Arts et spectacles

  • Posada

    Laetitia Bianchi

    En 1913, José Guadalupe Posada, dessinateur et graveur lithographe mexicain de génie, mourrait dans l'oubli. Un siècle plus tard, il est reconnu comme un artiste d'envergure internationale. Ses squelettes animés sont maintenant ancrés dans l'imaginaire collectif; on reconnaît ainsi au premier regard la Catrina, squelette féminin coiffée d'un luxueux chapeau, devenue une figure emblématique du Mexique. Ils ne représentent pourtant qu'une part infime de sa production. Cette monographie regroupe de nombreuses reproductions d'images, pour la plupart inédites en France. Elles sont complétées de traductions et de notices. L'oeuvre de Posada est ainsi replacée dans le contexte politique et social du Mexique du tournant du XX siècle, mais aussi son parcours artistique et personnel. Simple curieux ou amateur averti trouveront dans cet ouvrage de quoi en savoir plus sur cet artiste méconnu dont l'oeuvre influence aujourd'hui la création dans de multiples domaines. Lætitia Bianchi est franco-mexicaine. Ancienne rédactrice en chef du magazine indépendant Le Tigre (2006-2015), elle est autrice, dessinatrice et éditrice. Elle a obtenu en 2013 une Mission Stendhal de l'Institut de France pour une étude sur Posada et l'iconographie de la danse macabre en Europe. Mercurio López Casillas détient actuellement la plus grande collection de dessins et gravures de Posada. Il a été le commissaire de plusieurs expositions sur Posada et a publié de nombreux ouvrages de référence sur la gravure de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

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  • Encore un singulier événement à L'Association, qui publie en hors-collection le livre des images que Kiki et Loulou Picasso, les deux figures de proue du groupe Bazooka, ont recommencé à faire ensemble en 2008. Non seulement ils n'avaient pas dessiné ensemble depuis près de trente ans, mais c'est aussi pour eux les retrouvailles avec le papier et les techniques manuelles, après des années de travaux à la tablette graphique. Renouant avec la démarche et l'esthétique de Bazooka, Kiki et Loulou Picasso ont décidé de donner suite à leur série d'images intitulée Les Animaux malades parue dans l'hebdomadaire BD des Editions du Square en 1978. Une quarantaine de nouveaux diptyques agrémentés de textes et slogans composeront ce livre, qui comportera en annexe l'intégralité de Les Animaux malades. Le livre accompagnera une exposition montée par Arts Factory en juin 2009. Et pour parfaire l'événement, la maquette du livre sera créée par Etienne Robial, comme à la grande époque du Bazooka 30 x 40 de Futuropolis (le seul, le vrai).

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  • les deux textes de boleslas matuszewski, une nouvelle source de l'histoire et la photographie animée, publiés en français à paris en 1898, sont des ouvrages fondamentaux de l'histoire du cinéma.
    etonnamment peu connu, l'ensemble constitue un document exceptionnel sur la réception des " images animées " au cours des toutes premières années de leur diffusion. dans une nouvelle source de l'histoire, l'auteur propose de créer des archives de cinématographie documentaire, alors que la photographie animée, à la même époque, ne connaît qu'une fortune commerciale et distractive. le programme de matuszewski est novateur : il envisage non seulement la collecte, mais aussi la production systématique de documents cinématographiques pour l'enrichissement permanent des fonds d'archives.
    la photographie animée, ouvrage inédit, expose en détail le mode de fonctionnement d'un dépôt cinématographique relevant du domaine public, chargé de produire, de conserver et de donner accès à des " épreuves " cinématographiques qui documentent tous les domaines de la vie : la médecine, l'industrie, l'armée, les arts. le texte dévoile ainsi une approche originale du cinématographe, mue par la volonté de faire de cet appareil le plus efficace et le plus démocratique des moyens de transmission du savoir, afin de contribuer au " progrès " de l'humanité et à la solidarité entre les peuples.
    les études critiques qui accompagnent cette réédition retracent la généalogie des archives photographiques et cinématographiques considérées alors comme sources visuelles irréfutables pour l'historien. elles permettent d'éclairer certains points d'ombres de la vie de matuszewski, de mieux cerner ses origines et ses différents champs d'activité, d'accorder enfin une historicité concrète à une figure encore inscrite dans la légende des " premiers temps ".
    la présente réédition des deux textes de matuszewski permet enfin de généraliser l'accès à sa pensée et de mettre en lumière un auteur qui s'inscrit dans l'histoire du cinéma comme premier théoricien du médium cinématographique.

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  • En 1961, la Cinémathèque française acquérait 380 lettres d'Etienne-Jules Marey adressées - entre 1881 et 1894 - à son préparateur, Georges Demenÿ.
    C'est cette précieuse correspondance, actuellement conservée à la Bibliothèque du Film, qui est éditée ici, avec un certain nombre de lettres trouvées dans d'autres archives. En outre, une soixantaine de lettres inédites de la période 1877-1904, dont la plupart sont adressées à Marey, figurent en annexe. Pleines de vie et très largement inédites, les 502 lettres ainsi rassemblées permettent de suivre avec précision le programme scientifique développé par Marey et Demenÿ à la Station physiologique du Parc des Princes ; elles nous éclairent sur la genèse des différents appareils chronophotographiques mis au point par les deux chercheurs ; elles nous renseignent sur la science de l'époque, sur la vie de Marey, sur ses voyages et son travail à Naples.
    Une source inestimable pour comprendre l'immense apport de Marey à l'analyse et à la synthèse du mouvement.

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  • Pourquoi un thème aussi (apparemment) rébarbatif pour ce livre de dessins ? Inconscience ou provocation ? Tout d'abord, il s'agit ici du « Modèle Standard », avec des majuscules, tel que l'entend la physique théorique, superposé au « modèle standard », avec des minuscules, de la cosmologie.
    Ces modèles standards ont la propriété de se contenir et de se nourrir intimement l'un l'autre, sans que ça pose de problème notoire. Alors, pourquoi ne pas les emboîter à leur tour dans le « modèle standard » du dessin d'humour ? Celui-là, son cadre de grandeur s'étend de l'échelle de l'individu à celle de l'horizon de sa planète. Segment qui paraît immense à l'échelle humaine, mais des plus ramassé, ramené au cadre cosmique ! Voyons donc ce que ça donne en lui injectant toutes les dimensions du dessous, décrites par la physique quantique, et toutes celles du dessus, racontées par la relativité et la cosmologie.
    Voilà, ça donne ces espaces à deux dimensions, où toutes les grandeurs, de l'infinitésimal à l'infini, se superposent, s'emboîtent, se rejettent, s'anti-matérialisent, etc. Tout comme dans le vrai monde de la physique. La béance du vertige cosmique est bien là, tapie. Elle nous étire déjà la paupière. Maintenant, il est trop tard, le trou noir (de chine) nous absorbe. Accrochez-vous au pinceau, dans ces pages, les échelles se dérobent.

  • Le dernier numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma s'intéresse aux questions liées au patrimoine, aux reconstructions et restaurations de films. Dans le « Point de vue », Natacha Laurent interroge « l'ivresse patrimoniale » qu'a suscitée l'entrée en scène du marché dans un secteur jusqu'ici réservé aux archives. Qu'en résulte-t-il? Les « Études » se penchent sur: un film mythique, Intolérance de Griffith, sur le plan de ses décors (Jean-Pierre Berthomé); un film perdu de Germaine Dulac, Âmes de fous qui a fait l'objet d'une « reconstruction » (Clément Lafite); un film oublié, l'Alice au pays des merveilles de Lou Bunin, film d'animation original que les efforts conjugués de Walt Disney et de la Guerre froide ont condamné (Sébastien Roffat). Dans la partie « Archives », Germaine Dulac est à nouveau à l'honneur avec une mise au point sur le scénario de la Coquille et le clergyman (Jean-Paul Morel) et l'examen d'un projet inachevé, Colomba (Valécien Bonnot-Galucci). Les « Chroniques » proposent comptes rendus de colloques, expositions et publications.

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  • Le dernier numéro de 1895 revue d'histoire du cinéma s'ouvre sur une synthèse de Jean-Jacques Meusy consacré à la question des sources orales en histoire du cinéma. À cet article font écho un premier entretien d'une série qu'a menée J-J. Meusy avec des directeurs de salles de cinéma liés à « l'art et essai », ainsi qu'un entretien de Dimitri Astachkine et Valérie Pozner avec une projectionniste ambulante soviétique des années 1940-1950. L'autre pôle de ce numéro est représenté par une étude d'Andrés Avila Gomez sur un architecte de cinéma des années 1960, Bernard Ceyssac, et une autre sur la place de la destruction des Halles de Baltard dans quelques films par Vincent Baudart. Le Cahier photo, dû Marc Petitjean, revient sur la destruction du quartier des Halles et de Beaubourg. Une étude de Christian Janssens s'intéresse aux adaptations du romancier belge Stanislas-André Steeman par Henri Storck et, en Archives, un texte d'André Bazin de 1954 sur René Clément et Robert Bresson est réédité et commenté. Ls Chroniques publient comptes rendus de manifestations, livres et revues.

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  • L'oeuvre de Marcel L'Herbier est à bien des égards assez mal connue. Le plus souvent, on le présente uniquement comme un des pionniers de l'avant-garde française des années 1920, aux côtés de Gance, Delluc, Dulac et Epstein, en ignorant ou négligeant ce qu'il fit ensuite. Or, si la place que L'Herbier occupe dans la « Première Vague » du cinéma français (1918-1929) est en effet considérable, aussi bien aux plans de la théorie esthétique, des réalisations expérimentales, que des innovations dans les collaborations avec les autres arts (littérature, peinture, musique, architecture.), son abondante production ultérieure est également intéressante. Elle témoigne à divers titres des courants dominants en matière de genres, de thèmes et de partis pris esthétiques dans les années 1930-1940. De plus, le rôle de Marcel L'Herbier comme producteur, défenseur de la profession cinématographique, son action au sein de la Société des auteurs de films, de la Cinémathèque française, de l'Idhec qu'il fonda, ainsi que son engagement dans l'émergence de la télévision après la Deuxième Guerre mondiale, en font incontestablement un personnage central de la cinématographie en France.

    Il était donc nécessaire de revenir aujourd'hui sur la longue et exceptionnelle carrière de Marcel L'Herbier. D'autant plus que la plupart de ses films sont désormais restaurés et visibles, et que subsiste une quantité très importante d'archives publiques et privées le concernant. Un tel réexamen suppose bien entendu d'éviter les défauts d'une étude purement biographique au profit d'analyses problématisées des différents aspects de son oeuvre. C'est ce à quoi se sont attachés les contributeurs de ce livre. Dans la plupart des textes ici rassemblés, une perspective historique a été privilégiée, mais d'autres approches ont été également retenues pour permettre d'aborder une réflexion plus large.

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  • Lieu de toutes les phases de création du film, de la pré-production à la post-production, le scénario en porte les marques, tel un palimpseste à déchiffrer pour retrouver la genèse d'un film. Parfois fruit de la collaboration de plusieurs auteurs, il s'adresse aussi à différents destinataires tels que le producteur, le réalisateur ou encore les techniciens.Les contextes de production (historique, économique, esthétique ou encore juridique) justifient les perpétuelles métamorphoses de ce document, dans sa forme et ses fonctions. Le scénario consiste ainsi à la fois à convaincre de l'intérêt du film, mais aussi à préparer le tournage, le montage, voire la promotion de l'oeuvre. Il est aussi un moyen pour les maisons d'édition et les auteurs de se protéger contre le plagiat.Le scénario peut enfin être lu, et parfois même écrit uniquement dans ce but, constituant un genre autonome en littérature. Des plans, schémas, dessins d'une mise en scène peuvent encore conférer une dimension plastique à l'objet. L'ouvrage aborde ainsi la multiplicité de cette archive, à la croisée d'une histoire culturelle, industrielle, technique ou encore esthétique du cinéma, grâce à la contribution de chercheurs tissant des pistes de réflexion en lien avec sa conservation, ses usages et sa nature plurielle.

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  • Trois quarts de siècle après l'invention par l'astronome Henri Chrétien de l'Hypergonar, pièce maîtresse du CinémaScope, et un demi-siècle après le lancement du procédé par la Twentieth Century Fox, il est intéressant de se pencher sur l'étonnante aventure de cette innovation et sur l'influence qu'elle a eue sur l'évolution du cinéma.
    Éric Rohmer, revenant en 2000 sur l'enthousiasme qui fut le sien lorsqu'il s'appelait encore Maurice Schérer, nous incite à revisiter cette page de l'histoire du cinéma qui n'est pas encore tournée. On constate en effet, depuis quelques années, un regain d'intérêt des producteurs et des réalisateurs pour les tournages avec des optiques anamorphiques, peut-être sous l'influence du 16/9 télévisuel. Il n'est pas jusqu'à certains tournages en technologie numérique qui n'aient recours à l'anamorphose.
    Cette réflexion sur le CinémaScope, engagée ici par une pléiade d'auteurs français et étrangers, permet aussi d'éclairer les interrogations fondamentales soulevées par le cinéma en général, notamment concernant les rapports du spectateur à l'image.

  • Au sommaire : F. Albera, «Le détour par Caravage» ; L. Le Forestier, «Comment peut-on encore être "cinémato-barthésien" ? Quelques réflexions sur Barthes, l'Histoire, le cinéma» ; M. Aubert, «Les nouvelles perspectives d'accès aux collections des Archives françaises du film du Centre national de la cinématographie». Suivent les rubriques comptes rendus de livres, notes de lecture et nouvelles sur l'actualité.

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  • Charbons

    Patrice Killoffer

    Deuxième livre "d'images" de Killoffer à l'Association.
    À la différence du premier, qui proposait en couverture un titre énigmatique sans autres références, celui-ci se présente sous les auspices d'une composition abstraite et muette, bien en accord avec cet artiste qui refuse opiniâtrement de reproduire...
    Compilation de deux expositions : Mauvais plis à la galerie Anne Barrault et Charbons au musée de l'abbaye Sainte-Croix aux Sables d'Olonne, Charbons propose une plongée dans l'univers à la fois sombre et scintillant, céleste et souterrain de cet artiste qui cherche le ciel en creusant. Chaque chose se retournant et chaque page se tournant indéfiniment. À la mine de plomb ou au crayon, chaque dessin est comme un joyau tombé au fond d'un trou.
    À charge pour le spectateur "d'inventer" un trésor...

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