Seuil

  • Jean-Pierre Dupuy a tenu pendant la pandémie un « journal de pensée » d'un genre spécial : il réagit moins aux événements que nous avons tous vécus depuis le mois de mars 2020 qu'à la manière dont ces événements ont été analysés, discutés. Il le fait à la lumière de sa contribution majeure à la pensée de la catastrophe développée dans un livre fameux et souvent mal compris, Pour un catastrophisme éclairé. Quand l'impossible est certain (Seuil, 2002 ; 2004).
    Voici un livre de combat mû par la colère. La colère de voir des intellectuels relativiser la gravité de la pandémie en cours, s'engager dans une critique virulente de sociétés et de gouvernants qu'ils jugent obsédés par la « protection de la vie », au point de sacrifier l'avenir du monde, de l'économie et des libertés publiques. Avec rigueur et détermination, Jean-Pierre Dupuy leur répond et met au jour les erreurs logiques - et scientifiques - qui sous-tendent ces raisonnements, et propose par là même une réflexion passionnante et passionnée sur la mort et la vie au temps de la pandémie.

  • La catastrophe en surgissant du néant crée du possible en même temps que du réel. Bergson décrit les sensations qu'il éprouva en apprenant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France en 1914 : 'Malgré mon bouleversement, et bien qu'une guerre, même victorieuse, m'apparût comme une catastrophe, j'éprouvais [...] un sentiment d'admiration pour la facilité avec laquelle s'était effectué le passage de l'abstrait au concret : qui aurait cru qu'une éventualité aussi formidable pût faire son entrée dans le réel avec aussi peu d'embarras ? Cette impression de simplicité dominait tout.' Or, avant la catastrophe, la guerre apparaissait à Bergson 'tout à la fois comme probable et comme impossible.' Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique de l'humanité. Celle-ci est devenue capable au siècle dernier de s'anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l'altération des conditions qui sont nécessaires à sa survie. Le franchissement de ce seuil était préparé depuis longtemps, mais il a rendu manifeste et critique ce qui n'était jusqu'alors que danger potentiel. Nous savons ces choses, mais nous ne les croyons pas. C'est cela le principal obstacle à une prise de conscience, et non pas l'incertitude scientifique dont les théoriciens de la 'précaution' nous rebattent les oreilles. L'auteur propose ici une nouvelle façon d'aborder ces questions.

  • Comment penser le mal au XXIe siècle ? Le tsunami du 26 décembre 2004 et la commémoration en 2005 de trois grandes catastrophes ayant marqué l'Occident dans sa manière de se représenter le mal -Auschwitz ; Hiroshima et Nagasaki ; le tremblement de terre de Lisbonne (1er novembre 1755) -mettent à l'épreuve la pensée de la catastrophe. Le mal « naturel » est-il contingent, ou l'homme est-il responsable du mal ? À en juger par les réactions au tsunami, tout se passe comme
    si, de 1755 à aujourd'hui, le mal soulevait les mêmes interrogations. Or quand le mal moral rejoint les sommets qu'a connus le XXe siècle, on ne peut plus l'évoquer qu'en termes d'atteintes à l'ordre naturel du monde. Un essai vif et stimulant sur les chassés-croisés entre catastrophes naturelles et catastrophes morales, qui revisite à la lumière de l'actualité une des grandes questions de la philosophie : qu'est-ce que le mal ? Jean-Pierre Dupuy est professeur de philosophie sociale et politique à l'École polytechnique et à Stanford, directeur de recherche au CNRS et membre du comité d'éthique et de précaution de l'INRA.

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  • Trop souvent, on traite la jalousie et l'envie comme si elles étaient interchangeables. Rien n'est plus faux. Ce livre part de la théorie du désir mimétique de René Girard, qu'il tient pour la plus pénétrante analyse de l'envie qui ait jamais été proposée : le sujet envie le modèle qui a éveillé en lui le désir pour un objet que pourtant ce modèle se réserve. Il n'y a pas de désir sans rivalité ni de rivalité sans désir. Or cette théorie échoue à rendre compte de la jalousie. Élucider cet obstacle conduit à mettre en question le caractère universel du désir mimétique.
    Celui-ci prend au départ la forme d'un triangle : le sujet, le modèle et l'objet. La jalousie relève d'une tout autre géométrie : le sujet souffre d'être exclu d'un monde qu'il voit se clore sur lui-même non sans parfois prendre lui-même part à cette clôture. Dans la jalousie amoureuse, ce monde est formé par l'étreinte des deux amants. Don Giovanni n'imite ni n'envie le paysan Masetto, qu'il méprise. Mais il ne peut supporter le cercle amoureux qu'il forme avec Zerlina. Son désir commence par la jalousie. Celle-ci est, comme chez Proust, antérieure au désir.
    Nourri de littérature, de philosophie et d'expériences personnelles, ce livre débouche sur une théorie générale de la jalousie, cette souffrance tenue pour élément indépassable de la condition humaine. Une postface d'Olivier Rey met cette théorie à l'épreuve de la psychanalyse.

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  • Parti en mission sur le site de tchernobyl, jean-pierre dupuy, scientifique de haut niveau devenu philosophe, découvre ce qui se cache derrière ce nom devenu familier.
    Il trouve là-bas ce qu'il appelle " l'invisibilité du mal " - la catastrophe n'a laissé derrière elle que le néant des champs dévastés, des villages ruinés, des maisons inhabitées. plus trace de vie. seul demeure le sinistre " sarcophage " - ce tombeau qui recouvre le réacteur - qui continue de délivrer ses radiations. de retour à paris, l'auteur est confronté à l'écart scandaleux entre le bilan officiel de la catastrophe, confirmé par un rapport de l'onu qui se veut définitif, et ce qu'il a cru voir ou apprendre sur place.
    Le nombre de morts dus à tchernobyl se chiffre-t-il en dizaines ou en dizaines de milliers ? les bébés monstres sont-ils un fait ou une supercherie ? face à ces contradictions, jean-pierre dupuy a mené l'enquête sur l'univers mental de la technocratie mondiale. il montre que tout bilan de la catastrophe se doit de faire intervenir des dimensions éthiques et philosophiques qui échappent aux experts.
    La question du mal se pose aujourd'hui de façon neuve. nous avons plus à craindre les industriels du bien que les méchants. ce témoignage très personnel est un livre de réflexion et d'engagement pour changer les choses vingt ans après.

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