Le Realgar

  • « Broussaille de bleus » est un recueil de poèmes de James Sacré illustré par les dessins de Jacquie Barral. L'auteur se remémore sa jeunesse, les amis et paysages d'enfance et les pays visités, (États-Unis, Maroc, etc.) et à partir de ses souvenirs, mène une réflexion sur le paysage, sur la couleur bleue dans le paysage. Puis comparant le peintre et le poète dans leur relation au paysage, étend sa réflexion à l'écriture du poète sur le paysage.

  • « C'est bien parce que le poème s'avère seul capable d'intégrer l'expression la plus subjective à l'exigence d'une pensée qui, jamais, ne se contentera « d'interpréter le monde », qu'Emmanuel Ruben n'a pas récusé la voix dont, toujours, essayiste, romancier, il écoute l'accent, disant ainsi très haut l'abjection d'une Europe en proie à des démons surgis des culs-de-basse-fosse de sa longue histoire. Terminus Schengen... Une telle errance, une aussi tragique pérégrination au bout de la honte comme de la détresse ne rend dès lors pas exclusivement compte du destin des « migrants » mais, haletante, escortée de cris, de murmures, contraint quiconque veut en parler à la dignité du chant. Le reste est affaire d'urgence. De crimes et de cynisme. De trains, de camions ou de piétinements. De mains lavées dans un seau où brillent les étranges reflets des étoiles que l'on cousait il n'y a pas si longtemps aux vêtements des voyageurs. » Lionel Bourg

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  • » Lassée des hommes / la pente a entrepris du raidissement / de partout / à des instants variés / il y a le trait hurlant des chutes / et un matin / comme on passe par-delà la verticale / c'est une page qui se tourne »

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  • « Voici, offerte à notre fréquentation contemplative, une oeuvre - une présence, pourrait-on dire - de Pierre Soulages : Peinture, 56 cm x 39 cm, 08/07/2013. Cette petite peinture outrenoire vit, bouge, s'immobilise un instant, souveraine, s'éclaire et s'assombrit, croise en elle, de mille façons au fil du temps, diverses panoplies de l'obscur, du noir, du gris et de la clarté ; elle se fait hypnotique, navette ensorcelante du rien et de la plénitude, de l'intégrale matière et d'une dimension sacrale ; elle est émettrice de déclinaisons rythmiques de maintes variétés de son noir lumière. Présence, présences... qui nous convient à une aventure silencieuse en contrée d'inconnu ».

  • « Rongé par le doute, et déterminé comme pas un, Julien Bosc n'a cessé de se vouloir poète. Il a payé le prix fort et il s'est fait poète. Et non pas comme d'innombrables semblants, mais poète très rare. André Bernold avait su déceler à la lecture d'un dialogue écrit sur le fil d'une tragédie sans nom, De la poussière sur vos cils, un texte unique. On peut en dire autant de cette geste murmurée par des gorges inactuelles : Le coucou chante contre mon coeur. Loin des discours engagés, des proclamations stériles, c'est à un exercice d'intériorisation que s'est livré un homme de ce monde, un homme désemparé, savant et sensible. Hanté par une sienne mémoire des vagues d'exil dans une Europe déchirée par la haine, né juif et redevenu juif par obligation morale dans une époque marchandant si volontiers toute dignité, redevenu errant, étranger démuni dans un pays de possédants marqués par le racisme toujours là et instrumentalisé à outrance, Julien Bosc a repris sans plaisir un rôle délaissé, celui du veilleur dans la nuit. Pour que l'humanité ne s'oublie pas tout à fait. »

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  • Mon livre

    Patrick Laupin

    « Une phrase, oiseau de fortune, ombre Magellan, de parfaite beauté et mystérieuse harmonie, abrite dans son royaume du silence, rêve, folie, génie, enfance. À toute heure son dur enfantement des syllabes sonne l'heure intacte. Depuis toujours je cherche à lui rendre corps, âme et présence. Je ne cherche pas vraiment à rendre son sensuel et l'envoûtement de son charme, par la seule faculté de l'écriture, ça se passe plutôt en écoutant l'intonation d'une voix, la plus sensible, la plus ancienne, celle de la musique des enfants des ténèbres et de la nuit, que je retranscris lettre à lettre, sous dictée, comme si ces voix, télépathie ou pierre de rêve, de prière tactile, s'inscrivaient à nu sur la paroi de ma poitrine, hiéroglyphe latent de la chair physique de mon verbe, qui tourne et insiste dans l'hélice du souffle et récapitule le sens vécu de ma vie jusqu'à ce qu'il puisse être entendu et même de tous les murs qui voudraient parler. »

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  • « Tombeau de Johnny Panic (Sylvia Plath).

    Merveille silencieuse du faible orphelin Le jeu de vivre n'est que la démence d'un intime défunt Tout s'enfonce dans la nuit C'est comme cela que tu aimais Comme les veuves de marin disloquées de lumières orphelines Qui agitent leur mouchoir sur la rivière Dans un quartier triste de Londres Tu appelles et nul ne répond Tu meurs de ne pas rêver avec lui sur ce même oreiller Tu rêves Et un arbre d'oiseaux chanteurs devance Le miel du retour Des flammes d'ombre Le jeu de vivre révèle un cimetière Je ne dois pas croire pour ne pas mille fois mourir Les prodiges ont l'effet de me dire que les étoiles diaphanes n'arrivent jamais Tandis que quelqu'un disserte sur ta jeunesse et les poètes morts »

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  • « Un monde de peu d'écho à la lumière affaiblie.



    C'est du sein de cette pénombre dilatée sous la balafre de brefs éclairs que je veux t'écrire.



    Je sais que les mots échoueront à retracer les contours du décor qui m'environne et à saisir le flux hâtif et désordonné de ma pensée.



    Mais je tente par eux de te rendre le goût exact de ce moment c'est ici mon seul projet même si leurs petites ailes de lumière ne soulèvent qu'un terrible noyau d'obscurité. »

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  • « Le soir il marche lentement sur le sentier qui mène de Bréhec à la Pointe de la Tour. Passé le mur de pierre et les herbes folles, au fin fond du hameau des « Rochers rouges », il bifurque pour remonter vers la chapelle Sainte-Eugénie. À peine un quart d'heure plus tard, parvenu là-haut, debout sur le dos de la colline qui surplombe la baie, il se laisse submerger par le côté « hors du temps » qui se dégage des lieux. Il pousse la porte, foule une grande dalle froide avant de s'engouffrer dans ce réduit sombre et humide... La simplicité de l'édifice, son intérieur austère, les traits reproduits sur les visages en bois - pour la plupart ceux de marins péris en mer - qui semblent souffrir paisiblement, immobiles et un peu poussiéreux dans leur coin d'ombre, tout cela le plonge dans un silence et un état d'hébétude où il retrouve tous les arpenteurs de solitudes qui se sont, un jour ou l'autre, absentés du monde pour ne plus jamais y revenir. »

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  • » sur ce lit abreuvé de tremblements et de sanglots, qui peut jurer de son humanité ?

    Peut-être cette maman qui s'en va ?

    Dans l'arc-en-ciel tombé des nues, je vois sans bruit se défaire le fruit de nos poitrails décharnés en ce labyrinthe qui se tait j'enterre ma mémoire d'homme, mes soliflores aux robes d'aube. »

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  • « Des sacrilèges inondent la cathédrale où j'avance. Filles et garçons avec la langue s'embrassent, les couples s'ignorent, les enfants tonitruent. Les prêtres saluent, langoureux, les notables aux écharpes vives sur les manteaux sombres. Leurs cheveux gris ont connu le peigne, et, pour certains, encore un peu de gomina. Des chignons stériles se penchent vers des enfants qui continuent de pleurer face aux grimaces des corps abîmés par le temps. Des enfants asservis promènent leurs aubes au milieu de la nef, comme des putes ou des vestales déflorées. Dans le chaos discordant, j'ai avancé mes insolubles. J'ai marché comme l'aveugle vers des choses qui ne sont pas à comprendre. »

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  • « Pourquoi sa solitude plutôt qu'une autre.

    Ce flocon déposé sur la foul place Bellecour le temps de fondre sur ma langue mes regards qu'elle ne rencontre pas une seule fois, comme en sursis dans l'entre-nous tous inconnus agglutinés et ne sachant qu'attendre de la nuit qui s'immisce de la grande roue éclairée et de cette rumeur que draine la sortie des bureaux.

    Pourquoi sa quarantaine.

    Sa taille moyenne et ses talons appliqués.

    Ses cheveux conformes. »

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  • Il y a, dans La brièveté d'être, quelque chose de si ténu, de si délicat que l'expérience douloureuse traduite par les poèmes de Jackie Plaetevoet, cette expérience d'être, justement, d'exister au bord toujours plus vertigineux de l'irrémédiable, semble sans trêve osciller entre l'aube et le crépuscule qui nous menacent et nous fondent. Écriture nue, dépouillée de toute pesanteur, les mots confèrent dès lors à l'inquiétude constitutive de chacun, de chacune, une espèce de grâce comme charnelle, une aura d'ombre et de clarté dont la présence, au terme de l'ouvrage, s'avère capable de « quereller la nuit ».

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  • « d'où on part, rasant les murs au fond de soi ; d'un parquet, d'une pingre lumière par doigts d'enfants creusée, fourgonnée ; aucun feu derrière ; du vide et on y va ; plusieurs, le sommes-nous ? à passer, ça aiderait, du plus loin qu'on peut de son nom ; dès que dehors, sur les pavés de la cour et aux genoux froides meurtrissures, nous oblige à pencher, le ciel, à songer sourd, étouffe cru par le haut les arbres ; d'une fenêtre l'infirme, au troisième elle fait signe, nous pareil ; mais les murs donnent rien ici, on grandit pas ; soeurs ou frères - en est-il seulement ? leur parler où, chacun dans son angle ? là-bas, quand on y retourne, on se bande les yeux pour mieux voir ; par où entrer, pour l'heure on n'en sait rien, fichtre rien »

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  • « Dormances Une branche un mur Ombre des branches Contre le mur Je regarde c'est beau L'ombre monte avec La nuit Personne ne regarde La lumière oeuvre et Travaille Parmi les cambouis Dans la machinerie Des âmes »

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  • Dédale

    René Pons

    « Les couloirs s'ouvrent, se ferment, tournent, repartent apparemment sans fin dans de nouvelles directions, et puis ils se recroisent, l'on reconnait, dans la pénombre, la trace de nos pas, puis le paysage obscur continue à défiler et soudain la voix de l'angoisse se dresse sous le ciel enfin apparu, se dresse, s'enfle, gémit et menace puis s'éteint et la tristesse se pose sur le paysage comme un animal de brume qui peu à peu digère les rumeurs du jour. »

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  • « Brûle dans la nuit, brûle de toi venu au monde. Dans un joli désordre de sentiments fiévreux, s'abandonner au silence et à la nuit. Les feux sont hauts qui dévorent les reliques d'un passé de cauchemar. Brûle mon corps dans l'épaisseur d'octobre. Tout seul et entravé aux jambes. Je marque le pas au seuil de tes exigences. Je séduis l'impossible, j'arrache aux ultimes lueurs des lambeaux vifs. Bien loin de toute duplicité s'ancre mon regard. Renaissance au calendrier des rêves de feu. Ainsi l'ancrage maritime, ainsi les porteurs d'eau de leurs mains fécondes. Brûle dans mes jambes saccagées, brûle jusque-là, au plus près des os qui s'effritent en certitude. Tourbillon de la nuit que je serre contre moi, en quête de réconfort affectif durable. La mer échoe mes pensées dans l'aube foisonnante. Monstres issus de cerveaux en ébullition, mer douce à ma joue de tous les horizons. Ici ma nuit qui s'étire, implacable, ici cette nuit qui ne transige pas avec le vivant, et qui porte haut les couleurs d'une inextinguible vie. »

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  • Suture Nouv.

    Nouveau recueil de la collection L'Orpiment, Suture est un recueil où se rencontrent deux femmes artistes, l'une écrivaine et l'autre peintre. Leurs poésies respectives s'allient dans une atmosphère intime et introspective, au coeur d'un centre médical où la musique et les souvenirs se heurtent à la sombre réalité de la maladie et de la mort. Le langage craque et la poésie cherche à recoudre la pensée défaillante dans cette atmosphère lourde de doutes et de tristesse. Suture est un rappel à la faiblesse du corps humain et à son esprit dont les mots refoulés surgissent sans que l'on ne puissent plus les retenir.

    À paraître
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