intelligence mélancolique sur un sujet qui n'était jusque là pas encore entré en littérature par la grande porte.

  • La ville, lieu d'émancipation, d'intégration ou d'exclusion pour les femmes ? La recherche scientifique actuelle, si préoccupée du phénomène urbain, n'a pas développé de réflexion systématique sur les relations qui se sont tissées au cours des siècles entre les femmes et la ville, comme si les femmes n'avaient pas modelé leurs lieux et leurs espaces de vie. L'ouvrage ne prétend pas combler cette lacune mais participe à une première approche, historique et sociologique, amorcée au début des années 1990 et qui a suscité des travaux parallèles, notamment en France. Très vite, on le verra, l'essentiel des contributions historiques concerne le statut économique des femmes. L'émancipation par le travail - le travail reconnu et salarié - est une donnée essentielle, tandis que l'occultation de leurs activités non marchandes explique le silence de l'histoire sur leur place dans la cité. Regards d'historiennes et d'historien qui s'interrogent sur la ville et les femmes mais aussi réflexions de sociologues face aux nouveaux problèmes qui naissent de l'urbanisation, des changements profonds de la ville - de la grande ville surtout. Le débat n'est tranché, ni entre eux ni dans l'ouvrage. Il reste très largement ouvert et témoigne de la fécondité de la problématique originelle : la ville, un lieu d'exclusion ou un lieu d'émancipation pour les femmes?

  • Renaud Camus part pour la Lozère, afin d'écrire une sorte de guide de ce département qu'il aime, et qui bat tous les records à l'envers. Il est toujours le moins. Et plutôt qu'une succession de lieux remarquables, il est pur espace, non lieu. On n'y va pas pour y voir ceci ou cela, on y va pour y éprouver, on y va pour y être. Et comme tout plus être commence nécessairement par l'expérience d'un moins être, voire d'un non être, la Lozère, ce nulle part, territoire par essence de la géographie négative, est l'occasion ou jamais d'être positivement Personne, à l'instar d'Ulysse, le voyageur. Sur les ruines de Peyre, en effet, il n'est pas jusqu'au nom qui ne lâche : il ne tient pas plus à vous que vous ne tenez à lui, et n'importe quel autre, pourvu qu'il vous plaise un moment et ne soit à personne, lui non plus, fera l'affaire aussi bien jusqu'à la prochaine fois. Ces histoires de nom, c'est toujours un roman, par en dessous. Rien n'empêche qu'un roman, cela dit, soit très scrupuleusement un guide, avec son index des noms, même.

  • Ce livre est issu d´une rencontre francophone organisée par Yves Millet pour l´association coréenne des études de la Culture Française et des Arts en France (C.F.A.F) et l´université Sungkyunkwan, le 15 avril 2006 à Séoul. Le lieu nous est apparu comme le point de rencontre concret de la théorie et de la pratique, là où s´articulent l´habiter et l´aménager. Le lieu est ce dont on doit parfois rendre compte mais également celui dont on est toujours responsable, dont on doit s´occuper ; dont on s´entretient et que l´on doit entretenir. Cette rencontre tenta de mettre à jour ce qui, dans l´héritage de traditions éloignées mais dans l´actualité d´une contemporanéité convergente, fait la question du lieu et les moyens d´y répondre.

  • Tout en attendre. Ne rien espérer. Aller à sa rencontre comme si on tombait amoureux.

    Qu'est-ce qu'un oloé ? Un lieu quelque part où lire ou écrire ? Un état d'esprit ? Une idée, un rêve, une envie ? Un livre, pour commencer.
    Dans ce livre, Anne Savelli interroge à la fois ses propres pratiques créatives (comment se consacrer à la littérature quand on est perpétuellement en mouvement ? ) et la possibilité de faire de l'écriture, domaine de la solitude par excellence, un territoire du commun.
    À qui sommes-nous reliés quand nous lisons ? Comment n'écrit-on jamais seul quand on écrit ? Reflet de la diversité qui l'a inspiré, le néologisme "oloé" est passé dans notre langage courant. Il est utilisé par tous : des auteurs invités dans cette nouvelle édition à s'approprier le concept aux lecteurs qui pourront, grâce à plusieurs propositions d'écriture façon "atelier", prolonger l'expérience pour que chacun puisse écrire, à son tour, dans l'énergie des oloés. Élastique, forcément.

    Avec la participation de Thierry Beinstingel, Pierre Cohen-Hadria, Virginie Gautier, Maryse Hache, Olivier Hodasava, Christine Jeanney, Pierre Ménard, Juliette Mézenc, Franck Queyraud, Joachim Séné et Lucien Suel.

  • En achetant un studio au coeur de Paris, Claire réalise son rêve. L'arbre, qui orne la cour de la petite copropriété par son feuillage luxuriant, nourrit son illusion d'un lieu paisible et serein, mais sa rencontre avec Thierry, son voisin va bousculer sa vie. Elle sera séduite et intriguée par cet homme mystérieux, qui lui fera vivre les émotions de l'amour puis de l'amitié.  

  • Ce livre propose un cadre théorique ambitieux qui permet de décliner, par un regard qui privilégie l'espace, les différentes dimensions de la mondialisation : ses flux économiques, ses configurations anthropologiques, sa géopolitique et sa politique, certaines plus spécifiquement géographiques (villes, mobilité, télécommunication). Emergence d'un ou plusieurs espaces pertinents sur l'étendue de la planète Terre, la mondialisation est fondamentalement un événement géographique, le premier de cette ampleur à être explicité, pensé et discuté, en même temps qu'il se produit. La mondialisation change les sciences sociales. Elle oblige à revoir des cadres de pensée liés au cadre national dans lequel et pour lequel ils ont été construits. En géographie, c'est notamment le cas des notions de lieu, de territoire, de réseau, de Monde et d'humanité. La mondialisation invente un nouvel échelon qui force au réagencement de l'ensemble des autres niveaux. A l'encontre d'une idée courante, elle ne détruit pas les lieux préexistants. Elle n'est pas la victoire du général sur le particulier : elle instaure de nouveaux rapports, pas nécessairement conflictuels, entre le singulier et l'universel. Les acteurs mondialisants sont aussi mondialisés, et tout se joue en tension entre ces deux logiques. L'individu est le grand " gagnant " du processus, alors que les communautés, malgré de nouvelles ressources, se trouvent menacées. Les entreprises changent pour s'adapter à ce nouvel environnement, et les Etats doivent passer d'une géopolitique à leur échelle, à la politique au-delà. Finalement, la mondialisation dessine un nouvel espace d'enjeux pour les citoyens : horizons de développement, choix complexes parmi les différentes natures possibles, options de gouvernance dans un Monde politique à inventer. Le mot " humanité " prend un nouveau sens, qui s'émancipe de ses anciennes significations, abstraites ou utopiques. L'invention du Monde : c'est maintenant, et c'est ici.

  • Durant toute sa vie, Samuel Taylor Coleridge, poète et philosophe romantique anglais, a consigné ses pensées et ses observations sous forme de fragments dans des Notebooks. Derrière cette écriture mosaïque se dessine l'histoire d'un esprit nourri d'une insatiable curiosité pour le monde naturel et la psyché humaine. Libre de toute contrainte, l'espace des Notebooks est peut-être celui qui s'ajuste le mieux au rythme si particulier de la pensée du poète. S'articulant autour de trois notions, l'entrelacs, le mouvement et la réversibilité, cet ouvrage propose de saisir le rythme et les variations d'une écriture et d'une pensée qualifiées par Coleridge de « polypiennes ». L'écriture des premiers carnets, essentiellement nomade, témoigne d'un plaisir de pérégriner et se nourrit de l'énergie d'un corps en mouvement. Toutefois, au fil du temps, le regard du poète substitue le diffus et l'absence à l'espace géopoétique. Que l'écriture carnétiste de Coleridge soit travaillée par l'énergie de l'intellect ou par l'affect mélancolique, elle est toujours mue par un dynamisme créateur. Ce qui rend ces textes si fascinants, c'est peut-être le refus ou l'inaptitude du poète à choisir ; Coleridge est toujours resté au « seuil de », ne franchissant jamais cette ligne qui aurait pu en faire soit un poète mystique, soit un poète maudit.

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