Desjonqueres

  • La structure est fort simple. Une aristocrate française entreprend un voyage vers Madrid où elle doit retrouver une parente qui s'y est installée. Elle écrit alors à sa cousine restée en France ; ce faisant elle offre un des plus passionnants tableaux de l'Espagne à la fin du 17e siècle. En effet, le récit est riche d'observations en tous genres : description minutieuse des routes empruntées et des auberges, peinture des châteaux et des églises visités, des paysages et des villages traversés. Madame d'Aulnoy présente les habitants des régions qu'elle découvre à travers les modes, la gastronomie, les pratiques sociales, la musique, le théâtre. Elle n'oublie pas d'inclure des anecdotes piquantes à propos de la vie de cour, et de faire le portrait des grands seigneurs espagnols. Le succès de l'oeuvre tient tant à la curiosité que suscite alors l'Espagne, qu'à la qualité de l'écriture et du style de Mme d'Aulnoy.
    C'est sans conteste le plus célèbre récit de voyages dans la péninsule Ibérique de l'âge classique. Il n'existe aucune édition modernisée de ce texte.

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  • Homme de guerre et homme du monde autant qu'homme de pensée et d'écriture, saint-evremond prend place parmi les grands moralistes du xviie siècle, les la rochefoucauld, pascal et la bruyère ; mais sa place est à part : sainte-beuve voyait en lui un " montaigne adouci ".

    Comme en témoignent généreusement les textes de ce recueil, ce n'est pas l'abstrait des principes qui suscite sa réflexion, c'est l'expérience des rapports que tout homme entretient avec l'histoire, les moeurs, la langue, les livres, avec les autres et avec soi. on voit alors se dessiner en creux la figure du moraliste véritable dont la méthode consiste à prendre la vie pour guide et non les idées préconçues.

    Cette rare liberté d'esprit et de style qui rend sa lecture si tonique aujourd'hui, saint-evremond la laisse s'épanouir dans le mouvement d'un commentaire, d'une conversation, sur le mode privé et amical de la séduction et de la connivence. il traite de l'essentiel, et, parce qu'il s'agit de l'essentiel, il en traite comme négligemment, du bout des lèvres, avec une fermeté discrète.

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  • Oeuvre de jeunesse que Fontenelle remania jusqu'à la fin de sa vie, les Lettres galantes de Monsieur le Chevalier d'Her*** ont le charme des oeuvres inclassables. Recueil de lettres, « pot-pourri » où l'on peut humer l'esprit de Pétrone, transposition épistolaire et néanmoins romancée de saynètes qui rappellent la comédie moyenne, galerie de portraits ébauchés où l'on distingue, derrière les rideaux d'un théâtre imaginaire, l'ombre des Modernes de l'antiquité, ces lettres, plus qu'un anti-roman dans lequel Fontenelle se ferait, avant Diderot, parodiste du romanesque, semblent un « nouveau roman » dans lequel il appartient au lecteur de tracer son chemin pour suivre dans leurs détours les aventures d'un Chevalier aussi plein d'esprit que d'imagination.
    Sous les allures d'une galanterie qui se mue en libertinage mutin, c'est un style que Fontenelle invente, une écriture singulière qui transpose une parole en liberté, dont on retrouvera certains tours et bien des accents dans la prose du jeune Marivaux.
    Oeuvre importante dans l'histoire du roman, ces Lettres galantes montrent de manière éclatante qu'au tournant des Lumières l'esprit de gaieté n'interdit pas la profondeur et qu'un Moderne comme Fontenelle ne jugea jamais que la raison dût nécessairement divorcer de la jubilation.

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  • Peut-on fonder une morale indépendante de la religion ? Cette dernière est-elle nécessaire au maintien de la société ? En est-elle, au contraire, l'ennemie ? Comment penser le problème du mal ? Telles sont les questions que pose Bayle au fil de quatre ouvrages polémiques, dans lesquels la réflexion sur l'athéisme est liée à une enquête sur la superstition, les rapports entre société et religion, les ressorts de l'esprit humain. Protestant et libre-penseur, Bayle écrit dans un contexte de radicalisation religieuse. L'indépendance d'esprit du philosophe n'en est que plus admirable, au service du seul principe qui l'anime : le goût de la vérité, quoi qu'il en coûte. Prenant le contre-pied du préjugé qui associe l'athéisme à l'absurdité et à l'immoralité, Bayle y substitue le constat de l'irrationalité de la foi et des dangers du culte ; de sa vigoureuse entreprise critique se dégage une morale rationnelle et purement laïque. Dans la pensée paradoxale de ce premier homme des Lumières, dans son refus du dogmatisme, l'ironie cinglante de sa plume, la vigueur de son engagement, nous trouvons le précieux auxiliaire de nos propres préoccupations.

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  • « Mais, Madame, quand on est née pour les aventures, on a beau faire, l'influence est toujours la plus forte ; et lorsqu'on y songe le moins, il arrive des choses qui donnent un tour de roman aux affaires les plus simples et les plus communes. » Sur ce principe se fondent les Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière, autobiographie fictive d'une héroïne hors du commun : de naissance mystérieuse, elle est jetée dans des tribulations qui vont de coups du sort en coups de théâtre, menant le lecteur d'étonnement en surprise.
    Ses aventures sont contées avec une liberté de ton qui n'a d'égale que l'aisance avec laquelle Henriette-Sylvie les traverse. Roman de femme sur une femme, il n'a d'autre prétention que de susciter le rire et l'émotion, ni d'autre dessein que de témoigner d'une liberté de moeurs que son sexe avait connue avec les grandes dames de la Fronde, et était en train de perdre sous l'absolutisme naissant de Louis XIV.

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  • Au cours de sa carrière militaire et mondaine Saint-Evremond fréquente les principaux personnages dont il fait le portrait dans cet ouvrage : Condé,Turenne, furent ses chefs ; le duc de Candale, Fouquet, ses protecteurs ; le duc de Beaufort, le conte d'Olonne, Ninon de Lenclos, la duchesse de Mazarin, ses proches amis. Saint-Evremond excelle dans cette forme brève où il évoque aussi bien les qualités de ces personnages célèbres que les événements de leur vie privée ou publique, nous les rendant ainsi proches et attachants.

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  • D'apparence ludique, ces Petits Traités,dont on découvre ici la hardiesse et la vivacité, formulent des questions d'une variété surprenante: interrogations sociales, politiques, philosophiques, scientifiques, morales, esthétiques. Autant de thèmes dont l'audace est souvent masquée par la complexité du discours érudit. Si les petits traités affectent d'être des lettres, c'est qu'avec un lecteur familier l'auteur peut recomposer les temps forts de cette culture de la conversation amicale et savante où bonne chère et bonne culture font bon ménage.

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