Eclat

  • Jeanne d'Arc

    Jules Michelet

    Une rumeur insinuante court toujours sur l'actualité de la Pucelle d'Orléans dans les bas-fonds de la politik. Elle s'amplifie chaque jour de nouvelles demandes en mariage.
    Daniel Bensaïd (1946-2010), dirigeant historique de la Ligue communiste révolutionnaire et de la Quatrième Internationale, y avait déjà répondu par son Jeanne de Guerre Lasse (Gallimard, 1991), tout comme Le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson (1962) et le visage de Falconetti. Mais la Jeanne d'Arc de Michelet, parue en 1841, inaugure ce cycle d'une défense et illustration d'une Jeanne bien différente de celle qu'ont voulu nous vendre les propagandistes de tout poil. Le texte est ici enrichi d'une préface de Patricia Farazzi, intitulé «Jeanne nue», qui devrait déplaire aux déplaisants.

    Sur commande
  • : L'architecture mobile est le premier essai de Yona Friedman, paru en 1958 et tiré à une dizaine exemplaires destinés à des architectes, dont Le Corbusier. Ilfut réédité ensuite en 1961, 1963, 1968, enrichi à chaque fois de textes et dessins nouveaux jusqu'à l'édition de 1970, paru chez Casterman dont on a pu dire qu'elle constituait "le plus important manifeste de l'architecture moderne depuis la Chartre d'Athènes de Le Corbusier" (Michel Ragon).
    Notre édition rassemble tous les textes des différentes éditions et permet d'en suivre l'évolution et d'en identifier les strates. Yona Friedman, qui a fêté ses 96 ans en juin 2019, souhaite apporter quelques commentaires du XXIe siècle, à ce livre ancien, mais dont la richesse conceptuelle n'a pas encore été comprise à sa juste mesure.

  • L'oeuvre - comme la vie - d'Avrom Sutzkever est exemplaire à plus d'un titre. Elle traverse le siècle et porte l'espoir paradoxal de la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a littéralement sauvé la vie, quand, ayant dû traverser un champ de mines sous la neige dans la forêt de Narotch, il a accordé ses pas au rythme d'un poème récité à voix basse. C'est également avec la poésie qu'il affrontera la ville secrète des égouts de Wilno et la mort d'un enfant, et c'est avec la poésie qu'il renaîtra sur la terre spirituelle de sa langue, le yiddish, flammèche vacillante sur une bougie orpheline, qu'il gardera vissée au corps. Figurent dans cette anthologie des poèmes de tous ses ouvrages publiés, depuis Sibérie (1936) jusqu'à Murs effondrés (1996), et si une partie importante est consacrée à l'écriture quotidienne du ghetto et de sa résistance, l'ensemble de près de 400 poèmes en vers et prose, extraits de 22 recueils, résonne au-delà de la seule réalité politique à laquelle Sutzkever fut confronté. On peut parler alors d'un véritable engagement poétique visant à garder mémoire des visages et des mots de ceux que la barbarie a voulu effacer, les inscrivant en lettres plus éternelles que le temps dans le livre de la vie.

  • Vous avez un chien se présente sous la forme d'une bande dessinée qui met en scène un/e chien/ne et son/sa maître/sse. C'est un manuel d'éducation pour tous ceux qui vivent avec des animaux domestiques ou d'autres êtres vivants. Ecrit par Balkis Berger- Dobermann, qui partageait la vie des Friedman, Vous avez un chien aurait pu s'intituler « Comment dresser ses maîtres», mais l'auteur a préféré s'en tenir à un titre plus « général » et moins « anthropomorphe ».
    Vous avez un chien est aussi un livre pour ceux qui ont des chats, des canaris, des poissons rouges. Il énonce selon des principes simples «comment vivre avec les autres, sans être maître, ni esclave» pour reprendre le titre d'un autre ouvrage de Friedman.

    Sur commande
  • L'utopie sociale naît d'une insatisfaction collective. L'utopie sociale réalisable, c'est la réponse collective à cette insatisfaction. Comment répondre collectivement à une insatisfaction? Et dans quelles limites une collectivité doit-elle se maintenir pour satisfaire à son utopie réalisée? Telles sont les questions soulevées - avec une clarté exemplaire et quelques dessins au trait - par le livre de Yona Friedman, paru pour la première fois en 1974, repris à l'éclat en 2000 et réactualisé pour cette édition de poche après plusieurs réimpressions.

  • Le livre que nous nous proposons de publier rassemble 34 essais ou conférences d'Ursula Le Guin qui accompagnent ou explicitent son oeuvre de (science-)fiction. La forme de ces écrits est plurielle, comme son écriture, et à côté de simples conférences, retravaillées et commentées pour la publication, on trouve des récits de voyage sous une forme poétique, de courtes paraboles sur la question du féminisme, et d'autres textes sur ses propres écrits, qui nous permettent d'en mieux comprendre le fonctionnement ou les implications et nous informe sur sa conception de l'écriture et du rôle de l'écrivain. On retrouve dans ces textes l'audace singulière d'Ursula Le Guin qui n'hésite pas à mélanger les genres, provoquer des collusions de concepts et à traiter tout à la fois de ménopause et de responsabilité sociale dans l'Empire nord-américain de la fin du XXe siècle. Disparue quelques semaines après avoir donné son accord pour cette publication en français, Ursula Le Guin, comme son ami Philip K. Dick, fait partie des visionnaires de la littérature, qui sortent du cadre strict de la science-fiction pour figurer de plein droit au panthéon des grand écrivains du siècle.

  • La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.
    Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.
    La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.

    Sur commande
  • S'il y a du spirituel dans l'art, il prend une place toute particulière dans la musique quand elle exprime l'âme d'une communauté. Le jazz, depuis les origines, est nourri au plus profond de cette spiritualité et témoigne de cette "urgence créatrice" dont parle John Coltrane. Mais comment cette spiritualité s'exprime-t-elle et à quel arrière-plan renvoie-telle?
    C'est toute la recherche de Raphaël Imbert, qui s'attache a révéler cette présence du "religieux sans dogme" dans le jazz (dans la première partie) et les très forts engagements des musiciens de jazz au sein de la franc-maçonnerie noire américaine (dans la deuxième partie). La troisième partie est consacrée à John Coltrane, musicien spirituel s'il en est, qui incarne à lui seul ce Jazz supreme qu'il a porté à ses sommets.

  • Sous le titre « La Volonté de puissance » n'existe pas, nous avons rassemblé quatre essais de Mazzino Montinari, traitant des problèmes posés par l'édition des écrits de Nietzsche et plus particulièrement de la question de ce faux manifeste et des conséquences de sa publication sur la réception et l'interprétation de l'oeuvre de Nietzsche. Présentés par Paolo D'Iorio et publiés une première fois en 1996 alors que reparaissaient d'anciennes éditions de ce faux-livre, ces essais viennent rappeler qu'un travail de vingt années a permis de lire enfin ce que Nietzsche a vraiment écrit, et qui diffère souvent radicalement de ce qu'on a voulu lire de cet homme qui s'est « adressé à son temps avec une dureté véritable ».

  • Bien que l'expression l'architecture de survie ait un sens à peu près inverse de celui de "la survie de l'architecte", mon but était de reconsidérer le rôle de l'architecture, sans pour autant utiliser des slogans grandiloquents et sans faire de propositions utopiques.
    Il va me falloir poser certaines questions, et mentionner quelques solutions que j'ai proposées depuis cinquante ans: A qui revient le droit de décision en matière d'architecture?
    Comment assurer ce droit à celui auquel il revient? Comment le faire dans un monde qui va vers une pauvreté croissante? Comment survivre dans un tel monde? Qu'est-ce que ce "monde pauvre"? Comment agir face à ces perspectives? A l'heure des ZADs et autres appropriations de territoire, L'architecture de survie apparaît comme un manuel de résistance.

  • Shabbat

    Benjamin Gross

    • Eclat
    • 5 Mars 2020

    L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur « qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient », il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. À un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.

  • Le Livre de Coutumes de Shimon Guenzburg, paru à Venise en 1593 et traduit par Jean Baumgarten (Des coutumes qui font vivre, L'éclat, 2021) a révélé un personnage haut en couleur qui contribua, grâce au livre, à ce que le judaïsme survive à l'exil et aux persécutions. Qu'est-ce qui fait qu'au moment du plus grand danger des individus se consacrent à coucher sur le papier les us et les coutumes d'une communauté qui risque de disparaître ? On ne sait presque rien de ce Shimon Guenzburg, mais son action est d'importance.
    Comment la raconter ? L'imaginaire vient alors supplanter l'Histoire, comme "la coutume efface la Loi". Sous la forme d'une correspondance entre l'éditeur typographe et la jeune vénitienne, Tirzah Adelkind, bien curieuse de son monde et de son temps, Patricia Farazzi et Jean Baumgarten font revivre ce qu'a pu être cette amitié par les livres dans le ghetto de Venise au XVIe siècle.

  • Publié pour le première fois en 1976, cette bande dessinée de Friedman portait la mention suivante: « Le but de la brochure est d'amener le lecteur à reconsidérer la place de l'homme-habitant dans un écosystème et de l'amener à réfléchir, dans un contexte de pénurie ou de crise durable ou temporaire, à des solutions de survie de son espèce. » Quarante ans plus tard, dans un contexte de crise non plus temporaire, mais endogène, nous le reproposons aux lecteurs de ce nouveau siècle qui pourront constater que les problèmes et solutions alors évoqués par Friedman, sont très exactement ceux auxquels nous sommes confrontés encore aujourd'hui, et celles qu'il serait urgent de prendre en compte si l'on veut continuer d'habiter la terre.

    Sur commande
  • Bolo'bolo

    P. M.

    « Bolo'bolo est une modeste proposition pour un nouvel arrangement de notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine-Travail planétaire. » Livre mythique des années 80, écrit par l'anonymus P.M., bolo'bolo continue de hanter les esprits des insatisfaits du nouveau siècle et propose un modèle d'utopie réalisable dans lequel il fait bon grappiller des idées pour le présent et pour l'avenir, en attendant la mort lente de l'économie. Publié en allemand en 1983, bolo'bolo a été traduit en anglais, italien, néerlandais, arabe, chinois, hébreu, russe, portugais... P.M. est également l'auteur de romans, d'essais et de pièces de théâtre. Il a également publié en 2016 aux Éditions de l'éclat, Voisinages et communs, qui complète et enrichit l'idée du bolo de propositions nouvelles.

  • Enfant prodige né à Riteve en Lituanie en 1855, Getzel Sélikovitch est envoyé à Paris où il étudie les langues sémitiques et l'égyptologie, et entame un parcours hors du commun qui le conduira en Afrique, en Italie, en Grèce et en Turquie, occasionnant à chaque fois de multiples rencontres. 'Grand reporter' avant la lettre, élève d'Ernest Renan et de Gaston Maspero au Collège de France, il part au Caire avec une bourse, participe à une mission militaire au Soudan pour sauver le général anglais 'Gordon Pacha', combat les troupes du pseudo-messie musulman Muhammad Abdallah à Khartoum, fait évader une jeune fille du Harem du Sultan à Istanbul et est mêlé à un assassinat politique dont il rend compte dans différents journaux en hébreu et en français au point qu'un de ses articles dans L'intransigeant manque de provoquer une guerre entre la France et la Grande Bretagne. Devenu persona non grata sur le sol français, il émigre finalement aux USA où il meurt en 1926. Ses Mémoires, qui parurent en feuilleton dans la presse yiddish new-yorkaise entre 1919 et 1920, nous font découvrir une personnalité riche en couleurs comme l'intelligentsia du premier XXe siècle pouvait encore en compter, mêlant un goût immodéré de l'aventure à des talents certains de journaliste-voyageur relevés par une belle érudition polyglotte.

  • Au XVIIe siècle, de nombreux Européens se convertirent à l'islam et rejoignirent les rang de la piraterie. Attirés par le gain ou pratiquant une forme de résistance sociale, c'était surtout un moyen de se démarquer d'une Europe livrée à une chrétienté inquisitoriale et tyrannique qui avait fait de cette religion son ennemi 'naturel'. Naquirent alors ici et là des 'républiques pirates', dont la plus connue est la République de Salé au Maroc qu'étudie ici Peter Lamborn Wilson avec autant d'érudition que de fantaisie. Ces îlots de liberté associés à la piraterie lui serviront d'ailleurs de modèle dans la formation du concept de TAZ, dont il est l'auteur sous le pseudonyme de Hakim Bey, et qui flotte sur les nouvelles générations comme le drapeau de Jolly Roger sur les mers du globe.

  • Chroma est le dernier livre de Derek Jarman. «Autobiographie par la couleur» d'un homme qui perd chaque jour un peu plus la vue, jusqu'à quasiment devenir aveugle, tandis qu'il en écrit les dernières pages sur son lit d'hôpital, et qui revient sur les couleurs du langage et des livres, les seules auxquelles il a désormais accès. «C'est pour cela que je n'ai pas voulu mettre de photo», écrit-il. Mais Chroma n'en reste pas moins plein de cet humour si particulier à l'oeuvre de Jarman, qui mêle à ses souvenirs d'enfance ou ceux d'une jeunesse «héroïque» dans les quartiers «rouges» de Londres, ses lectures érudites, des remarques toujours en demi-teinte sur la peinture et une réflexion sur le jeu des couleurs de fleurs sur la lande de Dungeness, où pousse son «dernier jardin».

  • Il est rare qu'une oeuvre soit aussi intimement liée à la vie de son auteur, comme celle de Friedrich Nietzsche (1844-1900), qui écrivait à son ami Jakob Burckhardt : « j'ai atteint le point où je vis comme je pense. » Et c'est de ce point-là qu'est parti Jean-Luc Bourgeois dans ce livre, suivant pas à pas les travaux et les jours d'un homme qui est allé bien au-delà de ses propres forces, pour élaborer l'une des philosophies les plus radicales et les plus bouleversantes de notre modernité. Ainsi, c'est un Nietzsche par lui-même qui est donné à lire, où tous les événements de sa biographie sont documentés par des extraits de l'oeuvre elle- même : livres publiés, lettres envoyées, mais aussi les milliers de brouillons et notes posthumes, accompagnés par des extraits de correspondances de tous ceux qui de près ou de loin ont approché Nietzsche, depuis la pieuse enfance à Röcken jusqu'aux douze années prostrées à Weimar, après l'effondrement de Turin en 1888. Et l'on voyage ainsi de Bâle à Sils-Maria, de Zurich à Messine, de Nice à Rapallo, en compagnie des amis fidèles Overbeck ou Gast, des confrères Rohde ou Ritschl, des nombreuses amours ou confidentes, Cosima Wagner, Lou Salomé, Malwida von Meysenbug, Louise Ott, Meta von Salis, avec l'ombre toujours d'une soeur possessive et grotesque, si elle n'en était pas nuisible, ou celle de Richard Wagner, adulé puis haï, tout comme cette Allemagne qui lui devient « importune et étrangère » au fur et à mesure que s'y amplifie la menace antisémite annonçant la barbarie future.

  • Ce livre a paru pour la première fois chez Pauvert en 1974, quelques mois avant la 1ère édition en 10/18 des Utopies réalisables, rééditées à L'éclat en 2000. Le livre se présente comme la version "bande dessinée" des Utopies réalisables, mais revient également sur certains points du livre: 1) Le monde pauvre, qui sera largement développée quelques années plus tard dans L'Architecture de survie; 2) Le groupe critique, qui part de la terrible évidence formulée ainsi par Friedman: "nous vivons avec plus d'objets que nous pouvons utiliser; nous cohabitons avec plus d'individus que nous sommes en mesure de supporter". Dès lors, la question se pose: Comment vivre avec les autres sans être chef et sans être esclave, et se la poser encore et toujours est déjà un élément de réponse.

  • Dans l'océan textuel et conceptuel de la tradition cabalistique, la figure d'Abraham Aboulafia surgit, portée par une biographie en forme d'auto­biographie qui étonne autant qu'elle fascine. Né à Saragosse en 1240 de l'ère commune, Abraham ben Samuel Aboulafia rend compte dans ses ouvrages de ses pérégrinations méditerranéennes qui le porteront jusqu'aux remparts de Saint-Jean d'Acre à la recherche du fleuve Sambatyon.
    Mais, dans le parcours de cette vie vagabonde entre la Grèce et l'Italie, Byzance et l'Espagne, l'événement sans précédent qui marquera les esprits et la chronique, c'est la non-rencontre avec le pape Nicolas III en 1280. Les visions qu'il décrit alors, la mission messianique dont il se dit porteur, la mort soudaine du pontife au moment de l'arrivée d'Aboulafia à Rome, son emprisonnement, puis sa libération qui signe le début d'années fructueuses en Sicile, où disciples et détracteurs se succèdent, enfin son excommunication et sa disparition mystérieuse sur la petite île de Comino dans l'archipel maltais - tout cela scelle à jamais un destin hors du commun dans le ciel de la pensée juive.
    Lumière de l'intellect ('Or ha-Sekhel), écrit à Messine vers 1283, édité, traduit et annoté ici à partir de trois de ses plus importants manuscrits, est sans doute l'oeuvre la plus complexe et complète d'Aboulafia. "Il est indispensable de ­publier ... tous les livres d'Abraham Aboulafia, la personnalité la plus importante parmi les cabalistes qui nous sont connus à ce jour. Il faut en tout cas commencer par ...
    Le 'Or ha-Sekhel. ".

  • Les textes traduits ici constituent un ensemble dont l'essentiel est consacré à définir les règles de l'initiation et de l'éducation spirituelle. Leur portée est avant tout pratique. On peut ainsi mesurer à quel point Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221) fut plus un guide spirituel soucieux de conduire ses disciples jusqu'à leur but, qu'un doctrinaire du soufisme. Cependant, la pratique du soufisme ne saurait se séparer d'une doctrine d'ensemble qui la fonde et qui l'organise dans la cohérence du discours. On trouvera donc dans ces traités maints éléments qui complètent ce que Najm aldîn Kubrâ a davantage développé dans Les Éclosions de la beauté et les parfums de la majesté, paru dans cette même collection.

  • Dans la société juive, les coutumes (Minhagim) jouent un rôle majeur. Elles sont le résultat d'un processus de sédimentation de rituels et de discussions rabbiniques accumulées au fil du temps. Il arrive même, selon le Talmud, que "la coutume efface la loi" dans le registre des pratiques régissant la vie de la communauté, au point de devenir la règle qui fait autorité pour l'individu et pour la collectivité.
    De nombreux Livres de coutumes (Sifrei ha-Minhagim) furent rédigés entre le XIVe et le XVIIe siècle à l'époque où l'imprimerie se développait en Europe. Le livre de Shimon Guenzburg, qui parut à Venise en 1593, a la particularité d'avoir été écrit en langue yiddish et témoigne de ce que fut le monde ashkénaze en cette fm du XVIe siècle. Mais quel est le rôle religieux et social du livre de coutumes ? Qui en sont les auteurs ? Que transmettent-ils de la vie des juifs en butte à la persécution et à l'exode ? Notre édition, composée d'une longue introduction sur l'histoire de cette tradition littéraire, sur cet auteur et son livre en particulier, en propose une traduction annotée qui insiste sur la dimension populaire des créations en yiddish.
    Elle explore, dans les moindres détails, ce que fut la vie juive des communautés ashkénazes, qui durent fuir leur pays d'origine pour trouver refuge en Italie. Tel fut le cas de Shimon Ha-Levi Guenzburg, originaire d'Allemagne, qui contribua à l'essor de l'imprimerie de livres juifs à Venise et dans sa région.

  • Paru en 1994 aux PUF, L'univers erratique montre un aspect de l'oeuvre de Friedman qui va chercher dans le fonctionnement de l'univers, "l'image" du monde tel qu'il l'a vue mise en acte dans son travail d'architecte au contact d'une population qui décide de sa manière d'habiter le monde. Dans la préface à cette édition, Friedman écrit: "Je relis ce livre, ce qui n'est pas mon habitude. J'y retrouve une « image du monde » qui était, et est encore, la mienne depuis les années 60 du siècle passé. Elle est parallèle à la découverte, en tant qu'architecte, que le comportement des gens, dans leur manière d'habiter (et de concevoir) la maison qu'ils auraient préférée, est « erratique », imprévisible et informulable.» Et c'est cette erraticité qui sert de modèle à une vie menée "sans entraves".

    Sur commande
empty