Littérature traduite

  • Cette longue nouvelle écrite en 1926 met en scène un individu à la fois idéaliste et misanthrope qui acquiert à l'âge de 35 ans une île dans l'intention de la transformer et de créer un univers dont il sera le maître.Ses espoirs déçus, il s'installe sur une deuxième île plus petite et sombre peu à peu dans la plus totale indifférence avant de finir hanté par ses obsessions.

  • Un humoriste, on a du mal à l'imaginer en famille, entouré de ses enfants, de sa femme, de la bonne et du chien... Un humoriste, on le voit plutôt seul, en goguette, décochant à tout venant, à tout moment, traits et saillies pour la plus grande allégresse d'une cour mondaine et bambocharde. Encore une fois, Jerome K. Jerome bouleverse les idées reçues. Le grand humoriste britannique se montre ici englué dans les soucis domestiques du bon père de famille, éperdu d'admiration pour celle-ci, déçu par celui-là, aux prises avec les voisins, les fournisseurs et les animaux d'alentour.

    L'achat d'une nouvelle maison, avec les aménagements qu'à sa guise chacun, dans la famille, souhaite y porter secrètement - ou bruyamment - est un prétexte merveilleux pour aiguiser la verve de l'humoriste, et si rien ne vaut le rire pour corriger les moeurs, elles sont ici, on le verra, suffisamment châtiées pour en sortir régénérées.

  • «?Les nouvelles de Reinhard Lettau sont ainsi autant de pièges spirituels et inquiétants dont notre imagination ne se libère que difficilement. Nous avons affaire à coup sûr à un dangereux magicien puisqu'il sait apparemment trouver le défaut de la cuirasse grâce auquel l'imaginaire peut s'introduire dans le réel et le bouleverser.?» Publiées au début des années 60 en Allemagne, elles marquent d'emblée le territoire d'un écrivain doué pour les labyrinthes imaginaires excitants comme nous les aimons.

  • L'homme qu'on appelait jeudi ; un cauchemar (The Man Who Was Thursday : A Nightmare paru en 1908 est le plus célèbre "thriller métaphysique" de Chesterton. Sa traduction (de 1911...) méritait sérieusement un rajeunissement, d'autant qu'il manquait des passages... Ce roman est considéré comme une oeuvre charnière du XXe siècle, entre Lewis Carroll et Kafka ou Borges qui d'ailleurs le vénérait.
    Plus qu'un roman policier, il s'agit aussi d'un roman d'aventure, d'une sorte de vaudeville, d'apologue, de variation philosophique et humoristique qui en fait un objet littéraire inclassable et qu'on peut lire à plusieurs niveaux. Autour d'un mystérieux complot anarchiste, GKC tresse un entrelacs de rebondissements qui surprennent et ravissent.

  • Secrets barbares

    Rodney Hall

    En composant Secrets barbares, Rodney hall s'est souvenu d'un fait divers qui avait d'autant plus marqué les Australiens qu'il n'avait jamais pu être élucidé. Le jour de Noël 1898, on assassina après les avoir violés deux soeurs et un frère de la famille Murphy. Soixante plus tard un voisin se prétend le coupable, sans convaincre le survivant de la fratrie, Patrick qui va entreprendre, avec les faiblesse de sa mémoire vacillante, de ressusciter l'histoire de sa terrible et funeste famille. Il entrouve les portes d'un royaume barbare sur lequel règnent des parents tyrans qui font vivre les leurs dans un monde qui a érigé la violence en règle. Mais Rodney Hall transforme cet infernal huis clos en épopée tragique et poétique, faisant souffler sur ses créatures sa langue ardente.

  • Voici un livre qui paraît modeste et qui est pourtant un des plus beaux que nous ait offert la littérature anglaise. Un roman d'amour qui raconte la passion impossible qu'une femme et un homme (emprisonné injustement et à vie) se vouent et qui vont devoir se réfugier dans le monde du rêve (le "rêver-vrai") pour vivre leur bonheur. Du Maurier ne se savait pas romancier, il confia son idée de sujet à son ami Henry James qui l'invita à se lancer et à ne pas abandonner une si belle idée. C'est donc en "amateur" et avec une belle naïveté que l'auteur s'est lancé dans cette aventure littéraire qui fascina les surréalistes et tous ceux que l'onirisme fascine. On sort de ce livre, paru en 1892 mais tellement "neuf" dans son regard sur l'amour, comme lustré de beauté et de joie.

  • On croit en France que l'écriture n'est pas affaire de technique mais de révélation. Le Russe Chklovski s'évertue à prouver le contraire dans ce petit bréviaire à l'usage de ceux qui ne veulent pas écrire n'importe quoi n'importe comment. On y apprendra ainsi qu'il vaut mieux ne pas se hâter de devenir écrivain professionnel, comment on rédige un article, comment on développe une intrigue, compose un caractère, ou encore pourquoi il faut collectionner les mots.
    En prenant des exemples d'auteurs indiscutables comme Dickens, Maupassant, Tchekhov ou Dostoïevski, il invite autant à réfléchir sur la pratique qu'à mettre en action des procédés à même de prémunir contre une médiocrité qui n'a pas de frontière.
    On ne naît pas écrivain, on le devient, et jamais sans conseils avisés.

  • Côté cour, Sémion Ivanovitch Nevzorov partage son existence entre de vagues rêveries de midinette et quelques polissonneries avec sa maîtresse Knopka. Côté rue, la monotonie des semaines de bureau n'est guère rompue qu'à l'occasion des heures passées au cabaret du Pôle Nord. Ses camarades de beuverie n'accordent donc guère crédit aux propos d'une voyante qui prédit à notre homme un destin rempli d'aventures variées. C'est alors que la guerre puis la révolution russe se chargent de réaliser les prophéties en propulsant Nevzorov dans un tourbillon. Tolstoï utilise son talent fabuleux au service du plus échevelé des romans-feuilletons, et la vie du héros se confond bientôt avec une suite déchaînée de péripéties qui le mènent de Saint-Pétersbourg à Istanbul en passant par Odessa.

  • Le seul roman français (et qui plus est historique) du grand Dickens a trouvé dans Emmanuel Bove un traducteur inattendu (une traduction restée inédite) : une histoire d'humiliés qui profitent de la Terreur révolutionnaire pour se venger, au risque d'entrainer des innocents dans leur frénésie ; un allerretour entre Paris la sanglante et Londres le refuge, entre l'excès français et la réaction anglaise ; un avocat brillant et alcoolique qui donne un sens à sa vie en montant sur l'échafaud à la place d'un autre et accomplir ainsi le plus beau des gestes amoureux. Pathétique, digne, d'une puissante sobriété, ce relativement court roman de Dickens, s'il est un de ses plus lus partout, reste relativement méconnu en France où on gagnerait beaucoup à le découvrir dans cette superbe traduction.

    Sur commande
  • Publié en 1960, Piotrus présente le singulier mélange d'une écriture slave dans un décor moyenoriental.
    Farce baroque, elle met en scène un personnage à bout qui se vend lui-même sur le marché de Tel-Aviv. Embauché par Mme Zinn, il se voit confier le soin de rester enfermé dans les toilettes de l'immeuble dont elle est propriétaire pour pousser ses locataires vers la sortie. Que faut-il avoir subi, qu'attend-on de la vie et de soi-même pour accepter ainsi de lier son sort à celui d'un trône interdit aux voisins ? La jeune Batia qui, de temps à autre, vient le tirer de son néant et l'ensorceler le sauvera-t-elle de sa tentation du gouffre ?
    Roman visionnaire où le farfelu devient pathétique, Piotrus est une oeuvre forte, inoubliable.
    Un texte culte pour Denis Lavant qui nous l'a conseillé.

    Sur commande
  • Les nouvelles de Csáth, tantôt oniriques, tantôt réalistes, nous offrent le spectacle d'une folie qui annonce un siècle tout entier placé sous ce signe. Elles osent dire, avec une précision souvent cruelle, ce que nos fantasmes les plus indicibles expriment de nos terreurs ou de nos tourments. Ne faut-il pas la découverte d'écrivains partis au bout d'eux-mêmes pour calmer en nous la peur du gouffre ? Csáth, qui brûla de l'intérieur sa brève existence, appartient à cette fratrie de possédés, abandonnant à notre inquiète raison et à notre penchant pour le mystère ces textes uniques, impudiques et rares, derniers témoignages de son funeste génie. Il appartient à cette étonnante école littéraire hongroise de l'entre-deux-guerres dont il est le versant sombre.
    />

  • Sur commande
  • 1745. Agent de Charles Stuart qui entreprend la reconquête du trône anglais, le jeune Alastair Maclean croise les destinées de Midwinter, curieux seigneur des marges anglaises ; de la belle Claudia Norreys et de son traître et veule époux ; de Nicholas Kyd, bon vivant ambigu ; et de l'absurde et sagace Samuel Johnson, qui deviendra son fidèle ami. Dans une sauvage Angleterre magnifiée par l'hiver, Alastair achèvera, dans la douleur, une éducation sentimentale et guerrière des plus mélancoliques. Ce roman historique haut en couleurs et en rebondissements, inédit en France, rappelle le génie narratif de ce grand auteur britannique qu'est John Buchan. Il est mené tambour battant, à bride abattue et enthousiasmera ceux qui aiment que l'Histoire soit magnifiée par une belle écriture.

  • Si "aucun homme n'est une île", certains aspirent néanmoins à découvrir celle qui les rendra heureux.
    Le héros de ce récit, l'un des derniers et des plus intenses de David H Lawrence, a choisi de quitter le continent pour se tailler un royaume à sa mesure. Mais où trouver sa plénitude ? Comment être à soi-même un territoire fini ? Botaniste qui tente d'ordonner le chaos du monde ou maître qui organise son domaine au milieu de la mer, l'insulaire volontaire va ainsi aller, île après île, jusqu'au bout de son utopie personnelle.
    Voici un texte limpide, beau et méconnu où éclate le génie tourmenté de l'écrivain anglais, un texte à lire seul au milieu du monde.

    Sur commande
  • Ce n'est pas la moindre qualité des Anglais que de savoir se moquer d'euxmêmes.
    Cette disposition à l'humour qui les caractérise engendre parfois l'apparition d'un objet insolite dont la démesure comique sidère. Avec Augustus Carp, écrit sous couvert d'anonymat par un digne médecin de la cour, on tient une de ces exceptions qui provoquent l'hilarité universelle. Le héros et narrateur de ce livre, outre son profil de goinfre, possède les plus remarquables qualités qu'on espère d'un hypocrite complet :
    Ignorance colossale, avarice, puritanisme, paranoïa procédurière, délation instinctive et on en passe. Parodiant avec génie le genre autobiographique, ce roman peint le portrait d'une famille où l'imbécillité est un étendard dans lequel on ne cesse de se prendre les pieds.

    Sur commande
  • Le livre des monstres paru en 1978, peu après la mort de l'auteur, recueille des textes courts sans liens directs entre eux, comme dans le Stéréoscope des solitaires (Gallimard, 1972). On y retrouve ce goût pour les portraits d'être prodigieux qui rappelle celui du Borges, ami et maître de Wilcock, du Livre des êtres imaginaires.Mais ici les êtres dotés de caractéristiques tout à fait hors-normes, parfois effrayants dans leur apparence, ne montrent aucune accointance avec le prodigieux ou le divin. Au contraire ils se révèlent banals, ordinaires, avec les travers petits-bourgeois les plus prosaïques. A travers cette tératologie de la vie quotidienne filtre une vision satirique de la société :
    Inutile d'aller chercher bien loin, les monstres sont parmi nous, et ils sont déplorables.

    Sur commande
  • Sur commande
  • Pfitz

    Andrew Crumey

    En plein siècle des Lumières, un Prince cherche l'immortalité en inventant des villes fantastiques. Son rêve fou d'une Ville absolue le pousse à consacrer tout le génie de son peuple à cette entreprise. Mais prévoir les plans et les cartes les plus détaillées de sa cité ne suffisant plus, il veut aussi en imaginer les habitants et les visiteurs.
    Au coeur d'une immense administration vouée à ce travail monumental, le cartographe Schenck, plutôt timide et rêveur, va croiser le chemin d'une superbe rousse, biographe en charge de la destinée d'un certain comte Zelneck. Entraîné par une passion qui stimule son inventivité, Schenck cherche à l'approcher en pénétrant dans la biographie du comte et en imaginant des aventures à son valet, un certain Pfitz.
    Mais on ne rentre pas impunément dans la vie de personnages de fiction et notre innocent cartographe amoureux va vite apprendre les dangers de la virtualité.
    Jeu de miroirs sur les sens de la fiction, réflexion à bride abattue sur les confusions du rêve et de la réalité en même temps que génial et inventif hommage au roman philosophique du XVIIIe siècle, Pfitz est un conte stupéfiant d'intelligence - ainsi qu'une sublime histoire d'amour.

    Sur commande
  • En quelques nouvelles et une carrière très brève, Stanley Weinbaum a imposé son nom jusque sur la planète Mars où un cratère porte le sien. On trouve de plus en plus difficilement ses textes en ce temps où les anthologies sont passées de mode. Il nous a semblé utile de nous offrir une nouvelle traduction de ses plus belles réalisations, perles de l'imaginaire d'une époque où la SF partait à la conquête des esprits et des intelligences.
    Sept nouvelles savoureuses et subtiles sur cet ailleurs qui nous résiste ou nous rend fou, et parmi elles la plus célèbre, Odyssée martienne, qui voit la rencontre d'un humain et d'un extra-terrestre et, pour la première fois dans la SF, il ne ressemble pas à un hominidé avec lequel on peut communiquer, "une des trois histoires qui ont changé la SF" (Asimov)

    Sur commande
  • Considéré par Lovecraft comme son égal, célébré pendant des décennies comme l'un des maîtres du fantastique, Algernon Blackwood n'a pas en France le public qu'il mérite. La richesse de son oeuvre, la puissance de son inspiration, qui va chercher jusqu'au fond des forêts les mystères qui hantent l'humanité, et sa maîtrise narrative lui vaudraient pourtant de nombreux lecteurs. C'est que Blackwood n'est pas de ces bricoleurs d'épouvante qui se ressemblent tous. Avec lui c'est toute la Création et la Nature, à la fois attirantes et inquiétantes, qui sont convoquées face à des hommes effarés de découvrir ce que leurs âmes recèlent.
    La formidable puissance de suggestion de ce génie de l'étrange, de cet homme que les mots aimaient, se retrouvera dans les cinq longues nouvelles choisies ici.

    Sur commande
  • Plaies

    Rennie Sparks

    Rennie Sparks en treize nouvelles diaboliquement simples nous montre à quel point il est facile de commettre des actes horribles et d'être un monstre, banal. Ses textes sont des instantanés de vie humaine où des traces de Goya et de Jérôme Bosch se sont faufilées sous l'émulsion. Treize immersions dans le quotidien d'une Amérique qui a perdu ses repères et rue dans le noir, mais où la beauté se fait sidérante dans l'obscurité. Rennie Sparks fait dans la miniature explosive, transformant le dégoût en épiphanie.
    "J'ose espérer que ces récits seront pour vous un refuge où vous pourrez vous laisser à aller à ressentir ce que vous avez peur de ressentir, quelles que soient ces peurs. Nous avons toutes et tous à gagner à remuer le couteau dans nos plaies, et à laisser le sang s'en écouler."

    Sur commande
  • Pour raconter une bonne histoire, nous dit Borges, il faut avoir deux intrigues, une fausse pour égarer le lecteur au départ, et une vraie qu'il faut garder secrète jusqu'à la fin.
    Cette théorie a trouvé en Mario Levrero, grand auteur uruguayen, un illustrateur hors pair. Avec J'en fais mon affaire il nous embarque dans les aventures, à la fois cocasses et étranges, d'un écrivain en déroute chargé d'en retrouver un autre, un certain Juan Pérez, dont on ne connaît que le manuscrit génial et la bourgade d'origine, un lieu paumé où notre enquêteur amateur va aller de découvertes en déconvenues.
    Car si les Juan Perez ne manquent pas, ils n'écrivent guère... Persifleur, drôle, bourré de clichés qui font un joyeux feu d'artifice, ce roman a les couleurs de la culture populaire mais les nuances de la littérature insolente.

    Sur commande
  • Orphelin à 18 ans d'un père richissime, le héros de ses mémoires entreprend de raconter sa vie de play-boy du fond du cercueil où il repose enfin, braguette ouverte, après une vie de débauche, récit d'outre-tombe d'un homme qui solde ses comptes avant l'éternité et nous conte la vie d'un libertin toujours flanqué d'un valet, l'insaisissable Catesby dont il a également "hérité". Entre le maître et le serviteur s'est noué un lien pervers et indissoluble où la fascination le dispute à la haine d'autant que le second a ravi la sublime fiancée, Antonella, le privant d'un Amour suprême qu'il va poursuivre sans fin, de femme en femme, de pays en pays, sans réussir à se débarrasser de ce laquais- bourreau. Il faudra des décennies d'affrontement avec ce double monstrueux pour parvenir à la vérité.

    Sur commande
  • Du mal d'un écrivain peut surgir l'histoire la plus sublime, de la souffrance d'un de ses protagonistes le personnage le plus singulier. Certains livres sont ainsi les géniaux effets collatéraux de douleurs inavouables, démangeaisons secrètes, virus pervers et autres pathologies.
    Diego Vecchio, jeune et brillant auteur argentin en parfaite santé, l'a bien compris et a entrepris, dans cette anthologie imaginaire de corps aux prises avec l'ennemi intérieur, de nous exposer neuf cas cliniques, sorte de vade-mecum de maladies produites par la littérature. Fantastique et réalisme s'y conjuguent pour nous offrir un vertigineux et hilarant voyage, remède souverain contre l'ennui.
    À lire sans ordonnance et sans retard.

    Sur commande
empty