Maisonneuve Larose

  • Recueillis par marcel griaule au cours d'une mission ethnologique et linguistique à la fin des années 1920, les silhouettes et graffiti rassemblés dans cet ouvrage, dont marcel mauss assura l'introduction, nous offrent une vision inédite de l'art abyssin passé, resté longtemps mal connu.

    Découverts dans des églises du godjam, province isolée de l'ancien empire éthiopien, ces dessins et peintures sont l'oeuvre et l'unique moyen d'expression de jeunes garçons qui, la tradition voulant alors que l'écriture soit réservée aux seuls prêtres et chantres, utilisaient en cachette les murs sacrés des édifices religieux comme supports à leur vision du monde.
    Réalisés sur du bois ou de la pierre, et à l'aide souvent de simples morceaux de charbon, de craie ou parfois au couteau, ces dessins étonnent pourtant par leur modernité.
    Fraîcheur des traits et élégance des lignes caractérisent les silhouettes, montrées surtout dans des scènes de la vie courante, tels les jeux, les travaux des champs, les constructions d'habitations. plus caricaturaux et emprunts d'humour, les graffiti illustrent avant tout des personnages et animaux, et sont généralement inspirés des scènes religieuses officielles.
    Outre l'intérêt ethnologique et sociologique certain qui se dégage de ces représentations, on retient surtout leur richesse, leur innovation et leur intemporalité qui combleront tous les amoureux, amateurs ou professionnels, d'art graphique.

  • La Configuration de la Terre du géographe, commerçant et voyageur Ibn Hawqal s'inscrit parmi les oeuvres majeures de la civilisation de l'islam classique à son apogée, aux alentours de notre An Mille, soit le IVème siècle de l'Hégire.
    Ibn Hawqal y entreprend une description systématique de l'ensemble du monde musulman de son époque, décrivant avec une science d'encyclopédiste les pays, les peuples et leurs moeurs, les routes et les systèmes économiques, du Maghreb à l'Afghanistan, et de la mer Rouge à la mer Caspienne en passant par la Bagdad califale. Cependant, au-delà des traités de géographie traditionnels, qui se contentaient de rassembler la nomenclature des provinces et des villes de l'Empire des califes, La Configuration de la Terre marque l'avènement d'une géographie nouvelle.
    Non seulement le recours à des cartes reproduites ici - est foisonnant, et toute la science de ce temps mise à contribution, mais surtout, parce que Ibn Hawqal a parcouru les pays qu'il décrit, il donne à son texte l'épaisseur du vivant. A la confluence de la littérature savante et du récit de voyage, ce texte est donc fondateur. Il devance La Géographie d'Idrisî, dédiée aux pays de l'Occident et récemment rééditée, et préfigure en même temps le monumental Peuples et Nations du Monde d'un autre voyageur érudit, Ibn Khaldûn, au XIVème siècle.

  • Ce livre rassemble tout le contraire du Paris-vitrines et du Paris trois-étoiles qu'on a l'habitude de trouver dans les livres-cadeaux consacrés à l'une des plus belles villes du monde.
    Ici, Paris est dense, grouillant de légendes et d'histoires très anciennes, petites histoires et Grande Histoire, racontées de façon si vivante et si drôle que chaque lecteur aura envie de les redire à son voisin.
    Savez-vous où se trouvent les menhirs de Paris ? Connaissez-vous le petit homme rouge des Tuileries ?
    Tous les rois, toutes les rues et tous les gens sont ici. On les entend parler, on rit ou on a peur avec eux. Un des plus grands plaisirs est de reconnaître brusquement la trace des veux Parisiens dans notre langage quotidien : solide comme le Pont-Neuf, pourquoi ? Et la monnaie de singe, qu'est-ce que c'est ?
    Ici se côtoient les présages, les lutins et les astrologues.
    La religion, la magie et les ruses naïves cohabitent en bonne entente. Mais chaque anecdote est racontée, preuve à l'appui, avec les noms et les dates, sur la belle toile de fond où sont peintes toutes les grandes fêtes parisiennes : la fête des Roses à Belleville, le mai des Gobelins, mais aussi les fêtes uniques dont le souvenir ne s'éteindra jamais, comme le mariage de Louis XIV L'abondance réjouissante qui caractérise ce livre le désigne à tous les amoureux de Paris, des plus jeunes aux plus scientifiquement exigeants, comme un ouvrage de référence d'une richesse exceptionnelle et comme un divertissement sans fin.

  • De tous les éléments du folklore, celui dont on débrouille le plus difficilement les origines est la littérature des rimes et des jeux que les enfants se transmettent depuis les temps les plus reculés.
    Elle est la seule qui les amuse, la seule qui convienne à leur développement mental, et qui diffère si complètement de ce que nos pédagogues utilitaires veulent à toute force leur enseigner.
    Les éducateurs puiseront à un répertoire authentique de nouvelles comptines ou des jeux provenant de toutes les régions de France. Les parents y retrouveront non sans émotion des souvenirs de leur propre enfance et pourront les comparer avec les versions données dans ce recueil.
    Les étudiants, les chercheurs trouveront des matériaux pour une étude comparative et historique.
    Parue pour la première fois en 1883, cette anthologie du folkloriste Eugène Rolland reste unique : il n'existe, en effet, concernant la France, aucun ouvrage aussi complet couvrant quasiment tous les aspects du folklore enfantin ou de ce que l'on appelle plutôt aujourd'hui " les activités ludiques des enfants ".

  • Ce livre est d'abord dédié aux communautés juives du Sud marocain, celles du Drâa, du Sous et des confins sahariens (Aqqa, Tamghrut, Oufrane de l'Anti-Atlas, Illig, Sigilmassa, Taroudant et sa région, etc.), à leur production intellectuelle, à l'effervescence mystique qui régna, de longs siècles durant, dans ces diasporas perdues, éloignées du monde dit de civilisation et de culture, à leur création littéraire et, plus spécialement, à leurs écrits kabbalistiques étonnants par leur originalité et leur fécondité.
    Qui croirait qu'un lettré juif du Sud marocain, dénommé Ya'acob Bu-`Ifergan, artisan bijoutier de son état, serait à même d'apporter une contribution éminemment importante à cette science que lui-même et ses congénères kabbalistes appellent " science de grâce et de vérité ", avec son commentaire mystique du Traité des Pères ? Ce livre fait aussi une place importante à l'éthique philosophique et mystique juive qui a vu le jour en Orient et qui s'est développée en Occident musulman, fécondée dans le terreau des humanités arabo-musulmanes, s'agissant d'oeuvres majeures comme celles de Sa'adya Gaon, de Maïmonide, de Bahya Ibn Paquda, de Salomon Ibn Gaborol, des légendes et contes moraux d'Ibn Shahin, le Kairouannais, ou de la littérature parodique du Barcelonais Ibn Zabara...
    Le piétisme du monde ashkénaze médiéval, l'éclosion, en Espagne des XIVe-XVe siècles, d'une littérature éthico-homilétique, sont évoqués, et H. Zafrani a retenu, après l'exil de la péninsule ibérique et le retour à l'Orient, les oeuvres de quelques moralistes kabbalistes de l'école de Safed où les maîtres d'origine maghrébine tiennent une place honorable.

  • À la fin du XVe siècle, deux voyageurs débarquent sur les côtes du Maghreb.
    L'un, Abdalbasit b. Halil (1440-1514), est un musulman du Caire, l'autre, Anselme Adorne (1424-1483), un chrétien des Flandres. Le premier est un commerçant à l'esprit éclairé, venu rencontrer érudits et poètes dans l'émirat raffine des Hafsides de Tunis ; le second mène la vie aventureuse d'un homme politique et d'un diplomate, activité qui le conduit de Bruges jusqu'auprès du roi Jacques III d'Ecosse, pour lequel, sans doute, il entreprend, comme honorable espion mais sous couvert de pèlerinage, ce voyage à Tunis.
    Ces deux hommes, d'origines, de cultures et de langues radicalement différentes, nous livrent ici deux comptes-rendus de leurs séjours en " Berbérie ", fascinants par leur style, l'attention apportée aux hommes et aux choses, la nature des renseignements rapportés. La divergence même de perspective fait toute la richesse de ces récits nous offrant de multiples angles de vue sur le Maghreb de la fin du Moyen Age, ils nous entraînent à la cour de l'émir Uthman de Tunis, nous font découvrir ses souks légendaires et admirer cette riche contrée où se croisent commerçants génois, vénitiens ou catalans.
    Documents précieux et très vivants, ces récits de voyage inédits passionneront le lecteur - chercheur, étudiant ou simple curieux - qui trouvera dans cette réédition à la fois un livre d'érudition et de divertissement.

  • Socrate, à la fin de la République, recommande à son interlocuteur de " sauver le mythe " car ce faisant il se sauverait lui-même.
    À considérer le monde actuel cette injonction n'a jamais été autant d'actualité et c'est en tenant compte des attendus platoniciens que seront considérés divers mythes, pour la plupart d'origine indo-européenne, traitant de l'activité créatrice sous toutes ses formes. Individuelles ou universelles,- humaines ou divines,, ces activités s'explicitent dans la notion de " démiurge " (dêmiourgos signifie artisan) et c'est autour de cette donnée centrale que tourne l'ensemble présenté sous le titre générique emprunté à Platon.
    Le présent volume - le premier de la trilogie concentre l'intérêt sur le potier dont l'activité, pourtant si significative, n'a paradoxalement jamais fait l'objet d'une étude approfondie.
    Le second volume élargit l'examen à des protagonistes divins dont les "oeuvres", obtenues par des processus analogues à ceux du potier, sont de tout autre nature.
    Le troisième volume, enfin, concerne un " artisan " célèbre, Dédale, dont la personnalité mythique peut être considérée comme l'archétype du " démiurge ".

  • On connaît la fortune des contes des frères Grimm.
    Vers la même époque, deux autres frères, philologues, Arthur et Albert Schott, traduisaient en allemand des contes roumains, dits alors valaques, et faisaient ainsi découvrir les richesses d'une tradition populaire que nul n'avait encore transcrite. Depuis 1845, la grande variété poétique et l'intérêt morphologique de ces contes roumains ne se démentent pas. Placés d'emblée au niveau des classiques les plus appréciés du fonds indo-européen exploré jusqu'ici, ils restent toujours aussi passionnants, pour l'amateur de l'imaginaire folklorique comme pour le théoricien, et accessibles à tous.

  • Appartenant au fonds indien des Editions Maisonneuve & Larose, cet ouvrage présente d'une manière synthétique les grands courants de la spiritualité hindouiste.
    Détaillant les divinités du panthéon hindou et leurs origines, les textes fondateurs de la spiritualité hindoue, l'évolution historique des courants de pensée qui l'ont façonnée, il analyse ceux-ci dans leurs trois constituantes majeures - la mythologie, la philosophie et le culte (qui est, par le rituel, participation active de l'homme) - et introduit aux grands thèmes dont se nourrit l'âme en Inde : le jaïnisme et le bouddhisme affirment le détachement et la non-violence (respect pour tout ce qui existe), le vaishavisme, l'amour de l'infini, le sikhisme, l'absence de peur.
    Proposé par un esprit qui a puisé aux sources des Védanta, mais aussi aux sources philosophiques occidentales, de Descartes à Kant et Hegel en passant par les docteurs scolastiques, l'ouvrage est émaillé d'observations comparatives avec l'Occident. Il s'inscrit dans une démarche de connaissance tracée avant lui par un Mircea Eliade établissant une morphologie du sacré et rapprochant les légendes mythologiques des civilisations les plus éloignées dans l'espace et dans le temps afin de mettre en lumière les grands courants mythiques de l'humanité.
    Entre les pensées occidentale et indienne tracer une voie où convergent rationnel et irrationnel, histoire et mythe, science et mystique, philosophie et religion : tel est, selon Swâmi Nityabodhananda, de l'ordre de Râmakhrisna (maître du XIXe siècle, qui fut l'un des plus grands promoteurs de l'harmonie des religions, honorant aussi bien Bouddha, les grands prophètes du vaishavisme que le Christ, Mahomet et Zoroastre), l'apport d'une pensée indienne de l'unité, une unité non réductrice, née de l'infini multiple.

  • Le regard ici posé sur le vaudou est celui d'un ethnologue et philosophe autant que théologien.
    L'interprétation qu'il donne du vaudou est nouvelle : elle est présentée comme une vision du monde originale et comme l'effort d'un peuple pour s'affirmer contre les conditions dramatiques de son histoire, qui l'ont fait passer de l'esclavage et de la domination étrangère au sous-développement et à la dictature politique. Et cette interprétation, malgré, ou plutôt à cause de la rigueur scientifique qui l'étaye, constitue le plus éloquent des cris de révolte et des plaidoyers en faveur d'un peuple opprimé.
    Du point de vue humain et scientifique, ce qui passionnera dans cet ouvrage, c'est l'ardeur avec laquelle, sans, bien entendu, faire l'apologie du vaudou, Laënnec Hurbon s'efforce de cerner sa signification profonde comme " langage propre " d'un peuple placé dans des conditions historiques, économiques et sociales telles qu'il ne pouvait survivre qu'en trouvant lui-même sa propre réponse, qu'en s'affirmant dans ses propres " modes originaux d'exister ".
    On sort de ce livre attachant convaincu que le vaudou constitue pour les masses haïtiennes une solution de survie parce qu'il les aide à prendre conscience d'elles-mêmes et à s'assurer contre l'existence malheureuse, en " recousant les déchirures du tissu du monde ".

  • Le Folklore obscène des enfants renverse les préjugés de la grande majorité des adultes et des éducateurs.
    Les enfants, en effet, n'ont pas attendu ces derniers pour savoir ce qui se passe. Depuis des siècles, à l'intérieur de la micro-société enfantine, un savoir sexuel se transmet sous forme de comptines, de contes, de devinettes, de jeux... Cette éducation sexuelle interne se fait contre les adultes, à l'aide d'images, de symboles ou de fantasmes. L'acquisition progressive par l'enfant, auprès de son groupe d'âge ou des " aînés ", de ce folklore sexuel et scatologique, fait partie intégrante de la formation de sa personnalité.
    Alors que la sexualité enfantine a donné lieu à de nombreuses observations scientifiques, il était essentiel d'en rechercher l'expression à travers la littérature orale des enfants eux-mêmes. En effet, beaucoup d'enfants utilisent, à l'intérieur de leur propre société, un certain nombre de textes, de paroles ou de gestes qualifiés d'obscènes. Ce folklore enfantin d'une grande richesse comporte aussi bien des éléments agressifs développés réactionnellement aux tabous parentaux ou éducationnels que des textes simplement moqueurs ou dont la fonction essentielle est de transmettre un certain savoir.
    Cet ouvrage, édité pour la première fois en 1980, dont le sujet n'a fait l'objet d'aucune autre étude, tente en filigrane de répondre à deux questions : que veulent dire ces textes ? Quelle est leur origine ? Et, pour ce faire, il ne s'appuie pas sur une interprétation de nature psychologique, psychanalytique ou poétique, mais s'adresse directement à l'immense domaine du folklore.

  • Constitue une heureuse initiative dont les chercheurs et les étudiants pourront se féliciter tant il demeure d'une étonnante actualité.
    La dette de l'Europe envers l'Espagne musulmane est d'une importance sans égale. Les règnes des califes Abd al-Rahman III et Afakam II constituent l'époque la plus faste de l'histoire d'Al-Andalus. Ce foyer de haute culture fut un trésor inestimable pour l'Europe médiévale. Il lui rendit accessibles des outils culturels et scientifiques, comme le système positionnel des chiffres (les chiffres arabes), les fonctions mathématiques trigonométriques, et tant d'autres choses, parmi lesquelles de nombreuses traductions. E Lévi-Provençal étudie les institutions, la vie sociale et quotidienne d'Al-Andalus.

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