Yves Charnet

  • Le chanteur Nougaro. J'aurai littéralement été habité. Cet enchanteur de ma jeunesse dans les cordes. J'aurai vraiment été à la merci de cette voix. Fasciné par ses gestes lyriques. Ce boxeur frappait à l'âme. Comme d'autres au ventre. Ce boxeur de syllabes vous touchait, en chantant, à cet endroit où c'est pareil, L'âme, le ventre. Il n'y allait pas de main morte. Quatre boules de jazz. J'ai fini par mélanger toutes les nougasongs du bluesman. Pot pourri de mes proses rongées de rimes. Serai-je parvenu, dans ce livre, à capter la fréquence-Nougaro. Sa pensée soufflée jusque dans mes plus intimes fibres. "Mon seul chanteur de blues" n'est pas mort. Son alchimie du verbe swingué. Le lyrisme est une fête. Rimes ou prose.
    Ancien de "Normale sup'", écrivain, vivant à Toulouse et travaillant là où il se trouve (trains, avions, hôtels, cafés...), Yves Charnet est un spécialiste de Baudelaire et, poète lui-même, également un grand amateur de jazz et de tauromachie. Il cultive en outre une passion dévorante pour la chanson française : Lama, Sardou, Trenet... Poursuivant son autofiction sans fin, commencée avec "Proses du fils" (1993), il ouvre, dix ans après la mort de son ami, ses "archyves Nougaro".

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  • Chutes

    Yves Charnet

    "Qui se souvient aujourd'hui du poète de "Proses du fils". Cinq euros cinquante-cinq, d'occase, sur Leboncoin. Ce fut une gloire en toc. Couleurs vite passées. Rien ne se délave comme la vie. Comme L'ENVIE. Et ton ivresse ne l'a plus ce soir. L'envie d'avoir envie. Tu ferais mieux de les fourguer au premier brocanteur venu. Tes chefs-d'oeuvre inconnus. Tu fais prof de Culture G. dans l'école d'ingés de Pesquet Thomas. Le temps est progressivement devenu gris. Comme tes cheveux. Ce nouveau chapitre de ton autofiction porte un titre très simple. Portrait de l'artiste en "has-been". Quelque plumitif avait même appelé Manet comme ça. Un raté de première classe. Tu deviens, peu à peu, cette épave. L'Ex de ta propre survie. Une nuit vient qu'on le fait comme un con. Le déconte à rebours. On coche une croix dans la colonne des foirades. Et autres ratages. C'est le milieu de la cinquantaine." - Y. C.

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  • Yves Charnet a transformé une passion qui, comme beaucoup d'aficionados, le conduit chaque été par le train sur la route des arènes, en errance et en objet poétique.
    Avec ses Lettres à Juan Bautista, la figure du torero s'était déjà installée comme celle d'un double du poète, au centre de sa quête du sens et de soi. Trains, hôtels, femmes, attentes, gradins : la puissance du spectacle taurin fait que regarder le torero des gradins, le suivre de triomphes en échecs, le deviner, le guetter pour seulement l'entrevoir, place l'écrivain en posture de voyeur de sa propre condition, et le torero en muse de ses états d'âmes.
    Fragments dévoilés au rythme d'interrogations, de réminiscences ou de dialogues volés, de voyages, de rencontres, de choses banales, entre journal et prose... Il en résulte des pages sublimées par le dialogue intime entre littérature et tauromachie. Un accès de l'absolu à l'existence proche de « l'état de poésie » de Georges Haldas.

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  • « Je ne sais rien faire, sinon répéter ce geste de Madame G. Ce geste d'inviter les enfants au restaurant. » Voilà sans doute, parmi tant d'autres, le legs le plus précieux de Madame G. au futur père maladroit qu'elle prit sous son aile quelque cinquante ans plus tôt. Tour à tour incarnation d'un désir enfantin, grand-mère élective, discrète bailleuse de fonds ou dépositaire des plus grands secrets, elle fait partie de ces gens qui traversent une existence et en deviennent à jamais les anges gardiens. Pour rendre hommage à celle dont la bibliothèque décida de son existence, Yves Charnet part à la reconquête des lieux de leur mémoire commune - La Charité-sur-Loire, Nevers, la rue de Turenne - et s'embarque dans ce « pèlerinage pour rien » qu'est l'écriture.
    Entre prose et poésie, d'un coin de la mansarde qu'il habite au-dessus du monde, il distille ses pensées d'homme vainqueur et vaincu, fragile et robuste, qui se perd à mesure qu'il se trouve. Ou l'inverse.

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  • Petite chambre

    Yves Charnet

    Le Cayla : une demeure perdue dans la campagne tarnaise où Maurice de Guérin (1810- 1839) et sa soeur Eugénie (1805-1848) se consumaient.
    Cet étrange " couple " de poètes est resté mythique. Maurice de Guérin, auteur du fameux Cahier vert, a d'une certaine façon inventé l'intimisme, dans le sillage de Chateaubriand. Maurice et bien d'autres se sont réclamés de lui. Poète lui-même, Yves Charnet a séjourné au Cayla dans chacune des quatre saisons. Tout en évoquant la mémoire de Guérin, il a médité sur les avatars et la postérité du Romantisme.
    De Nerval à Leiris -et au-delà. Il en résulte ce texte bref, tendu, habité. sensible. C'est une sonatine très contemporaine, mais chacun croira y reconnaître des harmonies et des ruptures qui viennent de très loin.

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  • Tu t'efforçais de ne pas penser à la langue de l'autre. Dans la bouche de ton amante partagée. La plupart du temps tu faisais comme si Romy n'aimait que toi. Tes ficelles de fils unique. Tu te faisais ton cinéma. Prises de vue, prises de guerre. Tu aurais voulu la faire prisonnière. Dans le grand jeu de ta petite vie. Qu'elle ne reparte jamais. Plus jamais. Tu étais piégé. Dans son regard aux lèvres rouges.

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  • Rien, la vie

    Yves Charnet

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  • L'ouvrage se présente sous la forme d'un journal, récit du désarroi d'un homme après un divorce survenu au bout de près de trente années de vie commune. Comme toute l'oeuvre d'Yves Charnet, il relève à la fois de l'autobiographie et de l'écriture littéraire, y compris dans ce qu'elle a de plus direct, dans un registre mélangé, où se mêlent la réflexion, le récit quotidien ou la chronique de rencontres aussi bien littéraires que personnelles.
    C'est à une oeuvre cinématographique, et non littéraire, que ressemble ce journal : celle de Maurice Pialat, intime parfois jusqu'à l'impudeur, et très travaillée dans son « écriture ».
    Découpage : Un homme s'est raconté (prologue) ; Un mélancolyrique; Déroutes du désir ; Pire que la naissance ; Se réparer tout seul ; Mots de passe (« épilogue »).

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  • De 2001 à 2006, Yves Charnet a suivi d'arène en arène une des grandes figures de la tauromachie française, le torero d'Arles, Juan Bautista. De la brusque interruption de sa carrière, en 2003, à son retour réussi en 2005, l'écrivain assiste à sa métamorphose, consacrant définitivement le torero lors du triomphe du 15 août 2006 à Dax, dans une légendaire faena sous le déluge.
    Comme il l'avait déjà fait avec Maurice de Guérin, Yves Charnet a pris le parti de s'adresser directement à ce double fabuleux. Pour approcher l'énigme de cet étrange destin consistant à rechercher, devant les toros, une beauté jusque dans le mourir. Ces lettres constituent un étonnant (auto)portrait de l'artiste en torero. Des arènes du Sud-Est à celles du Sud-Ouest, ces notes d'un voyage initiatique explorent aussi la géographie d'une âme. Elles parviendront à ceux qui se passionnent pour les arènes comme à ceux qui se demandent de quelle étoffe les rêves sont faits.
    L'auteur a entièrement révisé son texte pour cette réédition au format poche.

    À paraître
  • Proses du fils

    Yves Charnet

    «Je relis silencieusement quelques pages. Bien du temps a passé depuis ma découverte des Proses du fils. De grands poètes et prosateurs ont salué l'entrée en littérature d'Yves Charnet : Michel Deguy, Jacques Borel, Jean-Claude Pirotte, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Antoine Emaz, Sabine Macher, Valérie Rouzeau, j'en passe, et de considérables. Ils sauraient dire la splendeur verlainienne, discrète, de ces lignes : "J'avais rêvé dans le jardinet, regardé l'après-midi jaunir et saisi quelques bribes d'une conversation dont la douceur, confondue à celle de l'air encore tiède, m'écoeurait." Ils sauraient dire combien la musique de cet enfant hébété, attardé dans la pénombre naissante "jaune" que des voix trop douces "dont la maternelle sans doute" affectent soudain jusqu'au dégoût, sonne juste. Restituer le parfum, l'air, la densité exacte d'un instant de la plus lointaine enfance, dans son extrême ténuité, est sans doute une des marques du grand écrivain. Ils sauraient dire cela, car Yves est des leurs. Puisse cette nouvelle édition permettre à d'autres voix de faire entendre encore, ailleurs, autrement, cette langue souveraine.» Denis Podalydès.

  • Coeur furieux

    Yves Charnet

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  • Mon amour

    Yves Charnet

  • Dès ses premiers textes, Michel Deguy prenait le risque de s'engager à la poursuite de la poésie tout entière.
    En vers comme en prose, en philosophie comme en critique, l'écrivain de Figurations et de Gisants s'affirmera toujours poète. Ses livres constituent autant d'actes par lesquels il cherche le lieu et la formule d'une condition poétique écartelée entre tradition (Dante, Du Bellay, Gongora) et (post) -modernité (Höderlin, Beaudelaire, Celan). Voyageur avide d'horizons, inlassable animateur de revues, penseur curieux de tous les livres, Michel Deguy a accompagné de son écriture les différentes aventures intellectuelles qui, depuis les années 60, ont marqué la France et le monde.
    Il en résulte une poétique exceptionnellement riche dont la complexité masque encore la cohérence. Recomposant les interventions du premier colloque international consacré à Michel Dugy les Ier, 2 et 3 Juin 1995 à l'ENS de Fontenay/Saint-Cloud, ce volume collectif permettra de prendre la mesure d'une oeuvre qui par son travail sur la langue manifeste, avec une énergie rare aujourd'hui, que la poésie n'est pas seule.

    Outre des textes composés pour la circonstance par des poètes de pratiques et de générations divers, ce volume contient un important inédit de Michel, Deguy, Façons et contrefaçons.

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