Corti

  • Saviez-vous que les fantômes, au Japon, sont surtout des femmes ? Qu'ils comportent bien plus de catégories que les nôtres ? Et surtout, qu'ils ne font peur à personne ? Chez les Extrême-Orientaux, si un vivant croise une personne enterrée trois mois plus tôt, il ne ressentira nulle crainte, nul étonnement même : tous deux bavarderont comme de vieux amis qui se sont quittés la veille, riront, boiront, connaîtront peut-être des rapports intimes qui préludent à une étrange progéniture. Là-bas, au loin, le fantôme appartient à la vie quotidienne - comme une fée ou un dragon dans nos contes de fées.
    Et pourtant, malgré leur intrusion toute naturelle dans la vie quotidienne, ces fantômes-là diffèrent-ils tellement des nôtres ? Que rencontre-t-on, dans Kwaidan ? Une sorte de goule, une fantôme revendicatrice, un saule fantôme, un cerisier qui vit grâce à l'âme d'un vieillard, des têtes sans corps, des corps sans visage, une belle femme réincarnée en oiseau fidèle, une armée fantôme qui écoute le récit de sa défaite, les larmes aux yeux, un rêve qui laisse des traces bien tangibles au réveil - mais sous une étrange allégorie, un époux qui, après des années de mariage, s'aperçoit que sa femme n'est pas de ce monde...

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  • Comme pour certains grands créateurs, un média ne suffit pas à Kubin : d'une main, il dessine, de l'autre, il écrit ; "il n'est que trop malaisé de déterminer qui influe sur l'autre, c'est la même main qui écrit et dessine". Son seul roman, L'Autre côté, qu'Herman Hesse, déjà, considérait comme un livre majeur, est devenu, depuis sa parution, en 1909, une des oeuvres-clés de la littérature dite moderne. L'Autre Côté a influencé Kafka, Jünger et les surréalistes, de même que le groupe du Cavalier Bleu auquel Alfred Kubin appartenait. Comme la plupart des livres qui comptent, L'Autre Côté, son Empire du rêve - tel un avatar angoissant des confins - ne se résume pas. Théâtre de fantasmagories échevelées, de métamorphoses hallucinées et de décompositions de toutes sortes, L'Autre Côté de Kubin est le contrepoint même du rêve. Tout est rêve tant que tout demeure en deçà des frontières de l'Empire éponyme : le voyage, la quête, la lumière ; au-delà c'est-à-dire au-dedans, le cauchemar éveillé : ciel lourd, resserrement, prémonition jusqu'à la lente dégradation mortifère. Voici donc une parodie de l'utopie, du voyage extraordinaire, et du Merveilleux ! Depuis l'édition de Pauvert, de 1964, ce livre manquait.
    Contenu du Dossier Complémentaire :
    - « Quelques souvenirs de ma vie », autobiographie subjective d'Alfred Kubin ;
    - Une lecture du libraire Laurent Évrard ;
    - Une chronologie de l'auteur.

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  • La période dite victorienne correspond à l'apogée de la Ghost story au Royaume-Uni, comme aux États-Unis. Jacques Finné dans le prolongement du choix opéré dans Les Fantômes des Victoriennes, que nous rééditons simultané- ment, a retenu huit récits qui montreront, une fois encore, que durant le règne de Victoria les femmes écrivains n'avaient rien à envier à leurs homologues masculins.
    Les auteures retenues ont été plus ou moins célèbres, Gertrude Atherton, La femme et la Mort, (56 livres publiés), Gertrude Bacon, La grotte, (première en de nombreux domaines), Mrs. Alfred (Louisa) Baldwin, Sérénade muette, (dont les « aurait pu » jalonnent la vie), Mary Elizabeth Braddon, L'étreinte de glace, (romancière à succès, auteure de 90 romans et 150 nouvelles), Amelia B.
    Edwards, Une nuit dans la Forêt noire, (touche à tout de génie), Edith Nesbit, Le pavillon, (pionnière de la littérature pour enfants, où on la cantonne toujours), Margaret Oliphant, Le portrait, (pilier du Blackwood magazine et romancière reconnue), Mrs. Henry (Ellen) Wood, Dormir... peut-être rêver... (l'une des auteures les plus vendues et traduites de sa génération : cinq millions d'exem- plaires).
    Si un bon nombre d'entre elles ont été très célèbres ou populaires, saluées par leurs confrères (Wilkie Collins, Henry James et bien d'autres) toutes méri- teraient d'être tirées de l'oubli où elles sont tombées, et tout particulièrement Margaret Oliphant qui dans Le portrait retrouve la grâce dont La fenêtre de la bibliothèque témoignait déjà.

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