Les Carnets Du Dessert De Lune

  • Publiées en 1992 par Jean Le Mauve, à l'enseigne des éditions de l'Arbre, ces Chroniques des faits, enrichies d'illustrations originales de Georges Rubel, nous entraînent vers un espoir perdu, un doute qui prend la forme d'un monstre, des charlatans aux questions absurdes, un moine fourbe, un chien noir qui erre, rêve ; de folles ambitions, des mensonges, une envie de liberté et, derrière les mots du poète et les images de l'illustrateur, un incessant appel à la révolte.

  • De livre en livre, l'auteure du Plancher (2013) n'en finit pas d'inventer sa propre langue, son propre alphabet, construit à l'écart, en bas des marges. Une bataille rangée. Menée bec et ongles. À coups de ciseaux. Des textes bruts, sans concessions, qui interrogent nos réalités subjectives et s'apparentent à ce que Patrick Chamoiseau appelait de ses voeux en invitant les auteurs de demain à laisser tomber les codes habituels pour expérimenter « des organismes narratifs infiniment complexes (.) en opérant des saisies de perceptions qui nous confrontent à l'indicible à l'incertain à l'obscur.»

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  • Traduits pour la première fois en anglais (pour d'éventuels lecteurs du Montana ou des kangourous de Sydney), on retrouve dans ces dix textes composant Légende de Zakhor, ce rythme et ce style si particulier de l'auteur de « Chroniques des faits » qui, en quelques mots, quelques phrases limpides nous entraîne dans un monde où le fantastique se mêle aux rêves, folie côtoie sagesse, où le silence succède aux tempêtes, les paroles porteuses d'espoir à l'indifférence, la révolte à l'asservissement et sans cesse cette fidèle utopie d'un monde où le bleu ne serait plus une espérance mais un pays.
    Traduction de Derek Munn (anglais), Rüdiger Fisher (allemand) et Fabio Scotto (italien).

  • Que Louis Dubost s'y entende à parler de nature, voilà un fait avéré dans le nom même du poète. Qu'il se place sous le patronage de Diogène peut paraître plus insolite. Pourtant, à la recherche des légumes du potager, on trouvera aussi, comme le fameux philosophe, l'humanité dans son ensemble, et pas seulement l'homme ordinaire, celui qui possède une jarre de jardin, propriété non bâtie, destinée à l'arrosage quotidien. Ajoutons que Diogène et le jardinier Louis Dubost connaissent tous deux l'importance d'une bonne exposition au soleil. Dans le présent ouvrage, Abécédaire Métaphorique Appliqué au Potager, en compagnie des insectes, abeilles ou doryphores, voletant au-dessus des plantes, de l'ail aux tomates, nous parcourons le jardin et le monde. Nous sortons de l'enclos en restant dans le clos. Tout est texte et prétexte pour un voyage dans l'histoire et la géographie, les sciences naturelles et la politique, la satire et l'information. Les légumes, fleurs, feuilles, fruits et condiments nous parlent de mythologie, littérature, écologie, gastronomie, cinéma, luttes sociales, drogue, religion et démocratie... Ainsi, le jardin d'un homme est homothétique de l'univers. Il contient l'univers. Il est l'univers.
    Quelques mots encore avant de parcourir le potager diogénétique. On trouvera, au détour des allées, deux purs poèmes, listes de solanées, pommes de terre et tomates de soleil. On notera aussi, la parcelle importante réservée, à la lettre c, aux cucurbitacées, citrouilles, concombres, cornichons et courgettes, dont les qualités particulières ne manqueront pas d'être appréciées par tous ceux qui cultivent un jardin dans les parages d'une centrale atomique. Bon appétit à tous.
    © Lucien

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  • Les mots galets sur la plage / polis par la mer / abandonnés sur le sable / doux à la main comme le galbe d'une jambe / ;
    Les mots ne demandent qu'à se dire / Et j'ai le goût des mots / polis par la mer / Je connais leur couleur leur musique / et je les lirai jusqu'au terme de ma vie / comme un habit de silence / un manteau de soleil / ;
    Quel sera mon dernier mot ?

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  • (.) À quoi bon vouloir introduire, prévenir, analyser, « dé crypter » (la tendance actuelle des pseudo-journalistes de l'info !) cet « autre chose » ? Le lecteur n'est pas un idiot. Il poussera la porte, posera le pied dans un monde qui, au début, pourra lui paraître bizarroïde. Il découvrira un univers pas bien grand, mais profond, où l'incongru flirte avec le comique, le tragique avec la légèreté, l'angoisse avec l'émerveillement. Celui que j'ai appelé une fois, dans un article, « le loustic », est décidément un drôle de zigoto. Il a le don de surprendre, d'intriguer son lecteur. Voire de l'énerver ou de l'agacer. Je me dis qu'il a sans doute trop ten-dance à se retourner dans son lit, la nuit. Pas si serein que ça ? Dommage ! Car il sait capter, en douceur, les perles rares du bonheur, ce « temps qui se mesure en tendresse » comme dans ce très beau texte, « La luzerne ».
    François de Cornière (extrait de Ceci n'est pas une préface)

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  • De A comme Abeille, à Z comme Zoo, en passant par S comme Salamandre, 50 poèmes accompagnés de 38 illustrations en noir et blanc d'Étienne Lodého, et d'une illustration couleur en couverture.

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  • Je lisais. Des américains, la plupart du temps. Pensant y trouver l'inspiration. J'essayais d'écrire ce roman dont j'avais parlé à tout le monde et que je n'avais toujours pas commencé. J'avais presque envie de partir. De m'en aller d'ici. Et puis un jour, les Poèmes de Fanny Chiarello sont venus habiter juste en dessous de chez moi. Les poèmes précédents avaient foutu le camp et, du même coup, l'appartement au rez-de-chaussée était redevenu libre. Au matin, les Poèmes de Fanny Chiarello partaient au travail ou bien choisissaient de rester au lit jusqu'à midi. Parfois aussi, ils passaient une bonne partie de l'après-midi à s'amuser avec les chats dans le jardin et les chats étaient très contents de trouver enfin, un peu d'herbe dans cette ville.
    Les Poèmes de Fanny Chiarello étaient très différents. Certains étaient allés plusieurs fois déjà à Los Angeles. D'autres, par contre, ne faisaient qu'en parler. L'un d'eux avait bien connu Timothy Leary mais c'était il y a très longtemps. Le week-end, les Poèmes de Fanny Chiarello invitaient tous les voisins de l'immeuble autour d'un barbecue géant et végétarien. Lorsque c'était l'heure de partir, ils se glissaient dans le fond de votre poche afin de vous empêcher de passer la nuit tout seul. Ils vous mettaient le réveil et fermaient les volets. Ils vous réchauffaient les pieds en attendant de trouver le sommeil.
    Et au bout d'un moment, vous finissiez même par oublier de déménager.

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  • Il s'agit bien de poésie mais une poésie vivante, sonore, orale, avec du rythme, des contretemps, des syncopes où l'on taquine la syntaxe, la grammaire pour nous entraîner dans un tourbillon de mots, de sauts de ligne et nous parler de sujets aussi sérieux que l'aube qui ne vient pas, de lapin nu, de Ying et de Yang, d'amour bien évidemment et de tas d'autres choses avec des mots plus fins que le papier à cigarettes.

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  • Voyage au centre de l'insatisfaction sans ceinture de sécurité, sans échappatoire, sans autre perspective que tourner en rond, sans espoir de retour. Vous êtes dans la vie, mieux dans la poésie : celle de Jean-Claude Martin. Voulez-vous une consolation ? Elle sera plus coupante qu'un bris de verre. Attendez-vous un sursis ? Rien de plus infime qu'une existence : un seul corps, une seule vie et un clou rouillé dans la mémoire. " Cherchez l'épingle " conseillait le philosophe Alain, ici c'est toute une pelote qui blesse : l'amour agite ses clochettes évanescentes et ses regrets éternels, le rameur solitaire dépérit sur sa goutte d'eau, solitude et relation sont des duettistes piteusement enfarinés et le temps nous fait cette tête. - Certes les courbes de la terre sur lesquelles nous pédalons vent debout peuvent être belles -. Ce n'est pas dit avec véhémence mais avec une délicatesse exquise, un raffinement pudique, un humour de bon aloi. À l'acmé de la détresse ordinaire, pour ne pas en faire un drame, préférez la compagnie d'un " désillusionniste " : mieux qu'un dictame, presque une ascèse.
    © Jean-Pierre Georges

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  • Le lecteur de Jean-Pierre Georges ne sait pas toujours s'il doit rire ou pleurer et c'est là le don de l'artiste ès poésie, s'il nous remue beaucoup, s'il nous secoue, jamais le poète de l'ennui ne nous ennuie. Offrez-vous Le moi chronique et les oeuvres complètes dans la foulée, parlez-en autour de vous, faites-en cadeau à vos proches, à vos lointains, vous ne le regretterez pas... (Valérie Rouzeau)

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  • Tôt éveillé à l'écoute d'autrui, l'auteur se complaît dans une sorte de machination du monde, mais une " claire " machination, laquelle tinte à nos oreilles et nous stimule la vue. Il s'agit plus précisément de cinéma poétique quand Michel Bourçon songe à la femme. L'infiniment petit n'est pas épargné d'observation, le poète clignant des yeux en évoquant les caniveaux qui débordent jusqu'aux nuages " suicidés ", tout cela avec l'esprit du dormeur en situation comme en recul (univers photographique avec des longueurs et même des langueurs de champ). Tout est miroir et, en même temps, tout est démenti, y compris notre propre solitude suspendue dans la ville entre les fleurs, les hirondelles et les pots d'échappement ! Parfois l'interrogation perpétuelle se fait angoissante dans une ambiance précisément découpée au très fin de l'Universel. On hésite entre le sourire et le masque, l'arrêt cardiaque ou la pluie qui ravive un tic-tac à l'état latent, comme quand on attend quelqu'un pour toujours en sachant parfaitement qu'il (qu'elle) ne va plus jamais venir. Cet ouvrage nous inspire une réalité de paliers et d'ascenseurs qui ne voisinent pas entre eux mais où la moindre parcelle d'Humanité trouve éclat à travers pratiquement n'importe quel prétexte.

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  • Mécanique perpétuelle du corps qui avance, position de l'écrivaine sur les starking-blocs du verbe poétique prêt à s'élancer dans la grande course du sens.
    Pour traverser la vie Marcella en phrases courtes comme des respirations rythmées, passe du très grand au très petit, de l'humanité aux poissons rouges, des étoiles au battement des cils.
    Pépée chorégraphie les mots de Marcella. En cases colorées elle décompose la phrase en mouvement du corps, gros plan, séquences, elle filme (SPORT) à l'encre (technique : crayons et pinceaux, par ordinateur).
    Echauffement, étirements, prêt pour la lecture ?
    Perrine Le Querrec (extrait de la préface)

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  • (.) Il tire, François Garnier. Sur les ombres. Et d'abord sur la sienne. Solitude, seul ou pas seul. « Tellement de monde et si peu de regards. » Bien vu. Bien crié en silence. Avec la vraie audace que seuls peuvent avoir les discrets. Regarder en face. Sans emphase. Et jusqu'à la sereine et inattendue harmonie. L'auteur fait un clin d'oeil alors à Apollinaire pour le crépuscule de « Zone ». Mais on pense surtout à la dernière phrase, magnifique, du Désert des Tartares de Dino Buzzati, de celui qui a tout perdu, pas seulement la vie, mais ses espérances les plus chères : « Puis, dans l'obscurité, bien que personne ne le voie, il sourit ». François Garnier lui aussi évoque le sourire, et puis termine par « Je plaisante. » On est tout proche, en ces deux mots chargés de pudeur. Avec la dérision en plus. En dépit (ou à cause) de cela, il faut imaginer François Garnier « presque » heureux.

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  • Ses poèmes courts et concis ne s'écartent jamais du motif qui les as fait naître. Faute de preuves fourmille de scènes brèves, de propos entendus et judicieusement repris, de moments particuliers, de fragments de mémoire intime ou collective, de portraits ciselés, de retours sur soi, de dédicaces aux proches, d'adresses au monde ouvrier et en particulier à ses père et grand-père qui furent tous deux tailleurs de pierres. Attentif à la présence des êtres et des choses, Serge Prioul avance en collectant des bribes de réalité qu'il met en forme dans ce livre de bord très intuitif et profondément humain. Extrait de la préface de Jacques Josse

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  • Anna de Sandre écrit comme on marcherait sur la pointe des pieds, elle écrit la vie comme elle est - du glissement de sens pudique au terme cru, rien n'est là sans sa justification profonde. Elle colonise les mots histoire qu'ils ne se figent pas dans la neige et va chercher ses protagonistes dans des pays qui n'existent que dans ses poèmes. Parfois on entend le craquement d'un cadavre d'oiseau gelé écrasé par le premier pas mal assuré du matin, ou le froissement d'une étoffe quand de la manche quelqu'un essuie la buée sur un carreau de cuisine - en arrière-plan se mélangent l'odeur chaude d'une lessive et celle de la tête de veau ravigote des voisins. Ça craque comme la glace au souffle des premières brises de mars, ça frissonne comme feuilles au vent, ça sent l'érotisme gourmand, le corps-à-corps des mots dont la graphie mêle les sens quand les allitérations font commerce de volupté langagière et réveillent l'esprit aux aguets de ce que l'on met de soi dans la lecture.
    Astrid Waliszek (extrait de la préface)

  • Comme un long coucher de soleil estival, déclinant lentement dans la violence de son rayonnement, la poésie de Jean-Louis Jacquier-Roux nous entraîne vers un automne plus humain que climatique, et cherche dans autrui son reflet d'un regard impatient et d'un oeil bienveillant.
    Jean-Louis Jacquier-Roux connaît l'Italie centrale mieux que la plupart des Italiens. Curieux, inquiet, des années durant il a arpenté les bourgs médiévaux en ruine et les cités fortifiées sans rien changer à son programme. Le hasard de la conjoncture lui est souvent imposé par les « accidents du voyage » : fausses routes, édifices vus de loin, rencontres à l'improviste dans les rues. On a vraiment l'impression que de tout cela il réussit à puiser sa présence au monde, son rapport violent avec ce en quoi il s'immerge.
    Le regard de ce poète sur la vie est compassionnel, continuellement à l'affût : la « marche sur les oeufs », qui évoque un respect silencieux et sacré devant les pierres d'Assise, sa confrontation diabolique avec l'impossibilité de sauver, à chaque réveil, quelque chose de plus solide que « les plantes et les arbustes ». Une lutte au cours de laquelle il aperçoit à l'autre bout de la corde un Dieu présent et muet. C'est un combat entre la difficulté de vivre et l'amour de la vie.

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  • La merveille, on n'a pas besoin de la traquer, elle vient à vous. Il suffit d'oublier votre but, la liste des courses pour qu'elle surgisse. Cette irruption dans votre quotidien ne provoque ni stupeur ni effroi. « La chasse est gentille. » Et cela vous rend aimable, incroyablement humain. « Les marchés le samedi matin avec toi sont des attendrisseurs : ils font venir au fond de ma gorge un goût de partage que je ne connaissais pas. » Qu'est-ce qui nous aimante ici ? « Mais que cherchons-nous au juste ? » Nous n'aurons pas la réponse. Nous ne pourrons que constater. Le rayonnement : « il nous porte à bras le corps hors des frontières et nous laisse retomber au milieu des vestiges d'une guerre en cours que nous menons à petits pas contre les certitudes et la folie des grandeurs. » Extrait de la préface de Denis Montebello

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  • Trois recueils réunis en 1 volume pour redécouvrir un poète trop tôt disparu.
    Avec économie, naïveté, tendresse, Antonello Palumbo parlait de cette « ultra moderne solitude » que chante si justement Alain Souchon, et c'est en cela que sa poésie continue à nous émouvoir parce que, telle une mélodie qui trotte dans nos oreilles, elle nous accompagne les jours où l'on a envie de siffler avec seulement un bruit de chaussures de femme sur le trottoir en bas et dans l'escalier un gosse qui fait l'avion, un gosse que l'on redevient en lisant ses poèmes parce qu'ils sont toujours dans l'air du temps.

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  • Il y a, en fil continu, dans ce recueil de poèmes de Jean-Christophe Belleveaux, de la hargne, de la colère, des nerfs à vif, de l'impulsivité mais aussi une volonté de comprendre le mécanisme inquiétant (et les nombreux ressorts cachés) d'un trop-plein de douleurs qui peut parfois modifier la perception de la réalité. Ces risques, pour le moins perturbants, l'auteur les connaît mais ne veut pas les éviter. Il les traverse au contraire avec fougue en décidant de se colleter le monde tel qu'il est : peu fiable, peu audible, en guerre, affamé, grand dévoreur de vies.

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  • Chaque histoire d'amour est unique, bien sûr, et pourtant, dans certains cas, le singulier touche à l'universel. J'ai entendu ces phrases, ces belles paroles. Je les ai conjuguées, non pas pour relever le défi inutile de traverser notre conjugaison complexe, mais parce que j'ai entendu d'autres femmes, éblouies, hallucinées d'amour, me répéter ces mêmes phrases qu'elles venaient d'entendre, tirées elles aussi d'histoires singulières et exceptionnelles. Ces phrases étaient pour elles la preuve de la beauté de leur histoire d'amour unique et merveilleuse, comme elles le furent pour moi. Et, à les entendre, j'ai eu envie d'écrire cet art de conjuguer des hommes mariés. Je le revendique : dans ce texte je règle mes comptes avec ceux qui usent de cette lâcheté dévastatrice.

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  • Divisé en deux parties sensiblement égales, ce recueil s'ouvre sous l'égide de Saorge et de Charles Juliet. Sylvie Durbec y déploie ses poèmes des nuits de juillet, entre songe et veille dans l'exercice d'une contemplation autant extériorisée (la montagne, la nuit, l'oiseau) qu'intériorisée (une " bête ailée ", la " gorge bleue du tigre ", les" bracelets d'oubli pour Pénélope épuisée "). Cette sorte de vade mecum de l'été nocturne s'offre pour un art de vivre en poésie, où l'attention donnée à l'instant s'accommode d'une liberté laissée grande à la rêverie, à l'imaginaire et à une langue irriguée d'italien. Habiter sa vie en poète et dire " je " quand ce " je " se mêle à la matière même du temps et d'un lieu...
    Le ton change avec " Scarpe vuote ", long poème du deuil et d'une nuit plus profonde qui s'ouvre avec la porte d'une penderie dans laquelle des chaussures vides désignent l'absence d'une femme qui vient de mourir. Sylvie Durbec y associe la disparition de son père, évoque un peintre juif qui dessina une montagne de chaussures vingt ans avant l'existence des camps de la mort. Elle noue entre eux des poèmes ou des proses brèves, petits cailloux jetés sur le chemin qui mène de la mort à la vie, et qu'elle suit chaussée ou pieds nus, dans la compagnie d'autres poètes. © Thierry Guichard

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  • Le titre, l'illustration de couverture, la mise en page nous ramèneraient presque à l'image d'épinal d'une poésie bucolique de chemin buissonnier. Les titres de chaque texte eux-mêmes, énigmatiques, semblent baigner dans l'éther d'une indétermination tissée de brumes apaisantes. Pour qui ne lit pas, et se contente du regard de loin porté sur la façade, " Un régal d'herbes mouillées " dégage ce parfum de sympathie un peu anecdotique, un peu condescendante aussi, que l'on porterait à tout travail que l'on sent bien façonné mais désuet, bien intentionné mais (osons le mot) mièvre. Qui le lit (diantre! lire un livre, comme on y va) comprend que cette façade a précisément été choisie pour le contraste qu'il offre avec ce qu'il enclot et qui finit par la déborder. Car chaque texte (tous très courts, n'excédant pas deux pages de phrases aérées), sous son apparence bien établie (dans l'imaginaire collectif, s'entend) de poésie naïve, offre un roman dont les personnages tanguent dans le drame de leur vie de misère, avant d'échouer sur ses rives les plus dures. Ces vies d'exclus, de laborieux, de débiles, de pauvres, de vieux, Anna de Sandre, avec une maîtrise rare de l'art du bref, parvient à nous les rendre en quelques traits, d'une plume qui les incise pour en faire jaillir toute la douleur mais aussi la beauté tragique. Et à l'odeur sucrée que la rosée vient déposer sur l'herbe vient se mêler celle, forte, âcre, des foins coupés.

  • François David, poète prolixe, s'adresse à nous, à tous, autour des grandes questions existentielles. Il aborde ici avec « Passage », le plus grave, le plus dramatique, le plus inquiétant et surtout le plus énigmatique des sujets : la mort - le passage entre la vie et la mort - passer de vie à trépas.

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