L'echoppe

  • Dans le ciel

    Octave Mirbeau

  • « Une chronique, par un témoin de premier plan, allant de 2018 à 2020, relatant l'installation de David Hockney en Normandie pour y peindre « L'Arrivée du Printemps ». La sortie de cet ouvrage coïncidera avec une importante exposition d'oeuvres de l'artiste à la Galerie Lelong & Co. à Paris le 15 octobre ».

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  • Hans Purrmann, peintre allemand (1880-1962), a été à la fois élève et ami de Matisse. Il écrit en 1922 un témoignage très intéressant, ici traduit pour le première fois en totalité à partir de l'original allemand, sur l'atelier que Matisse a tenu de 1908 à 1912 à Paris, accueillant de nombreux jeunes peintres, notamment étrangers. "Matisse avait une manière bien à lui de se pencher sur chaque cas ; il préconisait de partir de la tradition, il disait qu'essayer d'être intéressant à tout prix n'avait aucun sens, que l'originalité ne pouvait apparaître que sur fond de convention.
    "Ce n'est pas un crime que de s'en tenir à la nature, de vouloir en donner une image fidèle ; il faut s'y soumettre avant de prendre du recul pour mieux s'identifier à elle, voire pour la rendre plus belle ! Pour le dire autrement, il faut d'abord apprendre à marcher avant de se hisser sur la corde raide. Bien sûr, je crois être en mesure de vous dire si vous êtes sur la corde raide ou si vous êtes encore à terre ; mais en quoi cela vous avancerait-il ? c'est à vous de trouver votre propre équilibre".
    H. Purrmann

  • Cet entretien avec Henri Matisse a paru dans la revue "L'Art vivant" le 15 septembre 1925. L'entretien a eu lieu dans la maison d'Issy-les-Moulineaux, route de Clamart, où Matisse réside et travaille depuis 1909 et où il a fait construire un atelier. On ignore à quel moment précis s'est déroulé cet entretien. Matisse (1869-1954) a alors 56 ans, et son interlocuteur, lui, n'en a que 29. Le peintre est au mitan précis de ses années de création.
    Sa première oeuvre date de 1890 et il expose depuis 1896 (dans deux salons) ; il a encore devant lui, mais il l'ignore bien sûr, presque 30 années de travail. Il est désormais un artiste largement reconnu, qui n'est plus considéré comme un "fauve" , ce qui n'était pas le cas lorsque Guillaume Apollinaire s'entretenait avec lui pour "La Phalange" en 1907. Ses nouvelles oeuvres, réalisées pour la plupart à Nice où il fait de longs séjours, sont alors généralement considérées comme plus "sages" .
    Il vient de recevoir la Légion d'honneur. Dans le "Bulletin de la vie artistique" (que dirige Félix Fénéon), du 1er octobre 1925, on peut lire : "Interviewer Henri Matisse n'est point tâche facile. Ne pas trahir sa nette pensée est plus difficile encore. Il faut rendre à M. Jacques Guenne cette justice : où tant d'autres auraient échoué, il a pleinement réussi" .

  • Loin d'avoir une origine purement littéraire, comme on l'a trop souvent prétendu, le mannequin "métaphysique" est issu d'une recherche autonome et purement formelle du peintre Giorgio De Chirico (1888-1978). Né en opposition au "mannequin réaliste" des vitrines parisiennes et à l'homme-machine théorisé par l'avant-garde futuriste, le mannequin métaphysique résulte également d'une approche répétée des simulacres de la figure humaine, à savoir la statue, l'ombre, le double et la marionnette, qui incarnent les différentes possibilités de représenter l'être humain en le saisissant dans sa forme matérielle, entre le vivant et l'inanimé.
    Une étude minutieuse et très argumentée de la question du mannequin dans l'oeuvre de De Chirico, à l'occasion de l'exposition consacrée à l'artiste par l'Orangerie des Tuileries à Paris du 1er avril au 13 juillet 2020.

  • Picasso, avec sa mèche de cheveux grisonnants lui barrant le front, et ce regard aigu que Maurice Raynal a si exactement de´fini "des yeux de raisin noir" . Quand on est en présence de cette force qui s'exprime très simplement, avec un léger accent, il est bien difficile de diriger la conversa- tion sur le sujet qu'on voudrait. On se contenterait très volontiers d'écouter et il faut faire un effort sur soi-me^me pour revenir a` la question qu'on veut poser.
    Parler de danseurs ou de poètes, soit ; de peinture, prudemment, mais de lui ou de son oeuvre, impossible. Picasso n'a jamais fait de théorie. Il peint, il parle ; il s'amuse et passionne ; il vit !

  • Parmi les traits partagés par Bacon et Giacometti, il faut noter le très caractéristique isolement dans l'espace, quasi anxiogène, des figures qu'ils créaient - notamment au moyen du système de « cages » déjà évoqué.
    Les deux artistes tendaient à confiner leurs sujets entre les murs d'une pièce. Et si Giacometti en sortait parfois pour installer un paysage étrange et désolé, Bacon, lui, ne s'aventurait que très rarement hors de ses intérieurs claustrophobiques, étroitement verrouillés, où l'air semble manquer. Beaucoup de paysages européens ayant été dévastés par la guerre, la vie se réfugiait dans des lieux clos, avec un être humain encore plus isolé dans la vacante banalité d'un intérieur moderne.

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  • En 1995, Dora Vallier, dont L'Echoppe avait déjà publié plusieurs titres, avait préparé un nouvel ouvrage sur Mark Rothko, s'appuyant sur deux textes qu'elle avait écrits à l'occasion des deux expositions de l'artiste à Paris, en 1962 et 1972. Ce dossier était presque achevé mais l'auteur espérait trouver encore quelques informations qui lui faisaient défaut, surtout sur l'exposition très méconnue de décembre 1962.
    A l'époque, les archives du Musée d'art moderne de la Ville de Paris semblaient inexistantes ou inaccessibles. Puis Dora Vallier fut malade et disparut en 1997. Nous avons récemment retrouvé ce dossier dans nos cartons et avons pu fort heureusement, grâce à diverses nouvelles sources, le compléter. Les notes que nous avons ajoutées sont signalées comme "note de l'éditeur" .

  • "Je pense que pour moi, l'art que je préfère, c'est vraiment l'art égyptien. Je ne sais pas pourquoi. Je n'arrive tout simplement pas à croire à la mort telle qu'on la percevait en Egypte. Je crois qu'on naît et qu'on meurt, et c'est tout. Mais néanmoins, à partir de leur obsession de la mort, les Egyptiens ont créé les images les plus extraordinaires. " F. B.

  • La première chose qu'il a faite à son retour a été de dire qu'il voulait aller passer le mois en Cornouailles. Nous y sommes allés tout le mois de septembre et c'est pendant ce séjour qu'il a dit à notre mère qu'il n'allait pas retourner en Birmanie ; qu'il avait démissionné. Bien sûr elle a été assez consternée, mais il était plutôt déterminé quant au fait que ce qu'il voulait faire c'était écrire et qu'il n'allait pas être à la charge de la famille. Il était résolu à prendre son propre chemin et à faire comme il l'entendait.

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  • On peut préférer Duchamp à Picasso, ou l'inverse, pencher pour l'économie précise et faussement désinvolte du premier, ou pour la boulimie créatrice du second, mais vouloir donner à l'un ou à l'autre artiste le dernier mot, c'est éviter à bon compte un débat sur le statut de l'art aujourd'hui, qui est loin de se résumer au constat du décès de la peinture et de la sculpture, ou au miracle de leur résurrection d'entre les ruines.

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  • La peinture à Dora

    François Le Lionnais

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  • André Masson m'expliqua que ce n'avait été qu'après la première exposition de son oeuvre chez Ambroise Vollard que Cézanne avait enfin tenu des propos sur la peinture, sur l'art.
    C'était, dans les premières années du XXème siècle, que des Émile Bernard, Joachim Gasquet, Maurice Denis, son marchand luimême, d'autres encore, lui avaient tiré les vers du nez, les avaient rapportés.
    Jusqu'alors, Masson insistait, c'était avec son pinceau que Cézanne avait pensé. Et c'était bien en raison de cette longue ascèse, grâce à elle, que sa pensée etait si décisive et nécessaire.

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  • Ce « dialogue » entre Francis Bacon et Alberto Giacometti a mûri tout doucement dans mon esprit depuis le jour où Bacon m'a parlé en détail de ses rencontres avec Giacometti dont la dernière eut lieu en 1965 à Londres quand il vint superviser l'installation de sa grande exposition à la Tate Gallery. Je n'ai pas entendu la version de Giacometti de leurs longues discussions animées (l'une d'elles se déroulant toute une nuit), mais ayant lu tous les entretiens qu'il a pu accorder, j'ai eu le sentiment que je pouvais saisir et restituer la voix de Giacometti presque aussi nettement que celle de Bacon. Ce dialogue, qui reste une fiction, est néanmoins une fiction profondément ancrée dans le réel.

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  • Ces notes de Degas proviennent toutes des 38 carnets de l'artiste aujourd'hui connus. Elles n'ont jamais été écrites en vue d'une publication. Theodore Reff a effectué un remarquable travail de lecture, déchiffrement, élucidation, datation de ces carnets (The Notebooks of Edgar Degas, 1976). P. -A. Lemoisne avait été le premier à signaler l'importance de ces carnets, dès janvier 1921, dans la Gazette des Beaux-Arts.
    La Bibliothèque Nationale de France a numérisé et mis en ligne sur Gallica les 29 carnets en sa possession. Nous avons relevé presque toutes les notes ayant trait à des idées de travail, de tableaux, à des observations de lieux, de paysages, de spectacles, de personnes ; s'y ajoutent quelques rares confidences intimes, quelques citations d'écrivains. Ce groupe de notes n'a jamais été donné à lire de façon aussi accessible.
    Espérons qu'il contribuera à mettre en évidence l'acuité de l'oeil et de l'esprit de Degas, grand artiste secret.

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  • «Il est temps de constater que cette peinture, si unique en ce siècle, qui s'inscrit dans la descendance de David et de Courbet, n'aura été si singulière qu'à croître à la lumière de deux des plus grands poètes de ce temps.
    Rilke avait donc été, entre 1920 et 1927, son père spirituel. Mais, tout aussitôt après sa mort, et sans discontinuité, Pierre Jean Jouve lui succède dans cette sacra conversazione. Entre ces trois êtres, le peintre et les deux écrivains, rencontres, coïncidences, correspondances se multiplièrent ...»

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  • Les années qui sont les plus formatrices pour un poète ou un écrivain sont celles de l'adolescence. Ce sont des années où votre raison et vos sens croissent visiblement mais dans des directions distinctes et se développent comme indépendamment l'une des autres. C'est pourquoi ce sont des années d'émotions violentes et de confusion mentale. Nous sommes alors comme de jeunes arbres dont les branches partent dans diverses directions donnant l'impression que le tronc va se briser, tiraillé qu'il est entre des tensions opposées.

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  • Qu'est-ce que l'art contemporain, qu'est-ce qui motive les polémiques qui l'entourent ? L'auteur propose de le considérer non comme un moment de l'histoire de l'art, de l'évolution artistique, mais comme un "genre" à proprement parler, comme la peinture d'histoire de l'âge classique, ou la musique contemporaine.

  • Hockney vivait et travaillait alors dans un appartement de Powis Terrace, à Notting Hill, quartier qui ne ressemblait en rien à ce qu'il est devenu aujourd'hui, chic, attirant touristes et clients d'antiquaires. Au contraire, c'était alors un quartier difficile et même dangereux, un des pires de Londres, plein de taudis, avec beaucoup de familles antillaises immigrées. Il venait d'être, récemment, le théâtre des fameuses émeutes raciales de Notting Hill. Je me souviens être allé là dans un mélange d'excitation et d'inquiétude, et je fus frappé par la façon dont Hockney avait réussi à transformer son atelier dans cette zone sinistre en un brillant lieu de rencontre accueillant toutes sortes de gens vifs et surprenants.

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