Philologicum

  • Le grec en méthodes

    Pascale Hummel

    Une langue s'acquiert par apprentissage ou imprégnation. Une fois morte, elle se transmet comme un objet de culture et d'érudition. La transmission appelle une pédagogie et une élaboration. Au sens le plus neutre, la méthode désigne la simple pratique d'instruction : elle est la voie (« methodus ») qui donne accès à l'altérité de l'idiome étranger. Lorsqu'elle procède ouvertement d'intentions et de choix, elle se hisse au rang de la théorie. Les ouvrages destinés à l'apprentissage des langues anciennes revendiquent bien souvent la mise en oeuvre, voire l'invention, d'une méthode postulée efficace et originale. Cette question appelle une enquête, dont les fruits sont réunis ici pour le cas du grec en particulier.

  • Le latin est longtemps la langue véhiculaire du savoir et de la science. Généralement long et parfois double, le titre des ouvrages érudits associe volontiers à l'intitulé principal un sous-titre introduit par l'expression « id est ». Une telle pratique relève moins du redoublement synonymique que du souci d'éclairer la plénitude tautologique des vocables employés pour dénoter un sujet. Quand les mots paraissent se suffire à eux-mêmes, le sens se livre sans explication ni commentaire. Malgré son goût pour la redondance et la glose, l'érudition ancienne sait être aussi brachylogique. En se dédoublant, le langage revendique pour ainsi dire son aptitude à penser par lui-même. Si le discours est le déploiement verbal d'une idée, le refus du discours entérine le droit des mots à une forme d'autosuffisance sémiologique.

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  • Réputés difficiles et abscons, les poèmes de Pindare ont, de l'Antiquité à nos jours, suscité une masse considérable d'études. Cette difficulté est même devenue une fin en soi : elle attise la curiosité plus qu'elle ne décourage les exégètes. Longtemps la tradition érudite se contente d'approcher le sens par approximation synonymique, l'essentiel étant de comprendre à peu près ou en gros. De la même façon que l'auditoire antique s'intéresse avant tout au spectacle chorégraphique et musical déployé sous ses yeux, les traducteurs anciens se soucient uniquement de l'effet général produit par la transposition en leur langue de textes issus d'une époque fort éloignée de la leur. Il s'agit moins en l'occurrence de comprendre que de partager une expérience littéraire avec ses contemporains. Entre contingence (linguistique, culturelle, historique) et nécessité (sémantique et herméneutique), la poésie de Pindare accède à une signification esthétique transcendant le sens proprement dit. Faute de comprendre (bien ou vraiment), le traducteur recompose et crée, en donnant forme à un métatexte, évocateur et suggestif, lequel inclut le paratexte, autrement dit un texte second ou nouveau renfermant tout ce que son auteur a compris et pense devoir transmettre de cette compréhension. La traduction se révèle ainsi sémiologie de l'entendement subjecti

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  • Fondé en 1947 et ouvert en 1948 à Addis-Abeba en Éthiopie, le Lycée franco-éthiopien Guebre-Mariam est riche d'une histoire longue et colorée.
    Cet ouvrage collectif invite à une promenade historique en compagnie de tous ceux qui au fil des générations sont passés par le LGM et ont choisi de partager ici leurs souvenirs et leur affection pour cette école.
    Chacun des contributeurs a su trouver une manière personnelle d'exprimer sa reconnaissance envers une institution qui lui a appris la rigueur, le goût de l'effort et l'esprit critique si chers à l'enseignement français, ainsi que la tolérance et le respect de l'autre dans sa diversité.

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  • Après La Philologie au parloir (2011), et pour inaugurer la future série « Humanités en mémoire », ce volume d'entretiens recueille les témoignages sincères de contemporains français et étrangers sur l'idée que les uns et les autres (élèves ou anciens élèves, étudiants ou anciens étudiants, enseignants ou anciens enseignants, spécialistes ou profanes) se font des humanités d'après l'enseignement reçu ou la pratique exercée. En interrogeant la matérialité de leurs souvenirs, les enquêtés ressuscitent, avec une franchise décontractée, des époques et des lieux, des gestes et des paroles, des individus et des objets, des contenus et des faits, dont l'assemblage multicolore dessine un tableau vivant de l'humanisme moderne.

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  • « Entre érudition et création, cette collection éditoriale accueille essentiellement des essais et des ouvrages savants. Elle se situe au croisement de divers territoires existants, que relie l'originalité d'une démarche créatrice. Philologie, histoire de la philologie, littérature, philosophie et théologie s'y croisent en un dialogue singulier dont la logique est inhérente à une initiative revendiquée comme personnelle.
    » Cette note d'intention accompagnait en 2007 la création de la « structure/collection » éditoriale « Philologicum », laquelle depuis s'est enrichie de plusieurs « séries ». Pour saluer une demi-décennie d'existence et de collaboration scientifique, les contributeurs de ce volume analysent des textes, des oeuvres et des travaux qui à diverses époques de la tradition incarnent une double orientation d'érudition et de création. L'originalité de cette combinatoire épistémologique est illustrée ici par des exemples anciens et modernes (de l'Antiquité au XXIe siècle).

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  • Dans la mythologie classique, Fama possède deux trompettes, la petite pour les ragots, la grande pour la renommée. Si l'histoire vise à restituer le passé dans son objectivité, la mémoire (personnelle et collective) fait toute sa place à la subjectivité. À l'intérieur de la mémoire, la réputation est l'opinion (positive ou négative) attachée à un individu. Ensemble, la mémoire et la réputation façonnent la postérité avec tous les risques inhérents à l'éloignement temporel et à l'oubli. Les contributeurs de ce volume étudient la construction de la réputation et de la postérité du point de vue « philologique » des traces ou témoignages contradictoires relatifs à des figures marquantes de l'histoire de la tradition (théologique, philosophique, littéraire et érudite principalement), entre hagiographie et infamie, panégyrique et calomnie, mensonge historique et vérité officielle, légende et biographie, autobiographie et historiographie, malédiction et eulogie, etc.

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  • Dans l'histoire de la création, les auteurs d'oeuvres ont longtemps bénéficié d'une situation matérielle privilégiée les mettant à l'abri de certaines contingences. Depuis que la production de la pensée s'est considérablement élargie et que des individus de toutes origines sociales accèdent au statut d'artiste, de penseur ou d'érudit, le travail de la « création » s'exerce dans des conditions bien plus fragiles et aléatoires. Si l'émotion, la souffrance, les impondérables du quotidien trouvent légitimement leur place dans l'art et la littérature, l'érudition n'est aucunement supposée refléter les blessures intimes, les injustices sociales, les imprévus de la vie professionnelle. Dans le prolongement de l'ouvrage Moeurs érudites (2002), ce volume pose les jalons d'une histoire privée de l'érudition. Loin des généralités bien connues, le propos est ici pragmatique, empirique et le plus souvent possible neuf par l'originalité des documents et des exemples analysés.

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  • La république des lettres (« respublica litteraria ») a ses codes et ses rites; la république philologique (« respublica philologica ») lui ressemble et l'imite : leur identité commune est « académique ». L'institution édicte des règles, à chaque époque nouvellement ajustées. L'histoire soumet l'érudition à des structures sans cesse remodelées : les idées se défendent, les thèses se soutiennent. La « disputatio-dissertatio » est un exercice imposé : sa production en nombre se situe en marge de la littérature et de la pensée. L'identité propre de l'« exercitatio » (« academica », « philologica », « programmatica », etc.) est double : par sa nature circonstancielle d'exercice lié à un événement ou un diplôme, l'écrit universitaire est un texte mineur; par son appartenance à un cadre (institutionnel), il est soumis à des injonctions de contenu et de forme validées par un système. L'enquête porte ici sur la façon dont l'exercice « académique » délimite une sphère aux modalités propres.

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  • Si l'incompréhension du génie et de l'innovation (ou simplement du sens) est une constante de l'histoire de la création, les formes qu'elle revêt apparaissent désormais plus diverses, voire sournoises, parfois même franchement préoccupantes.
    À côté de la vox populi ou doxa forgée par les profanes (aujourd'hui plus ou moins sauvagement reflétée par la Toile), l'appréciation décalée d'un travail n'est pas rare dans le monde des savants et des lettrés eux-mêmes. L'incongruité du jugement et de l'expression inflige ainsi aux penseurs et aux créateurs des blessures réelles, susceptibles d'entraver la réalisation même de l'oeuvre (complète) et d'en oblitérer pernicieusement le sens. Les contributeurs du volume examinent les formes du iudicium indoctum, ainsi que ses effets « sur la réception des oeuvres du point de vue de leur appréciation ». Le propos inclut des témoignages personnels aussi bien que des études historiques ou littéraires de cas.

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  • Faute d'avoir accès à la totalité organique du sens, certains individus paraissent mener une existence d'emprunt, ou empruntée : ils jouent à vivre et ne vivent pas. L'histoire des lettres et des arts est jalonnée de personnages (réels et fictifs) plus ou moins hauts en couleurs, dont l'insincérité confine à l'histrionisme et l'inauthenticité à la pathologie. À l'époque moderne, la psychanalyse prétend corriger ces différentes expressions du mal-être. Quels ressorts et quels mécanismes président au retournement de l'art de vivre en artifice, de l'état d'être en posture, de l'humain en mort-vivant ? Si l'art et l'artifice sont les deux faces (positive et négative) d'une même possibilité d'être au monde, quels facteurs déterminent l'« actualisation » de l'une ou de l'autre ? Le volume étudie les diverses formes définissant cet artifice d'être au monde qui à certains tient lieu d'existence.

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  • Depuis quelques décennies, sous l'impulsion de Michel Foucault, au terme philologie est conféré un sens plus large. Cette tendance est vive aujourd'hui dans le monde anglo-saxon et germanique.
    Cette herméneutique prend racine dans la genèse même de la philologie.
    Sa généalogie est double :
    Philosophico-poétique (de Platon à Heidegger, de Foucault aux néo-herméneutes) d'une part, exégético- grammaticale de l'autre (les grammairiens grecs). Si l'une met en avant le sens au croisement de la sémiologie, de la philosophie et de la poésie, l'autre privilégie la matérialité des textes et des mots.
    Pour les puristes, la première orientation serait une pseudologie, la seconde étant admise comme orthodoxe et praticable. Selon l'époque ou l'individu, c'est l'une ou l'autre qui se trouve privilégiée. Les contributeurs de ce volume étudient les formes de la pseudologie dans les champs de la philosophie, de l'épistémologie et de la linguistique, et dans les domaines pratiques auxquels elle s'applique.

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  • Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement : la clarté, selon la formule célèbre, serait inséparablement affaire de style et de pensée.
    L'histoire suggère qu'elle est aussi affaire de transmission. Le savoir et la pensée se transmettent de personne à personne ou dans le cadre de l'institution :ils sont selon le cas affaire d'initiation, d'éducation ou d'instruction. L'acte même de la transmission (personnelle ou institutionnelle), qui fonde la tradition, suppose la volonté de partager un contenu. Cette décision ne va pas toujours de soi : au geste pédagogique ou initiatique s'oppose l'attitude de rétention.
    Le savoir ainsi peut être ésotérique ou exotérique. Si l'ésotérisme est souvent volontaire, il est parfois aussi le résultat d'un état de fait. L'absence de clarté rend volontiers le savoir ésotérique, quand la clarté, à l'inverse, le fait exotérique. Les contributeurs de ce volume enquêtent sur les ressorts de la clarté, sous les angles complémentaires des contenus de savoir, des idées, du style, de l'initiation et de l'éducation pour les époques de l'histoire et de la pensée où la question se pose avec le plus de pertinence, dans les champs théoriques de la philosophie, de l'épistémologie et de la stylistique, autant que dans les domaines pratiques (science, érudition, rhétorique, enseignement, vie quotidienne, etc.) auxquels elle s'applique.

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  • Quand le savoir se ramifie en branches et l'érudition en disciplines, le monde des lettres voit naître le support nouveau de la publication périodique. À côté des ouvrages à sujet unique, les savants font connaître leurs travaux par le biais de revues, d'abord généralistes puis spécialisées. L'histoire des revues de philologie (classique) n'a jamais été écrite : c'est le défi que relève l'auteur de ce livre. Sur la base d'un matériau bibliographique de première main, toujours original et parfois inédit, l'ouvrage retrace la genèse du genre périodique proprement dit, l'émergence de la revue spécialisée, et l'histoire singulière des revues de philologie. Entre analyse et inventaire, historiographie et bibliographie, un territoire peu exploré se trouve mis au jour, dont la connaissance enrichit le champ de la philologie entendu au sens le plus large.

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  • « [...] quiconque ne l'a pas connue tout personnellement ne comprend pas Lou, peut-être même est-il incapable de la comprendre, car elle avait quelque chose de très inhabituel, à quoi les autres humains ne sont tout simplement pas préparés » écrit Anna Freud (1980) en évoquant le mélange d'admiration et d'incompréhension que suscite depuis un siècle la figure de son amie Lou Andreas-Salomé (1861- 1937). Abondamment narrée et glosée, la vie de la femme de lettres germano-russe offre l'épaisseur énigmatique d'une légende à bien des égards impénétrable. Trop souvent occultée par l'approximation du folklore biographique, l'oeuvre de Lou Andreas-Salomé explore les mystères de l'inconnaissable et les ressorts d'un divin à échelle humaine. Elle donne forme à une pensée empirique de l'incarnation où chaque lecteur, suspendu entre vide et plein, est invité à se trouver au sein d'une expérience proprement eucharistique.

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  • Sermo philologicus

    Pascale Hummel

    Le philologue commente, le scholiaste explique, le grammairien instruit : au public (scolaire ou lettré selon le cas) chacun fournit des éléments pour comprendre les textes anciens. À défaut d'une langue (variable selon l'époque et le lieu), un langage leur est commun, celui de la parole seconde ou suscitée.
    La philologie a pour espace naturel le métadiscours, lequel possède sa grammaire, sa syntaxe et son vocabulaire. L'usage que les érudits (XVIe - XIXe siècles) font du latin véhiculaire (puis de leur idiome vernaculaire respectif) dans le cadre particulier du commentaire philologique mérite une analyse circonstanciée. Comment écrit le philologue, quels sont les principaux traits du langage dont il use, quelle tradition idiomatique dessine la production philologique : autant de questions auxquelles il est possible d'apporter quelques réponses.

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  • Le style version

    Pascale Hummel

    Les humanités président longtemps à la formation du lettré et du savant : le futur érudit traduit Lysias ou Cicéron avant même de maîtriser sa langue maternelle. Le bon goût s'apprend par l'imitation des Anciens : rhétorique et poétique dictent leur loi aux exercices de traduction et de composition. L'art de traduire est théorisé et enseigné : si la traduction littérale fait partie intégrante de l'apprentissage scolaire, la traduction littéraire requiert un talent supérieur. L'édition scolaire propose des morceaux choisis d'auteurs traduits : ces recueils ne sont pas séparables des manuels de type grammatical. À toutes les époques, la pédagogie des langues anciennes marque de son empreinte les traductions des auteurs grecs et latins, que celles-ci émanent de philologues-pédagogues ou de littérateurs nourris au lait des humanités.

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