Langue française

  • Shanghai aujourd'hui. Des laissés-pour-compte du « miracle économique chinois » tentent de survivre dans leurs logements insalubres, en attendant d'être expulsés par les promoteurs.

    Parmi eux, Xiao Fei, un homme épris de savoir et de tradition vivant dans la nostalgie de la grandeur passée de sa famille. Des Chinois lettrés qui avaient déjà tout perdu, une première fois, au moment de la Révolution Culturelle.

    Stoïque en apparence, mais chaque jour plus humilié par la situation des siens, Xiao Fei se réfugie dans des rêveries plus vaines les unes que les autres. Se remettre à la calligraphie. Devenir l'un de ces « dissidents » dont raffolent les médias occidentaux. Connaître l'amour avec sa jeune cousine américaine, une fille d'expatriés revenue à Shanghai pour y apprendre le chinois.

    Pendant ce temps, la destruction fait rage autour d'eux. Leur misère s'accroît. Bientôt la solidarité entre voisins et parents ne suffira plus. Tout cède. Et le pire est encore à venir.

  • Bastard battle

    Céline Minard

    En 1437, à la fin de la guerre de Cent Ans, les pillards du bastard de Bourbon prennent d'assaut la ville de Chaumont. Mais un adversaire, surgi de nulle part et aux techniques de combat inconnues, leur tient tête - qui s'avère être une femme, originaire d'Asie. Témoin des événements, Denysot-le-clerc raconte comment cette combattante et six autres soldats de fortune libéreront bientôt la ville. Et comment ces "sept samouraïs" -en prévision des représailles du bastard - vont enseigner aux habitants le maniement du sabre, l'art du kung-fu, celui de la savate, au milieu de ripailles incessantes.
    Pourtant, tout au long de cette spectaculaire Bastard Battle, c'est dans l'écriture de Céline Minard elle-même qu'ont lieu les plus extraordinaires collisions et anachronismes. Le récit d'action y est revisité par la langue de François Villon et de Rabelais, le vieux français dynamité par l'énergie des mangas.

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  • Lire Éric Losfeld, c'est retrouver un Paradis perdu. Quand faire des livres s'apparentait à une guérilla, doublée d'une partie de rigolade.

    Lire Endetté comme une mule, c'est embarquer avec Losfeld sur un "grand huit". S'amuser avec Marcel Duchamp et Raymond Queneau. S'évanouir devant la porte d'André Breton. Boire à l'oeil dans les cocktails de Gallimard et faillir en venir aux mains avec Hemingway. Déjouer la censure, être rattrapé par la censure. Donner ses lettres de noblesse à la littérature érotique et inventer le roman graphique. Publier Emmanuelle et Barbarella. Miser, gagner, perdre, se refaire. Écrire sous pseudo cinquante romans de gare (il faut bien vivre), mais être l'éditeur de trois cents livres (parmi lesquels beaucoup de chefs-d'oeuvre). Qui dit mieux ?

    Publier en 2017 Endetté comme une mule, ou la passion d'éditer, c'est rappeler à une génération de lecteurs - mais aussi de jeunes libraires, journalistes ou écrivains - comment l'esthétique rebelle et culottée d'Éric Losfeld et de ses amis, fondatrice pour notre époque, a finalement triomphé. À égale distance des éditions de Minuit et de San Antonio : un classique.

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  • Aysage avec palmiers aurait pu s'intituler " Flashes à Beyrouth ". Face à la guerre, Bernard Wallet fait l'économie du roman et des explications pour ne conserver que les images, les scènes, les faits nus et bruts. Ces " choses vues " disent l'horreur, mais aussi sa fascination. En s'approchant de cette vérité, qui ne peut exister que par éclats, le livre éclaire du même coup l'effet dévastateur de la guerre sur celui qui en est le témoin.
    " Cela se passe à Beyrouth et à bout portant ? Oui, mais le Liban, on le voit, est désormais partout, et la guerre est devenue une boucherie du tac au tac, pour un oui ou pour un non. Que faire ? Protester, s'indigner, aller voir et témoigner pour un résultat spectaculaire supplémentaire ? Non : écrire ce qui est, au plus près d'un non-sens fracassant. Ce récit est vrai puisque les corps n'y sont jamais absents.
    Beyrouth n'était qu'une simple préparation à une sauvagerie désormais ouverte et universelle. L'histoire, comme le désir de mort, n'a pas de fin. " (Philippe Sollers)

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  • Le tutu

    Princesse Sapho

    "Le roman le plus mystérieux du XIXe siècle." Tous les personnages du Tutu sont des excentriques, des extravagants, voire des monstres - au sens propre du mot. Le premier d'entre eux, Mauri de Noirof, épouse une riche héritière obèse et portée sur la boisson, engrosse une femme à deux têtes qui s'exhibait dans les cirques, devient député, ministre de la Justice, et se livre en compagnie de sa mère à des orgies de débris anatomiques.
    Imprimé à Paris par Léon Genonceaux (alors éditeur de Rimbaud et de Lautréamont), découvert par Pascal Pia qui en révéla l'existence dans un article de la Quinzaine Littéraire en 1966 : Le Tutu n'a été rendu public qu'en 1991, par les Editions Tristram, provoquant émoi et sidération chez nombre de critiques et lecteurs. Si l'absence d'un auteur clairement identifié et la surprenante modernité de l'écriture - qui annonce Jarry, Queneau, le Surréalisme - ont pu faire soupçonner à certains une supercherie, l'authenticité de ce chef-d'oeuvre est aujourd'hui établie de manière irréfutable.
    Complétant cette édition définitive du Tutu, un dossier critique réunit une postface de Julián Ríos, la reprise du texte fondateur de Pascal Pia, ainsi qu'une enquête détaillée et illustrée sur le destin rocambolesque de ce roman hors-norme, due au spécialiste Jean-Jacques Lefrère.

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  • Vies et morts d'Irène Lepic est le seul véritable roman de Mehdi Belhaj Kacem. Ecrit à 22 ans, publié une première fois par les Editions Tristram en 1996, c'est un récit unique en son genre, porté par une écriture somptueuse, et salué alors comme tel par la critique. Vingt ans plus tard, relire Vies et morts d'Irène Lepic constitue un choc. Là où nous lisions la description d'une certaine jeunesse romantique et noire, nous découvrons aujourd'hui un texte visionnaire, annonçant les désarrois et réinventions à venir de la jeunesse, ses " vies et ses morts " - entre individualisme forcené et recherche d'une communauté impossible.
    " Quand bien même mon épopée se solderait par un désastre, en raison de l'hostilité hystérique qu'auront mise en branle les autres pour me faire échouer, j'aurai du moins démontré à quelques-uns qu'on peut faire de sa vie et de son corps un usage autre que celui qu'on veut bien nous permettre - et ce n'aura rien eu d'une profession théorique, une harangue du haut de ma machine à écrire ; il s'agit d'une épreuve concrète, expérimentée sur moi-même en chacun de ses points.

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  • Les insoumises

    Celia Levi

    Les Insoumises est un « roman par lettres », entre deux jeunes filles exaltées et idéalistes, Renée et Louise, qui apprendront à leurs dépens qu'il est périlleux de rêver dans la société actuelle.
    Leur correspondance commence avec le départ de Renée pour l'Italie, où celle-ci compte entreprendre des études de cinéma et surtout « devenir plus italienne que les Italiennes ». Au même moment, Louise, restée à Paris, commence à se radicaliser politiquement.
    Les lettres échangées au cours des trois années suivantes apparaissent tour à tour comme le journal passionné des jeunes filles - écrit sous l'emprise de la rêverie pour Renée, rédigé dans le feu de l'action pour Louise - et comme la critique mutuelle, sans concessions, des impasses dans lesquelles chacune s'engage et finira par se fourvoyer dramatiquement.
    Loin d'atténuer la virulence du propos, le naturel et le classicisme de l'écriture de Celia Levi jettent une lumière crue sur l'époque et le destin de ces deux héroïnes d'aujourd'hui.
    « C'est un premier roman, et un roman ultime, où notre époque agonise à travers la correspondance de deux filles du feu se consumant pour des passions contraires. Celia Levi a écrit ce qui restera comme l'un des livres les plus subtils sur l'air du temps. L'histoire d'une jeunesse humiliée par la mort de la pensée. » (Jean-Marc Parisis)

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  • Les âmes juives

    Pierre Bourgeade

    En juillet 1942, une enfant, Rachel Blum, échappe par miracle à la rafle du Vel' d'hiv'. Recueillie alors par des religieuses catholiques, confiée quelques années plus tard à des parents juifs traditionalistes, elle grandit hantée par la mémoire des siens, mais déchirée entre l'esprit des Chrétiens, qui pardonnent tout, et celui des Juifs, qui ne pardonnent rien. L'Evangile dit "Aime tes ennemis", mais la Thora dit "Zakhor !", "Souviens-toi !" Adam, né du mariage de Rachel avec un médecin de Compiègne, ne pourra faire autrement que de poursuivre cette quête dramatique, découvrant son chemin à tâtons, en Allemagne, puis jusqu'à Jérusalem. Ainsi, à travers des protagonistes si proches de nous, ce roman semble-t-il être celui des "âmes juives" en conflit avec elles-mêmes depuis le commencement des temps. Une fois de plus se trouve posée la question à ce jour restée sans réponse : " Être juif, c'est quoi ? " Comme dans tous ses romans (publiés chez Gallimard puis chez Tristram), c'est par une écriture dépouillée, au service d'un récit lui-même limpide, que Pierre Bourgeade parvient à entraîner le lecteur vers les régions les plus obscures de l'être.

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  • Venezia

    Pierre Bourgeade

    À Venise aujourd'hui, dans un palace cinq étoiles, un gigolo américain, une riche infirme, son accompagnatrice souffre-douleur et le personnel de l'établissement sont sur le pied de guerre. Tous attendent l'arrivée de « la Comtessa », pour son séjour annuel sur la lagune. Lorsqu'elle arrive enfin, la milliardaire imprévisible et décadente n'est pas seule. Entichée d'un groupe d'artistes « aktionnistes », elle a décidé, à quatre-vingt-quatre ans, de quitter ce bas-monde en beauté.

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  • Sniper

    Pavel Hak

    L'histoire d'un groupe de fuyards après l'attaque de leur village. Les interrogatoires de plusieurs femmes par des militaires, puis le récit de leur évasion. La quête d'un homme qui retourne dans son village pour y déterrer les morts de sa famille pris dans la terre gelée.

    En surplomb de ces différentes actions : le monologue mi-prophétique mi-halluciné d'un tireur embusqué.

    Sniper est un livre de guerre. Une guerre qui n'est pas située, mais que l'on sent proche de nous. Le texte va à l'essentiel : les horreurs, les visions que ces horreurs suscitent, ce que l'humain immergé dans ces horreurs et ces visions devient.

    En poussant la représentation de la guerre aussi loin, Pavel Hak permet une réflexion sur la guerre dont on connaît peu d'équivalents.

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  • L'auteur invite à une interrogation sur le rôle de la littérature dans la société, en établissant une lecture des oeuvres de Rousseau, Kierkegaard, Hölderlin, Antonin Artaud et Pierre Michon.

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  • Ramatuelle

    Pierre Bourgeade

    Françoise, une jeune bourgeoise parisienne, prend un matin la route de Ramatuelle, pour les vacances. Dans les Maures, un accident criminel dont elle est témoin fait basculer son existence, jusqu'alors parfaitement ordonnée, dans une dimension sauvage, sept jours durant.

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  • Des adolescents, pour certains à peine sortis de l'enfance et déjà en perdition : massacrés par la famille, la société, les institutions. Six d'entre eux vont raconter - à la première personne, dans la langue brutale et splendide qui est leur seule arme - la guerre invisible que l'époque mène contre ses propres enfants.

    Cela se passe aujourd'hui, en France, dans les marges de la région bordelaise. À mesure que Marco, Sylvie, Xavier, Malid, Manon et Thierry racontent, leurs chemins se rejoignent. Ils vont former ce " dernier contingent " dont l'épopée durera douze semaines - sidérantes de noirceur et de beauté, comme une longue catastrophe montrée au ralenti.

    Alain Julien Rudefoucauld régénère l'écriture romanesque par un parler direct, jaillissant, imagé, dont l'intensité ne cesse de croître jusqu'au point final du livre.

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