Avant-propos

  • Tarédant est une pauvre ville miteuse située sur une presqu'île du sud marocain, balayée de vents virulents et menacée de toutes sortes de catastrophes naturelles et surnaturelles. Ses habitants se prennent pour les êtres les plus géniaux de la terre. Leurs moeurs, pour le moins étranges, seraient les plus évoluées ; leurs croyances, plutôt insolites, les plus véridiques ; leurs comportements, plus farfelus que normaux, les plus nobles. Ils n'ont pas d'écrits parce que l'écriture les rebute ; ils n'ont pas d'écoles parce que rien n'encroûte autant l'esprit que la scolastique. Les musulmans les considèrent comme des déments et les juifs comme des hérétiques. Les uns les évitent pour ne pas être contaminés par eux ; les autres les accablent d'anathèmes. Malgré cela, ils n'épargnent rien pour remplir leur mission et propager le menkorisme, variété de la kabbale, préconisant le culte du vent, la protection des aliénés et la phobie du crabe.

  • Néchama, ce terme hébreu désigne l'âme humaine dans son sens le plus large. Dans ce livre INEDIT, Adin Steinsaltz nous entraîne à la découverte de l'âme sous tous ses aspects. Sa source divine, son essence, le caractère unique de chacune d'entre elles, les « vêtements » dont elle s'habille, les bons et les mauvais penchants, le libre arbitre. L'auteur propose encore une vision impressionnante et démystifiante de la mort ou plutôt de la vie de l'âme après la mort et même de la réincarnation. Il ne s'agit pas ici d'opposer le corps et l'âme, mais de montrer comment à eux deux ils définissent notre moi. Ce qui fait le plus mal à la néchama, c'est lorsqu'elle ne parvient pas à réaliser la mission qui lui a été incombée, lorsque l'être humain déploie tous les stratagèmes à occulter son murmure silencieux, à fuir la question que D-ieu posa à Adam et continue de poser à chacun : « Où es-tu ? ». Tel est sans doute le charme secret de ce livre : Adin Steinsaltz nous invite à écouter notre âme pour répondre à son message.

  • .Shlomo avait le projet d'un livre-témoignage écrit à plusieurs voix, couvrant la période depuis 1900 - l'année où sa grand-mère quitte Marrakech pour voguer vers la Terre Promise - jusqu'en 2000, alors que le fi ls de Shlomo se trouvait sous les drapeaux à Jérusalem.

  • L'arbre à voeux

    Ami Bouganim

    Safed serait perchée sur une montagne en Galilée pour être plus proche du ciel et mieux inspirer les mystiques et les artistes qui s'y rendent.
    Dans son vieux cimetière, sous des tombes bleues, reposent les saints kabbalistes dont les illuminations continuent de bercer l'Israël et de perturber son histoire. Un étrange arbre a poussé sur ce terreau de rocaille, de cire et de sainteté. Ses branches ploient sous les rubans et les sachets où les pèlerins glissent leurs voeux. Un jour, un étrange jeune homme s'accroupit contre son tronc. Il ne s'en relèvera qu'investi de pouvoirs surnaturels.
    On accourt de partout pour écouter ses sermons et ceux-ci révèlent une nouvelle étonnante. L'arbre à voeux raconte une histoire du passé et de l'avenir de l'humanité.

  • Rolf Tarrach rencontre les représentants des trois religions monothéistes.
    Le rabbin Adin Steinsaltz de Jérusalem, traducteur et commentateur du Talmud, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, représente le judaïsme ; Jean Ehret, prêtre et universitaire, auteur de plusieurs ouvrages sur le catholicisme, représente le christianisme ; Ghaleb Bencheikh, chercheur et producteur d'émissions télévisées, représente l'islam. Physicien de formation, Rolf Tarrach pousse ces trois sommités dans leurs retranchements religieux et tente de débusquer Dieu de leurs croyances respectives.
    Ces entretiens n'éludent aucune des grandes questions que la science pose à la religion : Dieu, ses révélations et ses cultes passés au crible des dernières découvertes.

  • Ce livre est un recueil de proverbes, d'aphorismes, de conseils.et d'adages. Des propos dépouillés de toute prétention. Sans illusions d'aucune sorte. Ni sur la nature humaine ni sur ses misères existentielles. De ces propos qui traitent de la vie sans grande couverture théologique et emportent l'adhésion de chacun, de quelque religion ou culture qu'il soit. Ils ne consolent pas, ils ne soulagent pas, ils n'exhortent pas. Ils ramènent toute chose à l'échelle d'une existence que guette la mort et qui ne s'en rachète d'une certaine manière qu'en pratiquant le bien. Ils donnent des instructions pour traverser la vie avec noblesse et résignation. On ne lit pas ces perles sans hocher ou secouer la tête. Ce recueil nous ramène à une sagesse pertinente présentant l'insigne mérite d'être valable pour tous.
    Traduit et introduit par Dan Scher à partir de la traduction hébraïque de Shmuel ibn Tibbon connue sous le titre Séfer Mivkhar ha-Pninim.

  • Paroles affables : proverbes judéo-marocains sur l'hospitalité et l'amitié présente une nouvelle sélection de proverbes judéo-arabes recueillis auprès d'informateurs et d'informatrices nés dans différentes communautés juives du Maroc. L'ouvrage propose une présentation multilingue des proverbes.

  • Le premier volume de Tarédant était une reconstitution humoristique de la vie des Juifs dans une ville miteuse du Maroc où les habitants autosuffisants se croyaient géniaux. Ce deuxième volet raconte de nouveaux épisodes de la vie des personnages.

    Dans ce second volume, Tarédant accueille son prince, de retour de l'on ne sait quelle expédition romantique, pour une nouvelle ère de lubies et de leurres. Le peuple s'accommode tant bien que mal des abus, des chantages er des extorsions de son gouvernement princier lorsque les Français décident de faire de leur patelin une station balnéaire pour ses colons, ses militaires et ses artistes.
    Ce sont alors tous les esprits qui s'excitent, les aliénés qui se révoltent, la chronique de la ville qui déraille et son auteur qui délire dans tous les sens.

  • Paroles exquises

    Joseph Chetrit

    Recueil de proverbes judéo-marocains traduits en français, en hébreu et en arabe. Publié sous le parrainage de l'Université de Haïfa.

  • Déambulation psychologique et talmudique autour des questions que soulèvent une thérapie en quête de sens, les désarrois amoureux et la hantise de la mort et son apaisement. Une déambulation écrite comme un roman autobiographique se gardant de tout jargon et montrant cette vivacité qui caractérise la pensée talmudique.

    Un psychiatre dévoile l'envers de sa pratique thérapeutique et la soumet à la critique talmudique d'un rabbin. Une rencontre étonnante pointant les naïvetés de la pensée psy et ses inadéquations au monde postmoderne. Le psychiatre qui a beaucoup voyagé, géographiquement et intellectuellement, considère avec un recul salutaire et éclairant les querelles de chapelle qui font les délices du monde psy. Une thérapie serait davantage un apprentissage qu'une guérison.

  • Découvrez Les arbres sont-ils en fleurs chez vous ?, le livre de Menahem Mayer. Deux jeunes frères nés à Hoffenheim en Allemagne sont déportés avec leur famille en France et internés dans un camp de détention. Leurs parents sont transférés à Rivesaltes, puis envoyés à Drancy deux ans plus tard et, de là, déportés vers leur destination finale - Auschwitz. Entre-temps, les deux frères sont sortis du camp de détention grâce à l'OSE (une organisation juive humanitaire française) avec l'aide des Quakers. Ils passent par plusieurs orphelinats en France avant d'être séparés. Après la guerre. Fred, l'aîné, se rend aux Etats-Unis où il devient ingénieur aéronautique. Le cadet, Menahem, s'installe en Israël, combat dans les rangs de Tsahal lors de plusieurs guerres et trouve sa vocation dans l'éducation. Après de nombreuses années, les deux frères reprennent contact et écrivent de concert leur histoire fascinante. Cette double biographie émouvante nous est racontée dans un style original nourri des conversations que menèrent les deux frères pour tenter de combler les années de séparation.

  • La Fille de Voix est ce qui reste du Dieu exclu par les maîtres du Talmud de leurs débats. Est-ce l'écho d'une voix éteinte qui continue de retentir dans leurs souvenirs ou une voix vive qui persiste à les inspirer ? Ces variations talmudiques brossent les lignes d'une théologie de l'abandon.

  • Mots simples

    Adin Steinsaltz

    Les mots simples de la vie quotidienne, qui reviennent sans cesse dans nos conversations, sont autant d'interstices pour cerner ce qui se passe au ciel et sur terre, derrière notre dos et au-delà de la mort.
    L'auteur prospecte la sagesse biblique, talmudique, kabbalistique et philosophique qui s'est sédimentée dans ces mots, tels la nature, le bien, la foi, le sexe, l'amour, Dieu. Il dessine davantage les limites de l'interrogation religieuse qu'il ne prêche une religion.

  • Quel est le sort d'une vieille maison de campagne saturée de bibelots et de souvenirs lorsqu'elle n'est plus entretenue, que les plafonds des chambres à coucher s'écaillent, les robinets de la salle de bain fuient et que les enfants qui ont grandi, la délaissent ?
    Un vestige romanesque ? Un fardeau inutile ? Le refuge idéal pour une petite retraite solitaire, l'hiver ou la cachette inespérée pour apaiser un tourment amoureux ?
    Une jeune femme troublée et incapable de se résoudre à ouvrir la lettre que son mari lui adresse pourtant, s'enfuit de chez elle. Réfugiée dans la maison de famille désertée par tous, elle espère retrouver le calme nécessaire pour affronter la lettre. Elle se heurtera, tout au long d'une périlleuse journée, à ses vieux démons, aux secrets de famille et aux fantômes du passé. Un père juif allemand caché dans une église pendant la guerre, qui retourne en Allemagne pour comprendre. Une grand-mère pianiste virtuose dans sa jeunesse à Francfort qui renonce à son art sans oublier les voisins trop curieux qui rôdent autour de la maison, objet de toutes les convoitises, dans le village.
    Mais il n'y a pas que les ombres et les fantômes. et elle n'est peut-être pas aussi seule qu'elle le croie. À qui et pourquoi leur père a-t-il encore prêté les clefs de la vieille maison ? Il lui faudra également composer avec ce mystérieux invité.

  • Le livre du livre

    Neri Segrè

    Les livres ne cessent de paraître et de se relayer sur les devantures des librairies et dans les supermarchés. Ils se multiplient ; ils prolifèrent. Nous sommes débordés par eux, pris de vertige devant les piles qui s'amoncellent dans nos bibliothèques, désespérés d'en venir à bout. Nous assistons incontestablement à une mutation dans le rôle qu'a tenu le livre dans la civilisation, par trop livresque, qui a été la nôtre jusqu'à la grande révolution télématique. On serait désormais poursuivi par le spectre de la disparition du livre-papier. On commence bien sûr par se récrier de révolte et de tristesse. On proteste de son irréductible tendresse pour ce bon vieux livre qui respire l'arbre et l'encre. On proteste ; on regimbe. On ne renoncera pas à la relation sensuelle, quasi-mystique, avec le livre ; on continuera de tourner la page pour suivre les péripéties du héros ou de son auteur. Peut-être ne résiste-t-on autant à la perspective de la disparition du livre-papier que parce que nos décors sont toujours faits de livres.
    Le ciel bien sûr, gribouillé de versets ; la terre aussi, pavée de livres. Nous serions condamnés - provisoirement ? - à vivre dans un univers de lettres. De-ci, du texte ;
    De-là, du texte. On est interné dans le texte. Dans tous les cas, le livre promet ou menace de s'offrir de longues obsèques dans des livres comme celui-ci où il n'est pas tant question de son histoire que de ses prestigieux déraillements.

  • Les Contes des miroirs brisés et leur cortège de doubles, d'alter ego et de reflets, nous invitent à lire les rapports que l'homme entretient avec les êtres aimés - père et mère, frères et soeurs, époux et amants - à l'aune des forces et passions qui se trament, invisibles à l'oeil nu, entre les murs de la demeure en péril. Les personnages de Haviva Pedaya - hommes et femmes à la croisée des chemins, automates amoureux, angesmarionnettistes, Adams et Eves primordiaux ou éternellement répétés - réapparaissent d'un conte à l'autre, tissant une magistrale allégorie de l'existence humaine, entre l'implacabilité du destin et la force du libre arbitre. Dans une série de contes métaphysiques qui évoquent les figures mythiques de Narcisse ou de Pygmalion, puisent leurs thèmes et leurs structures dans le Hassidisme et la Kabbale, mêlent le souffle poétique biblique à l'interrogation talmudique, et allient l'écho des Mille et Une Nuits à la tradition de la littérature fantastique, Haviva Pedaya sonde les contrées désolées où l'homme, dans la solitude de la conscience, attend le réconfort d'un geste d'amour, d'un regard de compassion.

  • Le Rouleau d'Esther nous relate que Haman, haut dignitaire du roi perse Akhasveyresh (Assuerus), avait projeté d'exterminer tous les Juifs duroyaume, complot que surent déjouer in extremis la Reine Esther et son cousin Mordekhay (Mardochée). Ce récit biblique est commémoré chaque année lors de la fête de Pourim (« du destin » ou « des lots ») qui revêt l'allure d'une célébration carnavalesque.
    Depuis les Temps Modernes l'usage s'est répandu dans le monde ashkénaze de donner à cette occasion des représentations dramatiques (lesPurimshpiln), jeux de scène carnavalesques préfigurant la naissance du théâtre yiddish au XIXe siècle. Le texte le plus ancien qui nous soit parvenu fut consigné par écrit en 1697 : il s'agit du « Jeu d'Akhasveyresh », traduit ici pour la première fois.
    Dans cette satire, dérision, bouffonneries et grivoiseries illustrent cet humour débridé que Mikhaïl Bakhtine qualifiait de culture comique populaire de la Renaissance. Les dialogues facétieux y illustrent par la force décapante du rire une inversion parodique des règles communes et religieuses, extériorisant ainsi, selon l'heureuse expression de Jean Baumgarten, « une dimension transgressive de critique sociale et d'utopie messianique ».

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