Entreprise, économie & droit

  • Dans le prolongement de l'Occupation du monde paru en 2018, Généalogie de la morale économique expose quelques-unes des voies par lesquelles s'est constitué l'imaginaire économique qui gouverne les sociétés occidentales et entrave l'appréciation de la catastrophe environnementale produite par l'expansion du capitalisme industriel et financier. Nous avons à déchiffrer, pour parler comme Walter Benjamin, l'affinité qui a permis au capitalisme de proliférer comme un parasite sur le christianisme.

  • La principale thèse de ce livre s'énonce simplement : il reste un impensé théologique au coeur de la raison économique, et l'ensemble de la conceptualité économique porte encore la marque de cette provenance. Le noyau initial en a été formulé, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, par des théologiens éclairés qui n'y voyaient qu'un domaine particulier des relations sociales, requérant des règles morales spécifiques. Paradoxalement, les remaniements successifs de ce dispositif initial n'ont pas conduit à effacer, mais bien plutôt à en accentuer la composante théologique. Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeuré prisonnière de présupposés remontant à l'époque des Lumières, et cette structuration théologique invisible de l'économie est la première responsable de l'incapacité du monde occidental à faire face à la crise environnementale qu'il a provoquée. Au premier abord, il n'est pas évident que l'histoire intellectuelle du Moyen Âge occidental soit indispensable à une compréhension critique de la mondialisation actuelle, mais cet ouvrage vise à convaincre que c'est pourtant le cas. L'Occupation du monde est le premier volume d'une série de deux (le second tome paraîtra en 2019) consacrés à l'anthropologie économique occidentale et à son histoire, au sein de laquelle la pensée des scolastiques médévaux tient une place centrale.

  • Dans un contexte marqué par la mondialisation des échanges commerciaux, l'essor des places boursières et des bouleversements politico-religieux profonds, le théologien jésuite Léonard Lessius (1554-1623) fera figure d'« Oracle des Pays-Bas » parmi les marchands, banquiers et princes cherchant à s'orienter dans ce nouveau monde. Son principal ouvrage, Sur la justice et le droit (De iustitia et iure, 1605), gagnera rapidement le statut d'ouvrage de référence par la lucidité de ses analyses économiques et sa fine maîtrise de la technique juridique. Influencé par le renouvellement de la théologie développé à Salamanque, Lessius relaye la pensée économique des scolastiques tout en jetant les bases du libéralisme moderne. Ce livre propose de revisiter l'héritage de ce célèbre méconnu de l'histoire de la pensée économique tout en élucidant ses fondements juridico-théologiques.

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  • Les rémunérations - salaires, bonus, stock-options, retraites "chapeau", Golden hello - flambent aux sommets de la pyramide sociale.
    Régulièrement, la presse se penche sur ces "très hauts revenus", offrant à l'homme ordinaire un aperçu du monde des "surhommes" du capitalisme moderne. Et, en janvier 2010, le président Barack Obama demandait - en vain - que Wall Street cesse de verser des "bonus obscènes" aux banquiers, alors que la crise de 2008 a plongé dans la misère des millions d'Américains. Dans cet essai vif et documenté, Philippe Steiner met au jour l'ampleur de ces rémunérations obscènes.
    Il montre comment les économistes prétendent en expliquer la formation, au prix de contorsions compliquées sur le thème de la concurrence. Et, à partir de la vision alternative que propose la sociologie, il s'intéresse aux réactions de l'opinion publique face aux informations médiatiques. Les réactions morales ne seraient-elles que l'expression de la méconnaissance des "lois de l'économie mondialisée" ? La manifestation pathétique de l'impuissance ? Ou plutôt le ferment d'une force politique de contestation, tant les rémunérations ont partie liée avec un mouvement profond du capitalisme financier contemporain, creusant toujours plus les inégalités économiques ?

  • Le capitalisme en dix leçons

    Michel Husson

    • Zones
    • 23 Février 2012

    La crise du capitalisme éclate aujourd'hui au grand jour, mais qu'est-ce au juste que ce système économique ? A-t-il toujours existé ? Comment fonctionne-t-il ?
    En dix chapitres clairs et pédagogiques, Michel Husson propose un petit cours d'économie critique, résolument à contre-courant de l'idéologie dominante, destinéà mieux faire comprendre les rouages esssentiels, mais aussi les contradictions structurelles d'un système économique qui gouverne nos vies et les rend invivables.
    Le « capital » ne se réduit pas à une masse d'argent ou à un parc de machines et d'usines. Il s'agit avant tout d'un rapport social fondé sur la propriété des moyens de production, qui tire son origine d'un vaste mouvement d'appropriation privée et de dépossession. Si ce système a engendré une progression historique de la productivité, c'est en généralisant les principes de la concurrence. Mais les conditions nécessaires à sa reproduction, incertaines et contradictoires, font qu'il porte en lui la crise comme la nuée porte l'orage.
    La voie consistant à le réguler et à l'encadrer est plus bouchée que jamais et il reprend sa liberté en faisant apparaître sa nature profonde, consistant à se perpétuer par la régression sociale. Au-delà du diagnostic, sa mise en cause en tant que système devient une question d'une actualité brûlante.

  • Inventé au début des années 1980 dans la firme américaine Xerox, le « benchmarking » se définit comme une méthode de management par l'évaluation compétitive. En quelques décennies, ce petit instrument gestionnaire a conquis le monde.

    Fruit d'une enquête de plusieurs années, de New York à Bruxelles, des archives de Xerox à la préfecture de police de Paris, ce livre montre comment le benchmarking est devenu l'instrument de nouveaux rapports de domination entre les mains des bureaucraties contemporaines.

  • Guide d'intervention militante non-conventionnelle, ce livre expose la théorie et la pratique d'un activisme expérimental, mêlant engagement politique, pensée critique et action artistique. Comment saper l'ordre des discours dominants ? Comment saboter les imaginaires de la société de consommation ? Comment intervenir dans un espace public verrouillé par des médias omniprésents ? Loin des principes de la com' publicitaire et du bourrage de crâne, ce manuel propose un arsenal de tactiques d'agitation joyeuse et de résistance ludique à l'oppression : détournements, camouflages, happenings, théâtres invisibles, attaques psychiques, entartages, impostures médiatiques et canulars révélateurs... Dans la lignée des mouvements artistico-subversifs, inspirés par Dada et les situationnistes, les auteurs revisitent les procédés de la critique sociale sur le mode de l'impertinence créatrice. Tandis que la politique radicale traditionnelle mise sur la force persuasive du discours rationnel, la communication-guérilla ne s'appuie pas sur des arguments, des chiffres et des faits, comme la plupart des tracts, mais cherche à détourner les signes et les codes de la communication dominante. Contre l'ordre du discours qui nous est imposé, la communication-guérilla travaille à intensifier la charge subversive du non-verbal, du paradoxe, du faux, du mythe. Elle se définit comme l'art de mettre de la friture sur la ligne. Volontiers provocateur, le message s'adresse à ceux qui n'ont pas renoncé à la perspective d'une action politique radicale, mais qui refusent de croire que le militantisme se doit d'être sentencieux, rigide, sérieux et, pour tout dire, triste à pleurer. À l'opposé des petits soldats de la vérité monolithique, ce texte-manifeste - devenu « culte » depuis sa première publication en Allemagne en 1997 - propose des formes d'action inventives pour une critique en acte des rapports sociaux existants.

  • Fantasmagories du capital

    Marc Berdet

    • Zones
    • 7 Février 2013

    Quel point commun entre les joueurs captivés par les néons de Las Vegas et les badauds fascinés par les shopping malls ? Tous sont pris dans des lieux clos saturés d'imaginaire, des « rêvoirs » collectifs, des fantasmagories.
    Dans le sillage des écrits de Walter Benjamin sur le Paris du XIXe siècle, cet essai arpente l'histoire d'espaces urbains envahis par l'imaginaire capitaliste. Dans ce récit, à la fois politique et esthétique de la production de l'espace, le lecteur explore tour à tour les passages parisiens, les premiers grands magasins, les Expositions universelles, le Paris d'Haussmann, les parcs à thème (Disneyland), les shopping mall (le Mall of America) et le strip de Las Vegas.

  • L'esprit d'entreprise, le goût de la concurrence et la soif de réussite ne sont plus tabous. Le temps est enfin venu de s'ouvrir aux nombreuses opportunités que peut apporter un intense investissement dans le monde du travail. Mais comment réussir sa vie professionnelle ? Rompant avec la langue de bois des DRH, un ex-cadre vend la mèche et livre, étape par étape, en véritable Machiavel du management, toutes les clés pour soigner votre carrière et bénéficier d'une promotion rapide. Vous apprendrez tout sur l'"art de la guerre" professionnelle: savoir vous vendre en produit attractif et désirable, organiser une communication cohérente et consistante, courtiser habilement les chefs, maîtriser la langue managériale, son jargon, sa rhétorique et ses astuces pour avoir raison en toutes circonstances, s'exercer à l'art de la parole floue grâce aux techniques de base de l'hypnose, gagner en autorité en usant de perversité, utiliser le sentiment de culpabilité afin d'obtenir la soumission de vos subordonnés, recruter des collaborateurs peu compétents qui ne vous feront pas ombrage, placardiser discrètement un employé indésirable... Authentique petit manuel du courtisan moderne, ce guide exalte les vertus de la lutte pour la carrière dans l'univers impitoyable de l'entreprise. En invitant à suivre la voie du manager, Antoine Darima propose aussi un nouvel art de vivre et une conversion spirituelle: épousez votre entreprise, devenez cadre et élevez-vous à une dimension supérieure de votre être. Fermez les yeux et laissez-vous envahir par l'esprit de la firme.

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