Documentation Francaise

  • Les auteurs proposent ici, de relever le pari chinois et de participer au développement des relations commerciales avec cet État, sans pour autant sous-estimer les risques et les difficultés d'une telle stratégie. Plusieurs propositions se dégagent, présentées ici en détail. L'axe majeur étant que l'attention des gouvernements devrait se porter sur l'ouverture du marché chinois, encore trop protégé, ainsi que sur le climat des affaires - notamment sur la protection des droits de propriété intellectuelle, encore très imparfaite. Compte tenu du potentiel en termes de débouchés commerciaux et technologiques, les auteurs plaident pour un engagement fort des états majors des entreprises françaises.

  • Par lettre de mission en date du 7 janvier 1999, le Premier ministre demandait à Dominique Taddei d'étudier les conditions " d'un passage plus progressif de la période d'activité à la période de retraite ", susceptible de " faciliter la transition entre la situation actuelle où les ressources en main d'oeuvre continuent à croître et celle qui apparaîtra progressivement vers la fin de la prochaine décennie ", d'autre part, " d'atténuer le caractère brutal de la cessation d'activité qui est souvent mal vécue par les intéressés ".
    Deux traits fondamentaux caractérisent en effet les comportements individuels de départ en retraite en France. En premier lieu, plus de la moitié des salariés du secteur privé transitent par une période de chômage ou d'inactivité entre leur dernier emploi et leur retraite. En raison notamment du recours important aux préretraites depuis vingt-cinq ans, le taux d'activité après 50 ans est en France l'un des plus faibles des pays membres de l'OCDE.
    En second lieu, les barèmes actuels de retraite pénalisent excessivement les départs précoces en retraite, et indemnisent insuffisamment la prolongation de l'activité au-delà de l'âge auquel les assurés peuvent prétendre à une retraite complète. C'est pourquoi la plupart des départs en retraite se font à 60 ou 65 ans, alors que les aspirations individuelles sont bien plus diverses.
    A l'issue d'une analyse des enjeux de la transition de l'activité à la retraite, tant du point de vue des salariés que de celui des entreprises, et d'un examen des expériences étrangères de retraite progressive, Dominique Taddei préconise la création d'une " préretraite choisie et progressive " dans laquelle le salarié, à son initiative, cumulerait avant 60 ans une activité à temps partiel et une allocation financée au moyen de l'extinction des préretraites impliquant une cessation définitive d'activité.
    Il propose également de rendre plus attractif la retraite progressive qui permet de cumuler après 60 ans une activité à temps partiel et le bénéfice d'une fraction de pension..

  • La formation professionnelle est un instrument essentiel au service de l'égalité professionnelle et de la sécurité des parcours professionnels.
    Elle est de plus au coeur de l'organisation productive contemporaine. comparée à ses principaux partenaires, la france, qui s'est dotée d'un système original fondé sur une obligation faite aux entreprises de financer la formation professionnelle, est l'un des pays qui dépensent le plus pour la formation continue des salariés. cependant, les inégalités d'accès à la formation au cours de la carrière selon le sexe, l'âge ou la qualification des salariés, ou selon la taille des entreprises semblent y être plus importantes que dans la plupart des autres pays développés.
    Ce contraste invite à approfondir l'analyse. quel est l'impact des actions de formation professionnelle sur l'efficacité des entreprises et sur les gains et les perspectives professionnelles des salariés ? quelles chances de réinsertion professionnelle procurent-elles aux personnes durablement éloignées du marché du travail ? comment se réalise, dans le contexte français, l'adéquation de l'offre de formation à la demande des entreprises et des salariés ? telles sont les questions soulevées dans le rapport rédigé par andré gauron.
    L'auteur suggère en outre plusieurs voies d'évolution du système français de formation professionnelle : mieux articuler formation initiale et formation continue ; remplacer pour les entreprises l'obligation de financer par une obligation de former comme élément du contrat de travail ; créer un droit à certification des compétences professionnelles ; faire porter un effort prioritaire sur les personnes à faible qualification ; rendre le marché de la formation plus transparent.

  • En août 1999, Lionel Jospin a fixé l'objectif de " reconquérir une société du plein emploi " dans la décennie à venir.
    Le Premier ministre a demandé à Jean Pisani-Ferry de préparer dans le cadre du Conseil d'analyse économique un rapport sur les conditions économiques du retour au plein emploi. Ces dernières années, l'économie française a créé des emplois à un rythme sans précédent au vingtième siècle. le rapport donne les raisons de cette performance, qui fait litière de l'idée reçue selon laquelle les économies développées seraient devenues capables de créer des emplois.
    Il dégage le rôle qu'ont joué la croissance et " l'enrichissement en emplois de la croissance " et examine quels ont été les bénéficiaires de la baisse du chômage. La définition du plein emploi fait l'objet d'analyses détaillées, qui mettent l'accent sur la nécessité de résorber, à la fois, le chômage et la sous-activité qui s'est progressivement répandue en France. Le rapport souligne les bénéfices économiques et sociaux d'une réaffirmation de la référence du plein emploi.
    Il chiffre à 300 000 par an au moins les créations d'emplois nécessaires pour atteindre l'objectif fixé en 2010. La route sera longue, cependant, et la politique économique doit tenir compte de deux grands changements : le paysage économique s'est transformé avec, en raison même des très fortes créations d'emplois des dernières années, l'apparition de difficultés de recrutement ; la France participe désormais à la monnaie unique et la stratégie du retour au plein emploi doit s'inscrire dans ce contexte.
    Le rapport tire les conséquences de politique économique de cette situation. Il explique pourquoi la croissance française va progressivement devenir moins riche en emplois, ce qui nécessite qu'elle reste forte : au moins 3 % par an. Il dessine des orientations et formule des propositions concrètes en matières macroéconomique et structurelle pour que l'économie française se maintienne sur un rythme de croissance fortement créateur d'emplois.
    Il conclut que le plein emploi est un objectif à la fois réaliste et ambitieux. Le rapport de Jean Pisani-Ferry est accompagné de commentaires critiques d'Olivier Blanchard, Jean-Michel Charpin et Edmond Malinvaud, ainsi que de neuf compléments qui apportent des éclairages précis sur différents aspects de la question.

  • Nous atteignons aujourd'hui les limites du modèle de développement productiviste fondé sur deux postulats, dont nous savons aujourd'hui avec certitude qu'ils sont faux : celui du caractère inépuisable des ressources énergétiques classiques, et celui de la neutralité environnementale de leur utilisation.
    Si nous choisissons le développement durable, c'est-à-dire l'accès équitable aux ressources sans épuisement de la planète, alors une stratégie économe en énergie et basée sur les énergies renouvelables est indispensable et inéluctable. Ce choix n'est pas seulement une projection sur le long terme, il détermine les conditions de la paix ou de la guerre dans moins d'une génération. L'épuisement à terme des ressources fossiles et fissiles, leur impact négatif sur l'environnement ainsi que notre volonté de paix et de justice imposent donc une deuxième révolution énergétique.
    Celle-ci se traduit par une application généralisée de l'efficacité énergétique et par un recours massif aux énergies renouvelables : seule la combinaison de ces deux options est en mesure de relever ces défis. C'est pourquoi la question n'est pas de savoir s'il faut ou non développer cette stratégie à double détente, mais bien de savoir comment le faire dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible.
    Ce rapport de réflexion et de proposition sur l'efficacité énergétique et les sources d'énergie renouvelables est articulé autour de sept orientations politiques (efficacité, proximité, exemplarité, continuité, sensibilité, opportunité, inéluctabilité) dont la mise en oeuvre renforcerait les priorités du gouvernement : notre double stratégie est fortement créatrice d'emploi local, incite à la création de PME-PMI, augmente la productivité et la compétitivité des entreprises, développe les industries d'équipement, renforce nos capacités d'exportation, diminue les dépenses fatales des ménages, consolide l'aménagement et le développement durable du territoire, participe évidemment de la protection et de l'amélioration de l'environnement, accroît notre indépendance énergétique et diminue la facture énergétique, enfin permet à la France de respecter ses engagements internationaux, notamment dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.

  • La " Loi organique sur les lois de finances " (LOLF), votée en 2001, a acquis le statut de texte refondateur du budget de l'État. Pour autant cette loi reste en souffrance d'une réelle analyse économique. Ce rapport a pour ambition de mettre en évidence les fondements et la portée économique de la LOLF, sans nier pour autant ses autres dimensions. Il fait une distinction entre la LOLF et " l'esprit de la LOLF " puis souligne les grands axes de la nouvelle procédure budgétaire. Selon les auteurs du rapport, pour insuffler une véritable dynamique de réorganisation de l'État, la LOLF doit être appropriée par le décideur politique, au travers notamment d'une vision claire du périmètre et des objectifs de l'État. Ils formulent ici une série de dix-neuf propositions visant à améliorer le fonctionnement de ce dispositif. Résumés en français et en anglais.

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