Pu De Rennes

  • "Je fis, d'abord, alliance avec André Pironneau... II... publia quarante articles" (Charles de Gaulle).

    Ce livre n'aurait pas été conçu sans la découverte que les articles de L'Echo de Paris cités par le mémorialiste étaient principalement de sa plume - à lui, de Gaulle ; et que leur objet, politique et géopolitique, dépassait de loin la seule chose militaire. Un chapitre justifie, après la précision du contexte qui éclaire les preuves, l'attribution de ce qu'on appelle en conséquence "la source Pironneau-de Gaulle".

    Ces articles n'ont jamais été lus par les historiens de Charles de Gaulle. Ils constituent donc une source inédite au sens où elle n'a jamais été attribuée à son auteur principal. Ils courent de 1933 à 1937 ; mais leur croisement avec archives, documents diplomatiques français et britanniques, presse et témoignages permet de suivre l'histoire de huit ans, de 1932 à 1940. C'est dire qu'on a la source la plus considérable sur de Gaulle dans les années trente ; et sur d'autres personnages, qui peuvent être considérés comme de premiers gaullistes. Elle confirme combien le regard de Charles de Gaulle annonçait en lui l'homme d'État, embrassant l'horizon international le plus large.

  • On peut choisir d'étudier l'Empire romain par le biais des événements généraux et des vicissitudes militaires ou politiques, on peut faire l'histoire des grands hommes en suivant des sources antiques qui les ont privilégiés. Mais on peut aussi s'intéresser aux composantes anonymes de la société qui a incarné cette histoire. Les femmes et les hommes qui ont peuplé villes et campagnes de l'Orient romain sont ici présentés en une période particulière, celle de l'Antiquité tardive. Pourquoi l'Antiquité tardive ? C'est une époque de bouleversements et de profonds remaniements : le gouvernement impérial devient un dominat, l'Etat impose des contraintes qui sont vivement ressenties et l'économie se transforme, la séparation est consommée entre l'Orient et l'Occident et le christianisme modifie les comportements, les pensées, bref paraît irriguer et informer la société. Ce sont tous les acteurs de cette évolution aux rythmes contrastés, sur fond de relative prospérité générale, que l'on veut convoquer. Les paysans qui se débattent entre aléas climatiques, terroirs ingrats et pesantes exigences des grands, les artisans qui s'affairent - y compris la nuit ! - dans les ateliers et les boutiques et produisent objets du quotidien ou chefs-d'oeuvre pour les élites, les commerçants qui sillonnent les routes et les mers de l'Empire. Il y a aussi les élites, si faibles en nombre, si riches en capital social : les fastueux courtisans de Constantinople, les puissants propriétaires terriens, les notables des cités encore attachés à leur idéal civique, et les nombreux fonctionnaires qui assurent, dans le maillage de l'Empire, le service de l'Etat, militaire et civil. Enfin les élites ecclésiastiques et les évêques, nouveaux patrons des communautés. Ces femmes et ces hommes se confrontent ou s'associent selon les cas, solidaires ou étrangers, puissants ou misérables, mais tous participent à la construction d'une société et d'un système qui, issus de l'empire romain, s'avèrent suffisamment stables pour fonder peu à peu l'Empire byzantin.

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Donald Reid retrace ici l'histoire des luttes menées par les salarié(e)s de l'usine Lip de Besançon, qui ont marqué la France des années 1970 et servi de point de référence à de nombreux autres mouvements de lutte collective. L'affaire Lip est replacée dans le contexte des "années 1968", mettant en évidence la place centrale de cette collectivité de travailleurs dans les combats du monde ouvrier en France, entre la fin des "Trente glorieuses" de l'après-guerre et l'émergence du néo-libéralisme dans les années 1980.

    Lip, qui a incarné concrètement pour la première fois en France l'idéologie de l'autogestion, reste aujourd'hui dans les mémoires comme un événement emblématique des années 1968, mais l'affaire Lip fut aussi le précurseur de bien des réactions actuelles aux décisions touchant à la vie des travailleurs à l'heure de la mondialisation et du capitalisme des marchés.

    S'appuyant sur de nombreuses sources, dont beaucoup inédites, l'auteur rend compte de tous les aspects de cette "expérience Lip" : pratiques syndicales, enjeux idéologiques, rapports complexes à l'autogestion, au concept d'entreprise ; relations du mouvement à l'État, au patronat, aux centrales syndicales nationales, aux soutiens extérieurs (intellectuels, groupes d'extrême gauche, monde de la culture) ; place des femmes et groupes féministes. Par l'ampleur du champ couvert, l'ouvrage offre le tableau détaillé d'un moment crucial de l'évolution du monde ouvrier et de sa tentative de proposer une alternative au système capitaliste.

  • Le double désastre, militaire et politique, du printemps 1940 a jeté l'opprobre sur les chefs militaires français de la IIIe République finissante. Taxés d'incurie, ils auraient été incapables de comprendre les ambitions, la stratégie et la tactique allemandes. Pourtant, comme le démontre cette étude, les chefs militaires et les états-majors généraux qui les entouraient étudièrent avec attention l'évolution de la situation internationale au cours des années 1930. Nouant des liens nombreux et étroits avec le ministère des Affaires étrangères, ils poussèrent la coopération interministérielle diplomatico-militaire à un degré jusqu'alors jamais atteint.

    À partir de 1935, conscients du défi radical que constituait l'Allemagne nazie pour l'ordre européen, ils intervinrent à de nombreuses reprises pour orienter la décision de politique étrangère dans un sens favorable à la sécurité française. L'absence d'une véritable doctrine des relations internationales au sein du haut commandement, les désaccords stratégiques entre l'Armée, la Marine et l'Armée de l'Air et la prégnance des représentations culturelles et issues de l'expérience de 1914-1918 nuisirent cependant à la justesse de leurs évaluations et à l'efficacité de leurs interventions auprès des diplomates et des décideurs politiques.

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  • Cet ouvrage propose une réflexion sur quatre types d'étrangers installés ou de passage sur les littoraux européens et méditerranéens entre la fin du XVe siècle et le début du XIXe siècle : des marchands et des négociants installés à Bordeaux, à Nantes, à Hambourg et à Saint-Pétersbourg ; des artisans et des gens de mer qui migraient dans l'espoir de trouver un emploi qu'ils n'avaient pas obtenu dans leur pays, ou pour exercer un art original, comme les indienneurs arméniens établis à Marseille ; des populations qui se singularisaient sur des littoraux d'Europe par leur religion ou leur statut politique, comme des musulmans morts à Livourne, des colons de Saint-Domingue venus chercher refuge à Nantes et à Bordeaux à partir de 1791, et des Britanniques considérés comme des suspects dans les ports bretons pendant la guerre de Sept Ans ; des Européens installés à Tunis et à Alexandrie où la nation française formait une communauté de marchands et de résidents soucieux de défendre leurs intérêts commerciaux et juridiques.

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  • L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.
    Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.
    Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.

  • La fabrique d'une légende ; Saint Julien du Mans et son culte au Moyen Âge (IXe-XIIIe siècle) Nouv.

    Le culte rendu aux saints, ces "morts très spéciaux", représente l'une des pratiques sociales et religieuses les plus singulières du Moyen Age. Au coeur des récits hagiographiques qui leur sont consacrés figurent bien sûr les Vies de saints, dont le sens et les enjeux sont bien plus larges que la simple finalité liturgique ou cultuelle quelles mettent généralement en avant. D'autant plus que, jusqu'au XIIe siècle au moins, la biographie du saint et sa personnalité importent relativement peu tant le poids des modèles structure les récits. On ne saurait donc s'étonner de ce que la figure "historique" de Julien du Mans, dont la sainteté et le culte, de l'époque carolingienne à l'âge gothique, sont l'objet de cet ouvrage, demeure évanescente, pour ne pas dire insaisissable. Pourtant Julien finit par être considéré comme le premier évêque du Mans et un disciple des Apôtres, et par devenir le principal titulaire de l'église cathédrale et le patron du diocèse du Mans. L'intérêt de l'étude réside donc ici : dans l'ensemble des pratiques et des représentations que la fabrique légendaire met en jeu, à l'articulation de l'histoire de l'institution ecclésiale, de l'histoire culturelle et de l'histoire des pouvoirs. Pour mieux fonder la démonstration l'ouvrage propose également une édition scientifique des principaux textes hagiographiques et liturgiques concernant saint Julien.

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  • Quel rôle l'éducation a-t-elle joué dans l'entreprise coloniale européenne et quelle a été son importance à l'âge postcolonial ? Partant de ces questionnements, cet ouvrage collectif offre de nouveaux éclairages sur les multiples reconfigurations de l'idée de "mission civilisatrice" ainsi que sur la complexité, les limites et la nature souvent ambivalente des politiques et des institutions scolaires dans le monde (post)colonial au cours du XXe siècle.

    Organisé autour de trois axes thématiques, le volume examine plus particulièrement comment l'éducation est progressivement devenue un problème international, faisant l'objet d'échanges, de circulations et de coopérations entre et par-delà les empires. Les contributions se penchent aussi sur la place des enjeux éducatifs dans l'histoire des politiques de "mise en valeur" et de développement socio-économique des territoires colonisés et des pays nouvellement indépendants. Enfin, elles analysent les continuités et les ruptures qui émaillent la transition entre la période coloniale et postcoloniale, questionnant notamment les ambiguïtés du processus de décolonisation.

    Mettant en perspective des études de cas portant sur des aires géographiques variées - allant de l'Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie) et subsaharienne (Cameroun, Tanganyika, République centrafricaine, Rwanda), à l'Asie (Inde et Indochine) et l'Océanie -, ce livre permet de rendre compte non seulement des caractéristiques uniques de chaque situation coloniale, mais également de l'existence de problématiques communes à des régions du monde à première vue déconnectées, contribuant ainsi à dessiner les contours d'une véritable histoire globale de l'éducation.

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  • Les révoltes populaires de l'époque moderne sont difficiles à documenter car la culture des insurgés est principalement orale et laisse peu de traces écrites. Mais la mémoire de tels événements a parfois été conservée sous forme de traditions orales (chansons, récits, légendes, prophéties...) qui, au cours de leur transmission dans le temps, ont pu influencer des sensibilités et des comportements. Ces productions culturelles sont connues lorsqu'elle ont été consignées par écrit au cours de la période moderne ou, plus souvent, recueillies lors d'enquêtes ethnographiques à partir du XIXe siècle. Depuis les révoltes urbaines des Pays-Bas au XVe siècle jusqu'aux soulèvements révolutionnaires des années 1790, en passant par la guerre des Paysans de 1525 ou les soulèvements cosaques dans la Russie des XVIIe et XVIIIe siècles, la prise en compte des traditions orales permet une lecture renouvelée des révoltes européennes de l'époque moderne et des mécanismes de constitution des mémoires sociales qui les accompagnent.

  • Si Napoléon a muselé la presse dès son arrivée au pouvoir, il s'est aussi très tôt préoccupé de contrôler la publication des ouvrages non-périodiques, avec une attitude ambivalente vis-à-vis de la censure. Comment censurer les livres tout en laissant aux auteurs une apparence de liberté ? C'est contre les imprimeurs et les libraires que le pouvoir va sévir. Après les saisies arbitraires effectuées par la police dans les imprimeries et les librairies, un système de censure préalable est mis en place par le décret du 5 février 1810, qui instaure de surcroît l'obligation du brevet pour les imprimeurs et les libraires. Sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et du directeur de la Librairie, des censeurs impériaux vont examiner chaque année plusieurs centaines de manuscrits.

    Les ouvrages jugés subversifs ou contraires aux bonnes moeurs sont interdits de publication, sans qu'aucun texte législatif ne définisse les abus de la liberté de la presse. La censure se donne également pour mission de diriger l'esprit public, faisant du livre un élément essentiel du système de propagande napoléonien. La police est cependant impuissante à empêcher totalement la circulation des écrits séditieux ou licencieux. Insatisfait du fonctionnement de la censure, Napoléon l'abolira pendant les Cent Jours.

    Fondé sur le dépouillement minutieux des rapports des censeurs et des archives de la police, cet ouvrage met au jour les rouages de la censure sous le Consulat et le Premier Empire, apportant ainsi un nouvel éclairage sur la production et la diffusion du livre durant les quinze premières années du XIXe siècle.

  • Ce volume collectif réunit des contributions d'historiens et de politistes spécialistes de la représentation politique au sein d'espaces variés (France, Aragon, Saint-Empire, Suède, péninsule italienne, Chine, etc.) aux époques médiévale et moderne.

    Le volume souligne le rôle joué par la représentation symbolique (rituels, images, cérémoniaux) dans les pratiques politiques et éclaire, à partir d'une large palette d'exemples, les pratiques parlementaires médiévales et modernes et les différentes manières de représenter le peuple, par des procédures inscrites dans la loi ou, au contraire, apparues lors de périodes de révoltes. Il constitue ainsi une invitation à mieux évaluer, par contraste, la signification de la démocratie représentative contemporaine.

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  • Au-delà d'une imagerie traditionnelle et de la notion de révolution militaire, ce livre appréhende les longs temps de belligérance des guerres d'Italie disputés à l'ombre des Alpes sous les règnes de François Ier et d'Henri II. Il n'est pas question de chevalerie guerrière dépassée ni de modernité militaire efficace, mais d'états de guerre, ceux de combattants, d'officiers du roi, de communautés, de petites gens et plus largement d'un espace assis aux portes de l'Italie. En cheminant entre le Rhône et le Pô, on suivra l'organisation et la mobilisation des capitaines, des armées royales et des populations où tous défendent des intérêts particuliers. On apprendra comment l'Etat monarchique assure la logistique nécessaire à ses campagnes militaires, fortifie ses territoires et répond à ses besoins financiers. Enfin, on approchera le quotidien de la guerre vécu et pratiqué par les combattants. Plus qu'une étude sur une partie des guerres d'Italie, il s'agit bien d'observer les rouages de l'Etat monarchique en guerre en province à travers ceux qui contribuent à la politique du roi.

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  • Dans ses souvenirs au service de la France, Raymond Poincaré mentionne 1917 comme "l'année trouble", celle de tous les dangers, celle qui recèle une dimension inédite au coeur de la Grande Guerre et fait douter des équilibres du monde. Cette année-là, l'incertitude de l'issue des combats fait écho aux difficultés des gouvernements pour définir une ligne stratégique assumée permettant d'entrevoir une sortie du conflit avant 1918. Sur le front des opérations, les initiatives directes ou indirectes tentent de sortir les nations en guerre de l'enlisement et dessinent les contours d'affrontements ultimes au coeur des armées et de leurs armements toujours plus puissants.

    À l'Ouest, le gouvernement des États-Unis ne tarde pas à déclarer la guerre à l'Allemagne et prend prétexte de la guerre sous-marine à outrance décrétée par Guillaume II en janvier pour sortir de son isolationnisme. À l'Est, l'empire tsariste s'effondre et la Russie quitte peu à peu le camp de l'Entente. En de nombreux points du globe, la neutralité ne semble plus de mise. La guerre totale s'est durablement installée et conduit les belligérants à un nouvel épuisement au front comme à l'arrière. Dans une épreuve partagée aussi par l'ensemble des populations et des nations, les ambitions vaines des uns à remporter la bataille décisive nourrissent la désillusion, l'indiscipline, voire le refus de guerre des autres. Comment modifier alors la manière de conduire la guerre ?

    1917 offre donc un bilan contrasté que le colloque organisé par le Service historique de la Défense a souhaité éclairer en présentant des travaux d'une importante variété, montrant ainsi une grande diversité des espaces et des champs d'investigation.

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  • Dans une perspective d'anthropologie historique, ce livre présente une enquête sur les façons dont les Anciens ont pensé la division comme l'unité du corps humain. Il éclaire le sens des procédures de démembrements et de mutilations corporelles qui détruisent le corps comme unité, agissent sur l'intégrité du corps, effacent par un acte violent tout ou partie de l'identité de l'individu. Parallèlement, la question porte sur l'unité et la cohésion du corps à l'aune de ses (re)compositions, aussi bien dans les conceptions scientifiques (biologiques et médicales) et philosophiques que dans les solutions artistiques. Cela revient à comprendre comment les Anciens ont conçu un corps entier comme unité, tout ou somme de ses parties, issue parfois d'une hybridation, comment ils ont jugé ces assemblages, produits de la nature ou de l'art.
    Dix spécialistes des textes, des images et de l'archéologie classiques croisent ainsi leurs réflexions basées sur l'état de la recherche le plus récent.

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  • Louis XVI illustre parfaitement le lien bien connu entre les Bourbons et la chasse. De ses ancêtres, il hérita d'un monde tout entier dédié à ses plaisirs, qui connut de profondes inflexions durant son règne.
    Composé de nombreux équipages, d'un personnel abondant et diversifié, de chiens et de chevaux, de bâtiments et de forêts, ce monde qui façonnait jusqu'au droit de chasse est ici livré dans son ensemble, au gré de ses transformations sous Louis XVI, en particulier lorsqu'il fut confronté à la Révolution. Loin d'être immuable, ce monde touchant à la fois la cour et les domaines royaux, fut soumis aux goûts du souverain, aux contraintes financières de la fin de l'Ancien Régime et aux événements révolutionnaires. Son sort fut lié tant aux décisions du roi qu'aux bouleversements législatifs et institutionnels et aux troubles populaires.
    Ce travail cherche à comprendre ce que devinrent les différents éléments de ce monde édifié en plusieurs siècles par et pour le roi, et jeté à bas en quelques années tout en laissant des traces encore visibles de nos jours.

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  • L'oeuvre de Plutarque a communément été utilisée comme source historique sans que l'on se soit toujours interrogé sur la nature, le sens et les modalités de la démarche du biographe de Chéronée. Cet ouvrage vise à mieux cerner la spécificité de l'écriture historico-biographique de Plutarque et à contribuer au renouveau actuel des études plutarquiennes.

    S'appuyant sur une approche résolument interdisciplinaire visant à distinguer le noyau historique du récit des constructions littéraires, les auteurs espèrent contribuer à une meilleure compréhension de la nature de l'oeuvre de façon à éviter les erreurs méthodologiques qu'a parfois favorisées dans le passé la confusion des genres. Ont particulièrement été explorés la tension entre rhétorique et Histoire, la place du mythe dans le récit, les processus d'idéalisation des vertus dans les Vies et les Moralia, les sources d'informations inattendues que peuvent constituer pour l'historien les écrits de Plutarque.

  • Comparée à l'Indochine et l'Algérie, la décolonisation en Afrique occidentale française (AOF) est souvent présentée comme une décolonisation "réussie" et "exemplaire" tout en étant moins bien connue. Comblant cette lacune, Tony Chafer montre que si ce moment a effectivement été moins conflictuel en AOF que dans les autres colonies françaises, ce n'est pas la conséquence d'une stratégie réfléchie. Cela relève, à l'inverse, d'un processus complexe, fragmentaire et imprévisible dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, que les hommes politiques, tant français qu'africains, ne maîtrisaient que partiellement.

    En se basant sur une analyse détaillée des archives et sur des entretiens avec des acteurs de l'époque, cet ouvrage apporte des éléments cruciaux pour la compréhension du processus de décolonisation en Afrique de l'Ouest. Interrogeant le récit d'une indépendance octroyée par des hommes politiques français bienveillants, il propose une analyse nouvelle. Il met ainsi en perspective le rôle des pouvoirs français d'une part, et celui des leaders et du mouvement nationaliste africain d'autre part. L'éclairage proposé permet de mieux comprendre le contexte historique des relations complexes qu'entretient la France avec cette région du monde.

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  • Un mystérieux carnet... nous lance sur la piste d'un maître à danser entreprenant des années 1760, de Mademoiselle sa fille et de leur entourage. À partir de la place du Martroy au coeur d'Orléans, l'enquête s'élargit à la sociabilité urbaine au temps des Lumières. Décentrant résolument le regard, elle éclaire d'un jour nouveau diverses villes du royaume. On découvre les réalités concrètes du métier de maître à danser, installé ou réclamé jusque dans les petites villes. On mesure la place occupée par la danse récréative : loisir, plaisir, passion, elle est aussi objet d'ostentation, conquis grâce aux leçons et à l'imitation. Elle devient signe d'un accès à la mode, mieux, à la modernité.

    Menuets et contredanses, leçons de danse et bals publics constituent une médiation originale vers l'histoire urbaine du XVIIIe siècle. Pour décrypter ses hiérarchies et ses aspirations, à travers les comportements culturels et les mécanismes de leur transmission, la circulation et la diffusion des modes, la propagation et l'appropriation des critères de distinction.

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  • Quel meilleur moyen qu'un dictionnaire pour approcher un objet aussi difficilement saisissable, omniprésent et d'évidence, qu'est le corps humain ? Quel meilleur moment que l'Antiquité gréco-romaine, période créatrice de modèles et de canons de représentations ? Qu'a donc de spécifique ce corps antique, en quoi est-il fondateur d'une certaine manière d'appréhender notre propre surface corporelle, notre rapport à nous-mêmes ?

    Des historiens, des archéologues, des historiens de l'art ou de la religion, des spécialistes de la médecine antique, des philosophes, des philologues et des anthropologues sont mobilisés pour éclairer des mots antiques et des mots modernes, des mots grecs et des mots latins, des mots familiers et des mots savants, des mots courants et des mots techniques, toujours replacés dans leur environnement documentaire et leur contexte historique. En quelque 320 entrées, il s'agit de proposer des lectures multiples, de varier les focales, de multiplier les approches pour circonscrire au mieux cet objet d'histoire.

    Prendre aux mots le corps antique, c'est d'abord et avant tout, savoir de quoi l'on parle. D'Abstinence à Yeux, c'est un monde corporel qui se décline, étrange et pourtant familier, lointain et pourtant si proche, révélateur au fond de notre façon de penser l'Antiquité aujourd'hui. Plus précisément, de nos façons de penser l'Antiquité.

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  • La cour de Versailles n'est pas la prison dorée de la noblesse, elle est le coeur du système politique français de l'Ancien Régime. Depuis la fin de la Fronde, la puissance du monarque repose sur un compromis tacite : ce dernier garantit à une partie de l'ancienne noblesse son implantation dynastique dans les grandes charges de la cour. C'est ainsi que moins d'une centaine de familles, dans leur très grande majorité issues de la noblesse d'épée, dominent le monde curial pendant plus d'un siècle.
    Proches du trône, ces grands courtisans, après avoir été les alliés nécessaires des ministres, les ont bientôt supplantés. Ce n'est pas le fruit des événements, mais celui de stratégies complexes, élaborées autour du souverain et en fonction de sa personnalité, soutenues par l'organisation de factions orientées vers la conservation à tout prix du pouvoir.
    Pour saisir une telle évolution, cette étude s'appuie donc non seulement sur la reconstitution des événements, mais sur un important répertoire prosopographique établi à partir d'un corpus de 4 798 individus (titulaires de charges de cour, ministres, grands militaires, gouverneurs de province, ambassadeurs, cardinaux, princes, ducs et membres de l'ordre du Saint-Esprit). Ce répertoire est mis à disposition en version numérique sur les sites du Centre de recherche du château de Versailles et des Presses universitaires de Rennes.

  • L'étude des serviteurs des ducs de Bretagne de la maison de Dreux et plus largement du duché de Bretagne à cette époque étaient sujet en friche depuis au moins 50 ans. Aux origines de l'État breton. Servir le duc de Bretagne aux XIIIe et XIVe siècles décrit la construction de l'État breton à ses débuts. Loin de la doctrine des Montforts, les ducs de la maison de Dreux administrent entre 1213 et 1341 leur principauté en bons pères de famille, efficaces, économes et sans trop de scrupules. Ils achètent, confisquent, volent parfois les terres de leurs vassaux et renforcent leur principauté en la bardant de châteaux forts qui sont autant de centres administratifs et de symboles de leur pouvoir. Entourés et aidés de quelques centaines d'officiers et de fermiers, ils administrent de façon très rigoureuse leur domaine. Cette politique très efficace est remise en cause par la guerre de Succession (1341-1364) qui ouvre une nouvelle époque en Bretagne. Grâce à une étude systématique des sources et à un important travail de prosopographie des serviteurs des ducs, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la Bretagne des XIIIe et XIVe siècles.

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  • Si la présence du handicap dans l'histoire peut sembler un invariant, il n'en est pas de même de sa perception. En se penchant sur les sources qui permettent d'aborder une telle question, on remarque très vite qu'en dehors des restes osseux, que seul le regard d'un anthropologue peut faire parler, l'historien est confronté à une subjectivité qu'il ne peut ignorer. Saisir cette subjectivité permet de rendre la perception du handicap et la condition des êtres qui en sont atteints au sein d'une société donnée. Le regard de l'autre est l'élément qui conditionne l'existence d'un individu dans les sociétés anciennes, sa capacité à être pleinement un homme, notamment pour un citoyen romain, de sa naissance à sa mort. Dès lors, la répugnance prêtée à la société romaine pour les atteintes au corps semble être la condition de l'inclusion ou de l'exclusion des individus dans le corps social, ce qui n'est pas sans incidences, car "l'oeil du spectateur" n'est pas un simple vecteur de préjugés mais peut donner lieu à des définitions juridiques avec des répercussions politiques, sociales et religieuses. Le but de ce livre est d'étudier, en associant à la fois approche historique et démarche anthropologique, à partir d'un large dépouillement de la documentation littéraire et archéologique, les perceptions et représentations de l'atteinte corporelle du Ier s. av. n. è. au IVe s. n. è. et leurs évolutions. Il s'agit de dépeindre comment furent considérées et assistées les personnes concernées, à Rome et dans le monde romain, au travers de problématiques qui, pour certaines, sont toujours d'une saisissante actualité dans les sociétés contemporaines.

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