Sciences humaines & sociales

  • Le visage d'Edith Stein a disparu dans le martyre qu'elle subit à Auschwitz le 9 août 1942.
    Depuis lors, ses différents biographes ont tenté de recomposer les éléments de sa vie et de sa personnalité à partir d'une facette de sa personnalité. Edith Stein philosophe, Edith Stein carmélite, Edith Stein féministe: les approches se succèdent et esquissent les différents traits d'un visage dont l'unité demeure cachée dans le secret d'une destinée.
    Dans ce livre, Philibert Secretan propose une approche synchronique d'Edith Stein. «Le portrait que je propose ici s'organise autour de trois données de fait: la conversion du judaïsme au christianisme; le passage de la phénoménologie à la sagesse philosophique;
    L'entrée au Carmel. Autant de faits qu'il s'agit de traiter non plus en diachronie, comme autant d'étapes d'une existence étalée dans le temps, mais en synchronie, comme autant de strates d'une personnalité dans laquelle continuent à résonner des échos de ces moments constitutifs de son être singulier.» En conclusion, Philibert Secretan s'attache à montrer comment la vertu d'obéissance - à la vérité vue par l'intelligence jusqu'à la volonté de Dieu, de l'université au Carmel - unifie les strates qui constituent la personnalité d'Edith Stein. Un livre de vie. Un testament aussi, de celui qui sur le conseil de Paul Ricoeur a introduit la pensée d'Edith Stein en France.

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  • - Une réflexion profonde sur la théorie de René Girard, en référence aux psychologiques du désir mimétique, du ressentiment dans l'histoire, du sacré et de la violence, sous le point de vue du « politiquement correct ».
    Si les fils répètent les crimes de leurs pères précisément parce qu'ils se croient moralement supérieurs à eux comme l'affirme le Nouveau Testament, c'est parce que :
    - chaque société/époque a une idole, mais n'en est pas consciente ou s'en cache (l'idole régnante), - dès que la société a versé trop de sang pour cette idole régnante et que son culte devient trop visible, l'idole régnante se noie dans le sang versé pour elle et devient une idole déchue, - dès que son idole est déchue, la société prend conscience des crimes commis en son nom, et elle trouve alors le courage (c'est un bien grand mot...) de s'élever contre le règne qui a déjà pris fin, - loin de permettre l'avènement d'un monde meilleur, ce combat contre l'idole déchue focalise toute l'attention morale de la société sur le passé, et permet ainsi à une nouvelle idole régnante de monter sur le trône et de recevoir à son tour des sacrifices dans l'indifférence générale - c'est ce que l'auteur appelle le Pacte des Idoles (l'idole déchue accepte de focaliser sur elle tous les reproches liés à la violence d'une société, à la manière d'un père mourant qui accepterait de passer pour l'auteur des crimes de son fils),

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  • L'homme est-il menacé d'abolition? Quel est au juste ce danger d'«abolition» ? Qu'il y en ait un, nous en sommes obscurément conscients, sans bien savoir de quoi nous avons peur, et plus encore aujourd'hui peut-être qu'à l'époque où Lewis écrivait. Le progrès constant des sciences, l'explosion des technologies informatiques et biologiques donnent bien à l'homme des pouvoirs grandissants sur lui-même, mais nous ne sommes pas sûrs qu'il fera bon usage de ces pouvoirs. On dit parfois que l'homme est aujourd'hui maître de son destin. Soit ;
    Mais qui nous dit qu'il saura maîtriser cette maîtrise, pour le bien de l'humanité ? « Nous n'avons pas encore vu ce que l'homme peut faire de l'homme »: derrière cet impensé de la culture ambiante, on trouve la conviction que le progrès serait toujours automatiquement bénéfique. De sorte que cela semble être aujourd'hui un devoir de l'humanité de « s'améliorer » elle-même grâce à l'ingénierie génétique, conditionnement plus total encore que les techniques comportementales, ou même de se dépasser dans une «transhumanité » radicale, dont les produits seraient si parfaits qu'ils n'auraient plus rien d'humain. On ne se demande pas quel rapport auront ces hommes techniquement améliorés avec ceux d'entre nous qui n'auront pas été perfectionnés, puisqu'il est clair que l'homme ne sera amélioré ou dépassé que dans certains hommes. Qu'en serait-il du reste de ce qui deviendrait fatalement une sous-humanité ? Telles sont les questions que pose cet essai lucide. Le xxe siècle fut celui de la «mort de Dieu»; le xxie siècle serat- il celui de la «mort de l'homme»?

  • Le concept de tradition

    Josef Pieper

    • Ad solem
    • 6 Février 2008

    Au concept de tradition est habituellement associé un ensemble d'idées où prédomine presque toujours la notion d'"attachement au passé". Pour Josef Pieper, au contraire, le concept de tradition est un principe premier : il recouvre tout ce qui est originaire, primordial, structurant. On ne peut le démontrer par voie de syllogisme, de manière dérivée et seconde, mais on peut déterminer son contenu, de manière empirique, dans différents "lieux", où la tradition a été et continue d'être transmise. C'est ce que fait Pieper dans ce livre. En mettant en lumière - avec le discernement critique nécessaire - l'accord profond des thèmes principaux du "grand Mythe" platonicien (création, chute, salut, immortalité de l'âme) avec la doctrine chrétienne, Pieper montre l'importance de la tradition non seulement pour la religion et la théologie, mais aussi pour la philosophie. En ce sens, le concept de tradition compris comme "précompréhensions" (Martin Heidegger) ou comme "contours implicites de la conscience" (Michel Polanyi), n'est pas un sujet spécial ou réservé. Il intéresse l'homme tout entier, car en tant que principe premier, il se révèle être le fondement de la réalité objective elle-même.

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  • L'historicisme, à force de nous égarer dans des horizons sans fin, nous interdit de retrouver le chemin de chez nous.
    C'est ce que montre, avec une audace toute philosophique, Josef Pieper, en présentant son interprétation de la " divine folie ", theia mania, du Phèdre. Le propos est aussi modeste que la taille du livre, l'auteur ne nous offrant que ses " réflexions sur le Phèdre de Platon "; pourtant, il s'agit là d'une attaque en règle contre une autre manie, celle des érudits de notre époque, qui consiste à ne trouver dans les textes du passé que ce qui ne nous parle plus puisque notre perspective sur le monde a changé.
    On ne s'intéresse plus au sens de l'oeuvre, un sens qui ne peut être que présent dés lors qu'il révèle un sens éternel à un homme éternel. Que pourrions-nous sentir en effet d'un parfum évanoui dont il ne reste que l'alcool? Toute la grandeur du platonisme, et au-delà de lui, de la philosophie, est là. Dévoiler une présence au coeur de cette absence creusée par le temps, par la grâce de l'anamnèse de ce qui dépasse en nous l'humain et que les Grecs qualifiaient justement de " divin ".
    Jean-François Mattéi

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  • La notion de vérité a reçu sa définition classique dans l'idée d'une relation exacte - d'une adéquation - entre l'intelligence et un étant.
    Cette définition nous a été léguée par la pensée grecque. Avec ce leg, nous avons hérité aussi de la confusion - originaire selon Heidegger - de l'étant avec l'être. Une pensée de l'étant n'est pas nécessairement une pensée de l'être. La vérité comme maîtrise sur l'étant a engendré la métaphysique, puis la technologie, dont le règne s'étend comme une «machination universelle» redoublant l'aliénation de l'homme par rapport à l'être.
    Husserl et Heidegger avaient dénoncé l'avènement du règne de la machine. Comment en sortir? Après deux livres sur l'époque de la technique et la logique totalitaire qu'elle véhicule, Jean Vioulac défend, à la lumière d'un lecture heideggeriennne du Nouveau Testament, une conception autre de la vérité. Non plus adéquation, mais découvrement, dévoilement - apocalypse de l'être, c'est-àdire du Logos. «Il ne s'agit pas, dans ce découvrement, écrit Jean-Luc Marion dans sa préface, de découvrir les choses en tant que des étants mais de mettre au jours le monde lui-même à partir d'un autre logos. L'apocalypse (biblique) dévoile ce qui échappe à la différence ontologique elle-même: le monde vu à partir de ce que Dieu découvre dans et par son propre Logos.» Ce que met au jour le logos chrétien, c'est la conspiration de la métaphysique et de la technologie. «Nous ne pourrons pas l'affronter sans mobiliser aussi les secours de la théologie issue de la Bible. Longtemps, de Justin à Augustin, de saint Bernard à Erasme, les Chrétiens ont, eux aussi, revendiqué le titre de philosophes en tant que disciples du Logos.» Le livre de Jean Vioulac se place dans ce sillage.

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  • Pierre Reverdy nous désigne «celui qui cherche / Plus grand que ce qu'il cherche.». Toute écriture poétique n'est-elle pas exercice spirituel, dans la mesure où le travail de la langue est aussi travail sur soi-même, dans le sens aussi où, plus ou moins confusément, le poète sait qu'il doit s'effacer devant quelque chose - ou quelqu'un - de plus grand et de plus fort que lui?
    Après deux recueils de poésie - Psaumes du bel amour et Psaumes de l'espérance -, Gérard Bocholier marque une pause et propose dans ce livre une série de courtes méditations sur l'acte poétique. La poésie a pour fonction première de faire communier le lecteur à la source à laquelle l'auteur a puisé. Ni pure transparence, ni expression détournée de soi, le poème doit découvrir ce qui est déjà là, mais caché. La poésie, «achèvement de la philosophie», comme le pense Heidegger - c'est-à-dire dévoilement de l'être? Gérard Bocholier le dit à sa manière: «Tout est inscrit, déjà, au plus intime.
    Tout est donné. Une seule mission: restituer.» Qu'il soit croyant ou non, tout poète sent l'existence de la Présence, de ce qu'il hésite parfois à nommer «quelqu'un» et qui n'est autre que tout l'invisible qui le dépasse.

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  • Le primat de l'ontologie a été contesté de nos jours au nom d'une philosophie première fondamentalement éthique. Klaus Hemmerle retrouve l'intuition déterminante de la critique philosophique, d'inspiration phénoménologique, qui va au-delà des évidences et des prestiges disciplinaires et qui entretient la quête d'un fondement ontologique, d'un niveau ou d'une source qui qualifient et justifient toute connaissance commune ou scientifique. Hemmerle développe nouvelle manière de faire de la théologie à partir d'une nouvelle ontologie. C'est pour lui l'être-dans-le-Christ qui garantit le travail de la pensée au moment même où il « ouvre aussi entre nous, dans l'ordre du mondain, la relation trinitaire ». Le contenu de l'ontologie trinitaire, tout en mouvements d'amour, interdit le repos substantiel, la certitude des solides et la fragilité des accidents. L'être n'est plus la permanence frileuse mais assurée, la neutralisation de l'altérité, l'objet à nommer et à posséder. C'est une économie nouvelle qui s'instaure. Don-de-soi, appropriation à l'autre et par l'autre, reconnaissance, etc., voilà les nouvelles « propriétés » - paradoxales encore à notre oreille - de l'étant qui subsiste. Klaus Hemmerle partage avec Emmanuel Levinas le même sentiment critique de l'urgence à penser de cette façon radicalement nouvelle, d'autant que nos cultures disposent des outils conceptuels et des dépôts culturels, spirituels et religieux, nécessaires à cette tâche. Une question est même de comprendre pourquoi la chose n'est pas faite depuis longtemps.

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  • Le christianisme est une religion historique répète-t-on souvent, pour le distinguer d'autres formes religieuses, comme le bouddhisme ou l'islam. C'est vrai. Mais pourtant, il n'est pas exagéré de dire que l'histoire aujourd'hui, son statut et surtout sa nature, demeure une question irrésolue pour la théologie chrétienne. Les événements historiques ont-ils un sens intrinsèque ou doit-on au contraire voir dans l'histoire le cadre neutre dans lequel se déroule des événements tantôt d'ordre religieux, tantôt d'ordre profane?
    La nature de l'histoire présuppose une vision du rapport de la nature et de la grâce: radicalement séparées l'une de l'autre, l'histoire devient profane; fusionnées, elle disparaît et se transforme, quand elle est sécularisée, en un univers totalitaire, tel qu'en a connu le 20e siècle.
    /> Pour Josef Pieper, l'histoire n'est ni l'auto-réalisation de l'Esprit, comme le concevait Hegel, ni un cadre neutre; ni théologique ni laïque, l'histoire est de nature prophétique, au sens où elle dévoile, plus ou moins, selon les époques, la présence de Dieu qui se manifestera en plénitude à la fin des temps. Dans l'intervalle, entre le moment de sa première manifestation dans le temps en Jésus Christ et celui de son second avènement, les crises qui marquent l'histoire et ébranlent les sociétés anticipent ce moment eschatologique -ce moment final que saint Jean appelle le «règne de l'Antichrist ».
    Quels seront les traits de cette société constituée tout entière dans son refus du Christ (c'est le sens de «anti-christ»)? Avec les Pères et théologiens de l'Eglise, Josef Pieper répond: un régime politique unique, à l'échelle du monde, qui n'aura qu'un seul ennemi: l'Eglise, et non seulement elle, mais tous les hommes de bonne volonté. Parce qu'il sont l'image de Dieu, même s'ils l'ignorent.

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  • Sens et beauté

    Philippe Mac Leod

    Longtemps la beauté a été conçue comme la splendeur du vrai. La vérité, et l'idée de sens qui lui était attaché, n'était pas seulement quelque chose à connaître, mais aussi à admirer. Le Sens se donnait dans la beauté de la Création, dans les oeuvres des hommes qui essayaient de lui faire écho, ou encore dans la pureté d'un regard ou la simplicité d'une vie donnée à l'esssentiel.
    Aujourd'hui, dans une société marquée par le divorce du sens et de la beauté, Philippe Mac Leod veut retrouver cette unité de l'être, dans l'écriture poétique comme dans la vie spirituelle. Il ne s'agit pas de discourir dans ce livre, mais de remonter à la source de la Création et de l'inspiration, ou plutôt de la retrouver dans les choses contemplées, dans la parole proférée ou en silence au plus profond de soi, en s'ouvrant à l'action de l'Esprit.

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  • Nous avons retenu de Ricoeur que " le symbole donne à penser".
    Une première leçon aussi importante est à recevoir de C. S. Lewis. les contes de fée donnent à penser. Ils le font, en tout cas dans les Chroniques de Narnia, en abolissant le vieux et rituel antagonisme du " mythique " et du " rationnel ". Le réel (notre monde) pourrait-il abriter du mythe devenu fait? Réciproquement, peut-on réécrire sur un mode mythique ou féerique ce qui a eu lieu dans notre monde seul réel? Les Chroniques sont de la grande littérature et non des textes didactiques ou, pire encore, des ouvrages à message.
    La littérature féerique parle à l'imaginaire. Elle peut aussi avoir la force de structurer l'imaginaire. Dans les aventures d'enfants projetés dans le monde féerique de Narnia, que voit-on se jouer si l'on ne se contente pas du plaisir de lire et que l'on tente une interprétation? Peut-être un travail sur l'imaginaire qui le prépare à faire sien le monde de la Bible- peut-être une forme originale de " préparation à l'Évangile ".
    Jean-Yves Lacoste est Professeur invité à l'Université de Chicago et life member de Clare Hall, Université de Cambridge.
    Parmi ses publications: Expérience et Absolu (1994), Le monde et l'absence d oeuvre (aooo). A dirigé le Dictionnaire critique de théologie, (zoo4).
    Le livre s'est constitué en l'espace d'une trentaine d'années, d'un Noël à l'autre, quand venait l'Avent. Au dernier pas, sa composition toute simple apparaît.
    Voici d'abord un cercle d'animaux, un Bestiaire, qui dit et chante la naissance du Sauveur, mais c'est toute la création, obscure et lumineuse, qui réclame la vie éternelle, comme chacun de nous.
    Puis viennent les mages, les bergers, autour de l'Enfant et de sa Mère, avec joseph. Viennent aussi les soldats d'Hérode. Dans la dernière partie du livre s'entend plus souvent la voix du poète lui-même, comme s'il déposait au bord de la crèche ses jours, sa vie. Le ton de ces poèmes, leur couleur, est plus tragique. Noël est aussi le Massacre des Innocents et la mémoire de la Crucifixion. A Bethléem, aujourd'hui, des enfants meurent sous le tir de soldats.
    Relisant des poèmes anciens, l'auteur n'y a rien changé: ils ne lui appartiennent plus ; leur forme, régulière ou non, est inaltérable. Et c'est l'un des caractères de cette poésie que de mêler la sûreté classique et une certaine claudication, le pair et l'impair, rime et prose. Poésie moderne ? Elle s'ajoute au vaste et profond trésor de tous les Noëls, anonymes, populaires. Et c'est la langue française qui chante ici Noël.
    Claude-Henri Rocquet est né d Dunkerque en 1933.
    Il a publié ou fait jouer une trentaine d'ouvrages: poèmes et récits, essais et entretiens, théâtre.

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  • Christianisme et culture

    Georges Cottier

    • Ad solem
    • 20 Novembre 2006

    L'Église a toujours emprunté à la culture les éléments nécessaires à sa propre vie. Qu'on pense à l'usage liturgique de la langue, de la musique, de l'architecture et des arts plastiques : les réalités culturelles assumées par la foi ont rempli une fonction instrumentale pour la vie ecclésiale elle-même. Mais là ne s'arrête pas l'influence de l'Église et de la foi : elles imprègnent aussi la culture en respectant et en promouvant sa légitime autonomie. Ici l'influence chrétienne sera peut-être moins visible, mais non moins réelle. Elle aidera la culture à se développer dans la ligne qui lui appartient en propre. Usage instrumental ou fécondation de la culture respectée dans son autonomie : l'inculturation du christianisme et son influence sur la culture se sont opérées jadis d'une manière plus ou moins spontanée, avec des heurs variés ; aujourd'hui le problème est d'ampleur mondiale et il est devenu plus conscient. Il est l'objet de vocation explicite pour les chrétiens. Le cardinal Georges Cottier, o.p., est né le 25 avril 1922 à Genève. Ancien professeur de philosophie aux universités de Genève et de Fribourg, il est théologien émérite de la Maison pontificale.

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  • Faire la généalogie de « personne », c'est passer de la littérature grecque (Ulysse, OEdipe) au Droit romain ; c'est les faire dialoguer avec la philosophie et le déni du tragique;
    C'est entrer dans le dialogue juif entre l'homme et Dieu; c'est entendre comment la théologie chrétienne s'est mise à parler latin; c'est comprendre que nous sommes devenus modernes lorsque nous avons reconnu l'homme et Dieu dans la même Personne et cette Personne comme Parole qui dit le Nom de Celui qui est au-delà de tout nom.
    Dans cette nouvelle édition revue et augmentée, Philippe Cormier reprend aujourd'hui le résultat de ces enquêtes croisées et les approfondit dans trois directions décisives : la fondation augustinienne et sa limite, l'interaltérité constitutive, enfin l'univocité de la personne.
    Ces différentes entrées intéressent à divers titres autant le fervent de la « source grecque » que celui de la « source juive », autant l'historien du Droit que le psychanalyste, autant le philosophe que le théologien.

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  • Pour lui-même et pour ses fidèles d'Oxford ou de l'Oratoire de Birmingham, Newman composa tout au long de sa vie de nombreuses prières. Celles-ci furent réunies dans un livre posthume, duquel le père Vincent Blehl, postulateur de la cause de béatification de Newman, sélectionna trente prières, une pour chaque jour du mois. Ce sont ces prières que l'on trouvera dans ce livre, dans une édition bilingue anglais/français. Dans une grande simplicité de style, avec ferveur et profondeur, Newman veut amener le croyant en prière à prendre conscience qu'il n'existe ultimement que deux êtres absolument et lumineusement réels : l'âme et son Créateur. C'est ce dont il fit l'expérience lui-même, lors de sa première conversion, en 1816, qui le fit revenir à la foi chrétienne. Cette expérience marqua profondément la pensée et la spiritualité de Newman. A travers elle, il toucha la présence du Christ, à la fois à l'intime de la conscience, dans la création et dans l'Eglise, et l'on peut dire que son itinéraire spirituel, de l'anglicanisme à l'Eglise, fut un développement progressif de la grâce reçue lors de cette expérience de 1816. L'introduction de Grégory Solari vient mettre en lumière l'importance de cette « première conversion » dans l'existence de Newman, et s'attache aussi à montrer que sa vie à Birmingham, une fois devenu catholique, dans un milieu populaire très différent de celui d'Oxford, ne fut pas pour lui un renoncement, mais au contraire le moyen par lequel pu s'épanouir pleinement la semence de sainteté déposée en lui lors de sa conversion de 1816. Une véritable initiation à la spiritualité de Newman.

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  • Irène Fernandezprésente dans cet ouvrage une étude d'ensemble sur C.S. Lewis, le mythe, le christianisme et la raison.C.S. LEWIS ést un des auteurs les plus importants du monde anglo saxon cet ouvrage apporte un éclairage important sur la personnalité de cet écrivain par trop méconnu en France. Ses chroniques de Narnia se sont vendue à près de quatre vingt millions d'exemplaires et sont traduites en plus de trente langues. Comment est-il passé de l'athéisme ou théisme, puis du théisme au christianisme, il a franchi le pas le jour où il a admis que le christianisme était un mythe vrai. Mythe, c'est à dire une de ces histoires significatives que l'humanité se raconte pour comprendre son expérience du monde, Mythe vrai, c'est à dire qui a eu lieu une fois dans la réalité de l'histoire...Faut-il se méfier de l'imagination ? Et de la mythologie qui en est le fruit ? Le christianisme n'a-t-il pas chassé les mythes, vidé les forêts sacrées des divinités qui les habitaient ? on le dit souvent. La pensée occidentale moderne-la pensée des Lumières et du rationalisme - a certe des origines chrétiennes, mais le christianisme, s'il défend la raison (le Christ est le Logos-la Raison de Dieu), n'est pas étroitement rationaliste. Il n'a pas chassé les Muses. Il les a intégrées dans cet alliage où l'oeuvre d'imagination de l'homme et la révélation divine dessinent ensemble, d'abord obscurément, puis pleinement, les traits du Sauveur. La découverte de ce christianisme total a conduit C. S. Lewis d'un rationalisme sans Dieu à la religion de Jésus-Christ. Et ce passage s'est fait par le biais d'une réflexion profonde sur le rapport du mythe et de la religion qui, grâce à Tolkien, a permis à C. S. Lewis de voir dans le christianisme un mythe devenu fait-devenu réalité dans le Verbe fait chair. Irène Fernandez explore dans ce livre le parcours intellectuel et spirituel de Lewis et montre combien son oeuvre - ses essais sur le mythe et la religion, mais aussi ses contes, notamment les Chroniques de Narnia- peut faire pressentir aujourd'hui cette Joie au-delà des murs de ce monde qui attend l'homme en marche vers l'Infini.

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  • «Tout pouvoir vient de Dieu» signifie non pas que toute autorité dispose d'un pouvoir divin mais que le fondement de cette autorité est invisible. Ce que saint Paul dénonce, c'est la confusion de ce fondement avec ces modes de sa manifestation.
    «Tout pouvoir vien de Dieu» renvoie dos à dos dans aussi bien une conception de l'autorité politique qui dériverait son pouvoir du «sacré» attaché à la personne de l'empereur (ou plus tard du monarque) comme à son fondement, que celle qui la fait dériver du peuple. Voilà pourquoi les chrétiens obéissent aux lois de la Cité et se soumettent aux autorités: parce que l'autorité politique manifeste ce fondement (toujours caché). Quand les lois de ce pouvoir vont à l'encontre du Logos (et donc du Bien commun), les chrétiens ne s'opposent pas au pouvoir comme un corps politique mais rappellent aux gouvernants que leur pouvoir ne repose pas sur eux mais sur Dieu - le Logos, c'est-à-dire la Raison, à laquelle tous les hommes participent par leur propre raison.
    Le livre prend notamment l'exemple que donnent les Pères apologistes:
    Justin, Tertullien, puis Augustin, dont la Cité de Dieu s'inscrit dans le sillage des grandes apologies. En ce sens, il n'y a pas deux cités (des hommes et de Dieu), mais une seule, et c'est la mission - critique - des chrétiens (comme citoyens et non pas comme un contre pouvoir) de rappeler ce fondement invisible du pouvoir quand la Cité s'en affranchit.
    Un livre de discernement capital aujourd'hui.

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  • L'eglise du ciel

    Maritain/Mougel

    • Ad solem
    • 1 Février 2008

    Un deuil, un drame : voici les questions lancées contre le ciel, ou simplement les plaintes d'un coeur blessé et qui voudrait franchir les portes de la mort.
    Souvent l'esprit retrouve alors spontanément un sentier vers dieu dans l'ébauche d'une prière, l'étreinte de la douleur ou seulement l'obsession des pourquoi. qu'en est-il désormais de l'être aimé mais perdu ? dans ce livre, qui fut à l'origine une conférence donnée aux petits frères de jésus, jacques maritain veut nous aider à nous rapprocher de nos " amis du ciel ". par delà le voile de ce monde, ceux que nous avons aimés vivent encore.
    Personne humaine ici bas, ils le demeurent éternellement auprès de celui qui est la personne : jésus-christ. jacques maritain nous ouvre un chemin de raison et d'oraison pour nous tourner vers eux dans la familiarité de l'amitié, et les prier. la tristesse de la séparation doit se muer en un grand élan d'espérance et de communion. car c'est dès maintenant que nous sommes engagés dans la vie, et c'est vers sa plénitude que nous allons.
    Comment ? la simplicité de ces pages nous l'apprend un peu.

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  • En posant d'une façon stricte l'irréductibilité des rapports entre la foi et la politique, le christianisme a transformé l'ancien principe de légitimation du pouvoir. Désormais, l'autorité politique n'est plus absolue - Dieu et l'ordre politique ne peuvent être placés sur un même plan. Le danger d'une soumission excessive est écarté, car la conscience qu'il introduit dans sa relation avec le pouvoir le libère de son emprise, et en particulier de l'obligation de consentir à une adhésion sans limite. Pour les chrétiens des premiers siècles, cette assurance tire son origine de l'attente eschatologique et de la force de l'espérance messianique qui les obligent à être d'une grande vigilance. La formule contenue dans l'Epître à Diognète: « Les chrétiens âmes du monde », revêt alors un sens particulièrement fort : les chrétiens sont là pour garder le monde et faire de lui le lieu de l'accomplissement de la vie humaine dans toute sa dimension personnelle. La naissance du christianisme s'est accomplie dans le cadre des institutions et des valeurs de la Rome antique. Cette histoire est providentielle. Elle trace les conditions de la construction d'une morale de la citoyenneté qui ne s'édifie pas sur un refus du monde sectaire mais sur la nécessité d'une séparation autrement plus exigeante. Les chrétiens ont l'obligation morale de concourir à l'édification progressive d'une société meilleure et plus juste - pour eux la préfiguration de la Cité céleste à venir. Obligation sans cesse à maintenir contre tout ce qui lui fait obstacle. De ce fait, la foi remet toujours le monde et ses valeurs propres en question. Elle dicte à la conscience l'obligation de tracer, le plus rigoureusement possible, les termes du débat dans lequel doit s'inscrire l'adhésion ou le refus du politique, et par là même l'engagement dans la citoyenneté.

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  • Alors que l'Éducation nationale s'arc-boute sur sa laïcité et que l'École catholique affiche sa mondanité, le moment semble être venu de s'interroger sur les fondements et les conditions d'une authentique École catholique.
    Loin d'être le prétexte à un repli communautaire ou identitaire, l'École catholique est avant tout un lieu de culture, où les lumières de la Révélation rejoignent l'expérience de la sagesse humaine pour constituer ensemble une anthropologie digne de l'homme et de sa finalité. Mais quelle finalité ? La réponse implique une vision du monde différente selon que la perspective est " radicalement naturelle ", comme dans l'École laïque, ou " naturellement surnaturelle ", ainsi qu'il devrait en être dans l'École catholique.
    L'homme est un être de culture, appelé à faire de sa vie une ouvre nourrie au contact des livres, des sciences, de ce dépôt de sagesse acquis par l'homme au long de son cheminement dans l'histoire et transmis par l'école. Mais il est aussi, et avant tout, un être spirituel que sa soif de liberté et sa vocation portent au-delà des plates ambitions auxquelles le laïcisme militant veut de toutes ses forces le cantonner.
    Dans ce livre, le " catholicisme " de l'École ne relève pas d'une culture de sacristie mais d'un humanisme authentique, qui sait " ce qui est dans l'homme " parce que l'Incarnation de la Parole constitue la lumière essentielle, éclairant les rapports entre Dieu et le monde, la foi et la culture. C'est la conviction et la foi qui habitent l'auteur de ce livre, Jean-Daniel Nordmann, directeur de l'école La Garanderie, à Lausanne en Suisse.
    Ce livre est le fruit d'une longue expérience de l'enseignement, à la fois théorique et pratique. Il constitue un authentique traité de pédagogie chrétienne.

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  • Qu'est-ce que le loisir ? Quel sens peut-il avoir aujourd'hui, dans notre société consommatrice de divertissement ? Platon et Aristote ont toujours vu dans le loisir, au sens de la skholè grecque (l'otium latin), un temps consacré à ce qui était pour eux la plus noble activité de l'homme : la contemplation du monde et des dieux. Ecrit au sortir de la guerre, alors que l'Europe était à reconstruire, cet essai met en lumière la nature véritable du loisir et sa part indispensable dans l'élaboration d'une société respectueuse de la personne humaine et de ses aspirations les plus profondes. Dans un monde qui a " fait du travail lui-même un culte ", face aux falsifications modernes du loisir avec ses " jours de fête artificiels fabriqués par les pouvoirs publics ", Josef Pieper rappelle que " c'est uniquement au sein du temps de fête que l'essence du loisir peut se déployer et s'accomplir. Séparé du domaine du culte, de sa célébration et de sa force de rayonnement, le loisir ne peut pas plus éclore que la fête ; sans lien avec le culte, le loisir devient oiseux et le travail inhumain. "

  • Les portes du silence

    Un Moine

    A vous, âme bienheureuse que le Seigneur attire au désert pour vous parler au coeur; à vous seule qui l'avez choisi comme Unique; mieux: qu'il a choisie comme hostie de louange à jamais! Voulez-vous brûler devant sa Face adorable comme une cire très pure? Voulez-vous, comme les Chérubins, comme les Séraphins, être irradiée de sa clarté, embrasée de son amour, n'être pour lui, à votre tour, que lumière et charité? Consentez à oublier le monde, l'univers et vous-même.
    Si vous hésitez à perdre en lui et pour lui votre vie, n'allez pas outre. Ce qui suit ne vous éclairera pas. Si l'abîme vous tente, suppliez le Seigneur de vous envelopper de solitude; de vous jeter dans le silence qu'il habite, remplit, où il se manifeste. Pour vous, efforcez-vous de vivre ainsi. Autant qu'il vous sera possible, dans l'obéissance exacte et une parfaite charité, vous éviterez ces quatre choses, obstacles majeurs au silence intérieur, et qui rendent impossible la contemplation habituelle: le bruit intérieur; les discussions intérieures; les obsessions; le souci de vous-même.
    Cela fait, vous aurez franchi les portes du silence.

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  • Ces « méditations sur le Commencement » apportent une double contribution à l'étude de Martin Heidegger .
    La première consiste dans la traduction d'une trentaine de pages tirées du corpus heideggérien consacré au thème du Commencement (Anfang), c'est-à-dire la possibilité d'offrir une alternative au commencement «grec» de la philosophie, marqué par l'identification de la pensée et de l'être. La seconde contribution consiste dans la traduction d'un texte d'Adrienne von Speyr consacré au thème de l'Origine dans le Prologue de saint Jean. Le «Commencement » heideggérien peut-il être rapproché de l'« Origine » joannique - à savoir le Fils de Dieu ?
    La confrontation de ces deux textes permettra de mesurer l'importance de cette méditation sur le Commencement dans la philosophie de Heidegger. Peut-on parler de résonances « mystiques » dans la pensée heidegérienne ? Ou bien faut-il ranger celle-ci dans la catégorie du néopaganisme ? Telles sont quelques unes des questions auquel Philibert Secretan s'attache à répondre dans son commentaire de ces deux textes.

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