Littérature traduite

  • « Lou offrit l'amitié à Nietzsche, qui voulait une épouse et perdit une amie. Elle offrit la fraternité à Rilke, qui voulait une amante et devint son ami. Elle offrit le mariage à Carl Andreas, qui l'épousa mais n'obtint jamais qu'elle devînt mère ni même, vraisemblablement, amante. Freud, pour qui la femme resta un mystère, chercha en Lou Andreas-Salomé une éclaireuse sur les sentiers de la féminité, mais il dut bientôt reconnaître qu'elle resterait une dangereuse énigme : "c'est une femme éminente, même si toutes les traces, chez elle, conduisent dans l'antre du lion et aucune n'en ressort". N'est pas le sexe faible celui que l'on croit.» (Dorian Astor) Narcissisme, féminité, complexe d'oedipe... Trois textes psychanalytiques, denses et sinueux, par celle que Freud nommait la "compreneuse".

  • La plus libre des disciples de Freud, cette Lou Andreas-Salomé qu'il appelle par son prénom et à laquelle il a confié la formation analytique de sa fille Anna, adresse au maître en hommage d'affection pour son soixante-quinzième anniversaire cette lettre ouverte. L'amie de Nietzsche et de Rilke, l'écrivain qui a laissé sur chacun d'eux la plus lucide des études, touche au coeur de l'analyse comme de l'écriture. Thérapeute, elle est du sérail. Freud n'hésite pas : il publie le livre aux Éditions psychanalytiques.

  • Ces deux nouvelles furent écrites en 1896 et 1898, juste avant et pendant la relation amoureuse de Lou Andreas-Salomé avec Rilke. Un même thème les parcourt : le choix pour une femme de la liberté, sans réserve, au mépris du danger - liberté d'aimer ou de ne pas aimer, hors conventions, liberté de créer - et la traversée des chemins qui y mènent. Traversée de ce qui tue la passion et représente une tentation masochiste pour les femmes : le mariage.

    « Max Werner s'assit au hasard à côté d'une jeune Russe qu'il voyait pour la première fois, - il ne comprit pas son nom compliqué lors de la présentation, mais on l'appelait tout simplement, quand on lui parlait, « Fénia » ou « Fénitchka ». Dans sa petite robe noire de nonne, qui enserrait discrètement et d'une manière comiquement peu parisienne sa taille moyenne et devait être le costume favori des étudiantes zurichoises, elle ne lui fit tout d'abord aucune impression particulière. [...] Seuls lui plurent, en Fénia, les intelligents yeux bruns qui jetaient sur toute chose un regard ouvert et clair. »

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  • La maison

    Lou Andréas-Salomé

    Lou Andreas-Salomé écrivit La Maison en 1904 mais ne le publia qu'à la fin de sa vie, en 1921. Il contient de très profondes expériences personnelles.

    « Trois personnages en quête de liberté vivent dans une maison radieuse et sont liés entre eux par un amour que rien ne ternit. Pour Anneliese, femme du médecin Brandhardt, pour Gitta leur fille et surtout pour Balduin, leur fils, la liberté consiste à ne pas manquer la station des artistes, devant laquelle le train de la vie s'arrête si peu de temps. [...] Anneliese a renoncé à sa carrière de pianiste virtuose. Gitta, épouse de l'intuitif Markus, prendra en main sa propre existence. Le personnage le plus éclatant du livre est l'adolescent Balduin, portrait du jeune Rainer Maria Rilke. L'analyse profonde et subtile qu'en fait Lou Andreas-Salomé [...] accroît encore l'intérêt de cette marche vers l'indépendance. Le pays des artistes est pour tout le monde le pays de la liberté. Il convient de ne pas vivre hors de ses frontières. » N.C.

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  • Ce récit, écrit en 1933 à la fin de la vie de lou andreas-salomé, n'a jamais été publié dans son intégralité.
    Il est construit à partir d'un premier volet, " frères et soeurs ", publié en revue deux ans plus tôt, qu'elle réécrit et fait suivre de deux nouvelles parties inédites, " un journal de pentecôte " et " retour au foyer ". il s'agit d'un texte important qui éclaire la " vie intime " de l'auteur. plus libre dans la fiction que dans ses mémoires, elle trahit beaucoup d'elle-même et de son comportement amoureux.
    La première partie est un récit dont l'intrigue se déroule sur quelques mois ; les seconde et troisième parties sont le journal de jutta, écrit plusieurs années après les faits. la narratrice se dédouble : jutta âgée réagissant aux interrogations et aux sentiments de jutta adolescente. le récit est dominé par un thème récurrent chez lou andreas-salomé. : celui de l'origine, de la constitution du sujet dans son identité sexuelle.
    Le lecteur curieux peut en outre y trouver des éclaircissements pertinents sur la relation entre la pratique psychanalytique - que l'auteur exerce alors depuis vingt ans - et la littérature.

  • Ma vie

    Lou Andréas-Salomé

    • Puf
    • 12 Juillet 1985
  • En dépit des pertes qui affectent cette correspondance, pertes dues, pour la première partie (1897-1901), à une volonté commune de destruction et, pour le reste, à de probables interventions extérieures, elle reste aujourd'hui, telle que l'a présentée intégralement Ernst Pfeiffer, la plus substantielle de toutes celles qu'a entretenues l'épistolier parfois excessivement fécond que fut Rilke.
    C'est en effet vers Lou seule, mère, maîtresse, amie, ami tout ensemble, que le poète s'est tourné chaque fois que le conflit qui opposait en lui la création et la vie, la poésie et l'amour, devenait trop cruel pour être affronté sans aide. Et seule Lou Andreas-Salomé, avec sa grande intelligence naturelle, sa connaissance et bientôt sa pratique de la psychanalyse, son amour inaltérable de la vie, pouvait donner aux questions anxieuses de Rilke sinon toujours les réponses, ou les fragments de réponse, du moins l'écho chaleureux qui devait l'aider à «surmonter». Il n'est donc pas surprenant que l'on trouve, à plus d'un moment de leurs échanges, nombre de pages qui comptent parmi ce qui s'est écrit de plus pénétrant et de plus brûlant sur les ténèbres souterraines où germe et mûrit, directement quelquefois, la poésie.

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