Renaissance du livre

  • La sphère marchande, désormais mondialisée et digitalisée, entre en violente collision avec les politiques de nombreux pays européens. En effet, le néo-libéralisme américain apporte une incontestable croissance économique et une extraordinaire élévation du niveau de vie. Il exige cependant une mobilité parfaite et une individualisation du travail.
    En revanche, les États-providences européens furent bâtis, à l'opposé du néo-libéralisme, sur la stabilité et la solidarité du travail. L'euro lui-même est fondé sur ce même postulat, non encore vérifié, de l'amplification de la mobilité du travail.
    Il pourrait en résulter une conflagration socio-économique dont les premières détonations sont aujourd'hui audibles. Sans une refondation de nos orientations politiques européennes, la rancoeur sociale pourrait gravement s'amplifier.
    Il faut rebâtir l'efficacité stratégique des États européens. S'il existe des périodes politiques, il faut désormais un temps étatique.
    2019, l'année de tous les périls politiques.

  • En moins de quarante ans, le capitalisme anglo-saxon s'est engouffré dans nos communautés européennes.
    Chaque jour, la mondialisation et la révolution de la d igitalisation amplifient la prédominance de cette sphère marchande.
    Aujourd'hui, les États européens sont écartelés entre des engagements sociaux impayables et des marchés qui leur échappent. Certains États-providence européens ont été financés par l'endettement public alors qu'ils ont désormais perdu leur souveraineté budgétaire et monétaire dans la zone euro.
    Des courants populistes rejettent les dirigeants qui n'ont pas protégé leur population vieillissante contre ces forces de marché. Ces populismes, relayés par les réseaux sociaux et radicalisés par des embrasements politiques, pourraient fissurer le modèle social-­démocrate européen et conduire à des chocs sociaux et politiques d'une envergure désespérante.
    /> Cet essai replace ces évolutions dans la longue histoire du capitalisme et, plus spécifiquement, dans le sillage de la révolution néolibérale des années 1980 dont nous ressentons désormais le ressac social. Il constitue un avertissement avec un message clair : le sauvetage de la tempérance politique européenne doit impérativement passer par la réhabilitation d'États stratèges et par un projet européen stabilisé par de nouveaux équilibres sociaux et fiscaux. Il s'impose désormais de subordonner toute décision politique à l'intérêt général et au bien-être des futures générations dans un esprit de solidarité et dans le respect d'une concertation sociale et écologique.

  • Au fil des siècles, les Bourses se sont adaptés à l'évolution économique de nos sociétés. Des tulipes aux produits dérivés obscurs et complexes, les marchés que nous connaissons actuellement ont subi de nombreuses transformations, rythmées par des krachs financiers d'envergure.
    Un tournant majeur s'opère cependant durant les années 90, au moment où le secteur technologique prend de l'ampleur. Les Bourses perdent progressivement leur visage humain au profit de l'électronique. Les parquets, où s'époumonent agents de change, seuls habilités à pouvoir exécuter les ordres des investisseurs, sont désertés. Ils vont céder leur place aux banques, qui vont elles-mêmes se retrouver face à des acteurs plus importants, appelés traders à haute fréquence. Dans le même temps, les négociations en Bourse s'accélèrent, au point de dépasser largement aujourd'hui la vitesse de la lumière.
    Le 6 mai 2010, le monde découvre avec stupeur l'importance de ces firmes robotisées sur les marchés, et le rôle qu'elles jouent désormais sur les marchés d'actions et les produits complexes. Pourtant, leur avènement s'accompagne d'une démocratisation des marchés pour tous les investisseurs. Car désormais, il n'a jamais été aussi facile pour le particulier de négocier en Bourse. Et jamais aussi bon marché aussi.
    Toutefois, la robotisation des marchés financiers pose des défis de taille pour les acteurs qui y interviennent. Tout le monde court après la machine.

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