La Tete A L'envers

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  • "Un pré, peut-être.
    Un pré sur les ruines, à la lisière du bois.
    La lumière est pâle. Une lumière de lune.
    Et le grondement, sourd, au loin, telle ni grave ni aiguë une voix, immergée en elle-même Une voix pourtant. Sinon quoi ?
    Les vagues ?
    Quelles vagues ?
    L'algue ou le corail ?
    Quelle algue, quel corail ?
    Ô eau immobile de la rivière ou l'étang.
    Quand le vent n'est pas là" Une femme, un homme, dont on ne sait rien, mais dont le dialogue, peu à peu, dévoile l'indicible passé. Une voix tel un psaume. Un poème saisissant hanté par la Shoah.

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  • Il et sa nuit

    Régis Lefort

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  • Louise et Vincent.se rencontrent dans un cimetière. Début d'une relation où la violence de ce qui est perçu mais ne peut être dit les enlise comme dans un sable mouvant, là où tout se confond, entre angoisse et désir de s'y immerger.
    Malgré sa rumeur de berceuse avortée, sa douceur mélancolique, sa plainte et son consentement, il est question dans ce livre implacable, retenu comme une tragédie classique, d'une perte irréparable, des ravages causés par la disparition du «cygne»qui ne reviendra que pour accompagner l'ultime envol. Tableau de l'incommunicabilité entre les êtres et des passions que cela déchaîne.
    Pour Louise, effrayante solitude de l'enfance privée d'une tendresse essentielle. Vincent - lui-même abandonné -, ses débordements, ses appels, son impuissance... pour découvrir à la fin cette tendresse maternelle, insoupçonnée, qui jaillit de lui et rend à celle qui s'en va la douceur perdue. Retour du cygne aux portes de la nuit.
    L'auteur décrit la traversée de la plus terrible solitude, cette étrangeté d'être au monde quand toutes les fontaines se sont taries.
    « Elle entend la douceur du chant. C'était il y a si longtemps ! Elle l'avait oubliée, la douce voix de sa mère, comme elle avait oublié les gestes tendres de celle qui la langeait, lui donnait son bain, l'entourait de bonté et de tendresse. Et tandis qu'elle glissait vers la ligne d'horizon, là où la terre rejoint le ciel, elle se souvenait de ces temps anciens où elle avait été aimée, si lointains qu'elle ne pouvait les retrouver que par bribes.
    Si lointains. Et pourtant, ils avaient existé, elle le savait maintenant. »

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  • Livre né de la rencontre du poète Michel Bourçon avec la peinture de Jean Rustin.
    Deux voix d'une authenticité rare, deux expressions artistiques qui se répondent. Le poète est en adéquation avec l'art de J. Rustin : il dit ce qu'il voit. Sans provocation, mais avec une véracité qu'il pose là, devant nous, tranquillement et sans détours. C'est.
    « Je peins ce que tout le monde refuse de voir », disait Rustin de son univers dont Michel Bourçon précise qu'« à bien les regarder, chacune de ces toiles contient un monde, toujours le même, où ce qui se joue dans le cadre se joue en nous, au même moment, une lente dérive vers la nuit, vers ce qui aura lieu, au terme de notre condition. »

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  • Au carrefour de plusieurs pays, cultures, langues, Cécile Oumhani n'a cessé d'interroger ces autres lieux, villes et pays où elle a vécu, mais aussi lieux de l'imaginaire, du souvenir - de la vie intérieure.
    « Passeurs de rives », nous dit-elle de ses parents, mais ne peut-on le dire aussi des mots qui font lien avec ceux qui nous ont précédés et dont nous portons, souvent sans le savoir, les joies comme les douleurs ?
    Et ainsi, « passeuse de rives », la poète nous amène à rêver à notre tour à ces lieux qui survivent en nous et qui nous constituent. Lieux de la mémoire, pour nous mais aussi pour ceux qui viennent après nous.
    Cécile Oumhani est poète et romancière.
    Poète, elle a publié notamment Temps solaire, (accompagnement plastique : Myoung-Nam Kim), Voix d'Encre 2009, La nudité des pierres chez Alain Gorius / Al Manar 2013, Tunisie, carnets d'incertitude chez Elyzad 2013. Elle a reçu le Prix européen francophone Virgile 2014 pour l'ensemble de son oeuvre.

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  • L'écriture de Simone Molina est née de l'exil et de l'hospitalité à la figure de l'étranger, et, avant l'exil, d'une guerre sans nom, aux multiples visages d'effroi.
    Le poème fait bord à l'indicible. Il témoigne du côtoiement de la folie et de sa puissance créative, de ses belles évidences jetées au vent, pour que surgisse une parole qui rende vivante la relation.
    Et plus précisément, Voile Blanche sur fond d'écran reprend les thèmes de la guerre, du trauma, de la perte, mais aussi de la force vitale de l'amour et du rêve, que l'auteur développe ailleurs, autrement.

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  • Rever reel

    Claudine Bohi

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  • Bernard Sesé poursuit son dialogue avec la peinture ; les oeuvres peintes qui l'inspirent souvent sont mises en correspondance avec des textes de poètes qui leur font écho dans l'envol d'un pur surgissement de sonorités et de rythmes.

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  • Septième rive

    Dominique Maurizi

    Ah j'ai aimé ! - superbes nos collines, le chêne, les bois où mon frère la nuit sortait comme loup affamé, et toi, mon coeur, avec la voix, avec les bras pour élancer encore un jour, un autre encore sur nos collines !
    Ah j'ai aimé !, l'orée, la braise, l'aiguille.
    Et tout ça je te le dois, avec ma langue libre, là - au-dessus de nous.
    Ah j'ai aimé ! Et toi, mon coeur, avec les bras, avec la voix -.
    J'honorerai le cri, la main, le souffle.

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  • C'est le récit d'une errance. D'exil en exil, la narratrice que la dictature militaire avait forcée à quitter l'Argentine, son pays d'origine, se retrouve en Europe d'où ses parents avaient dû fuir à cause de la persécution nazie. Errance entre des lieux, entre des langues, entre le passé et ce qu'il fallait oublier. (Mais "l'oubli a sa propre mémoire" dit l'auteur)

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  • Quel dégoût ou quelles peurs devant ces photos d'insectes dont les parties sont démesurément agrandies !
    C'est en poète que Jean-Claude Guillaume nous entraîne dans cet univers où l'infiniment petit nous trouble autant que l'infiniment grand. En psychanalyste, il s'interroge sur l'angoisse qui nous envahit devant l'étrangeté de ce qui ne nous ressemble pas, et sur quoi se focalisent nos fantasmes infantiles les plus archaïques.

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  • Tel un opéra, le climat de ces nouvelles est traversé par des sentiments violents, enracinés dans les échos d'un passé dont le lecteur ne connaît pas toujours les motifs. Monte alors une inquiétude sourde, l'intuition d'un malheur imminent.
    Et ce qui dormait s'éveille...
    Merveilleuse douleur, oui. . .
    Secrète et sonore, âpre et tendre, la langue est ici traitée comme un chant lyrique.

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  • Payne

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    Le gris de Payne est un mélange de couleurs froides et minérales. Les gravures de Renaud Allirand nous proposent un monde de rigueur architecturale d'où s'échappe parfois une clarté qui tranche. De même, dans le poème de Florent Papin, à la minéralité souvent évoquée, succède la forêt d'une grande densité : ici et là des trouées s'offrent où cheminer en respirant. Image de ce qui se découvre de notre mémoire « puisque à tout chemin nous nous étions tus ».
    Dans ce long voyage dont nous pressentons qu'il fut tragique pour ceux qui le subirent, des réminiscences se font jour comme celles qui s'imposent à la conscience à peine éveillée de celui qui sommeille. Et l'on quitte le livre en se disant qu'il nous raconte un cheminement dans la mémoire, cette mémoire si intermittente et sinueuse.

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