Marion Fontaine

  • Le 27 décembre 1974 se produit à Liévin, dans le Nord, la plus grave catastrophe minière française de l'après-guerre : elle fait 42 morts. Marion Fontaine se penche sur les différents modes de traitement médiatique, politique, militant, et judiciaire de l'événement, et à travers ce drame, interroge le processus de désindustrialisation.

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  • 9 mai 1998 : le Racing Club de Lens remporte, pour la première fois de son histoire, le Championnat de France de football. L'ancienne capitale du bassin charbonnier du Nord s'embrase, célébrant, à travers son équipe et la ferveur de ses supporters, la survivance des valeurs du groupe des « Gueules Noires ». « Fiers d'être lensois ! » : l'exclamation est pourtant plus ambiguë qu'il y paraît. Perpétuation effective d'un groupe ouvrier, au-delà de la disparition du monde qui l'avait fondé ? Pure manipulation médiatique, n'occultant guère les transformations d'une équipe en réalité pleinement adaptée aux évolutions contemporaines du football ? Ce livre dessine les mouvements d'un club qui constitue, tout au long du XXe siècle, un lieu conflictuel et changeant. D'abord jouet d'une bourgeoisie établie, il devient ensuite instrument du paternalisme minier, puis support paradoxal d'une appartenance de classe, conspué avant d'être porté aux nues par les militants ouvriers, et pour finir compensation symbolique au déclin social et politique des charbonnages. L'analyse du parcours du club ébauche les traits d'une histoire sociale renouvelée, questionnant les termes à la fois éculés, et toujours problématiques, d'appartenance, de communauté, de mémoire. Elle montre comment nos différentes appartenances (sociales, territoriales, nationales, sexuées, politiques) s'emboîtent ou se déboîtent, de façon toujours provisoire. En confrontant le plus classique, des mineurs érigés en statue figée du prolétariat, et le plus ludique, le ballon et le stade, ce livre donne ainsi un autre aperçu du processus chaotique à travers lequel s'est fait, puis s'est défait, un monde industriel et ouvrier, déjà si éloigné, et pourtant encore si proche de notre présent.

  • Un ministère pour le temps libre ? Une telle proposition paraît aujourd'hui une bizarrerie ou une absurdité. Pourtant, en mai 1981, le premier gouvernement de Pierre Mauroy comptait dans ses rangs un ministre du Temps libre, André Henry. Si cet essai revient sur cette initiative, sur ses raisons et sur les causes de son échec, il ne s'y borne pas. En revisitant la manière dont la gauche a tenté de penser le concept de « temps libre », il cherche à montrer que les questions en apparence les plus ludiques interrogent aussi les enjeux les plus sérieux de la vie démocratique.

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  • Le BLED Histoire de France s'adresse aux collégiens, aux lycéens et à tous ceux qui sont curieux de découvrir ou redécouvrir l'histoire de France. De l'Antiquité à nos jours, retrouvez plus de 100 personnalités incontournables qui ont fait la France !

    Un ouvrage de référence complet et synthétique.
    - Chaque personnage fait l'objet d'une double page, largement illustrée et rédigée dans une langue simple et accessible.
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    Un dépliant chronologique des personnages et événements marquants de l'histoire de France de l'Antiquité à nos jours.

  • Tout ce dont l'étudiant a besoin pour le sujet 2021-2022 d'Histoire contemporaine des agrégations d'Histoire, de Géographie et du Capes. Comme tous les Clefs-concours, l'ouvrage est structuré en trois parties : - Repères : le contexte historique - Thèmes : comprendre les enjeux du programme - Outils : pour retrouver rapidement une définition, une date, un personnage, une référence

  • La classe politique française n'a cessé de célébrer la République au lieu d'y réfléchir. Dans la mythologie politique nationale, la IIIe République occupe l'une des meilleures places. Elle traîne derrière elle une mémoire positive qu'incarnent une figure familière (Marianne), une devise prometteuse (« Liberté-Égalité-Fraternité ») et de mémorables réalisations (l'école, la démocratie ou l'armée des citoyens). Dans les années 1980, historiens et hommes politiques se sont alliés pour chanter les louanges d'un « modèle républicain » enchanté résumant un « rêve français » au fondement d'une identité nationale.
    Cet acharnement aveugle à certains angles morts a du coup suscité les critiques, remettant en cause poncifs et clichés cultivés par l'historiographie républicaine de la IIIe République. Celle-ci n'avait-elle pas oublié d'accorder le droit de vote aux femmes ? N'avait-elle pas ardemment colonisé le monde aux noms des valeurs les plus ambivalentes ? L'inclusion politique des ouvriers n'avait-elle pas été payée du prix de leur exclusion sociale ? À la légende dorée de la République s'est ainsi opposée une légende noire ternissant un « modèle » de ses impensés, de ses oublis, voire de ses crimes.
    Cette contre-histoire de la IIIe République appelle un autre regard. Elle s'attarde sur des réputations usurpées sans pour autant tenir le discours de l'accusation. Elle réfute les mises en cause anachroniques en présentant la IIIe République non comme un modèle à suivre ou à contourner, mais comme un moment d'histoire à penser. Un livre essentiel pour comprendre les enjeux républicains d'aujourd'hui.

  • Jaurès pacifiste, dreyfusard, père du socialisme réconcilié avec la République. Toutes ces images bien sûr recouvrent une certaine réalité, mais elles n'épuisent pas les questions entourant le personnage. Comment, en particulier, Jaurès a-t-il perçu le monde nouveau qui s'annonce durant ces années où le xixe siècle bascule vers le xxe ?

    L'oeuvre de Jaurès ne porte pas seulement la marque d'un siècle qui s'attarde. À l'inverse de préjugés largement répandus, plus Jaurès vieillit, plus il se montre ouvert à la compréhension d'un monde internationalisé et pluriel, qu'il observe avec un enthousiasme interrogateur. Cette quête jaurésienne du pluralisme culturel se lit aussi bien dans sa critique de l'ordre colonial que dans sa découverte de l'Amérique, autant dans son interrogation sur les formes de la culture scolaire, dans sa lutte contre la peine de mort que dans sa définition du socialisme comme culture. Il se penche de la même manière sur les premiers mouvements qui s'érigent contre l'omnipotence européenne, en Asie ou encore au Maghreb. Lui qui avait été un temps un soutien déterminé de la colonisation, le voici qui s'ouvre, notamment à propos du Maroc, à sa critique progressive, voire à une hostilité manifeste. Il cherche en général à comprendre avec une force renouvelée la rencontre des cultures locales, nationales ou internationales, avec la volonté qu'elle soit le signe, non de la fermeture et de la barbarie, mais de la construction d'une nouvelle humanité. C'est ce Jaurès original et attentif aux questions du nouveau siècle que ce volume invite à découvrir.

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