Editions Lc

  • Les Douze Heures de la Nuit, douze nouvelles fantastiques, n'ont rien à envier aux maîtres du genre.
    Armé d'une écriture limpide et proprement efficace, Lester L.Gore apporte à ses récits une telle tension méthodique et permanente qu'il serait difficile de ne pas en être subjugués malgré l'horreur parfois. ou à cause d'elle, peut-être. Mais oublions le remords : on a ici ou là le réconfort de lire que les victimes ne sont pas toujours innocentes et que cela pourrait presque légitimer tant de meurtres surnaturels et de vengeances implacables. Le procédé d'envoûtement du lecteur est toujours le même : partir d'un contexte réel ou vraisemblable et s'en extirper peu à peu avec l'apparition de l'étrangeté, d'abord légère, puis empreinte d'angoisse ou de menace, jusqu'à l'explosive révélation, voire l'inexorable déferlement de créatures issues d'autres mondes ou d'autres temps.
    Cette recette est ici maîtrisée sans faille.
    Et peu importe que l'on admette l'existence de fées et sorcières, de lutins et autres trolls, de petits êtres cachés bons ou malicieux. Peu importe que l'on croie aux dieux maléfiques, aux forces occultes, aux métamorphoses surnaturelles, aux légendes antiques. La narration prend d'abord appui sur des faits avérés, un fait divers, la biographie d'un dictateur trop célèbre, les mines d'argent du Mexique, un chantier contesté, la géographie et la faune du Congo, le Triangle du Diable aux Bermudes. Le contexte réel sème le trouble. Comment percevoir alors où louvoie précisément la ligne de partage entre le normal et le paranormal, entre le factuel et l'imaginaire.
    Il est ainsi des tumultes qui offrent de libératrices récréations, dans tous les sens du mot.
    Et moi qui suis peu friand du gore, de ce Gore-là j'en redemande.

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