Presses Universitaires de France

  • Morts de désespoir ; l'avenir du capitalisme Nouv.

    L'espérance de vie aux États-Unis a récemment baissé : du jamais-vu en Occident depuis 1918. Durant les deux dernières décennies, les morts par suicide ou dues à la consommation de drogue ou l'alcoolisme n'ont cessé d'augmenter. Anne Case et Angus Deaton ont été les premiers a tiré la sonnette d'alarme face à ce phénomène qui affecte la classe ouvrière blanche. Ils expliquent comment le système économique et sociale ruine les espoirs de ces Américains, autrefois portés par l'« American Dream » qui leur promettait réussite et prospérité.
    Ce livre dresse le portrait d'une Amérique désormais exclusivement préoccupée de l'enrichissement toujours plus grand des riches, qui abandonne à leur sort les non-diplômés, condamnés à mourir de souffrance et de désespoir. La fin d'un rêve à laquelle ont conduit les excès du capitalisme. Des pistes aussi pour enrayer cette spirale mortifère.

    Publication originale : Princeton University Press, 2020
    Traduit de l'anglais par Laurent Bury.

  • Les sciences de gestion et la pratique managériale sont aujourd'hui profondément remises en question. Leur réévaluation s'appuie sur le constat de la « stupidité fonctionnelle » des organisations ou de la « gouvernance par les nombres », mais elle bute sur deux obstacles : d'une part l'incapacité à reposer la question du sens de l'action collective au sein des organisations post-tayloriennes, et d'autre part la difficulté de repenser le management à l'heure des transitions technologiques et écologiques. Des lectures critiques et philosophiques éclairent d'une manière singulière les limites du negotium (commerce). Ni les discours convenus sur le leadership, encore moins le « dataïsme » ambiant, ne pourront répondre aux enjeux. Réintroduire un humanisme pourrait à l'inverse constituer une autre manière d'affronter les défis socio-économiques et écologiques du futur.

  • Alors que la mondialisation s'est bâtie sur les bénéfices attendus de la liberté d'investissement, elle n'a pourtant pas effacé la compétition entre nations. Ces rivalités étatiques prennent ainsi la forme d'une guerre économique où les entreprises sont autant acteurs que cibles. La France est traversée par cette dynamique. C'est pourquoi le temps du retour de l'État dans le jeu des fusions-acquisitions d'entreprises sensibles est venu. Des politiques de sécurité économique et un dispositif de sécurité nationale (décret IEF) s'appliquent ainsi à toutes les opérations d'investissements étrangers liées aux secteurs stratégiques. Dans ce contexte, sociétés et investisseurs s'efforcent d'aborder leurs négociations dans un jeu où les pouvoirs publics s'invitent désormais autour de la table.

  • L'économie d'aujourd'hui n'est-elle pas un défi aux valeurs de justice et de respect de la dignité humaine ? L'économie libérale est celle de la liberté des acteurs, mais leurs droits ne peuvent être défendus sans insister sur les devoirs qui y correspondent. Si nous ne parvenons pas à retrouver cet équilibre, des risques sérieux existent de voir refleurir les écoles anti-libérales et un retour au protectionnisme ou à l'étatisme, sources d'inefficacité, de perte de liberté et de conflits planétaires. Le temps est venu de concevoir une Charte éthique du libéralisme économique qui impose les garde-fous nécessaires tout en préservant la capacité de progrès continu de l'économie libérale. Sous l'impulsion de Bernard Esambert, la Fraternité d'Abraham a engagé une réflexion sur cette problématique, et pour promouvoir et approfondir ces idées, s'est rapprochée de l'Académie des sciences morales et politiques, afin de créer en octobre 2013 une Fondation, abritée par celle-ci. À l'initiative du Président de cette Fondation, Bertrand Collomb, une série de conférences a été organisée depuis 2015 à l'Institut de France, pour instruire ce sujet et sensibiliser à l'urgence de réintroduire un comportement éthique dans la conduite de l'économie. Des ressources abondantes ont été rendues disponibles : les textes de toutes les conférences prononcées depuis octobre 2015, la réflexion « Éthique ET Libéralisme » de Bernard Esambert, les communications des responsables de groupes de travail thématiques, les interventions des penseurs et des chercheurs réunis à l'initiative de Bertrand Collomb. Les « Actes de la Fondation Éthique et Économie » visent par leur publication à attirer l'attention sur cet arsenal de réflexions devant permettre d'aboutir à un corpus de propositions concrètes pour réintroduire le réflexe d'éthique auprès de l'ensemble des acteurs du monde économique. Avec les contributions d'Ahmed ABBADI, Stanislas d'AUDIFFRET, André BABEAU, Michel BADRÉ, Philippe BARBARIN, Suzanne BERGER, Michel CAMDESSUS, Christian CASPER, François CLAVAIROLY, Bertrand COLLOMB, Paul DEMBINSKI, Jean-Pierre DUPUY, Bernard ESAMBERT, Gaël GIRAUD, Sergeï GURIEV, Ángel GURRÍA, Jean-Pierre HANSEN, Masami KITA, Haïm KORSIA, Pascal LAMY, Jean-CLaude LECONTE, Edmond LISLE, Narayana MURTHY, Baudoin ROGER, Blanche SEGRESTIN, Jean TIROLE, Xuexin ZUO.

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