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  • Que devient l'inconscient ? Retraçant l'histoire de ce concept fondamental de la psychanalyse, inventé par Freud, l'auteur montre sa pertinence, au-delà de la clinique, dans le domaine de la politique.
    En un peu plus d'un siècle, sur l'arrière-fond d'une production conceptuelle continue - où Freud, Lacan, Deleuze et Guattari sont des jalons essentiels -, l'inconscient a questionné la philosophie et l'histoire, l'anthropologie, la vie sociale, les insondables de l'amour et de la vie sexuelle. Chaque jour davantage, il bouscule le domaine envahissant d'une réflexion politique inaugurée par l'analyse marxienne du capital. Il ne cesse d'interroger ensemble la micropolitique des pouvoirs et les pulsions machiniques obscures du désir, l'économie politique et l'économie libidinale délibérément confondues. Les facettes multiples de cet essai explorent les processus de domination ou de résistance qui agencent la production des subjectivités, les politiques répressives ou émancipatrices d'un inconscient dans son temps.

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  • Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques. Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique. Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury fournit au lecteur les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution, en lui donnant accès à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité.

    « La question fondamentale, à toujours se poser, dit Jean Oury - "Qu'est-ce que je fous là ?" - n'attend pas une réponse qui serait uniquement circonstancielle, conjoncturelle, mais touche à des dimensions existentielle et ontologique. En s'exposant ainsi à ce travail permanent de reconstruction, de création, Jean Oury nous indique une voie à suivre afin, cliniquement, de pouvoir se tenir, au sens fort du terme, à côté de ces existences que la psychose a défaites.
    Des concepts ou des notions reviennent avec insistance dans ses propos et constituent ce qu'il appelle sa boîte à outils. Ceux-ci et les problématiques qui les enserrent, dans leur précision et quelquefois leur tranchant, ont pour fonction de protéger, de maintenir, de défendre la condition de possibilité de la pensée contre toute tentative d'arraisonnement. En leur découvrant une profondeur inattendue ou une parenté encore inavouée, parfois même insoupçonnable, Jean Oury les rend à leur fraîcheur initiale, avant même que ne s'use leur fil sur le banc des écoles ou qu'ils ne soient soumis au seul règne de l'utile. » Patrick Faugeras

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  • Alors que Roger Gentis et Jean Oury nous ont maintenant quittés, Patrick Faugeras a redécouvert le texte d'une rencontre qui les a rassemblés à La Borde en 2005. Leur objectif de départ était de dialoguer sur la naissance du mouvement de psychothérapie institutionnelle, son importance quant au traitement des pathologies mentales dans un cadre institutionnel mais aussi de revenir sur la nature d'une pensée et d'une clinique qui, au-delà des particularités et dissemblances générées ici et là selon les contextes, font encore communauté.
    Assez tôt, cet échange prit l'allure d'un vagabondage où chacun sut mêler et entrelacer ses souvenirs personnels avec l'histoire d'un mouvement qui produisit une véritable révolution dans le champ de la psychiatrie.
    Tout au long de cet entretien, ces acteurs de premier plan d'une psychiatrie qui se voulait profondément à l'écoute d'êtres en souffrance psychique soulignent à l'usage des générations à venir combien l'engagement dans cette clinique ne peut se concevoir sans le souci de la singularité du sujet et un certain sens du collectif soignant. Leurs témoignages prennent, dans le contexte actuel, des allures de manifeste pour une « psychiatrie à visage humain ».

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  • Une psychanalyste témoigne de son travail clinique et de ses enjeux auprès des adolescents en danger de radicalisation, qui, à l'issue d'un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.

    Psychanalyste au sein d'une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, l'auteur livre une réflexion sur l'embrigadement djihadiste qui guette des adolescents déstructurés : faute d'être entendus et pris en charge dans leur manque d'espoir, ces jeunes prennent le chemin de la radicalisation. Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses théoriques et institutionnelles qui témoignent d'un combat clinique dans l'ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l'enjeu de leur vie est de « prendre pied », en s'enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ? Des analyses et des propositions qui soutiennent une prévention de la radicalisation.

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  • Douze rencontres comme autant de nouvelles qui mettent en scène patients et soignants dans lieux de soins dits intermédiaires, groupes d'accueil, communautés thérapeutiques et centre de crise, créés à Villeurbanne par l'association Santé mentale et communautés.
    C'est parce qu'il s'engage en personne, avec sa créativité, sa spontanéité, mais aussi une réflexion sur soi-même, qu'un soignant en psychiatrie peut espérer soigner, c'est-à-dire accueillir et accompagner une souffrance psychique pour aider à l'élaborer et à l'atténuer, parfois à la surmonter. C'est parce qu'il voit dans celui qu'il rencontre le sujet de son histoire et non l'item substituable d'une population, qu'il peut espérer construire une relation d'aide. Cet ouvrage en est l'illustration littéraire, en même temps qu'un travail d'analyse approfondie de l'essence du soin psychique.
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical depuis sa création (1968) jusqu'à sa retraite. De formation psychanalytique, il est membre du groupe lyonnais de psychanalyse Rhône-Alpes.

       

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  • Cet ouvrage n'est ni un pamphlet contre la psychiatrie américaine et ses classifications, ni un panégyrique. Il a l'ambition de donner au lecteur la possibilité de se forger son propre avis à travers une histoire foisonnante et une actualité agitée, relatée avec humour et précision par l'auteur. Un livre captivant qui se lit comme un roman.
    Le souci de l'auteur est de replacer la naissance et le développement de ces classifications - qui ont ébranlé la psychiatrie internationale - dans l'histoire de la psychiatrie américaine et dans l'histoire de l'Amérique, des premières tentatives de Benjamin Rush au début du XIXe siècle jusqu'au tout nouveau DSM-V. Il le fait en brossant des portraits pittoresques des hommes et des femmes qui furent et qui sont les acteurs de cette histoire.

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  • La psychothérapie analytique des états psychotiques est l'épreuve la plus risquée, mais aussi la plus intime et la plus riche d'une rencontre avec la folie.
    Engagé depuis de nombreuses années dans un travail analytique auprès des patients psychotiques, Jean-Claude Polack examine ici concrètement les enjeux théoriques et pratiques d'une telle approche. Il prend à-bras-le-corps l'équivoque de cette rencontre, dont les termes eux-mêmes restent incertains : flou des frontières entre névroses et psychoses, inadéquation de la cure type pour les cas de grande folie, polymorphisme des modes d'expression non réductibles à la seule parole, intrication des délires singuliers et des folies de l'Histoire.
    L'auteur dresse ainsi le bilan de l'approche analytique de la folie en mettant en évidence ses points de butée et d'innovation, ses acquis et les chantiers ouverts à de nouvelles investigations. Chacune de ses propositions est illustrée par des monographies cliniques qui montrent aussi en quoi les choix (théoriques, éthiques, esthétiques et politiques) du thérapeute infléchissent constamment le processus de soins.

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  • François Tosquelles a toujours affirmé que la folie était un phénomène lié à la condition humaine elle-même.
    Dans cet ouvrage consacré à l'oeuvre du poète catalan Gabriel Ferrater, né comme lui à Reus, il met l'accent sur la fonction de la parole et du langage en tant qu'elle est constitutive du sujet. Il insiste surtout sur la fonction poétique du langage, présente dans tout discours humain, même le plus rationnel ou le plus scientifique. Il développe l'hypothèse selon laquelle le discours d'un patient en psychothérapie ou en psychanalyse suit le même cours que celui d'un poète s'efforçant d'exprimer la réalité du monde ou sa propre vérité dans une oeuvre accomplie.
    Dans les deux cas, même si la valeur esthétique n'est pas la même, il s'agit pour le sujet de travailler à la recherche de son identité et de sa singularité. L'ouvrage conserve partiellement un style verbal, dans lequel la parole de l'auteur naît, vit et fraye son chemin au fur et à mesure, sans que la rigueur de la pensée et la précision du propos soient entamées. Ceux qui ont connu François Tosquelles retrouveront dans cet ouvrage sa présence humaine, vivante et active, à travers une approche fondamentale de l'existence humaine.

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  • Sur les bases d'une déconstruction historique et épistémologique, l'auteur propose une lecture clinique de la schizophrénie et du traitement psychanalytique de cette catastrophe psychique.

    La schizophrénie est une expérience de mise à nu de l'humain, un abandon des évidences « naturelles », qui nécessite de repenser totalement la cure analytique plutôt que d'adapter la méthode analytique à une souffrance dans le but quelquefois trop prudent de simplement contenir les débordements qu'elle occasionne. L'auteur montre qu'il est possible de formuler, à partir de l'analyse des formes de transfert, une hypothèse théorique permettant de guider la conduite thérapeutique du psychiatre vis-à-vis des personnes réputées schizophrènes confiées à ses soins, dans un contexte culturel scientifique, social et économique  donné, car il n'est pas possible d'ignorer toutes ces dimensions de l'exercice de la psychiatrie.
    Christophe Chaperot est psychiatre, psychanalyste, médecin chef d'un service de psychiatrie adulte à Abbeville, rédacteur en chef de la revue L'évolution psychiatrique, membre correspondant national de la Société  médico-psychologique, auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles scientifiques principalement consacrés à la schizophrénie.

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  • Pendant plus vingt ans Roger Gentis a chroniqué pour La quinzaine littéraire les ouvrages psychanalytiques et psychiatriques fraîchement publiés. Jamais autant que pendant ces années-là (1975-1996), les publications dans ces champs ne furent si nombreuses, si diversifiées et si fertiles. Ces ouvrages reprennent une sélection d'articles les plus significatifs. Publier ces textes aujourd'hui présente un triple intérêt : d'abord un intérêt littéraire car ces chroniques, indépendamment de leur finalité avouée, sont un pur travail d'écriture et révèlent un Roger Gentis, écrivain ; un intérêt historique et intellectuel car à travers les multiples ouvrages présentés se dégagent les lignes de force et les questions qui traversent et structurent encore et toujours la pensée contemporaine ; enfin, un intérêt bibliographique car cet ouvrage constitue un répertoire critique de textes psychiatriques fondamentaux.
    Roger Gentis, psychiatre, psychanalyste, est un des penseurs de la psychothérapie institutionnelle.

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  • Pendant plus vingt ans Roger Gentis a chroniqué pour La quinzaine littéraire les ouvrages psychanalytiques et psychiatriques fraîchement publiés. Jamais autant que pendant ces années-là (1975-1996), les publications dans ces champs ne furent si nombreuses, si diversifiées et si fertiles. Ces ouvrages reprennent une sélection d'articles les plus significatifs. Publier ces textes aujourd'hui présente un triple intérêt : d'abord un intérêt littéraire car ces chroniques, indépendamment de leur finalité avouée, sont un pur travail d'écriture et révèlent un Roger Gentis, écrivain ; un intérêt historique et intellectuel car à travers les multiples ouvrages présentés se dégagent les lignes de force et les questions qui traversent et structurent encore et toujours la pensée contemporaine ; enfin, un intérêt bibliographique car cet ouvrage constitue un répertoire critique de textes psychiatriques fondamentaux.
    Roger Gentis, psychiatre, psychanalyste.

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  • Cet ouvrage est une suite de récits qui retracent autant d'itinéraires singuliers, dans le champ de la clinique psychiatrique, que la rencontre avec François Tosquelles a parfois profondément infléchis. Hormis leur passion pour la psychiatrie, ou plus exactement leur respect pour la personne souffrant psychiquement, les personnes ici interviewées ont aussi en commun une liberté de penser et de pratiquer la psychiatrie. Comme si, pour chacun, cette rencontre avait été l'occasion d'une ouverture à un libre cheminement. Patrick Faugeras est psychanalyste à Alès.

  • Dans une institution, l'équipe socio-éducative se réunit autour d'une psychanalyste pour parler des enfants polyhandicapés dont elle s'occupe.
    Qui sont ces enfants emprisonnés le plus souvent dans le carcan des appareillages ? Que ressentent-ils ? Que signifie éduquer ou rééduquer des enfants qui n'habitent pas leur corps pour leur propre compte ? Quels soins psychiques reçoivent-ils ? Quelles perspectives l'analyste peut-elle donner afin d'améliorer le sort de ces enfants et du même coup celui de ceux qui s'en occupent ? Ordinairement, les enfants grandissent, s'élèvent pour ainsi dire corps et âme vers un statut idéalisé d'adulte autonome.
    Les enfants dont il est question ici semblent bouger à l'envers de cette construction. Ils tendent à se rétracter, à s'affaisser, se déformer jusqu'à perdre parfois leur apparence humaine. Une vie ne saurait aboutir et se soutenir sans un désir de la vivre. L'auteur témoigne, rencontre après rencontre, de ce que permet l'écoute d'un psychanalyste dans ces situations extrêmes où il s'agit de vie ou de mort.
    Et parfois seulement de survie. " Ils pourraient marcher ", ne cesse-t-on de répéter dans le groupe. Ils pourraient s'ils voulaient... Mais le veulent-ils vraiment ? Donner au sujet de quoi advenir avec des mots qui lui sont propres, sa vie fût-elle emprisonnée dans un corps aux formes altérées, c'est là que s'oriente la pratique analytique de l'auteur dont elle rend compte ici avec humanité.

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  • Que veut dire " percevoir " ? Ou, encore, " représenter " ? Quelle est la situation du " traumatisme " pour le sujet humain qui en est affecté ? Ces questions, suscitées par l'énigme, la souffrance ou le symptôme du sujet, sont aujourd'hui saisies sur deux versants principaux, celui des neurosciences et celui de la psychanalyse.
    Et l'on se plairait à imaginer que cette double appréhension de phénomènes partiellement superposables se produise de façon non conflictuelle. Chacun sait que ce n'est pas le cas, et que pour une partie au moins des neurosciences et nommément de la psychiatrie neurocognitiviste radicale, il s'agirait tout simplement d'invalider la psychanalyse ou de la renvoyer au domaine des " philosophies de la vie " pour cause de non-scientificité.
    Ces mises en cause ne sont pas nouvelles, mais leur violence et la forte médiatisation dont elles font l'objet nécessitent plus que jamais des réponses précises et argumentées. Au-delà des polémiques stériles, cet essai montre pourquoi et comment la psychanalyse est venue, dès son origine, proposer une appréhension scientifique du fait mental. La mise en évidence par Freud d'un " appareil psychique ", d'un " appareil psychosexuel " est à la base de la forme de scientificité qui en résulte.
    L'auteur propose ici une relecture de la genèse et de la structure de cet appareil qui le conduit à formuler des hypothèses nouvelles sur les concepts de perception, de représentation, de pulsion, de traumatisme, mais aussi à envisager les modalités spécifiques d'évaluation de la psychanalyse.

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