Patrick modiano

  • Souvenirs dormants

    Patrick Modiano

    Souvenirs dormants suit la trace de six femmes que Patrick Modiano a rencontrées puis perdues de vue, autour du début des années 60. La première et la deuxième sont des prétextes de fugue, pour échapper à la tutelle de ses parents. La troisième se prénomme Geneviève Dalame. Elle appartient au milieu ésotérique et lui fait rencontrer Madeleine Péraud et Madame Hubersen qui fréquentent les mêmes cercles. Des trois, celle qui le marquera le plus est Geneviève Dalame, la « somnambule », qui semblait marcher à « côté de sa vie ». C'est d'ailleurs la seule qu'il retrouve, six ans plus tard, au détour d'une rue, accompagnée d'un enfant. Le cas de la dernière, dont il tait le nom, est différent. Il l'a vue tirer sur un homme dans une soirée, et s'est rendu complice d'elle en jetant son arme et lui servant de couverture pendant une sorte de cavale de plusieurs semaines. L'inquiétude d'une arrestation ne le quittera pas jusqu'à ce qu'il la recroise, vingt ans après, aux Buttes Chaumont.
    Parfaite illustration de « cet art de la mémoire » qui lui a valu le prix Nobel de littérature, Souvenirs dormants peut se lire comme un roman d'apprentissage, une éducation sentimentale, un précis sur le souvenir, un mystérieux traité d'ésotérisme. Un livre magnifique porté par une méditation troublante sur la répétition, les « éternels retours » dans la vie et l'écriture.

  • Dora Bruder

    Patrick Modiano

    « J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau. C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps - tout ce qui vous souille et vous détruit - n'auront pas pu lui voler. »

  • Qui pousse un certain Guy Roland, employé d'une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d'un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d'amnésie ?
    Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s'identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d'autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l'intrusion des âmes errantes dans le roman policier.

  • Un pedigree

    Patrick Modiano

    « J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. »

  • « - Et l'enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l'enfant?
    - Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie...
    - Ils l'avaient certainement inscrit à une école...
    - Oui. À l'école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d'une grippe.
    - Et à l'école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage...
    - Non, malheureusement. Ils ont détruit l'école de la Forêt il y a deux ans. C'était une toute petite école, vous savez...»

  • En exergue de cet étonnant récit, une histoire juive : «Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile ?" Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine.» Voici, annoncé en quelques lignes, ce qui anime le roman : l'inguérissable blessure raciale.
    Le narrateur, Raphaël Schlemilovitch, est un héros hallucinatoire. À travers lui, en trajets délirants, mille existences qui pourraient être les siennes passent et repassent dans une émouvante fantasmagorie. Mille identités contradictoires le soumettent au mouvement de la folie verbale où le Juif est tantôt roi, tantôt martyr et où la tragédie la plus douloureuse se dissimule sous la bouffonnerie. Ainsi voyons-nous défiler des personnages réels ou fictifs : Maurice Sachs et Otto Abetz, Lévy-Vendôme et le docteur Louis-Ferdinand Bardamu, Brasillach et Drieu la Rochelle, Marcel Proust et les tueurs de la Gestapo française, le capitaine Dreyfus et les amiraux pétainistes, Freud, Rebecca, Hitler, Eva Braun et tant d'autres, comparables à des figures de carrousels tournant follement dans l'espace et le temps. Mais la place de l'Étoile, le livre refermé, s'inscrit au centre exact de la «capitale de la douleur».

  • « Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Éternel Retour. »
    Patrick Modiano.

  • Patrick Modiano, né en 1945, est l'un des plus talentueux écrivains de sa génération. Explorateur du passé, il sait ressusciter avec une précision extrême l'atmosphère et les détails de lieux et d'époques révolues, comme le Paris de l'occupation, dans son premier roman, «La Place de l'étoile», paru en 1968. Avec «Catherine Certitude», il nous fait pénétrer dans l'univers tendre d'une petite fille au nom étrange, dont l'enfance se déroule dans le quartier de la gare du Nord, à Paris, au cours des années 1960.
    Il est le quinzième écrivain français à recevoir la prestigieuse récompense, le Prix Nobel de littérature, le 9 octobre 2014.

    Grand prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco (1984) Grand prix de Littérature Paul-Morand de l'Académie française (2000) Prix mondial de la Fondation Simone et Cino del Duca (2010) Prix Nobel de littérature (2014)

  • Trente ans après son passage dans l'agence Hutte, Jean Eyben réouvre le dossier qu'il avait gardé sur la disparition jamais élucidée de Noëlle Lefebvre.
    Il contient peu de choses. Son adresse 13, rue Vaugelas dans le 15e arrondissement, celle du Dancing de la Marine et celle des magasins Lancel, place de l'Opéra, où elle travaillait. Quelques noms : Gérard Mourade, comédien, Roger Behaviour, Brainos, Sancho, Mollichi... Et un carnet.
    Des indices qui convergent vers un château en Sologne, Annecy, et puis plus rien.
    Plus rien, car, un jour, Noëlle Lefebvre a passé la frontière pour une autre vie.

  • La ronde de nuit

    Patrick Modiano

    Comment devenir traître, comment ne pas l'être ? C'est la question que se pose le héros du récit qui travaille en même temps pour la Gestapo française et pour un réseau de résistance. Cette quête angoissée le conduit au martyre, seule échappatoire possible.
    Par ce livre étonnant, tendre et cruel, Modiano tente d'exorciser le passé qu'il n'a pas vécu. Il réveille les morts et les entraîne au son d'une musique haletante, dans la plus fantastique ronde de nuit.

  • "Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un?" J'ai cru qu'elle plaisantait ou qu'elle m'avait posé cette question à cause des romans policiers qu'elle avait l'habitude de lire. C'était d'ailleurs sa seule lecture...

  • Villa triste

    Patrick Modiano

    Un été des années soixante. Une petite ville française au bord d'un lac, près de la Suisse. Victor Chmara a dix-huit ans et se cache parce qu'il a peur. D'étranges personnages hantent cette ville d'eau, comme ce docteur que l'on surnomme La Reine Astrid...
    Mais il y a surtout Yvonne, avec son dogue allemand...
    Une recherche du temps perdu.

  • La petite Bijou

    Patrick Modiano

    « "Quand j'avais sept ans, on m'appelait la Petite Bijou." Il a souri. Il trouvait certainement cela charmant et tendre pour une petite fille. Lui aussi, j'en étais sûre, sa maman lui avait donné un surnom qu'elle lui murmurait à l'oreille, le soir, avant de l'embrasser. Patoche. Pinky. Poulou.
    "Ce n'est pas ce que vous croyez, lui ai-je dit. Moi, c'était mon nom d'artiste." »

  • Comme son papa, Catherine Certitude porte des lunettes. Et une paire de lunettes, cela complique parfois la vie : par exemple lorsqu'elle est obligée de les enlever au cours de danse. Car Catherine rêve de devenir une grande danseuse comme sa maman qui vit à New York. Mais ses lunettes lui offrent l'avantage de pouvoir vivre dans deux mondes différents : le monde réel, tel qu'elle le voit, quand elle les porte, et un monde plein de douceur, flou et sans aspérité si elle les ôte.
    Un monde où elle danse comme dans un rêve...

  • Quartier perdu

    Patrick Modiano

    Un dimanche de juillet, Ambrose Guise arrive à Paris. Personne. Sauf les statues. Une ville fantôme, lui semble-t-il, après un bombardement et l'exode de ses habitants. Auteur de romans policiers anglais, il vient rencontrer son éditeur japonais. Mais il va profiter de ce voyage pour élucider les mystères de son passé, du temps où il était français et s'appelait Jean Dekker, il y a vingt ans. Il fait alors surgir dans un Paris crépusculaire, halluciné, des lieux étranges : une chambre secrète rue de Courcelles, en face d'une pagode ; un grand rez-de-chaussée donnant sur un jardin, place de l'Alma. Il réveille les spectres de Georges Maillot, au volant de sa voiture blanche, de Carmen Blin, Ghita Wattier, des Hayward... Tout un quartier perdu de la mémoire est ainsi revisité, et délivre le secret de ses charmes, et de ses sortilèges.

  • Voyage de noces

    Patrick Modiano

    «Je suis tombé sur la vieille coupure de journal qui datait de l'hiver où Ingrid avait rencontré Rigaud. C'était Ingrid qui me l'avait donnée la dernière fois que je l'avais vue. Pendant le dîner, elle avait commencé à me parler de toute cette époque, et elle avait sorti de son sac un portefeuille en crocodile, et de ce portefeuille la coupure de journal soigneusement pliée, qu'elle avait gardée sur elle pendant toutes ces années. Je me souviens qu'elle s'était tue à ce moment-là et que son regard prenait une drôle d'expression, comme si elle voulait me transmettre un fardeau qui lui avait pesé depuis longtemps ou qu'elle devinait que moi aussi, plus tard, je partirais à sa recherche.
    C'était un tout petit entrefilet parmi les autres annonces, les demandes et les offres d'emplois, la rubrique des transactions immobilières et commerciales :
    "On recherche une jeune fille, Ingrid Teyrsen, seize ans, 1,60 m, visage ovale, yeux gris, manteau sport brun, pull-over bleu clair, jupe et chapeau beiges, chaussures sport noires. Adresser toutes indications à M. Teyrsen, 39 bis boulevard Ornano, Paris."»

  • Quatorze récits où l'autobiographie se mêle aux souvenirs imaginaires.
    L'auteur peint aussi bien une soirée de l'ex-roi farouk que son père traqué par la gestapo, les débuts de sa mère, girl dans un music-hall d'Anvers, les personnages équivoques dont le couple est entouré, son adolescence, et enfin quelques tableaux de son propre foyer. tout cela crée peu à peu un " livret de famille ".

  • Une jeunesse

    Patrick Modiano

    Dans un Paris où ils sont livrés à eux-mêmes, deux très jeunes gens, Odile et Louis, font l'«apprentissage de la ville» et d'une vie de hasards, d'expédients et d'aventures.
    Ils ont pour eux leur innocence et croisent sur leur route des individus singuliers, émouvants mais quelquefois peu recommandables qui les entraînent dans des chemins de traverse.
    Mais, en définitive, aussi trouble et aussi chaotique que soit un début dans la vie, il se métamorphose, avec le temps, en un beau souvenir de jeunesse, que les deux héros de ce livre sont désormais seuls à partager.

  • Le narrateur part à la recherche de son père.
    Le voici dans un village, en bordure de la forêt de fontainebleau, du temps de l'occupation, au milieu d'individus troubles. qui est ce père ? trafiquant ? juif traqué ? pourquoi se trouve-t-il parmi ces gens ? jusqu'au bout le narrateur poursuivra ce père fantomatique. avec tendresse.

  • « Je me demande par quelle mystérieuse chimie se forme un «petit groupe» : tantôt il se disloque très vite, tantôt il reste homogène pendant plusieurs années, et souvent à cause du caractère disparate de ses membres on pense aux rafles de police qui rassemblent de minuit à l'aube des individus qui ne se seraient jamais rencontrés sans cela. ».

    Un conte intemporel, une promenade dans des souvenirs d'événements qui n'ont peut-être pas existé, des illustrations de Pierre Le-Tan au fil du texte : Memory Lane est d'abord paru en 1979, il était épuisé. Cette réédition dit la fidélité d'une amitié, qui réunit depuis quarante ans Patrick Modiano et Pierre Le-Tan.

  • «Quelle structure familiale avez-vous connue ? J'avais répondu : aucune. Gardez-vous une image forte de votre père et de votre mère ? J'avais répondu : nébuleuse. Vous jugez-vous comme un bon fils (ou fille) ? Je n'ai jamais été un fils. Dans les études que vous avez entreprises, cherchez-vous à conserver l'estime de vos parents et à vous conformer à votre milieu social ? Pas d'études. Pas de parents. Pas de milieu social. Préférez-vous faire la révolution ou contempler un beau paysage ? Contempler un beau paysage. Que préférez-vous ? La profondeur du tourment ou la légèreté du bonheur ? La légèreté du bonheur. Voulez-vous changer la vie ou bien retrouver une harmonie perdue ? Retrouver une harmonie perdue.»

  • Pourquoi le narrateur a-t-il fui les bords de la marne avec sylvia pour se cacher à nice ? d'où vient le diamant la croix du sud, la seule chose dure et consistante de leur vie et qui, peut-être leur porte malheur ? de quoi est mort l'acteur populaire aimos ? qui sont les neal, et pourquoi, de leur villa délabrée, s'intéressent-ils de si près à sylvia, au narrateur, à la croix du sud ? et sylvia ? a-t-elle été l'épouse de villecourt ? et villecourt ? que vient-il faire à nice, lui aussi, à l'heure de sa déchéance ? ...
    A travers toutes ces énigmes qui s'entrecroisent, un roman d'amour se dessine, empreint d'un charme qui hante le lecteur pendant longtemps.

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  • Romans

    Patrick Modiano

    Ces 10 titres publiés entre 1975 et 2010 sont le coeur de l'autobiographie de Patrick Modiano, de un à vingt-et-un ans. Une autobiographie si improbable à ses propres yeux que chaque événement, chaque personnage est vérifié, attesté, croisé.
    Le lecteur qui lit les romans en ordre dispersé a vaguement conscience qu'il a déjà croisé certains noms et certains personnages, mais dans un certain flou. La réunion du cycle montre, dans ce « concentré », l'intention romanesque de Modiano. Il s'agit d'un monde authentique, d'un puzzle dont bien des pièces sont absentes, laissant libre cours à l'imagination du lecteur, vues avec les yeux d'un enfant ou d'un adolescent et mûries, transformées par un écrivain adulte maître de son art. Le puzzle se compose à l'intérieur de chaque livre et se recompose à l'échelle de tout le cycle, et probablement de toute l'oeuvre. Il y a peu de hasard dans cette apparente légèreté, ce n'est pas avec des riens qu'il nous transporte dans le brouillard.
    Et pour la première fois, les personnages ont des visages. Ceux du père et de la mère, nous les connaissions. Mais les autres, tous ces comparses, ces gens qui ont l'air si « normaux », à Megève ou sur la Côte d'Azur ? Ainsi, en 1952, Patrick et Rudy sont confiés à des femmes, charmantes et affectueuses avec eux, mais qui seront toutes arrêtées avec leurs compagnons pour des cambriolages à grande échelle. Sans oublier cet ami de la mère : Jean Normand alias Jean Duval. Il sort de la centrale de Poissy, mais Patrick, qui l'ignore, le trouve très sympathique.
    Pourtant, ce Jean Normand sera désigné, quelque temps plus tard, comme « Le Grand à la Jaguar » dans l'affaire Ben Barka.
    On comprend l'obsession de Modiano pour la période de l'Occupation qui recoupe celle de ses propres origines et le destin de ses parents, et pour ces années d'après-guerre qui vont déboucher sur la période tout aussi trouble des « événements d'Algérie » :
    « À mesure que je dresse cette nomenclature et que je fais l'appel dans une caserne vide, j'ai la tête qui tourne et le souffle de plus en plus court. Drôles de gens. Drôle d'époque entre chien et loup. Et mes parents se rencontrent à cette époque-là, parmi ces gens qui leur ressemblent.
    Deux papillons égarés et inconscients au milieu d'une ville sans regard. Mais je n'y peux rien, c'est le terreau - ou le fumier - d'où je suis issu. »

  • L'horizon

    Patrick Modiano

    "Il suivait la Dieffenbachstrasse. Une averse tombait, une averse d'été dont la violence s'atténuait à mesure qu'il marchait en s'abritant sous les arbres.Longtemps, il avait pensé que Margaret était morte. Il n'y a pas de raison, non, il n'y a pas de raison. Même l'année de nos naissances à tous les deux, quand cette ville, vue du ciel, n'était plus qu'un amas de décombres, des lilas fleurissaient parmi les ruines, au fond des jardins."

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