Laurence Ritter

  • Les Arméniens, peuple vieux de vingt-cinq siècles, vivent en majorité au-dehors de leur territoire - une diaspora formée par ceux qui ont fui le génocide de 1915 et leurs descendants.
    Aujourd'hui, quatre générations depuis l'arrivée des rescapés, la diaspora arménienne compterait quatre à cinq millions de personnes, quand la population nationale est évaluée à trois millions d'habitants.
    À l'occasion de l'année de l'Arménie, ce livre propose un passionnant voyage au coeur de l'identité arménienne. Ce peuple anéanti se relève aujourd'hui pour construire, sur son territoire ou dans un autre pays, un nouveau monde arménien.
    Cent ans après le génocide, les Arméniens ne sont plus des victimes centrées sur la mémoire du meurtre de masse et de la perte des territoires ancestraux. Ils ont déposé les armes et commencent à pacifier leurs rapports à eux-mêmes, à leur passé comme à leur avenir.
    La Longue Marche des Arméniens est la première enquête d'ampleur consacrée à la diaspora arménienne. Travail brillant et très documenté, le texte va s'imposer comme le livre de référence sur la question.
    Docteur en sociologie passionnée par l'Arménie, Laurence Ritter à réalisé un travail remarquable, fruit de cinq années de recherche à Erevan, Los Angeles, Moscou ou Paris.

  • Les restes de l'épée, curieuse expression.
    C'est pourtant ainsi qu'on désigne de façon péjorative en Turquie, les Arméniens, femmes et enfants enlevés et islamisés, qui ont échappé au génocide de 1915. Si l'entreprise d'extermination s'avéra d'une sinistre efficacité, le bilan approche 1,5 million victimes sur une population évaluée à environ 2 millions d'individus, une catégorie de survivants dont le nombre est difficile à évaluer a réussi à rester sur les territoires ancestraux, dans l'actuelle partie Est de la Turquie, au prix de leur conversion à l'islam.
    Qui sont ces survivants ? Pour la plupart des femmes qui ont été enlevées par les tribus kurdes et qui ont été islamisées (les Arméniens sont chrétiens), de jeunes enfants des deux sexes, des Arméniens qui se sont convertis en famille à l'islam, enfin, de rares Arméniens restés chrétiens qui se sont cachés ou qui ont été sauvés par quelques tribus kurdes secourables. Très souvent, ces Arméniens islamisés ou cachés se sont mariés entre eux.
    Durant des décennies, abandonnés de tous, dans des contrées lointaines où ils étaient souvent coupés du monde, ils ont observé la règle élémentaire de survie : le silence. Près d'un siècle plus tard, les descendants de ces survivants commencent à peine à desserrer l'étau du secret.

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  • Les récentes évolutions politiques et sociales en Turquie ont permis une certaine libération de la parole. Des questionnements sur leurs ascendances, au sein des milieux intellectuels turcs, ont fait ressurgir une vérité longtemps occultée : une partie de la population descend de ces chrétiens islamisés au cours du génocide des Arméniens dans les années 1915-1920.
    Laurence Ritter, au fi l de nombreuses recherches de terrain dans les régions reculées d'Anatolie, a recueilli les témoignages de familles d'Arméniens islamisés et/ou cachés qui osent désormais parler de leur douloureuse histoire.
    Le parcours photographique parallèle de Max Sivaslian participe pleinement à l'enquête anthropologique en donnant à méditer sur les regards de plusieurs générations.

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