Littérature générale

  • Au revoir, Piaf

    Aram Pachyan

    Ce roman n'est pas un livre sur l'univers militaire, il s'intéresse surtout aux relations humaines dans un milieu clos. «Piaf» est le surnom de l'un des protagonistes, mais aussi le nom du chat, symbole de liberté à travers la référence à l'oiseau. Plusieurs destinées se côtoient, avec des rapports humains violents. Le narrateur est revenu depuis plusieurs mois, mais il est poursuivi par ses souvenirs d'une armée aux méthodes héritées de l'époque soviétique, loin des images héroïques de jeunes soldats censés garder les frontières.
    L'auteur reconstitue un puzzle avec les itinéraires des personnages dans lequel il perd le lecteur et le rattrape, la langue oscillant de la première à la deuxième personne.
    L'écrivain ne cherche pas à transmettre un message, il soulève des questions.

  • Le cavalier blanc

    Hamasdegh

    L'un des textes phares de la littérature arménienne qui restitue ce qu'était le quotidien en Anatolie avant les grands massacres de 1915.
    Cette fresque historique se situe dans un village des provinces orientales de Turquie, avec toutes ses traditions et pratiques rurales rappelant les relations de coexistence avec les voisins kurdes.
    Le roman, au ton de conte oriental, est d'abord une oeuvre mémorielle. L'observation et la rêverie deviennent des matériaux pour cette littérature de la nostalgie, véritable reflet de l'âme d'une communauté de destin. Autour du petit Martik la trame du récit a pour décor les tableaux de la ruralité où apparaissent des légendaires résistants, un architecte, un brocanteur, et ce cavalier au cheval blanc, personnage onirique récurrent qui surgit dans le paysage.

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  • Onction

    Vahe Oshagan

    Philadelphie, un dimanche d'hiver, froid et humide. Le prêtre de l'église Saint-Serge se prépare pour la messe. Les fidèles arrivent petit à petit et garent leurs berlines américaines rutilantes sur le parking. C'est une église ordinaire, très banale, construite dans le mensonge et l'ennui. Trois jeunes gens sont là, prêts pour une « opération ».
    Jacques est communiste, originaire de France, Sona, de Beyrouth, appartient à l'Armée secrète et Bruce est né et a grandi aux États-Unis. Ils ont préparé de longue date leur action, et là, ils vont choquer, casser les tabous. Sont-ils des terroristes, des rebelles, des révolutionnaires ? « Voilà notre action, nous allons frapper là où existe une légende morte, une fable vaincue par la vie... »

  • Fethiye Çetin, la petite-fille, a écrit pour «créer une brèche dans le mur et permettre l'écoute, pour ouvrir le coeur et la conscience des gens en Turquie». Dans ce pays où dès que l'on aborde le sujet du génocide de 1915 tout se fige, il était impossible pour la grand-mère de raconter sa véritable histoire, dévoiler ses origines arméniennes, révéler comment elle avait été enlevée par un soldat turc. C'est dans son grand âge que cette grand-mère choisit de partager son secret et de transmettre «l'inoubliable». Fruit de longs et multiples entretiens familiaux, ce livre tout en tendresse et douleur contenue, a marqué une rupture dans la mémoire collective turque face à la version officielle imposée depuis tant d'années, et a connu un énorme retentissement.

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  • Seuils

    Krikor Beledian

    Premier volet d'une large fresque autobiographique, Seuils retranscrit les atmosphères d'une enfance beyrouthine.
    Composé en cinq scansions, le récit, d'une écriture résolument contemporaine, se focalise sur la découverte d'une liasse de photos de famille. Sur la sollicitation d'une voix, le narrateur retranscrit ces scènes de vie autour des personnages de trois femmes, Elmone, la tante, Vergine, la grand-mère, et Antika, la voisine. Construit comme une mosaïque, dans une langue ciselée, le texte recrée et réinvente ces vies et ces destins croisés, ces odyssées d'exode vers les pays d'accueil, à travers chaque détail des photographies retrouvées.
    Le travail de mémoire du narrateur permet de restituer ces réalités d'enfance, parcourant des périodes, des lieux et des événements qui tous ont contribué à construire les "seuils" de son existence.

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  • Zabel Essayan, s'exprime dans ce texte devenu mythique, à travers un personnage de peintre, pour évoquer les questionnements de l'artiste déchiré entre sa passion pour la création et sa position dans une société anéantie. L'écriture de ce récit poétique a commencé à Bakou en 1917, où son engagement pour la cause des orphelins l'avait mené, et de là, à Téhéran, Bagdad, Paris, Beyrouth... En perpétuel déchirement d'un pays à l'autre, en situation d'urgence, l'écrivain, une des rares femmes victimes de la rafl e du 24 avril 1915, réfugiée en Bulgarie par miracle, est toujours rattrapée par le destin des siens. Elle évoque avec délicatesse, dans ce texte autobiographique paru à Vienne en 1922, « un paradis perdu », une société disparue, le charme envoûtant des paysages stambouliotes, les problèmes existentiels de l'artiste.

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  • En une nuit, six cents intellectuels arméniens sont arrêtés dans tous les quartiers de la cosmopolite Istanbul. Cette rafle du 24 avril marque le début du génocide de 1915. La très jeune Berdjouhi est l'une de ces épouses qui attendront en vain le retour de déportation.
    Elle devra vivre seule avec son enfant dans la grande capitale ottomane, devenue hostile. Le récit débute le jour où son mari, le militant Sarkis Barseghian, est emmené et il restitue quatre années de solitude où Berdjouhi va lutter contre la douleur et surmonter ses peurs pour organiser son quotidien et militer avec les autres femmes, notamment pour retrouver les enfants arméniens enlevés par les dignitaires turcs.
    Ce texte constitue un véritable document sur une période dont on ne retient souvent que les aspects purement événementiels. Ici, le tragique est traité avec pudeur, pour mieux dire l'énergie d'un amour filial face au désespoir et c'est la vie, à Istanbul, tous les jours, dans les quartiers de pêcheurs, dans les parcs, dans les grandes demeures, dans les hammams, dans un paysage de rives, au sein de ces nombreuses communautés qui ont vécu longtemps leur identité et qui font l'épaisseur historique de la ville.

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  • Dans cette nouvelle tirée du recueil Le Mystère des montagnes , Viken Klag, fait revivre sa région natale, le massif du Sassoun à l'est de la Turquie. Il brosse une série de tableaux évocateurs de la nature et de la vie dans les montagnes de cette région mythique, berceau de l'épopée populaire arménienne David de Sassoun. À travers la fi gure d'un enfant vif et remuant, pour qui les limites de la maison sont trop étroites, cette nouvelle restitue la mémoire d'un monde magnifi que et sauvage qui est aussi le monde primitif et perdu de l'enfance. « Les années passaient comme un trésor perdu et je courrais à perdre haleine après mes rêves. » En regard du texte, vingt photographies contemporaines en bichromie de Izabela Schwalbé.

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  • «Dans un premier temps j'ai apprivoisé les couleurs et réveillé les sensations tactiles inscrites dans la mémoire d'un fils de tailleur ; rêvé sur les bruits d'une langue maternelle perdue, l'arménien, et sur un environnement parental, plus ou moins exclusif, plus ou moins encombré. J'ai découvert ainsi Constantinople et le Caucase sans y avoir mis les pieds. Ensuite j'ai interrogé l'amour d'un adolescent pour son père alité, un étrange et doux témoin de la mort hospitalière, dans les années soixante, à Paris. C'est finalement en agençant ces diverses miniatures, d'un âge pré-littéraire que je suis parvenu à déterminer l'origine de mon écriture : avant qu'elle ne m'enveloppe, ne me protège, ne fasse force d'univers. Martin Melkonian, quoique d'origine arménienne, se considère d'abord comme un vieil habitant de la rue du Faubourg-Saint-Martin. C'est dans ce quartier jadis populaire - qu'il ne cesse de traverser en mémoire et auquel il demeure profondément attaché - qu'il reconquiert son véritable espace natal.

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  • L'île de Ré et La Rochelle comme décor. Autour de l'atelier de reliure, Costa, personnage récurrent et Jean, plongé dans une obsédante recherche pour recouvrer la mémoire. Une malle, un carnet, des photos jaunies, quelques coupures de journaux, des protagonistes de pays lointains... À Chypre ou dans les rues d'Athènes, des prénoms d'ailleurs rappellent une douleur et un combat enfouis. Des armes, des diplomates, des attentats... Ce récit haletant, enrichi d'éclairages couleur sépia, vient documenter une histoire qui trouve son origine il y a près d'un siècle, ressurgit dans les années soixante-dix et, « le temps passant », se conclut dans une capitale caucasienne à l'ombre d'une montagne symbole. Dire son nom, c'est toujours retrouver ses origines.

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  • Les nouvelles de ce recueil ont été écrites entre 1898 et 1902 et d'abord publiées en revue à Genève, au moment où l'auteur est en Europe et se confronte à l'intelligentsia francophone.
    Ces textes, toujours inspirés d'événements réels, brossent une large fresque sur la vie quotidienne des villages arméniens de l'Empire ottoman après les massacres perpétrés sous Abdul-Hamid. C'est un précieux témoignage, teinté de réalisme, où se mêlent des éléments poétiques, historiques, sociologiques et ethnologiques, avec en filigrane les signes précurseurs du génocide. Toute l'oeuvre de Aharonian est marquée par sa communion avec la population.
    Ses descriptions et ses notes reflètent les émotions populaires spontanées et communicatives et ses textes ont toujours un caractère mobilisateur : comme de nombreux écrivains et journalistes de l'époque, il contribua à la résistance, en mettant en garde des générations entières sur le désastre annoncé.

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  • Les nouvelles de Krikor Zohrab ont été regroupées en trois volumes, Les Voix de la conscience, Souffrances muettes et La Vie comme elle est, publié en 1911 et traduit ici pour la première fois en français. Le recueil comprend onze nouvelles, qui toutes révèlent une écriture concentrée et restituent des milieux et des ambiances très variés, que ce soit intérieurs bourgeois ou lieux publics, société cosmopolite de la capitale ottomane ou villages de la province.
    Une foule de personnages peuple cet univers littéraire qui reconstitue la société de la Belle Époque levantine.

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  • Il a laissé une partie de lui-même là-bas, même s'il ne sait plus très bien d'où il vient.
    Ce recueil de neuf nouvelles restitue l'ambiance des familles marquées par l'exil et les souvenirs d'enfance sous forme de chroniques parfois loufoques où se mêlent une tonalité caustique et des bouffées de nostalgie. Sur une immense terrasse blanche au dernier étage de l'immeuble, entre le royaume du Tout-Puissant qu'elle espérait bien atteindre un jour et le minaret du muezzin qu'elle apercevait chaque jour, ma grand-mère avait aménagé un petit poulailler.
    Les récits sont marqués par l'intemporalité des destins croisés et la difficulté d'être, mais toujours avec humour et tendresse. Et des années plus tard, alors que tous avaient quitté la rue, la ville, le pays, il arrivait toujours un moment où l'un d'eux retrouvait, dans une langue désormais morte, parmi les souvenirs tendrement enfouis, le jour où Ava Gardner était passée par Harbiye au nord d'Istanbul.
    Un regard quelque peu désabusé sur l'exil qui disperse les choses, avec ces moments de fête, ces querelles autour du marc de café et ces saveurs de limonade glacée. Avec toujours le rappel d'une certaine étrangeté des lieux, des sons, des pratiques et des noms.

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  • "Je me sentais Américain... et pourtant il était clair que ce n'était pas tout. Il devait y avoir quelque chose en moins ou en plus." C'est à la recherche de ce "quelque chose" que Arlen va s'atteler à un voyage initiatique, une traversée d'un passé douloureux. Pourquoi son père a-t-il changé de nom ? Pourquoi lui a-t-il toujours refusé toute réponse sur ses origines, usant d'un détachement forcé vis-à-vis de son ascendance ? Arlen va explorer tous les méandres de la relation fils-père pour dépasser l'impossible identité arménienne du père et renouer avec la chaîne des générations. Cette quête d'identité va l'amener
    à faire "le voyage", comme William Saroyan, cette autre figure des exilés de la
    littérature américaine, qui lui sert de père spirituel. Ce voyage en Arménie soviétique des années soixante-dix, où il pourra entrevoir derrière la frontière l'Ararat, le sommet mythique, lui permettra finalement de se reconnaître arménien. Avec ce texte personnel et documenté, Arlen a signé le livre culte pour des générations successives marquées tout à la fois par la question de la filiation, la question de l'origine et à la recherche de leurs "racines".

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  • Que peut-il y avoir de commun entre un Sergueï Paradjanov à Tbilissi et un William Saroyan à Fresno, Hagop Mentsouri dans les montagnes anatoliennes, Martin Melkonian à Paris, Alexandrian à Bagdad, Armen Chekoyan à Erevan ou Violette Krikorian à Téhéran, Krikor Beledian à Beyrouth ou Peter Balakian à New York ? Tous ont écrit sur les paysages ruraux ou urbains de leur enfance, retrouvant dans des quotidiens contrastés la marque de leur appartenance multiple : une identité revisitée dont chaque signe est vécu dans le regard de l'autre. L'exemple arménien vient ici illustrer la prégnance des premiers souvenirs sur le développement artistique et psychique de tous les créateurs.
    Les textes rassemblés dans cette anthologie sont pour la plupart autobiographiques : ce sont des autofictions " qui recréent la vie " et réinventent une continuité dans les bribes et les itinéraires. Quel que soit le genre, il s'agit toujours d'un regard sur une enfance réinterprétée, entre souvenirs et rémanences. Si, comme en Occident, l'écolier a été une figure première de la littérature, les violences et les ruptures qui ont marqué l'histoire des Arméniens au XXe siècle ont assigné à l'enfant une fonction charnière dans la transmission d'une langue et d'une histoire.

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  • Au nom du père et du fils Nouv.

  • Au printemps 1889, le chef d'une puissante tribu kurde, Moussa bek, lançait ses hommes à l'assaut du village de Khartz, dans la plaine de Mouch. Une adolescente, Gulizar, est enlevée, séquestrée dans un harem et convertie à l'Islam. Cet épisode banal dans une province orientale de l'Empire ottoman deviendra une "affaire" jusque dans les rapports diplomatiques occidentaux lorsque Gulizar, surmontant ses peurs et sa honte, viendra à Constantinople accuser Moussa bek et affirmer devant les tribunaux ottomans son identité arménienne. À terme ce procès servira de détonateur pour les mouvements d'émancipation des minorités chrétiennes de l'Empire. Ces mémoires de Gulizar ont retenu avec une exactitude et une précision étonnantes les faits, les lieux, les dates, les noms, les situations, malgré les drames, l'exil et les tribulations.

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