Fayard

  • L'Edda poétique

    Anonyme

    Nés d'une lointaine tradition orale, les textes de l'Edda poétique, traduits ici dans leur intégralité, constituent, avec les autres textes scandinaves réunis dans cet ouvrage, un pan capital de notre patrimoine indo-européen. A plus d'un millénaire de distance, ils nous permettent de découvrir la richesse de l'âme germanique ancienne.

    Loin d'être des Barbares, ceux qui passèrent à la postérité sous le nom de Vikings formaient une communauté d'hommes qui idéalisèrent leur condition sous forme de mythes et de légendes poétiques. Les dieux et les grands héros du Nord ont ainsi inspiré des " dits ", des lais et des élégies, dont la qualité littéraire rappelle celle des grandes sagas. En des images inoubliables, ces textes nous dévoilent une vision fondamentale de l'homme, de la vie et du monde, un monde imprégné par la toute-puissance du Destin auquel nul n'échappe, qu'il soit dieu, alfe ou homme.

    Régis Boyer est professeur de langues, littératures et civilisation scandinaves à l'université de Paris-Sorbonne.

  • " je n'ai trouvé qu'en antonio porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage. il y a longtemps que j'ai renoncé à tenter de m'expliquer les causes de cette étrange convergence en un être de relative et même étroite culture formelle, et cela dans un temps où la sagesse est une dimension presque perdue... mais je n'ai pu renoncer, par contre, au sentiment que c'est seulement dans cette rare unité où équivalence du dire et de la vie que se donne la vraie sagesse. et là seulement aussi l'expérience et la littérature qui importent. " roberto juarroz antonio porchia vécut en argentine (1886-1968). homme simple et qui exerça divers métiers manuels, il n'écrivit dans sa vie qu'un seul livre, issu de cette vie même dont il consigne l'expérience extrême. a ce titre, voix est un des grands " documents spirituels " de notre temps.

    Dès 1949, roger caillois, à qui le livre est dédié, en avait publié, chez g.l.m., sous le même titre de voix, une première sélection. roger munier en donne aujourd'hui la première traduction intégrale.

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  • Dans ce deuxième volume des Cent Mille Chants, Milarépa, le célèbre maître spirituel du Tibet, énonce les instructions essentielles du bouddhisme et montre la voie tantrique qui permet de les réaliser en axant l'énergie sur l'expérience directe:
    Je suis un homme étrange, un ermite vêtu de coton Qui médite aux mois d'été dans les montagnes enneigées:
    Le souffle vivifié purifie tous les brouillards du corps.
    Aux mois d'automne je mendie des aumônes:
    Rien de tel que de l'orge pour rendre la santé.
    En hiver je médite dans les forêts profondes Qui m'épargnent les attaques cinglantes de la bise.
    Au printemps je demeure par prairies et collines Et me libère ainsi du flegme et de la bile.
    Hiver ou été, qu'importe la saison pourvu que je médite, Prévenant par là les affres de la décrépitude.
    Une attention constante et sans agitation Permet de dominer les cinq passions nocives.

    La traduction du premier volume des Cent Mille Chants de Milarépa, le poète ermite tibétain du XIe siècle, a reçu le prix Alexandra David-Néel 1987.

    " Marie-José Lamothe a donné le premier volume de la traduction la plus belle que l'on puisse concevoir de Milarépa " (Claude Roy, Le Nouvel Observateur).

    " Un traité de renoncement où passe le souffle des grands espaces himalayens " (Jean Chalon, Le Figaro).
    " Quelle vie, quelle énergie, quelle jouvence en ces chants!... Voilà Milarépa: un embrasseur d'éveil au pays des glaciers " (Jacques Lacarrière, Le Monde)

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  • Textes majeurs de la tradition indienne, les upanisad marquent un tournant décisif. Elles créent un nouveau mode d'expression et une voie de connaissance se détachant du rituel. La transmission de ces douze anciennes upanisad, dont les deux plus importantes et les plus longues sont antérieures au Buddha, constitue un très haut moment de la pensée. Ces upanisad sont ici étudiées et traduites, ensemble pour la première fois, du sanskrit en français. Le livre met en valeur leur audace de pensée, respecte le texte dans son oralité mais l'ouvre aussi à un double espace de questionnement, celui des textes eux-mêmes et celui que dévoila au VIIIe siècle Sankara, ce grand commentateur né au Kérala, créateur du courant de pensée que l'on nomme le Vedanta non-duel.
    La force des concepts rassemblés en des mots simples, la richesse des images, la liberté à l'intérieur de la langue et le souci de créer une structure dynamique qui remet en question le sens établi, tout cela rend ces textes essentiels et vivants pour notre époque.

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  • Au jour où il devient indifférent, l'ascète s'en va avec un bol, un bâton, un linge usagé et, rejetant le cordon et la touffe sacrificiels, se fait errant. On a souvent interprété ce départ et cette vie trop simple comme une inériorisation des rites, alors que l'ascète quitte aussi le monde rituel. On y a vu un dernier sacrifice et une indifférence vide de sens, voire hostile au monde. Or le départ du renonçant s'inscrit d'abord dans un double mouvement rituel, l'un pour le bien du monde, l'autre marquant une mort symbolique. Mais ce départ n'est pas une fin en soi: la voie que prend le renonçant est une voie de connaissance.

    La connaissance dont parle l'ensemble d'upanisad que nous présentons, ici traduit pour la première fois en français, redéfinit notre regard sur elle. Elle est une sagesse déposée en l'homme à l'origine et qu'il lui faut retrouver. Une et unie au Tout, elle n'est pas séparée de la vie du renonçant dont les différents états intérieurs sont autant de modes déterminés de la connaissance que la syllabe mystique om rassemble en elle. La quête spirituelle du renonçant n'est pas celle d'un homme seul, mais d'un homme qui va seul selon le Tout, et dont la place et la fonction coïncident totalement avec l'ordre du monde.

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  • Haiku

    Collectif

    Le haïku est un court poème en trois vers de 5/7/5 syllabes, issu d'un poème lui-même déjà bref, le tanka, de 31 syllabes réparties en deux versets de 5/7/5 et 7/7 syllabes, dont on ne conserva que le premier.

    Son origine est donc presque aussi ancienne que la poésie japonaise traditionnelle, mais il ne conquit son autonomie qu'au XVIIe siècle, dans l'école de Teikoku (1571-1653). Quatre grands noms ponctuent son histoire: Bashô (1644-1694), Buson (1715-1783), Issa (1763-1827) et Shiki (1866-1902). Aujourd'hui encore il a de fervents adeptes au Japon.

    On comprendra la parution, dans la collection des Documents spirituels, d'une anthologie du haïku. C'est qu'à l'égal des autres arts du Japon tels que l'arrangement des fleurs, l'art des jardins, le tir à l'arc, le Nô, etc., le haïku est beaucoup plus qu'un poème sur un instant privilégié. Il n'est pas excessif de dire que ce que propose un haïku achevé est une expérience qui s'identifie peu ou prou à celle du satori, de l'illumination. La lecture d'un haïku est donc avant tout un exercice spirituel.

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  • Le kôan zen

    Izutsu-T

    Les mains vides, je tiens une bêche.

    Je vais à pied, mais c'est un boeuf que je chevauche.

    Un moine demanda un jour à Yûn Mên: " Qu'est-ce que le Bouddhaoe " Mên répondit: " Un racleur de crottes au rebut! " Le kôan zen et les mondô, ces véritables duels de la parole entre un maître zen et un disciple, sont réputés impénétrables. Mais derrière leur absurdité apparente, il y a un sens pour celui qui accepte de reconnaître la structure paradoxale de la réalité propre au bouddhisme zen. Par quelles voies et par quelle conversion du regardoe Le professeur Izutsu l'explique dans ces conférences conçues pour un public occidental où il donne les grandes clés nous permettant d'appréhender les principes d'une philosophie millénaire, sa vision du monde qui repose sur une expérience énigmatique de l'illumination, et son enseignement.

    " Si vous voulez ressembler aux anciens maîtres, ne regardez pas au-dehors. Cessez d'être en quête d'objets extérieurs. Ne vous engagez pas dans une grave erreur en observant frénétiquement ce qui vous entoure. Regardez simplement en vous-mêmes! " Selon le bouddhisme zen, la distinction entre l'intérieur et le monde extérieur n'est qu'une construction de la pensée. Toute bonne peinture de paysage doit traduire une correspondance harmonieuse entre le rythme intérieur du peintre et le rythme vivant de la nature extérieur. C'est ce principe que l'on retrouve dans la calligraphie, dans les jardins japonais ou dans les autres arts traditionnels de l'Exrtême-Orient, aussi bien que dans la pratique de la méditation.

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  • Aborder une autre pensée, c'est accueillir une différence. Les Yogasutra ne font pas exception. Ils ont souvent été compris comme une technique de réintégration et l'obtention d'un seul but. Néanmoins la tentation de l'accomplissement au détriment des moyens, la volonté d'atteindre le Principe, le purusa, réduisent la portée des Yogasutra et leur surprenante et paradoxale interrogation.


    Les Yogasutra montrent une profonde attention à l'esprit humain et à l'homme. Ils proposent une véritable dimension de connaissance. L'homme est présent et porteur de grandes possibilités qu'il lui revient d'actualiser et dont il a la responsabilité. L'approche de l'esprit humain est conçue comme un vaste chemin de transformations et une expérience. Chaque étape constitue un dépassement et ouvre à de nouvelles possibilités, à de nouveaux modes de connaissance. C'est une exploration progressive : elle tisse un ensemble de modifications, construit à mesure une continuité pour la rassembler en un instant-point et mène par de nouvelles transformations à établir « le voyant dans sa vraie nature », autrement dit à accueillir le différent, l'Autre.


    Les Yogasutra forment l'enseignement reconnu du yoga. Patañjali en est le compilateur, non l'auteur. La traduction présentée ici s'appuie sur le plus ancien commentaire, celui de Vyasa (vie siècle), et prend en compte l'explication de ce dernier par Vacaspati Misra (ixe ou xe siècle).

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  • Les personnages de ce livre sont éternels, comme les mythes immémoriaux dont ils sont les héros. Les aventures sans fin dans lesquelles ils sont entraînés illustrent les grands moments de l'existence humaine aux prises avec ses démons et ses dieux. Ainsi la légendaire histoire de ce roi indien condamné à porter un étrange fardeau _ un cadavre habité par un spectre, qui lui pose une longue série d'énigmes. Au fur et à mesure des épreuves, les enchantements se dissipent: le roi, prenant conscience de son insuffisance et des désordres de son royaume, devient réellement ce qu'il imaginait être, un roi.

    Les récits mythologiques puisés dans les traductions orientales et occidentales que raconte ici Heinrich Zimmer sont d'une richesse infinie, à l'image de la destinée humaine. Leurs héros venus du fond des âges se laissent tous prendre aux pièges de la comédie du monde. Même les dieux, tel Narcisse, sont toujours en danger de s'identifier aux reflets de leur propre image. Mais cette puissance de l'illusion, symbole de la condition universelle, certains apprennent à s'en affranchir, comme dans le Roman de la déesse, très populaire dans l'Inde ancienne, surprenante version de la création sans cesse recommencée.

    Les images des mythes sont inépuisables. C'est à leur exploration que nous convie Heinrich Zimmer, en laissant libre cours à notre intelligence imaginante, en les questionnant, par delà les siècles, " comme des oracles ".

    Heinrich Zimmer (1890-1943), éminent indianiste allemand, est considéré par beaucoup comme un exégète génial de la pensée hindoue. Professeur à l'université de Heidelberg, il quitta l'Allemagne en 1938 pour les Etats-Unis où il donna des cours, en anglais, à Columbia University. C'est une partie de ceux-ci, ainsi que de nouvelles versions revues et complétées de textes primitivement parus en allemand, qui figurent dans Le Roi et le Cadavre.

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