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  • Croisant recettes de cuisine et souvenirs familiaux, cette promenade gourmande nous mène des régions de Thrace orientale aux rives du Bosphore. À Istanbul, mezzés, grandes tablées, « repas de pauvre », ou délicates bouchées dignes des palais se retrouvent dans des plats souvent simples. Riches de diverses infl uences gastronomiques, ces recettes composent le tableau d'un amour pour la table et le partage. Des voix résonnent qui nous font partager les souvenirs de ces êtres authentiques, moments heureux, fêtes chaleureuses, exils et douleurs. Par le charme infi ni des « feuilles de vigne » et autres plats mythiques, on découvrira les portraits des artisans de cette transmission culinaire. Empreint d'émotion et de pudeur, ce monde de saveurs est une mémoire vivante.

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  • Le capitaine de l'armée ottomane Azil Kemal est marié à Enza, une Arménienne. En 1915, il reçoit l'ordre de procéder à l'extermination des Arméniens de la région d'Erzeroum. Il va rédiger alors un journal qui relate ces semaines de tourments entre trahison des siens et mission militaire. Le récit s'articule autour de la traduction de ce carnet fictif retrouvé dans les archives familiales du narrateur qui replace le récit dans un contexte historique plus large où là, tous les événements et les personnages sont bien réels. De nombreux témoignages on été consacrés au génocide arménien. Mais ce texte met au centre un personnage turc, avec ses conflits entre destin personnel et devoir d'obéissance. Ou comment la littérature peut aussi éclairer l'Histoire.

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  • «Dans un premier temps j'ai apprivoisé les couleurs et réveillé les sensations tactiles inscrites dans la mémoire d'un fils de tailleur ; rêvé sur les bruits d'une langue maternelle perdue, l'arménien, et sur un environnement parental, plus ou moins exclusif, plus ou moins encombré. J'ai découvert ainsi Constantinople et le Caucase sans y avoir mis les pieds. Ensuite j'ai interrogé l'amour d'un adolescent pour son père alité, un étrange et doux témoin de la mort hospitalière, dans les années soixante, à Paris. C'est finalement en agençant ces diverses miniatures, d'un âge pré-littéraire que je suis parvenu à déterminer l'origine de mon écriture : avant qu'elle ne m'enveloppe, ne me protège, ne fasse force d'univers. Martin Melkonian, quoique d'origine arménienne, se considère d'abord comme un vieil habitant de la rue du Faubourg-Saint-Martin. C'est dans ce quartier jadis populaire - qu'il ne cesse de traverser en mémoire et auquel il demeure profondément attaché - qu'il reconquiert son véritable espace natal.

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  • L'île de Ré et La Rochelle comme décor. Autour de l'atelier de reliure, Costa, personnage récurrent et Jean, plongé dans une obsédante recherche pour recouvrer la mémoire. Une malle, un carnet, des photos jaunies, quelques coupures de journaux, des protagonistes de pays lointains... À Chypre ou dans les rues d'Athènes, des prénoms d'ailleurs rappellent une douleur et un combat enfouis. Des armes, des diplomates, des attentats... Ce récit haletant, enrichi d'éclairages couleur sépia, vient documenter une histoire qui trouve son origine il y a près d'un siècle, ressurgit dans les années soixante-dix et, « le temps passant », se conclut dans une capitale caucasienne à l'ombre d'une montagne symbole. Dire son nom, c'est toujours retrouver ses origines.

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  • Il a laissé une partie de lui-même là-bas, même s'il ne sait plus très bien d'où il vient.
    Ce recueil de neuf nouvelles restitue l'ambiance des familles marquées par l'exil et les souvenirs d'enfance sous forme de chroniques parfois loufoques où se mêlent une tonalité caustique et des bouffées de nostalgie. Sur une immense terrasse blanche au dernier étage de l'immeuble, entre le royaume du Tout-Puissant qu'elle espérait bien atteindre un jour et le minaret du muezzin qu'elle apercevait chaque jour, ma grand-mère avait aménagé un petit poulailler.
    Les récits sont marqués par l'intemporalité des destins croisés et la difficulté d'être, mais toujours avec humour et tendresse. Et des années plus tard, alors que tous avaient quitté la rue, la ville, le pays, il arrivait toujours un moment où l'un d'eux retrouvait, dans une langue désormais morte, parmi les souvenirs tendrement enfouis, le jour où Ava Gardner était passée par Harbiye au nord d'Istanbul.
    Un regard quelque peu désabusé sur l'exil qui disperse les choses, avec ces moments de fête, ces querelles autour du marc de café et ces saveurs de limonade glacée. Avec toujours le rappel d'une certaine étrangeté des lieux, des sons, des pratiques et des noms.

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  • Que peut-il y avoir de commun entre un Sergueï Paradjanov à Tbilissi et un William Saroyan à Fresno, Hagop Mentsouri dans les montagnes anatoliennes, Martin Melkonian à Paris, Alexandrian à Bagdad, Armen Chekoyan à Erevan ou Violette Krikorian à Téhéran, Krikor Beledian à Beyrouth ou Peter Balakian à New York ? Tous ont écrit sur les paysages ruraux ou urbains de leur enfance, retrouvant dans des quotidiens contrastés la marque de leur appartenance multiple : une identité revisitée dont chaque signe est vécu dans le regard de l'autre. L'exemple arménien vient ici illustrer la prégnance des premiers souvenirs sur le développement artistique et psychique de tous les créateurs.
    Les textes rassemblés dans cette anthologie sont pour la plupart autobiographiques : ce sont des autofictions " qui recréent la vie " et réinventent une continuité dans les bribes et les itinéraires. Quel que soit le genre, il s'agit toujours d'un regard sur une enfance réinterprétée, entre souvenirs et rémanences. Si, comme en Occident, l'écolier a été une figure première de la littérature, les violences et les ruptures qui ont marqué l'histoire des Arméniens au XXe siècle ont assigné à l'enfant une fonction charnière dans la transmission d'une langue et d'une histoire.

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  • Les récentes évolutions politiques et sociales en Turquie ont permis une certaine libération de la parole. Des questionnements sur leurs ascendances, au sein des milieux intellectuels turcs, ont fait ressurgir une vérité longtemps occultée : une partie de la population descend de ces chrétiens islamisés au cours du génocide des Arméniens dans les années 1915-1920.
    Laurence Ritter, au fi l de nombreuses recherches de terrain dans les régions reculées d'Anatolie, a recueilli les témoignages de familles d'Arméniens islamisés et/ou cachés qui osent désormais parler de leur douloureuse histoire.
    Le parcours photographique parallèle de Max Sivaslian participe pleinement à l'enquête anthropologique en donnant à méditer sur les regards de plusieurs générations.

  • " Etre assis ", c'est ainsi qu'on désignait, littéralement, le fait d'être interné dans un camp en Union soviétique.
    L'expression est restée dans le langage populaire dans toutes les républiques après le démantèlement de l'empire. Le regard de Max Sivaslian, qui a photographié dans six centres de détention en Arménie, dont les prisons pour femmes et pour mineurs, explore avec pudeur l'intimité de l'enfermement. Au-delà des évolutions historiques, l'univers soviétique persiste et marque l'intemporalité des conditions carcérales.
    Ces visages devenus anonymes, qui sont finalement de nulle part, si ce n'est du lieu universel de la privation de liberté, nous renvoient à nos propres angoisses face à la misère de l'autre. Le texte de Martin Melkonian, qui vient en contrepoint, incite à voir ce que précisément nous ne voulions pas voir. Partout, quel que soit le lieu où s'exerce cet empêchement, avec une révélation de la vision qui a lieu grâce à l'énergie d'un photographe.
    " Le regard de Sivaslian ne compose jamais avec l'effraction. D'ailleurs, quoi prendre à qui n'a plus rien. "

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  • Sayat Nova (Couleur de grenade) est le film sur lequel Paradjanov s'est le plus investi, préparant le scénario et les plans de tournage durant de longs mois (tout en déjouant les pièges de la censure soviétique). Le film mobilisera les moyens de production de toute une année des Studios d'Armenfilm à Erevan. En ouverture du film, un carton précise les intentions de Paradjanov : Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n'avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l'univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : "La poésie arménienne du Moyen-Âge est une des éclatantes victoires de l'esprit humain inscrites dans les annales de notre monde." En huit chapitres le film retrace la vie et l'univers poétique du troubadour Sayat Nova (1717-1795). Le scénario reprend l'ensemble des dialogues, des textes dits et des cartons. Il est illustré des nombreux dessins préparatoires : esquisses de costumes, séquences de tournage, croquis des plans fixes..., des photographies de plateau et de quelques scènes non retenues au montage retrouvées dans les archives du cinéaste.

  • "En 1966, après vingt ans d'absence, je suis retourné à Tiflis, la ville où je suis né en 1924. Les montagnes ne grandissaient plus... elles s'étaient figées... À la recherche de cercueils dont j'avais vu la naissance, je suis allé au cimetière de Staro-Veriiski. Ce cimetière est fermé à jamais. On le transformait en parc de culture et de repos. Confession est le scénario d'un film qui raconte un enchaînement de souvenirs réveillés dans ma mémoire par les portes fermées du cimetière..."
    Paradjanov portera près de trente ans ce scénario et ce film qu'il a toujours voulu réaliser sur l'univers de son enfance. Il y travaille dès 1969, reprenant l'écriture à de nombreuses reprises et multipliant les dessins et collages : costumes, décors, mises en scène. Finalement le tournage débuta en 1989 à Tiflis, dans la cour et sur le balcon de la maison familiale. Deux jours de tournage : la maladie du réalisateur laisse le film à l'état d'ébauche avec quelques minutes d'une scène d'enterrement pour ce qui devait être le grand oeuvre du cinéaste.
    Le livre reprend tout ce qui nous reste du film : le scénario complet, illustré de tous les croquis préparatoires, les collages qui font référence au film, les photographies de plateau pour la seule scène filmée.

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