Bruno Leprince

  • Après la crise des subprimes de 2008, une nouvelle bulle financière se prépare à exploser : celle de la dette étudiante. Elle est le fruit pourri de la marchandisation, rampante ou assumée, de l'université. Alors que le temps des études devrait être celui d'une émancipation intellectuelle et sociale, il devient le sas d'entrée dans une prison pour dette. Au Québec, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Tunisie... étudiants et jeunes précarisés se sont mobilisés contre la dégradation des diplômes et la déqualification des diplômés. C'est un bras de fer planétaire aux enjeux immenses pour toute la société. Déjà, l'université française est minée par cette nouvelle contradiction du capitalisme.

  • L'eau, tellement évidente. D'un simple geste, elle coule en abondance, à la mesure de tout ce que nous consommons, sans attention, sans retenue. Et pourtant, quels symboles recouvrent l'élément et son plantureux lexique. Fruit de convoitise, objet de fabuleux profits, combien de conflits a-t-elle pu susciter ? L'évidence mérite toujours que l'on s'y penche d'un peu plus près. Encore faut-il qu'une petite étincelle survienne pour éclairer un nouveau chemin.
    L'eau n'a pas de prix est à la fois le récit de la création d'une régie publique de l'eau, et une boite à outil à disposition des usagers et des élus, pour faire sauter les fausses entraves au passage en régie publique de la gestion de l'eau potable.

  • L'Humanité a un problème avec son modèle agricole.
    Malgré la croissance de la production agricole, la moitié de la population mondiale n'est pas correctement alimentée ou est menacée de ne plus l'être. Une partie importante de la paysannerie est en crise, et cette crise se diffuse aux autres secteurs de la société. Les dégâts écologiques sont multiples.
    Enfin, ce modèle mène l'humanité à une impasse : les crises actuelles risquent de s'approfondir, le modèle lui-même sera rapidement confronté à ses propres limites écologiques et il contribue plus globalement au réchauffement climatique.
    Cet ouvrage présente les évolutions majeures qui ont conditionné l'actuel modèle agricole, les intérêts économiques en jeu et les principales caractéristiques du modèle et des crises qu'il génère. Il propose une analyse des causes et des composantes de l'actuelle impasse sociale et écologique.
    Enfin, il présente les principes et les grands traits de ce que serait une nouvelle révolution agricole répondant à l'intérêt général.

  • Face au Front national et à Marine Le Pen, la dramati-sation et la diabolisation ne suffisent plus.
    Assumer le combat frontal face au FN suppose de produire des arguments pour répliquer dans le détail à son programme. Et ainsi le faire reculer concrètement dans les têtes et dans les urnes.
    C'est l'objet de ce livre qui décrypte minutieusement les positions et les propositions de Marine Le Pen sur ses chevaux de bataille?: l'immigration, le social, l'euro et la laïcité. Quatre questions sur lesquelles ce livre démontre chiffres à l'appui que le Front national multiplie les mensonges. Une tromperie programmatique qui alimente un cinquième mensonge sur la nouveauté et la dynamique présumées du FN de Marine Le Pen.
    Loin de représenter une menace pour l'ordre établi, les propositions du FN nuiraient gravement au plus grand nombre. D'autres solutions existent pour porter une vraie alternative contre l'oligarchie. Contre toutes les fausses évidences médiatiques sur le FN, ce livre montre qu'il n'y a pas de dynamique Le Pen qu'une gauche claire et décomplexée ne puisse briser.

  • Deux cents milliards de SMS sont envoyés dans le monde chaque mois.
    Fin 2009, on dénombrait 61,4 millions d'abonnés mobiles en France avec 19,3 milliards de SMS envoyés soit une augmentation de plus de 65,5 % par rapport à 2008. L'abonné français envoie en moyenne 109 SMS par mois. Des linguistes se penchent sur la question du « langage SMS ». Ceux de l'université de Montréal ont, au sein de leur Projet Texto 4 Science sous la campagne « Donnez vos textos à la science » recueilli 300 000 SMS en langue française afin de mesurer la « création artistique » et de produire un dictionnaire d'abréviations.
    Les psychanalystes parlent d'un pianotage frénétique, pulsionnel et désinhibant favorisant la spontanéité et la perte de contrôle, une sorte de « nudité de la vie inconsciente » (Françoise Juranville). SMS (Short Message Service), textos, messages texte ou minimessages, autant de transmissions symboliques. Osés, érotiques, coquins, pudiques, risqués, poétiques, surprenants, désarmants, émouvants, énervants, sublimes et drôles, ce livre regroupe des textos envoyés et reçus, et tous réels.

  • L'idée socialiste

    Jean Le Garrec

    À relire Fourier, Vallès qui débat de « l'Idée » avec la grande Séverine, Proudhon surtout, on découvre que le « socialisme utopique » est encore d'une étonnante modernité. Regard critique sur la société, analyse du rapport de force voulu par le capitalisme, faiblesse de la politique. Ces auteurs auraient apprécié le petit livre de Stéphane Hessel et particulièrement le titre?: Indignez-vous, livre qui s'est vendu dans le monde à plusieurs millions d'exemplaires.
    Le mot « crise » n'a aucun sens pour donner un contenu à la situation que nous vivons. Le combat qui se mène est celui d'un rapport de force entre le pouvoir financier et la politique. Nous pouvons reprendre dans sa brutalité voulue, le mot de Proudhon : « les anthropophages ». Ce sont les plus fragiles, les chômeurs, les jeunes sans formation, ceux qui sont venus d'ailleurs, qui seront sacrifiés.
    Jack London, dans son livre, Le Talon de fer, paru en 1906, prévoyait que sans une mobilisation « révolutionnaire » de la société, le capitalisme financier l'emporterait.
    Le temps est venu.

  • Équateur, 1985. Le président Febres Cordero mène une politique de répression inédite contre tous les opposants. En Colombie, le pays voisin, les mêmes méthodes font régner la terreur depuis des décennies. Quelques Colombiennes et Colombiens se regroupent à Quito pour faire connaître la violence et l'injustice qui saignent leur pays. Parmi eux, Hernando, un jeune étudiant en journalisme qui aime aussi la salsa, le rhum, et rire de tout. Enlevé et torturé par des militaires, il retrouve la lumière du jour en prison. Pendant trois mois, il partage le quotidien de toutes sortes de détenus, des travestis et même un otage. Avec eux, il côtoie en vrac misère humaine, amitié, amour, sexe... et prépare un plan d'évasion. En dépit de situations extrêmes, il raconte avec humour et un optimisme surprenant un parcours semé d'embûches.

  • Mondialisation libérale ou protectionnisme solidaire, il faut choisir ! Le libre-échange est une idéologie réactionnaire qui enchaîne les peuples au capitalisme financier et productiviste de notre époque. Nous lui opposons une voie progressiste permettant à la souveraineté populaire d'engager une transformation radicale de notre modèle économique et social. Notre protectionnisme n'est pas une fin en soi mais l'outil de la transition écosocialiste que nous proposons pour la France et l'Europe. C'est un levier puissant pour garantir des droits sociaux élevés et surmonter la crise écologique.
    Cet ouvrage reprend la bannière, trop délaissée par la gauche, de l'affrontement avec le dogme libre-échangiste et la construction libérale de l'Europe, que la signature du Grand Marché Transatlantique est censée couronner. Il est temps d'en sortir !
    Cette contribution pose les jalons d'un autre modèle d'échange international, en avançant des mesures concrètes pour une gauche ambitieuse et crédible.

  • Nicolas Sarkozy a saigné l'École de la République comme jamais. Mais il s'est surtout attelé à la réorganiser selon la doxa libérale : marchandisation, autonomie des établissements, savoirs réduits à une vision minimaliste et utilitariste... Alors que le changement promis par l'élection de François Hollande tarde à se manifester, les bases sur lesquelles refonder l'École de la République continuent à faire débat jusqu'au sein de la gauche.
    Des ruptures sont nécessaires si c'est bien la société que l'on veut transformer en profondeur. Place à l'émancipation individuelle et collective plutôt que la soumission à l'ordre de la société. Place à l'égalité réelle plutôt que l'égalité des chances. Place aux savoirs universalistes plutôt qu'une école à plusieurs vitesses. De l'accueil des plus petits à une révolution copernicienne au profit de l'enseignement professionnel en passant par une invitation à se ressourcer à l'idéal du collège unique, c'est bien au coeur d'un humanisme radical que doit prendre racine l'école de l'égalité, l'école du peuple.

  • Par ce recueil, à la fois réflexion engagée, compte rendu de mandat et témoignage militant, je désire montrer que de nouvelles formes d'engagement politique sont possibles. Dire que face aux nouveaux défis économiques, sociaux, démocratiques et environnementaux, la politique à l'ancienne n'a plus lieu d'être. Et que l'exercice de la citoyenneté et le souci de l'intérêt général doivent redevenir l'affaire de tous. Cet ouvrage a pour but de contribuer à transformer nos colères en espoir, de témoigner qu'il existe une alternative, un plan B. Et qu'il ne tient qu'à nous qu'il devienne le plan Alpha. Il existe déjà en germe dans les alternatives concrètes, les collectifs citoyens, les formes coopératives de production. Les richesses existent en France, nous possédons compétences et savoirs, seule manque aujourd'hui la volonté politique au pouvoir. Et l'aiguillon indispensable d'un mouvement social de masse. La révolution est un processus permanent, les prémisses du futur sont déjà là. À nous d'en faire la réalité de demain.

  • Traditionnelle, recomposée, monoparentale, adoptive, polygame, homoparentale... Les dernières décennies ont vu évoluer la famille de façon spectaculaire et sans précédent. Elle est plus que jamais le terrain de jeu de la vie quotidienne : désir d'enfant, avenir des jeunes, autorité des parents, vieillesse et dépendance. La famille éclate en une mosaïque d'intérêts, de revendications, d'espoirs et aussi de bouleversements. Parents démissionnaires ou trop protecteurs, enfants tyrans ou modèles, ados surprotégés, inquiets, violents ou incompris, espérant en l'avenir mais en rupture de ban ... Omniprésente dans les débats comme dans l'actualité, la famille brille de tous ses éclats. Les pessimistes la disent en constant tiraillement, les autres en perpétuelle recherche d'équilibre. Ce dialogue dynamique et sans langue de bois entre un journaliste réputé et l'un des plus imminents spécialistes du sujet en France, n'omet aucune question. Celles dont on croit connaître les réponses, comme celles qui dérangent, voire qui fâchent. On ne peut s'empêcher à la lecture de cette exploration au coeur d'un sujet qui nous touche tous, de repenser sa propre famille.

  • Faut-il que le socialisme meure pour que les socialistes vivent ? le socialisme semble avoir vécu un véritable reflux quasi trentenaire en europe, provocant la marginalisation des forces qui s'en réclamaient.
    Pourtant, il émerge de nouveau sur le continent latino-américain dans les forums sociaux internationaux autant qu'à la tête de nombre de ses gouvernements (chavez au venezuela, correa en equateur, fernandez de kirchner en argentine, morales en bolivie. ). en confrontant le socialisme organique français à la réalité de la mondialisation, à l'altermondalisme naissant autant qu'à sa propre histoire, l'auteur s'efforce de tracer les lignes directrices d'une refondation d'un idéal éternellement neuf.
    Au fil des pages, entre amérique latine et europe, le lecteur découvrira les nombreuses raisons qui permettent d'espérer et de définir ce que peut être demain une alternative au néolibéralisme. le combat culturel, gramscien, initié à porto alegre, peut trouver un débouché dans l'exercice du pouvoir. c'est cette nouvelle étape qui nécessite une véritable " refondation du socialisme français ".

  • Parmi les raisons qui expliquent l'échec de ségolène royal à la dernière élection présidentielle, celle du divorce entre la gauche et les salariés est centrale.
    Le temps de la réconciliation est maintenant venu. pour réussir cet objectif, il faut répondre aux attentes des salariés sur le pouvoir d'achat ou la souffrance au travail plutôt qu'agiter des slogans loin de leurs préoccupations. les auteurs se livrent à un examen approfondi des mutations du travail depuis 30 ans. ils proposent dans cet ouvrage des réponses fondées sur les principes de justice et d'efficacité qui permettent d'envisager le retour rapide au plein emploi de qualité grâce au dialogue social.

  • Aujourd'hui je veux m'adresser à toutes celles et ceux qui n'en peuvent plus de la politique, témoigner que d'autres pratiques sont possibles, qu'on n'est pas obligé, quand on est élu, de devenir un technocrate ennuyeux, la bouche pleine de langue de bois et de discours tout faits. Que pour être responsable politique, on n'en est pas moins un individu avec une vie, des goûts et des désirs. Qu'aujourd'hui la politique à l'ancienne n'a plus lieu d'être. Et que l'engagement militant doit redevenir l'affaire de tou-te-s. Je ne voulais pas d'un livre sérieux, comme il faut, exhaustif, avec les mots clés qui vont bien et les piliers sagement rangés d'un programme. Il y en a plein les librairies. Mi manifeste, mi pamphlet, sur fond de bio un peu romancée, ce petit livre a pour but de montrer qu'on peut réenchanter la politique, qu'il existe un plan B. Et qu'il ne tient qu'à nous que ça devienne le plan Alpha.
    Pour ce nouveau bouquin, j'ai choisi des têtes de chapitre permettant de présenter mes engagements militants et mes actions d'élue, une sorte de compte rendu de mandat, tout en montrant comment les luttes sur le terrain rejoignent les propositions d'alternatives, comment ce plan B qu'on nous dit utopique est en réalité possible, et l'horizon soi-disant indépassable du capitalisme est déjà derrière nous. Comment enfin le combat que nous menons ensemble dans les rues peut - et doit - rejoindre celui que nous portons dans les urnes. Car rien ne changera ni n'adviendra, la révolution citoyenne encore moins, si nous n'en faisons pas l'affaire de toutes et tous. Élus, militants, citoyens, réunis par une même colère, un même ras-le-bol, une même envie d'en découdre et d'inventer un autre monde. La révolution est un processus permanent, les prémisses du futur sont déjà là. À nous d'en faire la réalité de demain.

  • Sous la conduite de la social-démocratie, la gauche historique est menacée de dissolution dans toute l'Europe. Cela au moment où déferle une terrible crise du capitalisme dans un contexte de marche au désastre écologique. Une autre locomotive est donc nécessaire pour la gauche. L'enjeu est de construire une alternative majoritaire pour dépasser le capitalisme et rompre avec le productivisme. Comment ? La création du Parti de Gauche exprime en France une réponse qui s'observe dans de nombreux pays après l'exemple de « Die Linke » en Allemagne. L'alliance du Parti de Gauche avec le Parti Communiste et Gauche Unitaire dans le « Front de gauche » a ouvert la voie de ce renouveau sous une forme originale. Elle est fondatrice depuis le résultat acquis aux élections européennes. Ce recueil rassemble quelques textes de Jean-Luc Mélenchon qui éclairent cette démarche et lui proposent un projet politique et électoral pour s'enraciner et s'élargir dans les années qui viennent.

  • Le président de la république nicolas sarkozy a accepté d'être nommé chanoine honoraire de latran, la paroisse du vatican à rome.
    A l'occasion de son intronisation, il a prononcé un discours qui adopte le concept de " laïcité positive " défendu par le pape benoît xvi. le ridicule du ton de prédicateur qu'il adopte, les injures et les provocations auxquelles il se livre contre les lumières, la vision républicaine de l'histoire de france et les maîtres de l'école publique, ne doivent pas faire perdre de vue l'objectif politique qu'il poursuit.
    Il s'agit de faire entrer la france dans la logique du " choc des civilisations ", où les religions définissent les personnes, les sociétés et le système des relations internationales. pour cela, il veut tourner la page de la loi de 1905 de séparation des eglises et de l'etat. danger !

  • Huit français sur dix habitent aujourd'hui en milieu urbain.
    Lieu d'échanges, de progrès, de rencontres, les villes voient aussi se concentrer toutes les injustices et des conditions de vie souvent difficiles. les socialistes ont toujours été concernés par les questions de la ville, des réflexions théoriques des premiers utopistes du xixe siècle, à la gestion quotidienne des milliers de communes qu'ils dirigent. ils sont attachés à l'idée que la ville est un espace où doit pouvoir s'incarner l'espace républicain, où la démocratie doit s'exprimer, où la société peut évoluer positivement.
    Cet essai, nourri de théorie et de pratique réformiste au quotidien, développe la conception qu'ont les socialistes de la politique de la ville.

  • Le 11 septembre 1973, des forces armées réputées loyales au pouvoir civil, démocratiquement établi, renversaient, avec une violence extrême, le gouvernement de l'Unité populaire voulu par les électeurs du Chili trois ans plus tôt.
    Le Président Salvador Allende allait mourir les armes à la main dans le palais de La Moneda, après avoir rejeté avec hauteur et mépris les offres de reddition des putschistes. Au-delà de cet exemple rare de vaillance et de dignité, les sujets de réflexion ne manquent pas. Tel celui-ci : est-il concevable, par le moyen du vote citoyen, d'ouvrir la voie à une société socialiste ? En tout état de cause les Etats-Unis du couple Nixon-Kissinger n'ont pas toléré qu'une telle éventualité soit même évoquée.
    Dès avant la victoire électorale de la gauche chilienne, la CIA mettait en marche sa machine de terreur et de mort. Le régime Pinochet allait être son monstrueux enfant adultérin.

  • Près d'un siècle après l'assassinat de Jean Jaurès, en juillet 1914, avons-nous encore quelque chose à apprendre de lui ? Comment en douter ! Il y a chez lui une permanence qui nous est nécessaire. Au nom de l'avenir, il nous faut la retrouver, la faire connaître et tenter de lui être fidèle. Avec la passion du militant et la rigueur de l'universitaire, Edmond Hervé nous offre une véritable étude sur Jaurès. Sa vie, bien sûr, est évoquée, celle du Jaurès respecté, mais aussi celle du Jaurès maudit de la France haineuse. Edmond Hervé nous en brosse les grands moments, pour aller à l'essentiel, en trois parties qui charpentent son texte : l'idéalisme, la construction de l'unité, le courage politique. Jaurès nous aide à comprendre d'où nous venons, afin d'apprécier le socle de notre pensée et de notre histoire. Il a bâti ce socle : le socialisme français a toujours été un socialisme républicain, inspiré par la justice et la liberté, un socialisme qui cherche à faire de chacun un acteur.

  • Soldat au 21e régiment d'Infanterie coloniale, Joseph Rosenfeld (1911-1976) est fait prisonnier en juin 1940 par une patrouille allemande à Charmes dans les Vosges.
    Il échappe à une exécution sommaire en affirmant au chef de la patrouille qu'il n'est pas juif. Commence pour lui une longue captivité dans un camp de prisonnier (stalag) à la frontière entre l'Autriche, l'Italie et la Yougoslavie. Le Kommando dont il fait partie est composé uniquement de juifs, pour la plupart étrangers engagés volontaires en 1939. Bien que protégés par la Convention de Genève, ils sont assujettis aux travaux les plus pénibles.
    Joseph entame alors une correspondance avec sa femme et ses parents (163 lettres) entre octobre 1940 et décembre 1944. Il raconte sa vie quotidienne et s'inquiète pour sa famille restée à Paris. Il parle aussi beaucoup de son fils, Jean-Michel, qu'il ne verra pas grandir pendant ces cinq années. Dans sa préface, Jean Lacouture écrit : "Ce qui frappe, dans cette émouvante série de lettres adressées aux siens par Joseph Rosenfeld, c'est l'extraordinaire sérénité dont fait preuve cet homme que ses origines vouent plus encore que d'autres, aux pires sévices.
    Bien loin de s'appesantir sur son sort, sur les menaces qui pèsent sur lui, sur la cruauté des traitements qui lui sont infligés, il ne pense qu'au sort de ses proches, sachant ce que peut imposer un occupant nazi à une société accablée par la défaite".

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