Les Carnets Du Dessert De Lune

  • «Visions of Basquiat» est une monographie expressionniste présentée sous la forme d'une BD d'une soixantaine de planches, dans laquelle Yves Budin retrace la carrière fulgurante et tragique d'un des peintres contemporains parmi les plus influents du XXe siècle.

    1979. Le livre nous entraîne dans les rues saintes et sales de New York, dans les pas du graffististe SAMO©, celui-là même qui s'est fait connaître au travers des aphorismes qu'il bombe un peu partout dans downtown Manhattan.
    Yves Budin a choisi le moment charnière où le jeune artiste abandonne la rue et son personnage SAMO© pour se tourner vers les galeries d'art et la peinture et se métamorphoser en Jean-Michel Basquiat, le premier peintre noir à entrer dans la cour des grands. «Je m'appelle Jean-Michel, Jean-Michel Basquiat.» Rencontres, notoriété, look, style, sexe, drogues, musiques, succès, money, yeah, baby, l'histoire peut commencer. La météorite ne fait que passer.

    Sur commande
  • Les éditions des Carnets du Dessert de Lune fêtent leur première décennie publient un livre de recettes atypique et « révolutionnaire » (dixit Jean-Pierre Jacquemin dans ses « Pré-fastes ».), livre inclassable dont on admirera le caractère profondément ludique et fantaisiste, quel que soit l'état de sa dentition. Car La cuisine molle concoctée par Michel Dehoux et Jean-pierre Jacquemin n'est pas réservée aux seuls édentés (clin d'oeil humoristique et teinté d'ironie plutôt que parti pris réducteur) et les plats proposés (on va voir comment) plairont indubitablement aux palais et aux esprits dotés d'une once de sens de l'humour. Ne vous laissez pas rebuter par le spectacle qu'offre le goûteur dessiné par Jean-Denis Pendanx et qui fait la une de l'ouvrage (d'autres illustrations vont suivre) - il faut ouvrir ce livre pour saisir l'ampleur de la farce.
    S'il est question de gastronomie, il ne s'agit pas, toutefois, de l'un de ces innombrables ouvrages composés de « fiches cuisine » énumérant ennuyeusement les ingrédients, indiquant les gestes mécaniques à accomplir - proposant des plats savoureux peut-être (encore faudrait-il qu'on nous donne l'envie de les préparer) mais manquant assurément de poésie.
    Et c'est en cela que cet opuscule réjouissant est digne de représenter la maison d'édition, en rendant indirectement hommage au parcours poétique, à la créativité langagière, à l'insolite et/ou à la cocasserie des parutions présentes et passées (on se souvient entre autres de L'ode à la mouche d'Odile Bonneel, ou des aphorismes de Pierre Autin-Grenier, Le poète pisse dans son violon) : ainsi, on lira ces recettes (glanées dans le monde entier, de l'Afrique à la Provence, de la Roumanie à l'Espagne, ou bien tout droit sorties du cerveau fumant du chef) avec bonheur, entre étonnement et amusement agacé, quand les auteurs mettent notre patience à l'épreuve avec une recette mots-croisés intitulée « 1 horizontal de 2 vertical, sauce à la 6 vertical » ou qu'il nous faut décrypter un « exercice d'orthophonie à l'usage d'édentés bègues ».
    Ailleurs, la « porra antequerana » est présentée sous forme de nouvelle (une belle histoire de revanche conjugale), le « Civet de lièvre ci-devant » est l'occasion de quelques piques envoyées aux chasseurs et le « Camembert dans sa boîte en bois » fait l'objet de deux textes, selon que l'on a les moyens de partir en vacances ou non. (dans le même esprit, les auteurs sont régulièrement soucieux, et on les en remercie, de proposer des variantes selon l'état de notre compte en banque). Mais n'imaginons pas que toute cette débauche de moyens langagiers et d'astuces culinaires est gratuite (même si certains jeux de mots le sont !) : chaque plat est parfaitement réalisable (faites donc l'essai avec, pour commencer, des plats simples à réaliser, les rillettes de cabillaud ou la terrine de fraises bâtisseur.) et la familiarité des auteurs, teintée d'insolence taquine, met immédiatement à l'aise, quels que soient les talents de cuisinier du lecteur.

  • Feuilleter les Visions of Miles revient à entreprendre une belle aventure, celle du vingtième siècle. On croise Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Mingus et Gil Evans. On erre dans Manhatta, au Three Deuces, 52e rue, avant de croiser la Gréco à St-Germain des Près. L'enfer de la drogue, Coltrane et Monk, Jimi Hendrix, la gloire et la dérive...

    Sur commande
  • Sinnerman raconte en une vingtaine de pages et autant d'illustrations cette fuite en avant du pécheur face à son destin et au Jugement dernier.
    Tour de force musical, " Sinnerman " explose, chez l'illustrateur liégeois avec ses couleurs exclusivement rouges et noires, avec cette façon unique qu'il a de tordre le corps du pécheur, d'y exprimer toute la souffrance humaine possible. L'homme, aveuglé, n'a que larmes de sang pour l'accompagner dans sa course vaine.
    Budin accompagne ses dessins expressionnistes d'une traduction trilingue des paroles et d'une biographie de Nina dont la voix nous hante longtemps encore. Il faut feuilleter ce bref ouvrage en écoutant Nina Simone. N'importe quand, n'importe où. Yves Budin avoue qu'il aime passer ce morceau en préparant les pâtes (" La durée convient spécialement pour la cuisson des pâtes conchiglie al dente ", note-t-il). Voilà qui ferait très plaisir à Nina !

    © Thierry Coljon

    Sur commande
empty