Littérature générale

  • Cécile, adolescente, met en oeuvre un drame qui coûtera la vie à Anne, maîtresse de son père.

    « Elle pleurait. Alors je compris brusquement que je m'étais attaquée à un être vivant et sensible, et non pas à une entité. Elle avait dû être une petite fille, un peu secrète, puis une adolescente, puis une femme. Elle avait quarante ans, elle était seule, elle aimait un homme et elle avait espéré être heureuse avec lui dix ans, vingt ans peut-être. Et moi... le visage, ce visage, c'était mon oeuvre. J'étais pétrifiée, je tremblais de tout mon corps contre la portière. » F.S.

  • Publié en France en 2017 par Actes Sud, le recueil Le silence même n'est plus à toi rassemble quelques-unes des chroniques d'Asli Erdogan parues dans le journal Özgür Gündem, où elle dénonçait les atteintes à la liberté d'opinion. Elle le fait avec une grande exigence poétique, mêlant lucidité et beauté de la langue.

    « Faut-il accueillir avec douleur, avec humour ou avec compréhension les paroles du grand chef qui, après avoir de facto privé des millions de femmes de leur droit à l'avortement, sur un ordre murmuré du bout des lèvres, déclarait le 8 Mars : « Je vais m'occuper personnellement du problème des femmes, comme je me suis occupé de celui de la cigarette ». Nous ne sommes pas du côté de la loi, mais de celui de la révolte ! Ceci n'est pas le slogan d'un seul jour, c'est notre réalité individuelle ! Ce sont les femmes qui changent la Turquie, qui la transforment et la transformeront. » A.E

  • En solidarité avec les femmes et les enfants victimes de la guerre et des intégrismes. Isabelle Huppert lit Musique et Poésie d'Ingeborg Bachmann Nicole Garcia lit Poèmes d'Emily Dickinson Michèle Morgan lit La Maison de l'inceste d'Anaïs Nin Marie-France Pisier lit Poèmes de Nelly Sachs Nathalie Baye lit Corps séparés de Clarice Lispector Anouk Aimée lit Agnès de Catherine Pozzi Dominique Sanda lit Lettres de Marina Tsvetaeva Marie-Christine Barrault lit Poème de Laure Sonia Rykiel lit Poèmes de Joyce Mansour Carole Bouquet lit La Fascination de l'étang de Virginia Woolf Catherine Deneuve lit Le Petit Garçon de Jean-Loup Dabadie Arielle Dombasle lit Le Don de Hilda Doolittle Juliette Greco lit L'Homme jasmin de Unica Zürn Coline Serreau lit Requiem Lectures d'extraits pour chacune des lectrices. Musique : ZAP MAMA avec Marie Daulne, Sylvie Nawasadio, Sabine Kabongo.

  • Fin 1902, un jeune homme de 20 ans envoie ses essais poétiques à Rainer Maria Rilke et lui demande de les juger. Une correspondance s'établit entre les deux hommes. Dix lettres constituent ce recueil, publié en 1929, après la mort de Rilke. « Vous me demandez si vos vers sont bons... Votre regard est tourné vers le dehors ; c'est cela qu'il ne faut plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de la nuit : "Suis-je vraiment contraint d'écrire ?" Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple "je dois", alors construisez votre vie sur cette nécessité. » R.M.R.

  • « A M..., ville importante de haute-Italie, la marquise d'O, dame d'excellente réputation, veuve et mère de plusieurs enfants fort bien élevés, fit savoir par la presse qu'elle était, sans savoir comment, dans l'attente d'un heureux événement, que le père de l'enfant qu'elle allait mettre au monde devait se faire connaître, et que, pour des considérations d'ordre familial, elle était décidée à l'épouser. » H.v.K. La Marquise d'O, Pocket, 1989, Mille et une nuits et Phébus 1999.

  • « Dans un petit village d'Italie, situé au pied d'une montagne au bord de la mer, dans la chaleur écrasante du plein été, deux couples passent des vacances comme chaque été : Gina et Ludi, Jacques, Sara et l'enfant. D'autres amis sont là, dont Diana. Ils se baignent, se parlent, s'ennuient...
    Dans la montagne, au-dessus du village, un jeune homme a sauté sur une mine. Ses parents là-haut, veillent.
    « Qu'est-ce qui manque à tous ces amis ? demande Diana.
    - Peut-être l'inconnu, dit Sara. » Marguerite Duras (Les Petits Chevaux de Tarquinia, I, Gallimard, 1953)

    La lecture par Catherine Deneuve du chapitre I des « Petits Chevaux de Tarquinia », accompagnée du chant méditerranéen des cigales, nous plonge avec délice dans l'oeuvre romanesque de Marguerite Duras.

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