Bpi Pompidou

  • L'île.
    Un monde en réduction, à la culture et à la langue singulières, une création artistique concentrée et inépuisable. Mais aussi une terre close, étriquée, à l'identité surdéterminante, trop prégnante, que de nombreux intellectuels ou écrivains cherchent à fuir.
    L'île.
    Depuis l'Antiquité, un refuge de l'imaginaire, de l'exil créatif, le lieu de l'Utopie comme repéré sur une carte. Mais aussi la prison idéale, où la mer est un mur infranchissable, un espace propice aux abus de pouvoir, intolérables pour les poètes et tout homme épris de liberté.
    L'île.
    Un coin de terre où l'on ne revient jamais, heureux (ou contraint) de parcourir le monde en nomade. Mais aussi un aimant au magnétisme paradoxal, qui attire et repousse, que l'on ne cesse de retrouver et de fuir, en de perpétuels allers retours.
    L'île comme fantasme d'écriture.
    L'ex-île comme condition idéale de l'écrivain.
    On le voit, les pistes de réflexion ne manqueront pas aux treize invités, venus de treize îles, pour ces neuvièmes rencontres D'encre et d'exil.
    (Pascal Jourdana)

  • Reproduire le genre ? Il s'agit d'abord du genre de la reproduction, c'est-à-dire d'une reproduction dénaturalisée, mais aussi de la manière dont l'ordre de la famille, de la parenté et de la parentalité ne se contente pas de refléter un ordre des sexes : par le jeu des rôles sexués, il participe de sa reproduction.

    Après Genres & Sexualités (2009), ce volume réunissant anthropologues, historiens, juristes, philosophes et sociologues vient clore les actes de trois colloques organisés à l'initiative de la Bibliothèque publique d'information. L'ensemble est défini par le renversement d'une donnée empirique en une interrogation : des femmes et des hommes ? Au-delà du pluriel, c'est l'évidence selon laquelle il y a deux sexes qui est ainsi soumise à la question par le concept de genre. La différence des sexes posée comme un fait non-problématique, c'est-à-dire niée en tant que problème, est au principe de l'ordre, non seulement des sexes, mais aussi des sexualités, de l'ordre familial et de la filiation, et de la reproduction. Le genre ébranle l'évidence de cette donnée première en la dénaturalisant.

    Le genre se révèle ainsi, inséparablement, un outil (scientifique) et une arme (politique) : le féminisme ouvre un champ d'études en même temps qu'un champ de bataille.

  • "Il y a trente ans, un coup d'État militaire mettait fin à une démocratie en train de naître. Certains ont fui cet état d'urgence et ont continué leur combat de loin. Ils ont écrit, filmé, peint, ils ont construit une mémoire, pour ne pas l'oublier. L'année précédente, lors des deuxièmes rencontres D'encre et d'exil, nous entendions des auteurs sud-africains. L'année d'avant, ils étaient afghans. La liberté n'a pas de prix ni de frontières et les artistes ont toujours été les premiers à se battre pour la défendre. Durant trois jours, une dizaine d'écrivains, poètes, cinéastes chiliens seront présents pour raconter tout ce chemin parcouru depuis trente ans, chemin qui reflète aussi une longue histoire d'accueil et d'échanges artistiques entre la France et le Chili. D'autres auteurs, venus d'ailleurs et vivant ailleurs, seront aussi présents pour évoquer leur rôle de passeur, de témoin." (Florence Verdeille-Osowski)

  • Terre de déploration, de ferveurs et de démesure, de beautés éclatantes et de dévastations, Haïti, morceau d'île dans les eaux caraïbes, est une terre singulière. Première république noire du monde, aujourd'hui lieu de désolation après avoir suscité tant d'émerveillement et d'espoir, Haïti semble devoir sa survie à l'extraordinaire vitalité de ses créateurs de l'instant et des lendemains. Qu'ils demeurent en Haïti et poursuivent le combat, de Duvalier(s) en Aristide, de « macoutes » en « chimères », ou qu'ils aient été contraints à la déchirure de l'ailleurs, les artistes haïtiens en appellent aux fleurs d'insomnie, aux arbres-musiciens, dans la rue des pas perdus ou sur la piste des sortilèges. Dès lors, ils gouvernent la rosée, ensorcellent les montagnes, possèdent la pleine lune et, debout, relèvent les affres d'un défi. Ainsi de Petit Goave ou de Jérémie, de Miami ou de Québec, de Port-au-Prince ou de Jacmel, de Dakar ou de New York, de Paris ou de Lézignan, d'île ou d'exil, les poètes, romanciers et dramaturges maintiennent haut et fort l'écriture du grand livre des douleurs des hommes de plein vent, des fils de misère et des femmes-jardins. Ainsi, lorsque tonnent les folies des hommes et la furie des éléments, il reste les fièvres et le sursaut des talents, la fugue dans la schizophrénie ardente d'un imaginaire fécond, dans l'ombre du doute et dans l'éblouissement des mots. (Bernard Magnier.)

  • Dans un univers où les nouvelles technologies évoluent constamment et où l'individu est régulièrement amené à se recycler dans sa carrière professionnelle ou à maîtriser les outils de développement personnel, la bibliothèque est aujourd'hui le lieu d'expression d'une demande nouvelle en autoformation.
    Cette demande, dépendante pour partie de l'offre de la bibliothèque et du niveau de formation de l'usager, remet également en question le rôle des bibliothécaires et de leur médiation. Reprenant les actes du colloque organisé à la Bibliothèque publique d'information en décembre 2005, ainsi que le rapport de l'enquête réalisée par le service Etudes et recherche de la Bpi sur l'espace Autoformation de la Bpi, cet ouvrage se veut un outil de réflexion pour les professionnels des bibliothèques.
    /> Reformulant les questions auxquelles les bibliothécaires sont confrontés dans leur pratique quotidienne, s'appuyant sur leurs expériences et sur l'analyse théorique de chercheurs en sciences de l'information, il tente d'ouvrir de nouvelles pistes de travail pour établir à l'avenir, peut-être une " charte de l'autoformation en bibliothèque ".

  • Un livre sur cinq vendu en France est un policier. De Simenon à Cornwell, de Daeninckx, Jonquet ou Vargas à Menkell, Pears ou Camillieri, rares sont les lecteurs qui n'ont jamais fréquenté ces récits. À partir d'une quarantaine d'entretiens approfondis avec des lecteurs assidus, Annie Collovald et Érik Neveu tentent de comprendre les raisons d'un tel engouement. Quelle est aujourd'hui l'offre de récits policiers? Comment se familiarise-t-on à ce genre littéraire? Quelles justifications, quels plaisirs les lecteurs invoquent-ils? Quelle évasion peut bien offrir une littérature qui évoque le sang, la menace, souvent les frontières noires du monde social? Et comment rendre compte des troublantes coïncidences entre les ruptures biographiques (mobilité sociale, drames personnels) vécues par bien des lecteurs et leur prédilection pour le polar? En rendant visible La capacité des genres policiers à cumuler les attraits des littératures de distraction, de savoir et de salut, cette recherche, qui accompagne au plus près la biographie et les pratiques des lecteurs, aide aussi à comprendre les raisons d'un succès et les cohérences d'un public pourtant bigarré.

  • Où en sommes-nous, aujourd'hui, des rapports de la littérature avec le sacré?
    Qu'en est-il, aujourd'hui, de la question du spirituel dans la littérature?
    De quelle nature sont les rapports entre littérature et sacré?
    L'interrogation métaphysique est-elle nécessairement au coeur de l'écriture?
    Comment se manifeste-t-elle et sous quelle forme?
    Des écrivains se sont rencontrés une journée à la Bpi en 2008 pour en débattre...

  • Où en sont les bibliothèques municipales en France en ce début du XXIe siècle ? De quelle image bénéficient-elles aujourd'hui auprès des Français ? Quel est l'impact réel de cet équipement culturel sur la population ? Telles sont, parmi d'autres encore, les questions auxquelles l'enquête du crédoc, réalisée à la demande de la Direction du livre et de la lecture du ministère de la Culture et de la Communication, apporte de nombreux éléments de réponse. La phase terrain de l'enquête, à la fois qualitative et quantitative, ayant été conduite fin 2005, soit à une période charnière pour la France où l'on a assisté à un véritable « basculement dans la société Internet », on voit se dessiner ici, à travers les nombreux résultats présentés par Bruno Maresca, des formes avérées de concurrence mais aussi de complémentarité entre les bibliothèques publiques et l'usage d'Internet au domicile ; on mesure l'ampleur de l'évolution considérable de la fréquentation non inscrite et le développement d'une forme d'usage consumériste typique des médiathèques modernes. L'ensemble de ces informations - en plus des données habituelles concernant les types de visite, les rythmes de fréquentation, les déterminants sociaux qui la conditionnent, la diversité des usages au sein des établissements et l'image que ces derniers ont parmi la population - apporte un éclairage décisif pour alimenter la réflexion sur l'avenir des institutions publiques culturelles que sont les bibliothèques municipales françaises dans un paysage social profondément changeant.

  • "Ainsi que l'avait montré Marc Soriano tout au long de son oeuvre d'écrivain et d'essayiste, l'imaginaire européen s'est forgé dans un creuset de "traditions populaires et de cultures savantes". Ce patrimoine vivant, fécondé entre l'oral et l'écrit, à mi chemin entre les univers de l'adulte et de l'enfant a été identifié comme une "Amazonie littéraire" dont les découvreurs sont d'étranges étrangers : nos semblables, nos frères? Qu'ils se nomment Cervantès, Perrault, La Fontaine, Defoe, Swift, Lewis Carroll, Hoffmann, Grimm, Andersen, Collodi, la comtesse de Ségur, Jules Verne ou Saint-Exupéry, ils séduisent par leur modernité ancrée dans les images originelles, en prise directe sur les remous et les contradictions de leur temps. [.]" (Christiane Abbadie-Clerc, Avant-propos)

  • Albert camus et le mensonge

    Collectif

    « Comment vivre dans la vérité ? Ou plutôt, peut-on vivre dans la lumière aveuglante et souvent cruelle de la vérité ? Si le refus du mensonge est un des fondements essentiels de son action, de sa pensée et de son oeuvre, Albert Camus est trop pascalien pour ne pas se défier de tout angélisme ; il est trop lucide pour se laisser aveugler par les proclamations vertueuses, et ne pas mesurer quelle force d'attraction possède la tentation de chercher refuge et facilité dans le mensonge - qu'il soit d'ordre métaphysique, politique, idéologique ou moral. Mais l'homme et l'écrivain placent leur quête obstinée de la vérité, le respect de la vérité de l'être, en soi et dans l'autre, au premier rang des valeurs éthiques qui les orientent et les déterminent. » Jacqueline Lévi-Valensi

  • Découvrez Les mangados : lire des mangas, le livre de Olivier Vanhée

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