Pascal Bruckner

  • Trente ans, c'est ce que nous avons gagné en espérance de vie depuis 1900 : la totalité d'une existence au XVIIe siècle. Formidable avancée qui bouleverse tout : notre vie professionnelle, amoureuse, familiale, notre rapport au monde, à la maladie, le sens même de notre destin.
    À partir de la cinquantaine, l'animal humain connaît une suspension entre maturité et vieillesse. Il comprend ce qu'il est précieux de sauvegarder, déraisonnable de convoiter et permis d'espérer. Que faire de ce cadeau ambigu ? Comment remplir cette moisson de jours supplémentaires ? S'agit-il de vivre plus longtemps, ou plus intensément ? Le défi de la longévité n'est-il pas d'arbitrer entre la fatigue et la ferveur, la grâce du renouveau et la disgrâce du renoncement ?

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste, sa puissance comme exploiteur de tous les « dominés » et « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • C'est l'histoire d'un enfant à la santé fragile. Né après guerre dans une famille d'origine et de culture allemandes, il est envoyé dans un village d'Autriche pour soigner ses poumons. Sous la neige, il prie chaque soir le Seigneur de provoquer la mort de son père. Ce dernier, antisémite et raciste, est un mari pervers qui bat sa femme. Son fils unique fera tout pour devenir son contre-modèle. Il sera l'élève de Jankélévitch et de Barthes, le jumeau spirituel d'Alain Finkielkraut, puis un écrivain reconnu. Jusqu'au dernier jour, il accompagnera pourtant cet étranger qui lui a donné la vie. Car au-delà du mépris et de la rage, ce récit est l'aveu d'un amour impossible à renier d'un fils pour son père auquel il doit paradoxalement toute son oeuvre.

    « Certains chapitres vous prennent à la gorge, d'autres, superbement ciselés, font frissonner d'admiration. » Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine.

    « Vertigineux. » Éric Aeschimann, Le Nouvel Observateur.

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  • Depuis plus de trente ans, le terme d'«  islamophobie  » anéantit toute parole critique envers l'islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
    Une grande religion comme l'islam n'est pas réductible à un peuple puisqu'elle a une vocation universelle. Lui épargner l'épreuve de l'examen, entrepris depuis des siècles par le christianisme et le judaïsme, c'est l'enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences commises en son nom.
    Démonter cette imposture, réévaluer ce qu'on appelle le «  retour du religieux  » et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l'extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu  : tels sont les objectifs de cet ouvrage.
      Un essai incisif et important.  Vincent Trémolet de Villers, Le Figaro magazine.

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  • L'argent est une promesse qui cherche une sagesse. L'expression doit s'entendre en un double sens : il est sage d'avoir de l'argent, il est sage de s'interroger sur lui. Il rend tout homme philosophe malgré lui : bien penser, c'est aussi apprendre à bien dépenser, pour soi et pour autrui. Avec l'argent, nul n'est à l'aise : ceux qui croient le détester l'idolâtrent en secret. Ceux qui l'idolâtrent le surestiment. Ceux qui feignent de le mépriser se mentent à eux-mêmes. Engouement problématique, réprobation impossible. Telle est la difficulté. Mais si la sagesse ne consiste pas à s'attaquer à cela même qui paraît à tous le symbole de la folie, à quoi bon la philosophie ?

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  • Pascal Bruckner Les Voleurs de beauté Un soir d'hiver, Benjamin et sa fiancée Hélène, pris dans une tempête de neige, ont trouvé refuge dans le chalet où Steiner, avocat aux allures de vieux beau, vit avec sa femme, Francesca, et un domestique, petit homme repoussant. Ils sont accueillis à merveille, mais peu à peu, un poison se mêle au charme. Fasciné et épouvanté à la fois, Benjamin va découvrir quelle punition ces êtres disqualifiés par l'âge réservent à ceux dont la beauté est une insulte. Hélène devra-t-elle à son tour servir de victime expiatoire ?
    Quant à Benjamin, l'écrivain mûr qui trouvait auprès d'elle une seconde jeunesse, il lui restera à se demander si ce couple monstrueux ne lui tend pas un miroir.
    Roman policier et conte fantastique, à la fois suave et cruel, Les Voleurs de beauté ont valu à Pascal Bruckner le prix Renaudot 1997.

    Roman de moraliste, Les Voleurs de beauté traquent les supercheries du culte des apparences et fustigent les tentations de la jeunesse éternelle. Une fois encore, Pascal Bruckner a mêlé son encre au fiel. Le lecteur, lui, y trouve tout son miel.
    Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur.

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  • Pascal Bruckner L'Euphorie perpétuelle « Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux ? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement : je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité ? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes oe J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobre ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit : la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence.
    C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi, au risque, à force d'être passés sous silence, de resurgir où on ne les attendait pas. Notre époque raconte une étrange fable : celle d'une société vouée à l'hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice.
    Comment la croyance subversive des Lumières, qui offrent aux hommes ce droit au bonheur jusqu'alors réservé au paradis des chrétiens, a-t-elle pu se transformer en dogme ? Telle est l'aventure que nous retraçons ici. » P. B.
    Pascal Bruckner s'est imposé comme un excellent empêcheur de penser en rond, un démolisseur de poncifs.
    Bruno de Cessole, Valeurs actuelles.
    Aussi réjouissant que lumineux.
    Philippe Boggio, L'Evénement du jeudi.

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  • Choisir qui l'on aime, aimer qui l'on veut : pour arriver à ces libertés qui nous semblent évidentes, il a fallu une longue révolution du sentiment commencée au XVIIIe siècle. Mais ces droits chèrement acquis ont un prix. Comment l'amour, qui attache, peut-il s'accommoder de la liberté, qui sépare ? Pascal Bruckner raconte, à travers les métamorphoses du mariage et de l'érotisme, la résistance du sentiment à tous les embrigadements. Il y a progrès dans la condition des hommes et des femmes mais il n'y a pas de progrès en amour : c'est la bonne nouvelle de ce troisième millénaire commençant.Pascal Bruckner pose un regard acéré sur les choses du coeur au troisième millénaire. Elle.Pascal Bruckner est un essayiste à paradoxe : tout en humant l'air du temps, il n'a pas son pareil pour en faire la critique cinglante. Alexis Lacroix, Le Magazine littéraire.

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  • Lunes de fiel

    Pascal Bruckner

    Peut-on, dans un couple, esquiver l'ennui par l'adoration, la lassitude par l'érotisme ? telle est la question implicite que se posent les personnages de ce roman à bord du paquebot qui les mène de marseille à istanbul.
    Le récit que l'un d'entre eux, franz, fait à un autre voyageur, didier, de ses amours avec une certaine rebecca, également présente, sert de fil conducteur à leurs interrogations. récit dont l'enjeu caché de manquera pas d'infléchir à son tour les relations du voyageur et de sa compagne, béatrice, avec laquelle il part en inde oú ils n'arriveront, bien sûr, ni les uns ni les autres.

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  • Pascal Bruckner La Tentation de l'innocence Rien n'est plus difficile que d'être libre, maître et créateur de son destin. Rien de plus écrasant que la responsabilité qui nous enchaîne aux conséquences de nos actes. Comment jouir de l'indépendance en esquivant nos devoirs ? Par deux échappatoires, l'infantilisme et la victimisation, ces maladies de l'individu contemporain.
    D'un côté, l'adulte, choyé par la société de consommation, voudrait garder les privilèges de l'enfance, ne renoncer à rien tout en étant diverti en permanence. De l'autre, il pose au martyr, même s'il ne souffre que du simple malheur d'exister.
    Les bien-souffrants seraient-ils les nouveaux bien-pensants ? N'est-il pas temps alors de ne plus confondre la liberté avec le caprice ? La peur et la faiblesse sont-elles le prix à payer pour notre refus de la maturité oe Enfin, comment maintenir la démocratie si une majorité de citoyens aspire au statut de victime au risque d'étouffer la voix des vrais déshérités oe Telles sont quelques-unes des questions que pose ce livre - prix Médicis/essai 1995 - en des pages à la fois intuitives et rigoureuses.

    La Tentation de l'innocence est un livre féroce. Tout le monde peut se reconnaître dans ce miroir grossissant de nos travers et de nos tourments.
    Robert Solé, Le Monde.

    Un essai courageux, libre. Une indispensable réßexion sur notre société à irresponsabilité illimitée gangrenée par la culture de la plainte.
    Michel Schneider, Le Point. 

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  • Jézabel Thevanaz, jeune professeure de mathématiques, doit quitter les cimes paisibles de la Haute-Savoie pour se rendre au Canada. Son père, ancien pasteur et horloger amateur, lui a fait jurer, sur son lit de mort, d'aller porter à un ami au Québec la montre qu'il a conçue. Une pièce unique dont la caractéristique n'est pas de donner l'heure mais de détruire le temps.
    Alors que Jézabel survole le Groenland, l'avion est pris dans une effroyable tempête. Forcé de dévier sa trajectoire, l'appareil se pose dans un aéroport de fortune, perdu au nord des Etats-Unis. Il fait nuit noire, la neige, épaisse et lourde, tombe drue. Résignée, la jeune femme trouve refuge au Plazza : Un vieil hôtel aux proportions immenses, tortueux comme une cathédrale. Brisée par la fatigue, Jézabel y loue une chambre, croyant pouvoir repartir dès le lendemain. A son réveil, le cauchemar commence. On lui annonce qu'elle n'a pas séjourné au Plazza pendant un jour mais... un an!
    Parviendra-t-elle à retrouver la liberté ? La supportera-t-elle ? Aura-t-elle vraiment été cloitrée un an, une nuit ?
    Le lecteur n'en sait pas plus que le personnage, perdu dans cet univers d'inquiétante étrangeté.

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  • Antoine Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu'au jour où deux ivrognes lui font rater une vente et qu'il rosse l'un d'eux à mort. Illumination ! Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des naufragés. Ce faisant, il croise la route d'Isolde. Cette héroïne de l'humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ? La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris.

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  • Allez jouer ailleurs

    Pascal Bruckner

    Imaginez qu'un groupe d'enfants s'empare du métro et y crée une société oú tous les rapports soient inversés.
    Des savants fous, des clochards magiciens, des taupes géantes, un ogre philosophe se mettent à hanter les sous-sols de paris et à y semer la poésie et la terreur. telles sont les aventures auxquelles nous convie pascal bruckner dans ce livre qui lui a valu le grand prix d'avoriaz de littérature fantastique (1978).

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  • Pascal Bruckner s'attaque avec vigueur au malaise qui consume les sociétés occidentales : le « tiers-mondisme » qui repose surtout, derrière la solidarité affichée, sur la haine de soi. Cette idéologie oppose un Sud radieux, peuplé d'agneaux et de martyrs, à un Nord rapace, habité de loups et de nantis. Une vision trop simpliste et culpabilisante qui trouve ici un lumineux contrepoint.

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  • le monde entier nous hait et nous le méritons bien, telle est la conviction d'une majorité d'européens et a fortiori de français. depuis 1945, notre continent est habité par les tourments de la repentance. ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries. à ce sentiment de culpabilité, une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l'entretien du remords comme jadis les gardiens du feu. dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu'elles, et elles seules, ont fait l'effort de surmonter leur barbarie
    pour la penser et s'en affranchir. et si la contrition était l'autre visage de l'abdication ?

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  • « La plupart des gens, pour changer de monde, doivent s'exiler, rompre avec leur milieu. Moi je n'avais qu'à traverser la Seine et je ne blessais personne. Je m'endormais mari, me réveillais fonctionnaire, me rallongeais catin. » P.B.

    Quand on retrouve P.B. romancier, on retrouve l'outrance, le sordide, le sublime.
    « L'amour du prochain est dans la ligne des Lunes de fiel ».
    Laurent Seksik, Le Point.

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  • Parias

    Pascal Bruckner

    Un jeune fonctionnaire français part en mission pour l'inde, cette terre oú "tout enfantement est marqué par la mort ", et se trouve bientôt déchiré entre sa fascination pour ce pays et son incapacité à le comprendre.
    De tous les personnages qu'il croise, aucun ne sortira indemne de l'affrontement ; l'un d'eux, en particulier, un agronome américain cynique et brillant, le captive par le monstrueux projet dont il est habité. mais le vrai sujet de parias, c'est évidemment l'inde : mother india. une inde imaginaire, fantasmatique autant que réelle, aimée autant que détestée et dont les démesures et la misère n'effacent jamais la séduction magique, quasi merveilleuse, qu'elle exerce sur les étrangers.

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  • Monsieur Tac

    Pascal Bruckner

    Monsieur tac est le récit d'un voyage imaginaire, une plongée dans un univers magique, celui de l'alphabet.
    On y voit des lettres qui parlent et agissent comme des être humains, des corps qui grandissent et rapetissent à vue d'oeil, des calembours baladeurs, des animaux savants, un détective qui meurt et ressuscite à volonté, tout cela raconté avec un mélange inimitable de sérieux et d'humour, en 26 chapitres, évidemment - de a à z. en même temps, monsieur tac est une satire de notre culture, un démontage ironique de tout le bric-à-brac littéraire qui encombre nos cervelles, mieux : le déboulonnage de l'homme de lettres statufié par les lagarde et michard à la mode.
    Bref, un roman gai et brillant, sans message ni thèse.

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  • La planète est malade. L'homme est coupable de l'avoir dévastée. Il doit payer. Telle est la vulgate répandue aujourd'hui dans le monde occidental. Le souci de l'environnement est légitime : mais le catastrophisme nous transforme en enfants qu'on panique pour mieux les commander. Haine du progrès et de la science, culture de la peur, éloge de la frugalité : derrière les commissaires politiques du carbone, c'est peut-être un nouveau despotisme à la chlorophylle qui s'avance. Et rend plus urgent l'instauration d'une écologie démocratique et généreuse. Une course de vitesse est engagée entre les forces du désespoir et les puissances de l'audace.P. B. Bruckner pointe une belle urgence en forme de dilemme : comment alerter sans apeurer, expliquer sans déprimer, changer sans désenchanter. Vincent Giret, Libération. Afin que pousse l'écologie de raison, dont dépend notre salut collectif, il faut éradiquer l'écologie de divagation. Bruckner désherbe. Christophe Barbier, L'Express.

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  • Le divin enfant

    Pascal Bruckner

    «Naître ou ne pas naître», telle est la question que se posent Louis et Céline, jumeaux gavés de savoir et d'intelligence dans le ventre de leur mère et qui s'acharnent à ne point en sortir. Céline s'y décide. Pas Louis. Super foetus monstrueux soumis aux diaboliques expérimentations du Dr Fontane, il ingurgite tout ce que lui transmet un gigantesque ordinateur. Devenu une célébrité mondiale capable de rivaliser avec les plus grands savants et même avec Dieu, Louis s'obstine à demeurer dans la bulle utérine. Jusqu'au jour où apparaît Lucia...

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  • « Le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d'une majorité d'Européens, du moins à l'Ouest. Depuis 1945, en effet, notre continent est habité par les tourments du repentir. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l'esclavage, l'impérialisme, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries, de pillages qui ont abouti à deux conflits mondiaux, c'est-à-dire à un suicide enthousiaste. A ce sentiment de culpabilité, toute une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l'entretien du remords comme jadis les gardiens du feu. Dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu'elles, et elles seules, ont fait l'effort de surmonter leur barbarie pour la penser et se mettre à distance d'elle, construisant un monde de paix et de prospérité. L'Europe a sans doute enfanté des monstres, elle a du même coup enfanté les théories qui permettent de détruire les monstres. Curieusement nous vivons aujourd'hui une situation de repentir à sens unique : celui-ci n'est exigé que d'un seul camp, le nôtre, et jamais des autres cultures, des autres régimes qui se drapent dans leur pureté supposée pour mieux nous accuser. Mais l'Europe accepte trop volontiers le chantage à la faute ; si nous adorons nous flageller et nous couvrir la tête de cendres, n'est-ce pas que notre souhait secret est de sortir de l'Histoire, de nous abriter peinards, dans le cocon de la contrition, pour ne plus agir, échapper à nos respnsabilités ? La repentance n'est peut-être rien d'autre que le triomphe de l'esprit d'abdication. » P.B

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  • Sous forme de conte, l'histoire drôle et grinçante de Léon, petit homme marié à la plantureuse Solange. A la naissance de chacun de ses enfants, Léon rapetisse de quelques centimètres, jusqu'à ce qu'avec sa taille, ses responsabilités diminuent et son autorité s'émousse. Une parodie de classique de cinéma fantastique et de littérature - Rabelias, Swift à JM Parisis- une fable tendre et cruelle sur la paternité et le mariage, une métaphore de la société d'aujourd'hui

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  • Le jour de ses vingt-cinq ans, Balthus Zaminski, ogre de son état, promit à son valet de ne plus manger d'enfants. Cette fois, c'était la bonne, il s'amendait.
    Balthus n'était pas un de ces ogres grossiers et braillards du temps jadis. Non, c'était un gentleman, un jeune homme de bonne famille qui raffolait de la grande musique, du cinéma et surtout de la mode. Hélas, le vice ancestral ne pouvait le quitter si vite et bientôt Balthus, à la vue d'un marmot et malgré son serment, se remit à saliver, à gronder, gagné par un irrésistible appétit.
    Alors, son domestique et tuteur l'emmena consulter des spécialistes, le confia à un professeur de yoga, lui administra des tranquillisants. Il devait bien exister un traitement capable de soigner son maître ! Mais guérit-on jamais d'être un ogre oe Pascal Bruckner signe ici deux contes d'enfants pour adultes, entre humour et férocité.

  • "Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux ? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement : je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité ? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes oe J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobe ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit : la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence.
    C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi, au risque, à force d'être passés sous silence, de resurgir où on ne les attendait pas. Notre époque raconte une étrange fable : celle d'une société vouée à l'hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice.
    Comment la croyance subversive des Lumières, qui offrent aux hommes ce droit au bonheur jusqu'alors réservé au paradis des chrétiens, a-t-elle pu se transformer en dogme ? Telle est l'aventure que nous retraçons ici." P.B.

    Pascal Bruckner, né en 1948, est romancier et essayiste. On lui doit La Tentation de l'innocence (Prix Médicis de l'essai en 1995) et Les Voleurs de beauté (Prix Renaudot en 1997).

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