Anouk Aimée

  • Jean Genet évoque son itinéraire qui fit d'un enfant de l'Assistance publique injustement soupçonné d'un vol et placé dans une maison de correction celui qui, dans sa souffrance, choisit d'être ce dont on l'accuse : « Je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé qu'on voyait en moi. » « Journal du voleur » est l'évocation d'un destin délibérément choisi « dans le sens de la nuit » pour exploiter « l'envers de la beauté » par l'écriture et son flamboiement. C'est grâce à l'éclat de cette parole que Jean Genet élabore un monde cohérent, le sien, reposant sur la constante inversion des valeurs et centré sur la mort.

  • Les personnages de ces courtes nouvelles, publiées en 1976, ont en commun l'apparence du bonheur. Mais derrière les masques se trouvent des hommes et des femmes seuls, inquiets, fragiles et sans défense. C'est tout l'art de Françoise Sagan, fait de légèreté et d'humour, de mettre à nu en chacun d'eux, la fêlure. Une conclusion inattendue, une fin abrupte révèlent fugitivement une vérité cachée.

    « C'était une heure triste, dans un mois triste, dans un paysage triste, mais elle sifflotait quand même et de temps en temps se baissait pour ramasser un marron, ou une feuille rousse, dont la couleur lui plaisait ; et elle se demandait avec une sorte d'ironie ce qu'elle faisait là. [...]

    Un corbeau traversa le ciel dans un cri rauque et, aussitôt, une bande d'amis le rejoignit et sembla déborder l'horizon. Et bizarrement, ce cri, pourtant bien connu, et ce vol lui firent battre le coeur comme sous l'impulsion d'une terreur injustifiée. » F.S.

  • En solidarité avec les femmes et les enfants victimes de la guerre et des intégrismes.

    Isabelle Huppert lit "Musique et Poésie" d'Ingeborg Bachmann.
    Nicole Garcia lit "Poèmes" d'Emily Dickinson.
    Michèle Morgan lit "La Maison de l'inceste" d'Anaïs Nin.
    Marie-France Pisier lit "Poèmes" de Nelly Sachs.
    Nathalie Baye lit "Corps séparés" de Clarice Lispector.
    Anouk Aimée lit "Agnès" de Catherine Pozzi
    Dominique Sanda lit "Lettres" de Marina Tsvetaïeva.
    Marie-Christine Barrault lit "Poème" de Laure.
    Sonia Rykiel lit "Poèmes" de Joyce Mansour.
    Carole Bouquet lit "La Fascination de l'étang" de Virginia Woolf.
    Catherine Deneuve lit "Le Petit Garçon" de Jean-Loup Dabadie.
    Arielle Dombasle lit "Le Don" de Hilda Doolittle.
    /> Juliette Gréco lit "L'Homme jasmin" d'Unica Zürn.
    Coline Serreau lit "Requiem".

    Lectures d'extraits pour chacune des lectrices.
    Musique : ZAP MAMA avec Marie Daulne, Sylvie Nawasadio, Sabine Kabongo.

  • Dans son appartement de Rio, une femme commence sa journée, seule face à une tasse de thé. Sa bonne l'a quittée le matin même. Il y a une première rupture du rythme quotidien de cette femme. C'est pourquoi elle entame une interrogation sur le cours habituel de ses jours. Après avoir décidé de faire le ménage dans la chambre de la bonne, elle découvre qu'elle a vécu de longs mois à côté de quelqu'un resté totalement étranger. Commencent à sourdre les indices d'une seconde interrogation, plus large et plus complexe, qui part de ce point précis : son ignorance de l'autre. C'est en cherchant le sens primordial de ce qu'elle ressent et en essayant de comprendre les liens éventuels entre tout cela et Dieu, que G.H. avance, de station en station, dans sa passion, qui est à la fois un cri de douleur et de joie.

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