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  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • Violence, argent, sexualité, jugement  : derrière son image souvent consensuelle, le Nouveau Testament cache pourtant bien des sujets complexes et problématiques. Comment comprendre aujourd'hui l'intransigeance de Jésus  ? Que faire des passages de Paul sur les femmes ou l'homosexualité  ? Comment lire la violence de certains propos du Nazaréen  ? Simon Butticaz aborde ici toutes les questions qui fâchent, et propose de relire les passages litigieux à la lumière des dernières recherches en Nouveau Testament.
     

  • Le Psaume 119 le plus long du psautier, le plus sophistiqué aussi dans sa forme acrostiche est souvent tenu pour une litanie répétitive et redondante, s'abritant sans fin sous le couvert d'un éloge de la Tôrâh. Or en enfermant un tel psaume dans le carcan de l'ennui ou dans l'idéal de perfection de la prière, on en manque la perspective. Car le Psaume  119 ne traduit pas une louange béate de la Loi, mais la grâce de cette Loi révélée au gré de subtiles modulations, qui appellent à la responsabilité de notre engagement dans leurs traces.
    Une traduction entièrement nouvelle, une interprétation à même la littéralité de sa lettre, rendent au Psaume  119 sa voix inimitable qui ouvre déjà à la sollicitation midrashique. Cette voix rejoint celle de Jésus dans le Sermon sur la montagne  : «  Pas un yod, pas un point de la Loi ne passera...  » Elle rejoint aussi l'engagement résistant d'un Dietrich Bonhoeffer qui n'a cessé de la méditer aux heures les plus noires de la dernière guerre. À nous de l'écouter aujourd'hui.
     

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  • Partageant quelques traits communs avec les évangiles synoptiques, l'évangile de Jean s'en distingue fortement sur des points essentiels. La prédication du Royaume de Dieu si présente chez Marc, Matthieu et Luc y est absente et les récits narratifs y sont beaucoup moins nombreux au profit de grands discours prononcés par Jésus et qui concernent essentiellement le rapport du croyant à sa propre foi.
    Même si cet évangile est contemporain dans son écriture des évangiles synoptiques, il s'en distingue donc fortement en laissant apparaître les contours d'une école théologique qui s'empare de la mémoire communautaire à propos de Jésus pour fonder un discours de structuration spirituelle. Faut-il privilégier cet écrit ou au contraire le mettre de côté ? Dans cette présentation très éclairante de l'évangile de Jean, son meilleur spécialiste francophone actuel Jean Zumstein observe que le christianisme des origines se caractérise par une très grande diversité qui en fait sa richesse et son succès.
    Contre toute approche unilatérale ou fondamentaliste de la Bible, il démontre que le rapport au Nouveau Testament suppose une liberté et une autonomie individuelles qui se situent au coeur même des textes fondateurs.

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  • L'homosexualité est aujourd'hui un des grands thèmes de société. Le débat s'inscrit aussi dans le cadre des Eglises, et lorsque les chrétiens abordent ce thème, l'argument biblique joue un rôle décisif. Or, ce recours à la Bible est une affaire hautement piégée, car bien souvent on cite la Bible pour légitimer sa propre position sur la question.
    Au-delà des lectures apologétiques qui ont trop souvent réduit les textes bibliques au rôle d'arguments justifiant ou condamnant l'homosexualité, ce livre propose un parcours historique et informatif dans le monde du Proche-Orient ancien et de la Bible, à la recherche de la conception que ces sociétés avaient des relations amoureuses et sexuelles entre hommes et du statut qu'elles leur accordaient.
    Le but de ce livre n'est donc pas de fournir des arguments bibliques à l'un ou l'autre camp, mais d'entreprendre une lecture historique et contextuelle des textes bibliques et procheorientaux.

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  • La dette traverse nombre de domaines différents : de l'économie au religieux en passant par les rapports d'amitiés ou de belligérance, elle régule les relations humaines en établissant des variables de comportements selon que les arguments pointent vers des remboursements formels ou des abandons purs et simples. Aujourd'hui, la phase néolibérale de la société accentue le caractère fonctionnel de la dette en ne tolérant quasi aucune remise ou aucun étalement, créant des sociétés dramatiquement écartelées entre riches et pauvre, creusant les fossés entre nantis et miséreux. Or, au coeur de la culture judéo-chrétienne figure le pardon que l'on peut définir comme un mécanisme de remise de dette qui explore des dimensions anthropologiques excédant la seule vérité économique. Dans cette étude, un philosophe et un bibliste abordent la question de la dette en la soumettant notamment à ce qu'en disent des passages du Nouveau Testament. A travers ce questionnement, c'est toute une éthique de la relation humaine qui se profile, évitant les processus naïfs de l'exonération systématique des créanciers imprudents et, dans l'autre sens, prévenant la dérive d'une réalité ancrée exclusivement dans une relation économique entre les êtres.

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  • Le livre de Qohélet est l'un des plus mystérieux de l'Ancien Testament. Aucun consensus ne circule au sein des chercheurs quant au statut et à la visée d'un écrit que certains trouvent profondément pessimiste et teinté d'athéisme. Pour le théologien Marc Faessler, la portée de ce grand texte est tout autre. Il s'agit d'un écrit philosophique du IIIe siècle avant Jésus-Christ, au carrefour du judaïsme, de l'hellénisme et de courants de pensée venus d'Asie, dans lequel apparaissent en contraste les thèmes de l'éphémère et de la joie. L'auteur nous invite à soupeser ses découvertes en suivant son interprétation mot à mot de l'entier du texte dont on trouve en fin de volume une traduction nouvelle appuyée sur ses hypothèses. " Vanité des vanités, tout est vanité ", la célèbre formule inaugurant l'écrit trouve par exemple une nouvelle dynamique avec Marc Faessler qui propose de lire plutôt, à partir de l'hébreu : " Buée de buées, tout n'est qu'évanescente buée ! "

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  • L'origine des menaces écologiques actuelles repose pour une grande part sur les conceptions spirituelles et culturelles que l'Occident nourrit à l'égard de la nature. Les matrices grecques et judéo-chrétiennes ont fini par supporter dans leurs ultimes conséquences l'idée selon laquelle l'humain est un être d'exception auquel tout est dû. Malgré les avertissements lancés depuis le milieu du XXe siècle par toute une série d'experts, la course au désastre écologique s'accélère au point qu'il s'agit désormais de remettre en discussion les substrats culturels et spirituels de notre civilisation. Les 22 auteurs de ce plaidoyer vont dans ce sens. Leurs contributions s'organisent en trois parties. La première traite des héritages d'un paradigme chrétien autour du célèbre texte prophétique du prof. d'histoire américain Lynn White, Jr., Les racines historiques de notre crise écologique (1967), reproduit dans ce livre. Puis, l'ouvrage évoque les apports actuels de l'anthropologie quant aux conséquences de l'hégémonie de la culture occidentale. Enfin, plusieurs expériences de terrain et d'observations diverses complètent le propos d'un livre qui accueille notamment des écrits de Nicolas Hulot, Philippe Descola, Dominique Bourg et Philippe Roch.

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  • Aux IIe et IIIe siècles de notre ère, un système de lois normatives régissait l'organisation générale de l'Empire romain. Les communautés chrétiennes durent se déterminer par rapport à lui, dans une tension entre respect et émancipation, au gré de visions plurielles relatives à l'articulation du lien entre le monde et Dieu. Le nomos, un terme polysémique et aux importantes implications identitaires, pouvait désigner la coutume, les pratiques rituelles, la loi au sens juridique, la tradition, la façon habituelle d'être ou de se conduire. Nombre d'intellectuels chrétiens commencèrent à s'interroger sur les fondements de la société, sur la signification et le rôle des nomoi qui gouvernent les communautés, ainsi que sur la Loi mosaïque, dont le caractère " national " n'apparaissait plus adéquat pour une réalité présentée comme " supranationale ". Cette recherche de Gabriella Aragione propose un panorama des diverses attitudes chrétiennes, de la distanciation marquée à sa sujétion étroite en passant par des tentatives de maintien d'une identité propre sans pour autant dénier aux lois de l'Empire leur rôle de régulation. On peut ainsi observer dans ce livre que tous les scénarios ultérieurs relatifs au rapport du théologique et du politique sont déjà annoncés dès les premiers siècles de la civilisation chrétienne.

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  • Poursuivant ses recherches sur le christianisme primitif, François Vouga, spécialiste du Nouveau Testament, montre ici comment l'Eglise naissante a proprement inventé, dans sa pratique et ses contacts avec les mondes hellénistique, juif et romain, une manière d'être détachée de toute religion instituée qui préfigure nos sociétés séculières.

    L'auteur, au travers d'un méticuleux parcours historique et théologique, appelle ainsi les Eglises à se détacher de toute religion instituée pour se concentrer sur l'humanité dans son ensemble.

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  • Du rêve de Jacob aux rêves de Pharaon en passant par le cauchemar d'Abimélek, le livre de la Genèse est tout entier traversé par ce que Freud appelait l'« autre scène » de l'onirique. Le rêve y est même si prégnant que certaines narrations prennent l'allure de rêves diurnes qui en prolongent le sens. Comment interpréter la profondeur symbolique de ce constat ?
    Pour le théologien Marc Faessler, par le rêve, le sujet vivant est appelé à sa restauration dans l'angoisse et l'idéal de soi trompeur de Jacob. Par le rêve, le couple humain d'Abram et Saraï est enjoint à se déligaturer de ses entraves.
    Par le rêve, l'horizon messianique d'un peuple est suggéré dans l'histoire de Joseph et ses frères. A chaque fois, les ressorts inconscients d'une « autre scène » portée par le rêve sont à l'oeuvre dans le fil de la narration et dessinent la vérité d'une assomption symbolique de l'humain dans la trace du Transcendant.

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  • Dans l'Ancien Testament, la condition animale apparaît comme une sorte de circuit parallèle à celui de l'humanité.
    Les récits de la création nous montrent que la présence et l'intéraction de ces deux circuits sont précisément constitutives de la condition humaine. C'est face au monde des animaux, face à leur accès apparemment immédiat et non problématique à Dieu, que l'homme est amené à se poser les questions ultimes, à prendre conscience de sa difficulté de vivre et de son incapacité à renouer l'impossible dialogue avec Dieu.
    C'est peut-être pour cette raison que l'homme observera avec passion le monde des animaux, comme si, en perçant ses secrets, il parviendrait enfin à retrouver le chemin du paradis perdu. Il admirera chez les animaux le sens de l'organisation (proverbes 30, 24-28), il s'étonnera de leur astuce (proverbes 30, 18.19), s'émerveillera de leur force (job 21, 10) et leur enviera leur incomparable sensualité (Cantique des cantiques 1,9 ; 2,14).
    Compagnons de l'homme, les animaux l'auront été aussi en tant qu'inspirateurs de ses nostalgies.

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  • Les sacrifices dans la Bible suscitent souvent le malaise chez les lecteurs.
    Comment comprendre par exemple ces mises en scène sanglantes ou encore l'ordre divin donné à Abraham de sacrifier son fils unique ? Le présent travail propose de faire le point sur le sacrifice dans la Bible et de faire place à un certain nombre de préjugés lourds de conséquences pour l'image du Dieu de l'Ancien et du Nouveau Testament. Cet ouvrage veut ainsi apporter une contribution à la théologie biblique en traitant une question difficile.
    La première partie, centrée sur l'Ancien Testament, étudie les éléments constitutifs du sacrifice en insistant sur sa finalité. Il est ce lieu où Dieu vient à la rencontre des siens en vue de les bénir, les sacrifices "expiatoires", "réparateurs", n'ayant d'autre fonction que d'ôter les obstacles à cette communion. Dans la seconde partie, l'invitation, adressée à tous, sans préalable ni rite, à s'associer au festin des noces (Marc 2,19) ouvre à la compréhension de la prédication, par Jésus, de l'avènement du Royaume.
    L'offre gracieuse de la communion s'accompagne du don de la réparation ; désormais, les deux pôles du culte sacrificiel s'y trouvent à la fois assumés et subvertis. Quant aux sacrements, ils viennent, après l'enlèvement de l'Epoux, signifier aux croyants qu'ils ont le privilège insigne de participer, par delà l'octroi de la réparation, au " déjà " d'une communion promise à s'épanouir encore dans la plénitude du Royaume.

  • Les recherches exégétiques menées de nos jours sur le christianisme primitif permettent d'identifier une diversité importante de courants chrétiens dans le premier siècle de notre ère.
    Il n'y eut pas une seule Eglise de départ mais de nombreuses qui se disputèrent l'héritage de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth. Dans cet essai, François Vouga reconstitue ce qui fit le noyau irréductible de ces premières communautés. Le christianisme suscita des querelles dont on peut voir actuellement dans les différences confessionnelles les traces fondatrices et complémentaires.

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  • Parler d'argent, c'est briser un tabou.
    Le secret commence à être levé aujourd'hui, on dévoile les salaires des patrons. Mais que dire du rapport trouble et profond que nous entretenons avec lui ? Symbole de réussite, l'argent garde un pouvoir de fascination inégalé. Il faut parler de son pouvoir, de ses promesses, de ses mécanismes, de son attrait. De quel besoin de sécurité est-il le refuge ? Sait-on que Jésus a tenu, sur l'argent, des propos étonnamment lucides et modernes ? Dans ce livre, issu d'un séminaire dirigé par Daniel Marguerat, psychologue, économiste, éthicien, bibliste et théologiens partagent leurs regards pour que nous en sachions plus.
    Ils nous invitent à une véritable spiritualité de l'argent.

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