Arts et spectacles

  • Arrêt sur images

    Ara Güler

    Ara Güler commençait à observer le monde à travers son objectif dans les années 50. Ces nouvelles écrites à l'époque composent déjà le climat futur des photographies de l'artiste, quartiers des gens les plus humbles, déshérités, pêcheurs de Kumkapu... On retrouvera ici dans sa jeunesse, celui que l'on va surnommer « l'oeil d'Istanbul ». Si Ara Güler est un photographe du monde, son regard sur sa ville est un témoignage unique, un travail « d'historien visuel ». Les visions de ce photographe prolifi que sont là dans ces pages ; fantasque et généreux, passionné et précis, il o re au lecteur des « Arrêt sur images », imprégnés de vie et de poésie, une sorte de « réalisme poétique », car ditil, « la patrie, ce sont les souvenirs ».

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  • " Etre assis ", c'est ainsi qu'on désignait, littéralement, le fait d'être interné dans un camp en Union soviétique.
    L'expression est restée dans le langage populaire dans toutes les républiques après le démantèlement de l'empire. Le regard de Max Sivaslian, qui a photographié dans six centres de détention en Arménie, dont les prisons pour femmes et pour mineurs, explore avec pudeur l'intimité de l'enfermement. Au-delà des évolutions historiques, l'univers soviétique persiste et marque l'intemporalité des conditions carcérales.
    Ces visages devenus anonymes, qui sont finalement de nulle part, si ce n'est du lieu universel de la privation de liberté, nous renvoient à nos propres angoisses face à la misère de l'autre. Le texte de Martin Melkonian, qui vient en contrepoint, incite à voir ce que précisément nous ne voulions pas voir. Partout, quel que soit le lieu où s'exerce cet empêchement, avec une révélation de la vision qui a lieu grâce à l'énergie d'un photographe.
    " Le regard de Sivaslian ne compose jamais avec l'effraction. D'ailleurs, quoi prendre à qui n'a plus rien. "

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  • " Le signe du temps " est le titre du très court métrage samizdat réalisé après la sortie du camp à régime sévère de Paradjanov qui montre le cinéaste de retour dans sa maison familiale de Tbilissi.
    " On m'a royalement permis d'écrire et de dessiner ! alors j'écris. " Tout au long de ses longues années de camp, Paradjanov ne cesse d'écrire (plus de deux cents lettres retrouvées à ses proches et à ses amis), de dessiner (des centaines de dessins et collages), et d'imaginer de nouveaux scénarios, qu'il espère pouvoir tourner à sa libération.
    Ces " lettres de prison " traduites ici du russe, sont d'abord adressées à Svetlana, sa femme et à Souren, son fils qui entreprend alors des études d'architecture à Kiev. Parmi les autres destinataires, on retrouve les principales figures du cinéma et du théâtre soviétiques. Paradjanov ne cesse de leur parler d'engagement artistique, les conseillant sur un film à voir ou un livre à lire ; parfois de véritables cours d'esthétique.
    Dans ces lettres se mêlent les angoisses du quotidien, les préoccupations les plus dérisoires et, de manière obstinée et généreuse, les considérations artistiques d'un créateur toujours en mouvement.

    À paraître
  • Sayat Nova (Couleur de grenade) est le film sur lequel Paradjanov s'est le plus investi, préparant le scénario et les plans de tournage durant de longs mois (tout en déjouant les pièges de la censure soviétique). Le film mobilisera les moyens de production de toute une année des Studios d'Armenfilm à Erevan. En ouverture du film, un carton précise les intentions de Paradjanov : Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n'avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l'univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : "La poésie arménienne du Moyen-Âge est une des éclatantes victoires de l'esprit humain inscrites dans les annales de notre monde." En huit chapitres le film retrace la vie et l'univers poétique du troubadour Sayat Nova (1717-1795). Le scénario reprend l'ensemble des dialogues, des textes dits et des cartons. Il est illustré des nombreux dessins préparatoires : esquisses de costumes, séquences de tournage, croquis des plans fixes..., des photographies de plateau et de quelques scènes non retenues au montage retrouvées dans les archives du cinéaste.

  • "En 1966, après vingt ans d'absence, je suis retourné à Tiflis, la ville où je suis né en 1924. Les montagnes ne grandissaient plus... elles s'étaient figées... À la recherche de cercueils dont j'avais vu la naissance, je suis allé au cimetière de Staro-Veriiski. Ce cimetière est fermé à jamais. On le transformait en parc de culture et de repos. Confession est le scénario d'un film qui raconte un enchaînement de souvenirs réveillés dans ma mémoire par les portes fermées du cimetière..."
    Paradjanov portera près de trente ans ce scénario et ce film qu'il a toujours voulu réaliser sur l'univers de son enfance. Il y travaille dès 1969, reprenant l'écriture à de nombreuses reprises et multipliant les dessins et collages : costumes, décors, mises en scène. Finalement le tournage débuta en 1989 à Tiflis, dans la cour et sur le balcon de la maison familiale. Deux jours de tournage : la maladie du réalisateur laisse le film à l'état d'ébauche avec quelques minutes d'une scène d'enterrement pour ce qui devait être le grand oeuvre du cinéaste.
    Le livre reprend tout ce qui nous reste du film : le scénario complet, illustré de tous les croquis préparatoires, les collages qui font référence au film, les photographies de plateau pour la seule scène filmée.

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