Honore Champion

  • Édition, avec un important appareil critique, des grands textes de la Renaissance européenne, en littérature, philosophie, sciences et arts, publiés sous la direction de Claude Blum.

  • Témoignage exceptionnel d'un franc-tireur sur la Guerre de Provence de 1536, la Meygra Entrepriza est écrite en macaronique, savant mélange d'occitan, de français et d'italien latinisés. Avec la verve d'un méridional et la truculence d'un poète goliard, Antonius Arena y raconte l'entrée des Impériaux en Provence, leurs déboires devant la résistance que leur oppose le petit peuple, la détresse des lansquenets réduits à chercher leur nourriture, la frustration de Charles Quint face à un ennemi qui se dérobe sans cesse et le prive de la bataille dont il aurait pu tirer gloire et profit. Dans un registre tantôt épique, tantôt ironique, l'auteur poursuit avec la plume ce qu'il n'a pu achever avec le glaive : entre conte et règlement de comptes, cette oeuvre en distiques élégiaques est aussi bien une revanche sur l'arrogance des puissants qu'un acte d'allégeance à François 1er.

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  • Cette édition de l'Heptaméron prend pour texte de base celui imprimé par Claude Gruget en 1559 : la préface justifie ce choix. Un apparat critique original, en bas de page, fait percevoir, par le classement méthodique des variantes, le lien et les écarts entre l'édition de 1559 et les copies manuscrites. L'annotation, sans ignorer les travaux récents, s'applique surtout à situer les récits historiquement et sociologiquement et à relier les débats à l'oeuvre de Marguerite de Navarre.
    Enfin, l'appendice propose de multiples index (thèmes reparaissant, références bibliques, proverbes.) et le texte encore inédit du court manuscrit (présentant 28 récits sans débats) qui fut sans doute la première collection des nouvelles de la reine.
    Entre tradition et nouveauté, on a voulu donner à lire sous ses multiples aspects un recueil essentiel dans l'histoire de la narration brève en France.

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  • Les Mémoires de Charlotte Duplessis-Mornay retracent l'histoire des guerres de religion et l'adoption par la France de l'édit de Nantes, dit Traité de tolérance (1598). Épouse de Philippe Duplessis-Mornay, bras droit du futur Henri IV, Charlotte Duplessis-Mornay recueille des informations de première main qu'elle présente et analyse dans un style clair et élégant avec un souci d'exactitude et d'objectivité qui font de ce texte une source historique cruciale. Son point de vue de femme, d'épouse et de mère fait de son témoignage un document rare et poignant d'écriture historienne et féminine sur les guerres de religion. On y trouve des récits d'enfance et de voyages, l'histoire du ralliement à la cause protestante, le témoignage de la saint Barthélemy mais aussi la mise en place des réseaux internationaux de soutien au protestantisme. Entre les lignes de l'histoire, s'inscrit la chronique d'une famille noble entièrement dévouée à la cause protestante.

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  • Ami de la Pléiade, élève de l'illustre Jean Daurat, protégé de la fille de François Ier, Marguerite de France, de son vivant MarcoeClaude de Buttet (1529/31-1586) était reconnu comme le premier poète de son pays, "l'honneur de la Savoye". Panégyriste d'abord à la cour française, ensuite à la cour savoyarde, il fut connu surtout pour ses deux recueils de poésies, Le Premier Livre des odes... (1560) et L'Amalthée (1575). Ses vers mesurés lui procurèrent la réputation d'être un des poètes les plus innovateurs de son époque. Et pourtant, comme bien de ses contemporains, après sa mort il est vite tombé dans l'oubli. Le présent ouvrage propose une étude historique qui nous permettra non seulement de mieux connaître la vie de Buttet mais de mieux comprendre le contexte culturel dans lequel il composait ses vers et les influences sur sa poésie. Nous espérons surtout donner un aperçu de l'importance de l'activité littéraire en Savoie au XVIe siècle, une activité longtemps ignorée et toujours négligée.

  • Édition, avec un important appareil critique, des grands textes de la Renaissance européenne, en littérature, philosophie, sciences et arts, publiés sous la direction de Claude Blum.

  • Oeuvres de jeunesse de Marguerite de Navarre, le Pater Noster et le Petit OEuvre dévot sont fortement marqués par l'évangélisme paulinien de l'auteur. Elles révèlent en outre l'influence de Luther, qui a donné un modèle à la paraphrase du Pater Noster, et celle de Briçonnet, qui semble avoir inspiré le style allégorique du Petit OEuvre dévot. Mais par-delà leur intérêt théologique, les deux textes ont une spécificité formelle qui fait du premier une méditation dialoguée et du second un parcours allégorique.

    Établis à partir du manuscrit Ms. 5109 de la Bibliothèque de l'Arsenal, ces deux textes sont accompagnés de notes, d'un glossaire et de plusieurs index.

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  • Fils du grand humaniste Adrien de Turnèbe, et élevé selon ses voeux, le jeune Odet vit sa carrière trop tôt fauchée : il mourut le 20 juillet 1581, à l'âge de 28 ans, ne laissant à la postérité pratiquement que cette comédie.

    En plus d'un sens, Les Contens sont une oeuvre unique, et passent, à très juste titre, pour le chef-d'oeuvre de notre comédie renaissante. Ils représentent l'aboutissement le plus achevé, le fleuron de tout l'effort mené depuis une trentaine d'années pour créer en France le genre de la comédie littéraire moderne. Si Les Contens, composés par Turnèbe en 1580 ou 1581 mais laissés manuscrits à sa mort, restent, par l'art et la pensée du dramaturge, une oeuvre singulière, ils se nourrissent des acquis français, eux-mêmes tributaires des sources italiennes.

    Dans la marche de l'intrigue, dans l'organisation du mouvement scénique des Contens, Turnèbe déploie déjà ses talents. C'est aussi un des attraits des Contens d'avoir su restituer la vie sur la scène - impression qui est due en grande partie à la prose choisie par Turnèbe. Il fait surtout merveille dans l'invention des personnages ; ayant observé la vie, il peut être original, alors même qu'il s'inspire fortement des traditions comiques italiennes et françaises de la Renaissance. Pas plus que le rire n'est éclatant chez Turnèbe, la satire n'est virulente. Pourtant le regard du dramaturge est aigu, acéré sur le monde qu'il met en scène, assez profondément immoral, mais sans cynisme. On voit chez Turnèbe plus d'indulgence que de mépris pour les hommes tels qu'ils sont, plutôt un détachement lucide mais souriant. Plus grinçants, Les Contens n'apporteraient pas ce bonheur au lecteur.

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  • Ces trois textes fort contrastés illustrent le don qu'avait la reine de varier formes et genres et d'entremêler registres profane et religieux. Ici, un conte mythologique situé dans un locus amoenus, vite devenu locus horribilis pour les protagonistes : une " métamorphose " à la manière d'Ovide. Là, un débat, dans une nature aussi agréable sous la forme d'une narration faite à la reine par trois dames tourmentées qui prétendent chacune à la reconnaissance de la plus grande souffrance. Entre les deux, huit épîtres d'amoureuses trahies ou d'amoureux rebutés qui exhalent leur déchirement. La méditation sur ce qu'il faut bien appeler la gravité de l'amour unit ces trois oeuvres.

  • La Fleur des Batailles Doolin de Maience, publiée en 1501 par le célèbre libraire parisien Antoine Vérard, est la première mise en prose qui nous soit parvenue des deux poèmes qui composaient Doon de Maience, chanson de geste bien connue dès le XIIIe siècle. C'est l'histoire touchante du jeune Doolin, qui, spolié de son fief, va vivre une série d'aventures épiques et romanesques avant de reconquérir son héritage. C'est ensuite celle, pleine de bruits et de fureurs, de ce même héros devenu un homme dans la force de l'âge, capable d'obtenir l'aide de Charlemagne et de se tailler un royaume au nom de la foi chrétienne aux dépens des Saxons.
    L'édition d'A. Vérard connut onze réimpressions successives jusqu'au XVIIe siècle. Il semble donc justifié de reprendre cette prose à succès pour permettre aux lecteurs contemporains de l'apprécier.

    Marie-Jane Pinvidic, médiéviste, fait partie du Groupe de Recherches sur l'Épique et du Réseau Euro-Africain de Recherches sur les Épopées, dirigés respectivement par les Professeurs Dominique Boutet et Jean-Pierre Martin.

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  • À la demande de François Ier, pour lequel il avait déjà écrit plusieurs traités, le cordelier Jean Thenaud (c. 1480 1542) lui adresse une sorte de vade-mecum sur la kabbale, que liront bien des contemporains, dont le célèbre Henri Corneille Agrippa. Le roi n'étant pas satisfait du texte en vers, Thenaud lui présente deux ans plus tard (en 1520 1521) un texte en prose que nous conna issons grâce à trois manuscrits. Quelques années auparavant Jean Pic de La Mirandole puis Jean Reuchlin et Paul Rici avaient révélé au monde chrétien la riche et suggestive complexité de ce courant mystique juif, et surtout son importance pour le renforcement de l'apologétique catholique. On sait depuis quelques années que le développement en France de cette pensée ne s'est pas fait de manière marginale, mais que les plus grands érudits ont tenu compte du Zohar et de ses commentaires pour expliquer les Écritures. L'édition dûment annotée de cet ouvrage de Thenaud permet enfin d'évaluer les connaissances qu'avaient sur la kabbale des hommes cultivés mais non spécialistes, et de comprendre comment la christianisation s'est effectuée sur des thèmes aussi import ants que ceux des quatre mondes (et en particulier du monde angélique), de l'immortalité de l'âme ou des différents noms de Dieu.

  • Édition, avec un important appareil critique, des grands textes de la Renaissance européenne, en littérature, philosophie, sciences et arts, publiés sous la direction de Claude Blum.

  • La Restitution du Christianisme est le grand-oeuvre du médecin humaniste Michel Servet (1511-1553), dont l'histoire est liée à celle de Calvin. Éveillé par Érasme à l'antidogmatisme, Servet quitte la suite de Charles-Quint pour rejoindre les réformateurs rhénans, puis s'en sépare après ses deux premiers livres. Mu par " une sorte d'impulsion divine ", il proclame insuffisante la révolution luthérienne. Le christianisme reviendra à ses sources par une lecture renouvelée des textes fondateurs, à la lumière de la philologie et de l'histoire. Parallèlement à sa carrière scientifique, armé des axiomes d'Aristote et de la Bible, il convoque les Pères anténicéens pour construire avec les philosophes présocratiques, hermétiques et platoniciens, une cosmogonie en harmonie avec la révélation messianique. La Restitutio, au discours souvent autobiographique et lyrique, est la plus remarquable manifestation littéraire de la Réforme radicale.

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  • Totalement occulté par les Adages, l'Apophthegmatum opus n'est pas seulement le dernier ouvrage écrit par Érasme, mais aussi le moins connu, voire l'un des plus importants ; en outre, dans les commentaires de ces plus de 3000 dits, l'humaniste s'est dressé un tombeau littéraire d'une rare ampleur. L'oeuvre fut éhontément mise au pillage par Lycosthène pour composer un livre homonyme ; pourtant ç'allait être pour son plus grand bien, puisqu'elle se coula souplement dans la Polyanthée, la fameuse encyclopédie au moule duquel se sont formés tous les intellectuels européens de l'âge classique et dont l'histoire reste encore à écrire.
    Grâce à une numérotation systématique, prolongée notamment dans les Index, la présente édition se veut un instrument de premier ordre pour le chercheur moderne en quête de sources dans la littérature des XVIe-XVIIe siècles.
    Suite à sa thèse sur le théâtre de Pierre Matthieu (1563-1621), L. Lobbes a été intrigué par la présence parfois pléthorique de citations dans ses oeuvres ; il en est venu ainsi à opérer des recherches sur les recueils qui ont pu servir de modèles, avant de s'intéresser plus particulièrement au plus original, qu'est bien l'Apophthegmatum opus.

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  • Première oeuvre publiée par Jacques Peletier du Mans, la traduction de l'Art poétique d'Horace (1541) est aussi la première traduction en France d'un texte dont on sait l'importance pour la réflexion poétique à la Renaissance. Peletier s'emploie à faire parler Horace au présent, accommodant la matière du poète-poéticien latin au contexte contemporain. En publiant son propre Art poétique en 1555, il restera étonnamment fidèle à Horace, puisqu'il s'appuie notamment, pour l'écrire, sur les plus récents commentaires humanistes de l'Ars poetica. En réunissant ces deux ouvrages, conçus à près de quinze ans d'intervalle, les auteurs du volume ont souhaité montrer le développement cohérent de la pensée du Manceau. Ils ont aussi voulu souligner l'importance d'Horace dans la constitution de la poétique du français. Accompagné ici pour la première fois depuis sa parution des poèmes qui le suivent et qui prolongent ou mettent en débat ses conseils, l'Art poétique, particulièrement ambitieux, cherche à combiner la théorie et la pratique, mais aussi l'universel et le particulier, la technique et l'inspiration. En dépit de l'originalité irréductible de son auteur, il peut être considéré comme l'art poétique le plus représentatif de la Pléiade.

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  • Le Livre du chemin de long estude est la dernière oeuvre de Christine de Pizan imprimée en France au XVIe siècle. À la différence du Livre des fais d'armes et de chevalerie, du Livre des trois Vertus, de L'Epistre Othea et de L'Epistre au dieu d'amours, publiés entre 1448 et 1536, le texte qui paraît en 1549, sous le titre Le Chemin de long estude de Dame Cristine de Pise, n'est pas une simple retranscription. L'auteur, Jean Chaperon, qui décrit son travail comme une traduction « de langue Romanne en prose Françoyse », procède à une dérimation tout en rajeunissant la langue. Cette réécriture a joué un rôle important dans la transmission du texte, car des érudits du Siècle des Lumières ont cru y lire la prose de Christine de Pizan, n'hésitant pas à y voir le chef-d'oeuvre de l'écrivaine du xve siècle. Elle présente également un grand intérêt comme témoin de la réception de Christine de Pizan dans la seconde moitié du XVIe siècle, en ce qui a trait, notamment, à l'interprétation de ses idées et à l'appréciation de son style. L'édition critique est précédée d'une mise en contexte du travail de Jean Chaperon et d'une analyse contrastive du modèle et de ladite traduction.

  • Au cours de sa carrière littéraire de presque trente ans, depuis un rondeau envoyé à son frère jusqu'à la dernière épître à sa fille, Marguerite de Navarre composa dans tous les mètres (de six à douze syllabes), dans tous les genres (rondeaux, huitains, neuvains, dizains, onzains, épigrammes, énigmes, épîtres, méditations religieuses, élégies amoureuses), et sur une large gamme de sujets (guerre, politique, famille, religion, amour, badinages de cour). Au travers de ce riche recueil de poèmes épars qui n'avaient jamais fait l'objet d'une édition critique, on suit l'évolution stylistique de Marguerite, depuis ses premiers essais dans le manuscrit de Vienne, en passant par l'étape du portefeuille de François Ier, l'abandon des formes fixes sous la tutelle de Marot, et les expériences dans le domaine du canzionere dialogué, jusqu'aux dernières compositions après la mort du roi.

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  • Publié à Paris chez Mathieu Guillemot en 1599, La Pucelle d'Orleans est le premier roman français entièrement consacré à Jeanne d'Arc. On y trouve les caractéristiques les plus remarquables de la production narrative béroaldienne des années 1592 à 1610 : une préférence marquée pour l'ordo artificialis fait de surprises, d'incertitude, de suspense et pour tout ce qui accentue l'impression de non-linéarité, de décalage, d'illusion, de trompe-l'oeil ; les constructions en symétrie ; le recours aux artifices comme l'anamorphose ou la stéganographie ; l'emploi de noms codés ou anagrammisés et le symbolisme alchimique. Ce roman offre maintes résistances mais il a aussi la capacité de réveiller encore et toujours la curiosité et transmettre au lecteur cette passion pour la recherche de la connaissance qui fut celle de Béroalde.

  • Connu d'abord comme poète pétrarquisant et membre de la Pléiade, Pontus de Tyard continua aussi pendant toute sa vie à intervenir par ses écrits en prose dans les grands débats philosophiques, religieux et politiques de son époque. En tant qu'évêque de Chalon-sur Saône il participa au renouvellement du genre de l'homélie par quatre ensembles de textes d'une riche spiritualité, reproduits pour la première fois depuis le XVIe siècle dans le volume VI des oeuvres complètes de Tyard aux éditions Champion. Ce volume regroupe également plusieurs oeuvres de circonstance témoins de la participation passionnée de Tyard aux confrontations de son temps ; et les Modèles de phrases et Lettres d'amour où l'on devine un des professeurs de rhétorique d'Henri III.

  • Ces ouvrages fournissent une perspective personnelle sur l'expérience féminine pendant les troubles civils et religieux de la seconde moitié du XVIe siècle. On y trouve également de rares images de la vie familiale aux XVIe et XVIIe siècles et des rapports interpersonnels au sein de la famille comme les femmes de cette époque ont pu les vivre. Il est clair que la famille occupe une place essentielle dans la vie de Renée Burlamacchi et Jeanne du Laurens ainsi que dans leurs projets d'écriture respectifs. Les témoignages des femmes de ce temps sont rares, d'où l'intérêt que ces textes présentent pour les spécialistes d'histoire, de théologie, de littérature et des gender studies.
    Cette édition critique reproduit les plus anciennes versions connues (italienne et française) des Memoires concernant Michel Burlamachi et sa famille et d'autres documents concernant Renée Burlamacchi (correspondance, testament) ainsi que le seul manuscrit connu de la Genealogie de Messieurs du Laurens par Jeanne du Laurens. Une introduction substantielle fournit de précieux renseignements sur la vie des deux mémorialistes ainsi que sur le contexte social, politique, religieux et culturel dans lequel ces écrits ont vu le jour.


    Les éditrices sont spécialistes de la littérature et de l'histoire des femmes à l'ère moderne. Susan Broomhall est Senior Lecturer en histoire moderne à l'University of Western Australia. Colette H. Winn est professeure de littérature française à Washington University in Saint Louis (USA).

  • Le second traité de jeunesse de Michel Servet, Dialogorum de Trinitate libri duo. De iusticia regni Christi, daté de 1532, "rétracte" non pas les idées, mais les prétendues maladresses du De Trinitatis erroribus. En réalité, les Dialogues et le traité De la justice du royaume du Christ qui les accompagne, constituent une suite, de ton plus modéré, au brillant et scandaleux ouvrage de 1531. Il en reprend le thème principal, celui du dogme trinitaire. La deuxième partie est consacrée à des thèmes de l'actualité de son temps : la Loi mosaïque "justifiait-elle" comme celle de la Nouvelle Alliance ? La foi seule suffit-elle au salut ? L'amour l'emporte-t-il sur la foi et, comme l'avait proclamé Érasme, sur le dogme ? Cet ouvrage est en quelque sorte le tome II du premier traité de Servet et lui apporte un complément non moins passionnant.

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  • Les trois livres de l'Humanité de Jesus Christ, parus anonymement à Troyes en 1604, sont aujourd'hui un texte rare, de même que leur version originale (Venise, 1535), qui jouit pourtant parmi les contemporains de l'Arétin d'un succès énorme, témoigné par dix éditions du vivant de l'auteur et par la parution de deux traductions françaises. La seconde d'entre elles, dont on propose ici l'édition, loin d'être une simple mise à jour stylistique de la version publiée à Lyon en 1539 par Jean de Vauzelles, comme on l'a prétendu, est par contre l'expression d'un tableau idéologique bien précis et constitue une réponse originale aux enjeux idéologiques d'une réécriture de l'Évangile née de l'intuition de la nécessité de nouveaux textes pour le chrétien moderne. Le chanoine Pierre de Larivey, traducteur chevronné, est parfaitement en mesure de contenir dans les marges de l'orthodoxie l'énergie potentielle d'un livre déjà à l'Index depuis des dizaines d'années et de prévenir les dérives idéologiques de la pensée d'un auteur sur le sentiment religieux duquel on continue de s'interroger.

  • Jean Second n'est l'auteur que de deux des trois Itineraria qui constituent le tome V de ses oeuvres complètes : le premier qui narre le voyage de Malines à Bourges, du 4 au 19 mars 1532, pour aller suivre l'enseignement du grand juriste italien André Alciat, et le troisième qui retrace le périple, long et difficile, de Bruxelles en Aragon, à travers les Flandres, la France et l'Espagne, durant près d'un mois et demi (du 28 mai au 12 juillet 1533) et permettra au poète de devenir secrétaire de l'archevêque de Tolède, puis de Charles Quint en personne. Quant au deuxième de ces Itineraria, relatant le retour de Bourges à Malines du 4 au 16 mars 1533, il est ici prouvé qu'il est l'oeuvre de son frère aîné qui l'accompagnait. Ces Carnets de voyage constituent un précieux témoignage sur les conditions matérielles du voyage en ce début de XVIe siècle (itinéraires, état des routes, allure, hébergement, dangers, etc.) et sur l'existence d'une res publica litterarum, véritable réseau d'humanistes itinérants, qui sillonnent l'Europe d'une université à l'autre pour parfaire leur formation.

  • Naître à la cour de Marguerite de Navarre, servir aux côtés du capitaine La Rivière, fiancé d'Hélène de Surgères, vivre en pays loudunais auprès d'un Scèvole de Sainte-Marthe, les signes d'un destin littéraire n'ont pas manqué à François Le Poulchre de La Motte Messemé (1547-1597). Encore fallait-il leur donner sens et voix dans le tumulte des guerres civiles. Une retraite précoce ainsi qu'un long emprisonnement feront de l'homme d'armes un homme de lettres. Son Passe-temps offre l'originalité d'un ouvrage marqué par une diversité d'écritures qui le situe au carrefour des genres en prose : si les Essais de Montaigne fournissent un modèle fait de savant désordre et de références livresques, essentiellement plutarquiennes, la présence de micro-récits l'apparente au genre narratif et la relation de souvenirs militaires l'ancre dans le genre des Mémoires. De plus, un important ensemble versifié rappelle que l'auteur se veut également poète. Notre édition présente le texte de 1597 avec les variantes de 1595. Elle est précédée d'une étude de l'oeuvre accompagnée d'une reconstitution de la biographie de l'auteur.

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