Desjonqueres

  • « J'aimais éperdument la comtesse de... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna : et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. » L'esprit le plus vif, la fermeté dans la manière dont cette histoire de dupes est conduite, cette brièveté de trait qui fait mouche dès les premières lignes: ce sont là quelques-uns des mérites de ce fragile et parfait chef-d'oeuvre, dur et fini comme un bijou.

  • Narrant sur des modes très variés, du burlesque au tragique, la naissance et les premières années d'un enfant naturel sans nom et sans fortune, puis ses amours avec la fille d'un richissime lord anglais pendant la guerre franco-anglaise de 1776-1783 et les années sombres de la Révolution française, L'Enfant du carnaval, publié en 1796, a connu trente ans de franc succès. C'est l'un des premiers romans populaires français, et l'amorce, par son rythme effréné d'aventures à jet continu, des romans de Paul de Kock et de Ponson du Terrail.
    Dans ce roman truculent, à rebondissements multiples, le burlesque, le picaresque sont mis à contribution en même temps que le pathétique et le dramatique.
    Pigault-Lebrun, montreur d'images, nous offre également les portraits hauts en couleurs de nombreux types sociaux de la bourgeoisie de province et du peuple de Paris.

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  • « J'ai écrit cette comédie à l'âge de dix-huit ans » annonce Rousseau dans sa préface. L'intrigue a pour prétexte la mystification dont est victime un jeune fat à qui la soeur, par malice, fait voir un portrait de lui-même déguisé en femme et qui devient amoureux de la femme représentée, en qui il ne se reconnaît pas. Adroitement construite, comique, émouvante, cette pièce est la satire des erreurs où sont entraînés de jeunes êtres par l'engouement pour une mode ridicule ou par une sensibilité irréfléchie. Elle est intéressante par la bonne humeur, la sensibilité de ses jeunes héros. Narcisse est une pièce heureuse. Cette comédie est précédée d'une longue préface de Rousseau dans laquelle il défend ses idées. Et l'une des plus importantes est que la société civilisée repose sur l'imposture des uns et la méconnaissance de soi qui fait des autres des complices ou des victimes.

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  • De Madame de Tencin, l'une des personnalités les plus fascinantes du XVIIIe siècle, Voltaire avait loué le talent romanesque et le style pur et naturel.
    Le Siège de Calais se lit comme Les trois Mousquetaires, la passion anime les personnages, l'honneur leur dicte leur conduite face aux multiples aventures auxquelles ils se trouvent confrontés.
    Monsieur de Canaple aime Madame de Granson qu'il croit indifférente à son égard. Madame de Granson aime Monsieur de Canaple, dont elle se croit méprisée ; le lecteur connaît les sentiments des personnages, mais eux vivent dans un quiproquo entretenu par les nombreuses circonstances auquelles ils doivent faire face.
    L'intervention de Mademoiselle de Mailly et de Monsieur de Châlons, dont les aventures se mêlent à celles des deux principaux personnages, crée un chassé-croisé amoureux augmentant les malentendus que les guerres et les séparations s'ingénient à compliquer. Le lecteur est ainsi entraîné dans une série de péripéties passionnelles et héroïques dont le dénouement ne surviendra qu'à la fin du récit.
    Bref, un scénario que l'on croirait écrit pour Hitchcock, avec en plus l'admirable écriture du XVIIIe siècle.

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  • La poupée

    Bibiena

    « ... J'entrai dans la boutique. Il ne me restait plus de curiosité pour la marchande ; mes yeux étaient fixés sur la poupée. » Ainsi naît la fascination qu'éprouve un jeune homme pour une figure féminine miniature, une poupée si parfaite qu'on la croirait vivante. En réalité, elle l'est, c'est une sylphide qui a pris cette apparence et qui fera son initiation amoureuse.
    Ce roman à l'érotisme délicat et pervers nous propose une véritable pédagogie du plaisir différé à l'opposé du libertinage de conquête.

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  • Lorsqu'en 1790 il prend envie à Rivarol de "faire le dénombrement des grands hommes de chaque espèce qui d'une paisible monarchie ont fait une si brillante république", il se montre à la hauteur des circonstances et met tout son talent de critique, sa verve inimitable, son sens du trait au service de son projet.
    Voici, dans l'ordre alphabétique, 136 personnages de la Révolution "croqués" par ce pamphlétaire de gémie en quelques phrases acérées et impertinentes. Les plus obscurs cotoyent les plus célèbres, la médiocrité des uns nivele la gloire des autres.

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  • Dans la galerie des privilégiés qui tinrent une place dans la vie de Julie de Lespinasse, l'homme auquel elle donna le plus sa confiance et sa sympathie, juste après d'Alembert, est certainement Condorcet.
    La correspondance que nous publions est le témoignage de cette amitié sincère et totale. Elle éclaire un aspect de la personnalité de Condorcet que l'image du savant, du philosophe et de l'homme public occulte le plus souvent. De Julie de Lespinasse, l'histoire a surtout retenu sa liaison passionnée avec le comte de Guibert et les admirables lettres d'amour qui en sont le témoignage. On verra ici que cette femme sensible n'était pas moins douée dans le registre de la tendre amitié que dans celui de la passion fatale.

  • Texte intégral conforme à l'édition de 1772.
    Présentation de Alain Clerval.


    C.-J. Dorat a laissé un chef-d'oeuvre : Les Malheurs de l'inconstance. Ce roman qui servit de modèle aux Liaisons dangereuses, l'égale à bien des égards par l'analyse des sentiments, des stratégies amoureuses et par les rebondissements dramatiques qui en découlent.
    Le Duc de ***, libertin perverti, éconduit par Madame de Syrcé, décide de se venger : « Je n'ai pu la déterminer en ma faveur, je veux la séduire par procuration ». Il confie cette mission à son cousin, le Comte de Mirbelle, dont le coeur est déjà pris par une Anglaise, Lady Sidley. Le lecteur assiste, complice involontaire, un peu voyeur, aux manoeuvres perverses du Duc et aux hésitations de Mirbelle. Il s'émeut à la richesse des sentiments de Madame de Syrcé et à la fermeté de Lady Sidley.
    Tous les personnages sont en place pour un drame dont le déroulement semble inéluctable et d'où émergent deux lumineux visages de femmes : Madame de Syrcé plus belle et plus touchante dans son abandon que dans sa résistance ; Lady Sidley que le doute n'effleure jamais et que la certitude brise.
    Des sentiments éternels et l'admirable écriture du XVIIIe siècle.

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  • Présentation de Simone Balayé.
    Texte établi par John Isbell et annoté par Simone Balayé.


    Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les oeuvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans.
    Parmi les premiers, les Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. L'Essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie « la seule peinture des mouvements du coeur », à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson.
    Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré- romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme.
    Dans ces premières oeuvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice du romantisme français qui déjà se révèle.

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  • édition présentée, établie et annotée par Valérie Cossy Cette oeuvre est le roman du lien d'un père à son fils, avec tout ce que ce lien comporte d'illusions, de malentendus, de craintes, de connivences et d'espérances.
    Le texte commence à la naissance de William en 1780 et s'arrête en 1799. Les problèmes de l'éducation, la critique des préjugés, la diffusion des Lumières, les relations entre nobles et roturiers, entre générations, entre hommes et femmes, ces grands thèmes qui traversent toute la littérature du XVIIIe siècle sont ici abordés à la lumière d'une chronique familiale très concrète et dans le contexte d'un moment dramatique de l'histoire européenne.
    On retrouve dans ce roman la pénétration psychologique d'Isabelle de Charrière, son sens de l'originalité des êtres, sa profonde tolérance teintée de scepticisme et de désillusion. oeuvre attachante, Sir Walter Finch et son fils William non seulement est d'un vif intérêt romanesque, mais nous invite à des réflexions de la plus directe actualité.

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  • Texte intégral conforme à l'édition de 1759.
    Édition préfacée et établie par Sylvain Menant.


    Amoureux fou de Milady Juliette Catesby, pourquoi Milord d'Ossery, la veille de son mariage, disparaît-il pour en épouser une autre ?
    Voici l'énigme que Juliette ne sait résoudre et l'offense qu'elle ne veut pardonner lorsque Milord d'Ossery - veuf - revient vers sa première maîtresse avec autant de passion que s'il n'avait jamais changé !
    Plaisirs d'amour et souffrances d'amour vont alterner de façon très heureuse au cours d'un échange de lettres entre Juliette Catesby et son amie Henriette Camplay.
    En somme, que des êtres incompréhensibles l'un pour l'autre se fascinent, se poursuivent et cherchent à s'unir, voici les données d'une énigme heureusement assez insoluble pour que l'avenir du roman demeure pour longtemps assuré.
    Diderot dans sa correspondance a fait l'éloge des Lettres de Milady Juliette Catesby : « La seconde lecture m'a fait encore plus de plaisir que la première. Cet ouvrage aura du succès. Je vous conseille de le donner et de l'avouer. »

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  • En matière de réflexion esthétique et littéraire, les Éléments de littérature publiés en 1787, constituent la somme la plus achevée que nous ait livrée le XVIIIe siècle. L'ouvrage se présente à la façon d'un dictionnaire : 192 entrées
    thématiques passent en revue les catégories essentielles de l'analyse littéraire, depuis abondance jusqu'à vraisemblance, en passant par comédie, dénouement, pastiche ou traduction. Cet ensemble sonne le glas de la poétique classique : il y est question, non plus de belles-lettres, mais de littérature et Marmontel est l'un des premiers à employer ce terme dans l'acception que nous connaissons aujourd'hui.
    Le changement est considérable : à un univers encadré par des règles se substitue une production présentée dans sa diversité historique et géographique : Marmontel, pétri de culture classique, innove en évoquant la littérature du Moyen Age, ou en citant les poètes allemands, anglais, italiens. Compulsés par des générations d'élèves, d'étudiants, d'amateurs et d'écrivains, les Éléments de littérature n'ont pas été réédités depuis près de 150 ans. Ils constituent pourtant un instrument irremplaçable pour lire et comprendre la production littéraire du XVIIIe siècle et sont un jalon
    essentiel de la réflexion sur la littérature entre Boileau et Hugo.

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  • Dans ce roman par lettres, les deux épistoliers, liés par une amitié sincère,
    explorent les difficultés de l'amour et du mariage. Deux intrigues, menées à vive allure, se déroulent en parallèle : Adélaïde, jeune veuve, est amoureuse de Montalais, homme marié. Son amie madame de Martigues, femme très libre ne capitule qu'à la dernière minute devant son soupirant : "Pauvre Piennes ! Il va faire une grande perte, j'étais son amie, je serai sa femme, quelle différence!". Une grande partie du charme de ce livre est dans son écriture, son style incisif, fougueux, qui sert sans faillir la modernité de l'histoire.

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  • Les Malheurs de l'amour retracent les passions tumultueuses et contrariées de Pauline, riche héritière soumise à la volonté d'une mère ambitieuse.
    Conflits du coeur, contrariétés du sort, coups de théâtre : l'univers romanesque de madame de Tencin - où perce un humour qui n'appartient qu'à elle - s'y retrouve tout entier. Exploitant les subtilités psychologiques de l'écriture à la première personne ainsi que les effets de polyphonie narrative, la romancière explore, à l'instar de ses contemporains Prévost et Marivaux, les troubles de la conscience et les inquiétudes du sentiment, tout en jetant un regard critique sur les contraintes de la vie d'une femme au siècle des Lumières.

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  • Une des plus fines lames de son siècle, le prince de Ligne fut aussi l'une de ses meilleures plumes. Amabile est à la fois le pendant et l'inverse de Candide : l'itinéraire de son héros, au rebours de celui de Voltaire, le mène des affres du pessimisme aux joies sereines de l'optimisme.
    Jeté dans les tumultes de la guerre de Sept Ans, Amabile tâte de la vie des camps, avec ses soudards immondes et ses généraux intrigants, puis, à Vienne, de la vie des grands, avec ses ministres vaniteux, ses favoris incapables et son clergé omnipotent, pour enfin découvrir la vie à Ferney, dont il goûte dans un ravissement amusé les utopiques délices. Pour le prince, ces tribulations sont l'occasion de développer des vues d'une hardiesse inouïe : le récit qui avait commencé comme un « conte plaisant » se mue en satire si féroce qu'il dut demeurer à l'état manuscrit.
    Publiée ici pour la première fois, cette réplique à Voltaire porte sur son temps un témoignage essentiel.
    Inédits également, trois recueils de portraits à clefs - contenant notamment ceux des futurs Louis XVIII et Charles X - complètent la présente édition.

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  • En 1754, Louis de Cahusac, l'un des rédacteurs de l'Encyclopédie, apporte avec La Danse ancienne et moderne ou Traité historique de la danse une contribution essentielle à la pensée du spectacle. Cahusac y développe une conception moderne du ballet, renouant les fils entre la tragédie grecque et les oeuvres de Lully, entre les fêtes spartiates et les célébrations princières, entre les pantomimes romaines et les ballets de son temps. Sous sa plume, la danse recouvre l'importance qui lui revient dans la vie des arts et celle de la cité. Par son pouvoir d'imiter des actions, d'évoquer des situations, de traduire des sentiments, elle est désormais en mesure de constituer un spectacle à part entière.

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  • Au printemps 1785, Malesherbes cède à son goût légendaire pour les voyages et part faire le tour de l'Angleterre. Il en rapporte une moisson d'informations qu'il nous livre sous la forme d'un journal, notant à chaque étape ses observations et ses réflexions. Curieux, méthodique, notre voyageur itinérant séjourne à Londres bien sûr, puis à Oxford, va de Manchester à Bristol en passant par Birmingham, sillonne la campagne anglaise avec ses châteaux et ses parcs mais aussi ses cités industrielles et ses ports. Malesherbes s'intéresse à tout : à l'organisation sociale et urbaine, aux nouvelles industries et aux manufactures, au commerce, aux jardins, à la botanique, science qu'il cultive en professionnel ; il note tout ce qui l'étonne : le coût des logements, des denrées, les règles commerciales, il décrit avec talent les châteaux où il séjourne et leurs habitants et surtout se passionne pour leurs parcs. Instructif et passionnant, ce Voyage en Angleterre est un inédit. Le manuscrit est resté dans une collection privée jusqu'en 1960 et depuis lors dans les archives d'une bibliothèque américaine où il a été découvert par madame Crogiez Labarthe, professeur de littérature française à Berne qui présente le livre.

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  • Les Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** est la première grande oeuvre d'un écrivain de vingt-cinq ans. Il s'agit d'un roman par lettres qui ne donne à lire de cette correspondance amoureuse que les lettres de la femme.
    Mariée contre son goût, la marquise cultive les figures successives d'une passion dont elle fait la substance de son existence. Toute la gamme des modalités de l'amour se propose à une épistolière fort habile à mettre en spectacle la vie du coeur. Rien n'échappe à l'héroïne des dangers vers lesquels elle court. Mais la raison n'est d'aucune efficacité contre la passion.
    Le roman de Crébillon procure ces pages rares où l'émotion coexiste avec la perception de l'artifice qui devrait l'abolir.
    La qualité de l'oeuvre, la maîtrise du romancier, le style, font des Lettres de la Marquise l'un des plus beaux romans des Lumières.

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  • Angola

    Morliere (La)

    Angola , sous les apparences d'un roman, libertin et mondain, est l'histoire d'une véritable éducation sentimentale dont l'action se situe dans un monde féerique.
    Le héros, Angola, est menacé à sa naissance par une fée de souffrir en amour faute de «patience». Instruit des seuls plaisirs de la galanterie, il se voit désemparé quand il découvre la réalité de la passion. Le prix à payer sera cruel. Le soir de son mariage, un puissant génie frappe de sommeil Angola au moment décisif et le lecteur découvre le sens de cette «impatience» amoureuse qu'avait promise la fée. Angola sera finalement désenchanté mais un peu tard.
    Grâce au subterfuge du conte, l'auteur se livre à une critique acerbe des moeurs policées mais perverties de la Cour de Louis XV.
    La réussite du roman, son charme, tiennent avant tout dans le rythme alerte de la narration, le cocasse des situations, l'aisance d'un style cherchant jusqu'où l'élégance peut voiler l'indécence.

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  • Parmi son oeuvre considérable, Fontenelle composa une série d'opuscules consacrés à la critique littéraire, la politique, la morale et la philosophie.
    Dans ces essais Fontenelle expose ses grands principes : soumettre les croyances, les autorités, les traditions à l'examen d'une pensée juste. Intrépide, cette méthode dénonce et détruit tous les préjugés dont l'esprit humain ne s'embarrasse que trop aisément.
    De proche en proche, sa critique dévastatrice finit par ruiner tout l'édifice de l'ancien monde. A sa place se dresse l'utopie d'un homme modeste, philosophe qui ne fait confiance qu'à ses lumières et à son expérience.
    Le bel esprit, le polémiste, l'orateur se révèlent tout entier en chacun de ces textes.

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